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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 06:39

Le pitch : le destin d’un notable juif qui poursuivra une vengeance implacable avant de rencontrer le Christ et comprendre la valeur du pardon.

 

De Ben Hur, on a en tête deux images : la course de char (qui demanda 3 mois de préparation et de tournage) et le combat naval avec l’éperonnage de la galère. Si l’on pousse un peu plus loin, on aura les figurants par milliers, les décors écrasants et la stature de Charlton Heston, quasi demi-dieu inondant le film de sa présence !

 

Pourtant, réduire le chef d’oeuvre de William Willer à ces clichés serait une erreur. Car, comme le dit le sous-titre du film, Ben Hur est avant tout une histoire du Christ. C’est par lui que le film commence (la séquence de la nativité), c’est par lui qu’il se termine (la cruxifiction et la guérison miraculeuse des lépreuses) et c’est lui qui est le fil rouge de l’histoire : quand il donne de l’eau à Judas Ben Hur, quand il réunit les foules pour leur parler et quand il monte vers le Golgotha. Son nom sera dans la bouche de tous les protagonistes et  sans jamais montrer son visage, il est la véritable force du film.

 

Cependant, c’est bien Judas Ben Hur que l’on va suivre durant la grande majorité des 222 minutes de film. De sa naissance dorée à sa chute pour ne pas avoir voulu trahir son peuple, de l’injustice que va subir sa famille à l’enfer des galères, de sa renaissance en tant que fils d’un amiral romain à son retour en Judée et enfin sa terrible revanche sur Messala, Ben Hur est le fil conducteur de l’histoire. Chaque personnage subit le poids de ces décisions, de ses infortunes ou de ses gloires. Il fallait donc un roc pour incarner un tel personnage et Charlton Heston n’en pouvait être que la parfaite incarnation de cette volonté inébranlable qui, sans jamais s’écarter de sa route, va l’amener à accomplir son destin.

 

Si pour certains spectateurs, le film peut sembler bavard (les dialogues occupent l’immense majorité du métrage), c’est faire peu de cas de la qualité de ces scènes. Magistralement captés, les échanges entre tous les protagonistes de l’histoire, les passages de l’amitié à la haine, les leçons que chaque personnage cherche à asséner à son entourage et surtout le mélange de la grande histoire à celle plus personnelle de Ben Hure rendent le film passionnant ! On peut même y voir, en creux, un terrible aveu d’impuissance de notre époque car en 1961, nul besoin d’expliquer de long en large le contexte historique.

 

Si, 50 ans après, Ben Hur fascine toujours autant, c’est bien par sa démesure. Même les scènes intimistes sont grandioses de par les costumes, les accessoires ou les décors. Et à une époque où aucune aide numérique n’était disponible ! Il fallait construire les galères, la piste de la cour de char, les monuments de Rome, habiller des milliers de figurants, les équiper et les diriger comme on dirige une armée. Filmé en 70 mm, dans un Technicolor flamboyant, Ben Hur entendait vraiment être une expérience de cinéma ultime, à une époque où la télévision lui faisait une concurrence féroce. A l’instar de Lawrence d’Arabie ou des 10 commandements, il ne pouvait être fait que pour le grand écran.

 

Et même si l’édition de 2011 en Blu-ray est à tomber par terre, dans son coffret métallisé 6 disques (le film sur 2 Blu-ray , les suppléments sur un 2eme, le film sur 2 DVD et un CD reprenant une partie de la bande originale + un livret de 64 pages présentant des photos rares et surtout un monceau de coupures de presse) , rien ne remplacera sans doute le choc qu’on pu éprouver les spectateurs quand ils l’ont vu en salle !

 

Mais de cette démesure, de ces armées de figurants, de cette colossale impression que la grandeur de Rome écrase le monde, reste surtout le destin d’un modeste charpentier qui pour avoir donné de l’eau à Ben Hur le sauvera physiquement avant de le sauver moralement lors de sa mise à mort. La haine de Judas Ben Hur envers Rome disparaîtra parce qu’il aura su entendre le message de Jésus.

 

Ce sous-titre religieux a été éclipsé par la démesure du film, mais il est clair qu’il est le plus important : commencer le film par Anno Dominici ne laisse la place à aucun doute. Au delà du destin fabuleux de Ben Hur, c’est bien une histoire sainte qui nous est racontée.

 

Ben Hur (*****)

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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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