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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 07:14

Le pitch : La Terre est sous la menace de créatures énormes, les Kaiju, venus d’une autre dimension. Pour se défendre, l’humanité s’unit pour créer des armes surpuissantes, les Jaeger, robots géants dirigés par un duo de soldats d’élite.

 

Dans les bonus du Blu-ray, Guillermo del Toro explique qu’il a voulu une histoire simple et que certains de ses partis pris artistiques (usage des couleurs, des formes) faisaient partie intégrante du scénario. Sur ce point, il a raison : Pacific Rim déroule une intrigue qui tient sur une feuille A4. Il aurait pu ajouter que , dès qu’il n’y a pas de combat, à savoir une grosse heure au milieu du film, on ne peut pas vraiment dire que l’histoire soit palpitante.

 

En fait, Pacific Rim est un film quasi dichotomique ! D’un côté, des combats entre Kaiju et Jaeger qui sont dans l’ordre du jamais vu, l’ajout de la pluie donnant un côté apocalyptique absolument sidérant. De l’autre, un scénario quelque peu enfantin voire embrouillé, certes assumé totalement par le réalisateur, mais qui ne permet pas au film de tutoyer les sommets.

 

En fait, à l’image d’un des scientifiques , fou de Kaiju au point de se les tatouer sur les bras, Pacific Rim ne dépasse que trop rarement le film de passionnés. Là où certains annonçaient une réplique cinglante aux Transformers de Michael Bay, jugés trop pop corn, on se retrouve avec un gros film d’action de plus. Et on en vient à regretter que la mise en scène tape à l'oeil d'un Bay ne soit pas au rendez vous.

 

Attention, que l’on ne s’y trompe pas. Pacific Rim est un bon film : ses scènes de combats sont extraordinaires et l’arrière plan du film est incroyablement maîtrisé. De plus, commencer par abattre l’arrogance des Jaeger , quand le héros perd son frère, permet de donner un visage humain à l’histoire.

 

L’autre bon point est l’amour que Del Toro porte à son film : il ne laisse rien au hasard et il faut plusieurs visions pour voir le travail apporté sur les décors (le fait que l’on construise des maisons au sein même des ossements des Kaiju abattus) . Il aime ses personnages, leur donne un vrai background , une véritable histoire et offre même une personnalité différente à chaque robot, immédiatement identifiable.

 

Le soucis réside ailleurs , dans un trou d’air de près de 40 minutes où il ne se passe pas grand chose. Les personnages évoluent peu, le script piétine et , même si, paradoxalement, le peu d’éléments qui se met en place trouvera toute son importance dans le dernier acte, on s’ennuie quelque peu. Alors oui, le travail technique reste prodigieux, mais on a l’impression que Del Toro est hypnotisé par son histoire et n’a pas le recul nécessaire pour remédier à ses défauts. C’était d’ailleurs le même problème pour Hellboy : Guillermo aimait sérieusement ses personnages, son film, son histoire, mais laissait quelque peu le spectateur hors du coup.

 

Dans Pacific Rim, ce défaut ressurgit, même s’il est moins important. Le budget colossal marque en partie cette imperfection, mais il n’en reste pas moins qu’une intervention sur le scénario n’aurait pas été inutile. Guillermo Del Toro n’a pas rigueur d’écriture d’un Cameron, autre cinéaste à penser ses projets de A à Z, et cela se vérifie encore.

 

Heureusement, le dernier acte du film permet de relancer la machine et Pacific Rim redevient enfin le film promis pas sa bande annonce ! La dramaturgie se mêle à une action débridée et ultra-spectaculaire , les personnages ont enfin l’épaisseur voulue et on en prend vraiment plein les yeux. Ajoutons que Ron Perlman tire le film vers le haut en composant un trafiquant d'organes de Kaiju et confirme tout le bien que l'on pense de lui.

 

Cette partie finale sauve donc le film et tient donc les promesses espérées ! Mais cela explique  peut-être le score un peu juste aux USA (à peine 100 millions de dollars de recettes, contrebalancés par un accueil meilleur dans le reste du monde, mais loin du méga-succès espéré). En fait, le spectateur lambda attendait certainement un Transformers 4 avec des monstres, ce que ne voulait pas faire Guillermo Del Toro. Le malentendu, né des premières bandes-annonces, a joué contre Pacific Rim et il est clair que les amateurs de Kaiju et les geeks ne pouvaient pas se substituer au grand public.

 

Heureusement, malgré ses défauts et certains personnages irritants (le duo de scientifiques n’est pas vraiment crédible) , Pacific Rim reste un excellent film. Mais en cette année 2013 qui a vu des chefs d’oeuvre comme Oblivion , Iron Man 3, Monstres Academy ou Gravity débouler sur les écrans, le rêve éveillé de Guillermo n’a pas toujours l’épaisseur voulue que l’on souhaiterait.

 

Parce que, mine de rien, on est peut être trop exigeant voire capricieux. On veut du gros spectacle, de l’épaisseur psychologique, des personnages solides, de l’inédit… Et cela Pacific Rim nous le donne presque. Presque.

 

Pacific Rim (****)

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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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