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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 16:34

Le pitch : Un vampire vieux de deux siècles, Louis, décide de raconter sa « vie » à un jeune journaliste.

 

Lorsque parut le premier roman d’Ann Rice sur les vampires, il était clair à sa lecture qu’une adaptation cinématographique serait rapidement à l’ordre du jour. Mais personne ne pouvait se douter que ce roman hors-norme, qui révolutionna totalement le concept du vampire donnerait un tel film !

 

Il est vrai que Geffen, assisté par la Warner, mit toutes les chances de son côté. Engager Neil Jordan, dont La compagnie des loups reste sans aucun doute l’un des meilleurs films sur la lycanthropie et qui venait de faire forte impression avec The Crying Game était déjà un vrai gage de qualité. Prendre Tom Cruise et Brad Pitt (dont l’ascension ne venait que de commencer) en était une autre. Enfin, en consacrant un budget conséquent aux décors et aux effets visuels (l’un des tout premier contrat de Digital Domain qui, en 1994, appartenait encore à James Cameron) , le studio mettait vraiment toutes les chances de son côté.

 

Mais si roman génial à la base il y avait, il fallait le transformer en scénario plausible. Et c’est finalement Ann Rice qui, malgré ses sérieux doutes sur le casting (elle aura le courage de reconnaître s’être trompée dans une lettre ouverte),  s’y attela.

 

Au final, on retrouve l’essence du roman, ce coté gothique et décadent, mais aussi ce frisson de nouveauté. Raconté à la première personne et en flash-back, le destin de Louis et de ses compagnons (Lestat, Claudia, Armand) s’avère incroyablement prenant à l’écran et ce, malgré les inévitables coupes par rapport au roman. L’histoire déroule donc les différents épisodes de l’apprentissage de Louis par rapport à sa condition de vampire, son opposition avec Lestat, sa passion pour Claudia et finalement sa terrible vengeance sur les vampires parisiens, sans aucun temps morts, avec des dialogues riches et extrêmement bien structurés.

 

Jamais le film ne tombe dans le racoleur, malgré une violence graphique jamais occultée. Ceux qui pensaient que la présence de stars hollywoodiennes allait gommer les aspects les plus « osés » du roman (dont une réflexion sur la bisexualité des personnages ! Je rappelle que nous sommes en 1994) se sont trompés sur toute la ligne. Entretien avec un vampire ne trahit jamais le roman, ne cherche pas à édulcorer son propos et sa seule concession sera finalement la présence de Guns’n’roses (le groupe faisait partie de l’écurie Geffen) dans le générique de fin , pour une sublime reprise des Stones, Sympathy for the Devil.

 

Et c’est bel et bien le pari de faire un film sérieux, en y mettant le prix et le casting qui fit de Entretien une totale réussite. Jamais le spectre de la série B ne se profile, même dans les passages les plus délicats ! Ainsi, le massacre des vampires n’a rien à voir avec une banale scène horrifique, mais bel et bien comme la chute finale de Louis, anéanti après la mort de Claudia. De toutes façons, Neil Jordan traite l’humanité de ses personnages avec un tel tact et un tel talent que le film ne pouvait pas s’égarer. Même les plus petits rôles (dans le rôle d’une des victimes créoles, on découvrira une des futures stars d’Urgences) ont de l’épaisseur. Elles souffrent de leur condition de proie ou de leur tourment de créature de la nuit dans une étrange dichotomie qui partage le monde en deux, entre les tueurs et les victimes.

 

Le budget permit également de reconstituer toutes les époques traversées par le film , entre La nouvelle Orléans du XVIIIe siècle au Paris de 1870. Les fabuleux décors de Dante Ferretti (qui finissaient d’ailleurs tous en fumée) éclairés par un Philippe Rousselot au sommet de son art et la magnificence des costumes font jeu égal avec l’élégance des maquillages, un jeu de funambule orchestré par Stan Winston et magnifié par le travail numérique de Rob Legato.

 

Car Entretien avec un Vampire fut un véritable laboratoire pour Digital Domain, qui expérimenta énormément en terme d’extension de décors, de mappe painting digitaux ou de maquillages numériques. Malheureusement sous-estimé pour son côté novateur, Entretien était en fait le premier pas vers l’utilisation du numérique autre que pour les effets voyants !

 

Fort de ses 100 millions de recettes rien qu’aux USA , Entretien avec un Vampire était bien parti pour devenir une franchise luxueuse. Il n’en fit hélas rien car, hormis une adaptation médiocre du 3e roman (La reine des damnés), les personnages d’Ann Rice ne revinrent jamais à l’écran. Mais ils furent pillés au-delà du possible par les différentes sagas sur les créatures de la nuit que le cinéma nous offre depuis une dizaine d’année. Les vampires avec des réflexions humaines et rejetant l’idée du charognard toute canine dehors sont bel et bien nés avec ce film.

 

Il n’était donc que temps de lui rendre à nouveau hommage !!

 

Entretien avec un vampire (*****)

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