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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 10:27

Le pitch : Le 23 novembre 1963, le président Kennedy est assassiné à Dallas. Il est transporté à l’hôpital de Parkland. Ce film raconte comment ce drame fut vécu par les différents protagonistes.

 

Dans quelques semaines, l’Amérique « fêtera » les 50 ans de l’assassinat  de John Kennedy à Dallas. Ce drame a suscité des controverses, des films, des centaines de livres, pas toujours inspirés d’ailleurs. Parkland se situe dans une autre dimension : pas de complots ténébreux, pas de méchants de la CIA ou de Castristes en mission, mais des faits bruts, implacables et aucune recherche du sensationnalisme. Pour les scénaristes de Parkland, JFK a été tué, on a arrêté Lee Oswald et ce dernier a été assassiné lors de sa sortie du tribunal. Ce thème rejoint étrangement le dernier roman de Stephen King (fabuleux soit dit en passant) qui, lui aussi, ne croit pas à un quelconque complot.

 

Parkland, c’est en fait un microcosme observé à la loupe : l’entourage du président, les services secrets, les médecins qui ont tenté de le sauver, l’homme qui a filmé par hasard le meurtre, le frère et la mère de Lee… Chacun a vécu ses 3 jours de manière différente. Tous ont été marqués par cet assassinat.

 

Le film s’intéresse donc aux gens, pas à un complot ! Ce sont les faits bruts, les détails parfois sordides qui font le sel de l’histoire : Jackie ramenant les morceaux de la boîte crânienne de son mari, les gardes du corps sciant une des portes d’Air Force One pour y faire entrer le cercueil, la recherche d’un laboratoire permettant de développer le film célèbre montrant le meurtre… L’atmosphère de Dallas et l’hostilité de certains Républicains sont également très bien rendues, notamment dans cette scène surréaliste où le coroner de Parkland tente d’empêcher que le corps du président défunt ne parte pour Washington sans autopsie. On y voit toute l’opposition entre le gouvernement fédéral et les autorités locales jalouses de leurs prérogatives et hostiles à toutes interventions de l’état, opposition qui est toujours d’actualité dans ce grand pays fortement décentralisé.

 

Peter Landesman (dont ce premier film s’apparente à un coup de maître) s’attache également à décrire les réactions de tous les protagonistes : le chagrin du personnel hospitalier, l’effroi de l’homme qui a filmé, la colère des services secrets face à leurs erreurs (ils auraient pu coincer Lee vu que celui-ci était connu pour d’autres affaires). Et il n’hésite pas à aller faire du côté de la famille Oswald, montrant des détails que beaucoup ignoraient totalement (moi le premier) comme l’attitude de la mère, persuadé que son fils a agi sur ordre ou son frère, obligé de vivre avec la honte d’un tel nom. Chaque personnage, chaque scène sont traités comme les pièces d’un grand puzzle qui s’harmonise au fur et à mesure que se déroulent ces 4 jours. Et c’est bien là le trait de génie de Parkland : aucun personnage n’émerge, aucun acteur ne fait son numéro, aucune scène n’est mise en avant. On est quasiment dans le documentaire, accentué par la façon de filmer (arrière-plan flouté devenant net, caméra à l’épaule omniprésente, mouvement rapide et cadrage parfois approximatif). Et la reconstitution maniaque de 1963 en ajoute encore. Rien n’est oublié, pas même le fait que JKF était catholique, ce qui lui a attiré la haine de certains WASP

 

 La totale réussite du film vient de tous ces éléments qui, rappelons le, ne juge pas et n’assène pas de théorie. On est très loin du JFK d’Oliver Stone.

 

Produit par Tom Hanks, dont on connaît la passion pour l’histoire, et Bill Paxton, Parkland n’aura sans doute pas la carrière qu’il mérite. Mais il prouve qu’en 2013, on peut encore faire des films « historiques » sans tomber dans la polémique, regarder son histoire récente sans en tirer des conclusions hâtives, bref faire de l’histoire de manière intelligente tout en ne sacrifiant pas la forme.

 

Parce que Parkland, au-delà de son histoire passionnante, est un vrai film de cinéma, pas un téléfilm !!

 

Tout amateur de l’histoire américaine ne peut qu’aller voir ce film. Parce qu’il a l’assurance de voir un bon film, parce qu’il a l’assurance de se replonger dans une période passionnante et de revivre un des évènements majeurs du XXeme siècle.

 

Parkland (****)

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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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