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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 11:07

Dans une fête foraine, un jeune garçon rencontre un vieil indien. Celui ci va lui raconter sa rencontre avec un ranger et les aventures qui s’en sont ensuivies.

 

Echec aux USA, (90 millions de recettes pour un budget de 215), succès moyen dans le monde (à peine 170 millions); Lone Ranger traine une réputation exécrable et sa sortie vidéo s’est quasiment faite en catimini.

 

Surprise : le film vaut bien plus que sa réputation et son échec n’en apparaît qu’encore plus injuste. Certes sa longueur excessive (près de 2h30) plombe quelque peu le métrage et Gore Verbinksi aurait même pu couper toute la sous-intrigue se déroulant dans la fête foraine, gagnant ainsi un bon quart d’heure (mais cela aurait donné un tout autre film, et le second degré du scénario en aurait souffert).

 

Mais pour le reste !! Entre des paysages à couper le souffle et qui donne envie de s’envoler immédiatement pour l’Ouest américain, filmés à la perfection et des décors grandioses, Lone Ranger fait souffler un vent de démesure et d’épopée que l’on retrouve de moins en moins au cinéma. Verbinski aime les westerns (il l’avait déjà montré avec Rango) et il lui rend un hommage plus qu’appuyé, s’adossant au cliché du genre, les mixant avec le versant spaghetti tout en s’aventurant dans des contrées peu vues au cinéma, notamment l’aventure ferroviaire qui a construit l’Amérique en reliant ses deux océans.

 

Rien que pour ces visions extraordinaires d’un pays taillé à la mesure des géants et non des hommes, Lone Ranger mérite une sérieuse réhabilitation.

 

Mais ce n’est pas tout, car de belles images ne font pas forcément un bon film. Le cinéaste, grandement aidé par Johnny Depp (totalement investi dans son rôle) retrouve sans aucun soucis le cocktail action-humour de Pirates des Caraïbes. Il le saupoudre d’un aspect quelque peu macabre (certains maquillages sont d’un réalisme confondant) et d’une vision parfois très noire. Car si l’Amérique s’est construit avec le chemin de fer, elle n’a pas épargné le sang des innocents et Lone Ranger ne se prive pas pour le dire.

 

Dans le film, personne n’est vraiment « blanc ». Chacun traîne son lot de tristesse, de deuils inachevés : ainsi le héros convoite ouvertement la femme de son frère, un thème rarement vu dans  le cinéma populaire, même si la mort du dit frère écarte toute immoralité . Tonto traîne le souvenir du massacre de son peuple et le corbeau qu’il porte sur la tête en symbolise le deuil. Même le méchant n’est pas entièrement gris et ses motivations ne sont pas uniquement vénales. Ce refus du manichéisme a sans doute rendu difficile l’acceptation des personnages par le grand public.

 

Ce qui surprend, c’est que, si on fait abstraction de ces personnages torturés, les monumentales scènes d’action n’aient pas attiré plus de gens dans les salles. Entre duel de locomotives, poursuites et combats à cheval et des scènes de foules monumentales, Lone Ranger en donne pour son argent (215 millions de budget selon certaines sources). Mais jamais, cet argent n’est dépensé en pure perte, comme le montre le petit making of présent sur le Blu-ray. La volonté de tourner en décors naturels, la figuration, les machineries ont forcément grevé le budget, mais l’authenticité est là. Il est vraiment dommage que, à l’instar de John Carter, le bouche à oreille n’ait pas pris.

 

Parce que, mine de rien, il viendra bien un temps où les studios ne sortiront plus rien d’autres que des formules toutes faites et que le risque, déjà plus très important, aura totalement disparu.

 

Verbinski et Bruckheimer ont pris des risques. Ils  n’ont pas été récompensé.

 

Dommage, vraiment dommage !

 

Lone Ranger (****)

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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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