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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 07:05

Le pitch : une jeune femme absorbe accidentellement une grosse dose d’une nouvelle drogue. Cela va booster les capacités de son cerveau et l’amener à un niveau quasi divin.

 

Il fut un temps où les films de Luc Besson étaient attendus comme le Messie ! Dans les années 90, après le triomphe du Grand Bleu (9 millions de spectateurs, on le rappelle), chacune de ses sorties étaient guettées, analysées et espérées d’autant plus que Besson faisait régner un black out total dessus. Parfois une image filtrait, ou une information. Seul Jeanne d’Arc échappa quelque peu à cette volonté de tout contrôler , le personnage étant suffisamment connu pour que les principaux éléments de l’histoire filtrent. Et même avec ce film, le réalisateur étonna avec sa vision très particulière de la jeune Lorraine.

 

De 1984 à 1999, 15 ans durant, Besson divise : on l’idolâtre ou on le déteste. Mais même ses plus farouches détracteurs ne pouvaient nier son sens du cadre, la perfection technique de ses films et la symbiose entre musique et image.

 

Puis, après Jeanne d’Arc justement, Besson décida de se consacrer à la production. Il fallu attendre 7 ans pour le voir retourner derrière une caméra (même s’il participa à titre amical à quelques scènes de l’Astérix de Chabat). 

 

Mais durant ce laps de temps, la donne avait changé. Besson n’était plus ce réalisateur atypique capable de vendre un film sur son seul nom. Angel A fut un échec, la trilogie Arthur, même si elle connu un gros succès en France, aurait pu être réalisée par n’importe qui de même qu’Adèle Blanc-sec, The Lady, sans doute le meilleur film de cette période, permit de retrouver le vrai Besson mais personne (ou presque) ne se déplaça pour le voir. Je ne parlerai pas de son thriller Malavita avec Robert de Niro ne l’ayant pas vu.

 

Avec Lucy, Besson retrouve les faveurs du public , et ce sur toute la planète (400 millions de dollars de recette à ce jour pour un budget de 40) mais surtout signe un film digne de sa grande période. Car si l’on met de côté quelques trous béants du scénario (pourquoi le dealer du début se fait abattre ? Comment les tueurs retrouvent Lucy à Paris ? Et surtout est-il vraiment possible de faire des opérations sauvages dans un hôpital public après avoir déclenché une fusillade qui tue une dizaine de policiers ?) , Lucy est un sacré bon film, prenant, haletant, divertissant, bien filmé et bien éclairé. Et cerise sur le gâteau, mais c’est une marque de fabrique du cinéaste, les effets visuels (dus ici à ILM) sont à la hauteur de n’importe quel film américain !

 

Ce qui fait la réussite de Lucy, c’est évidemment Scarlett Johansson ! L’actrice américaine tient le film sur ses épaules et est tout aussi crédible en victime apeurée qu’en super woman sous acide !! Mais quoi d’étonnant quand on a joué la Veuve noire dans 3 films Marvel ? Quand à la partie « sensible » du début de l’histoire ou cette scène extraordinaire où Lucy téléphone à sa mère, on retrouve la Scarlett fabuleuse de La jeune fille à la perle ou du début de The Island, le chef d’oeuvre de Michael Bay.

 

Besson s’appuie sur son actrice , qui le lui rend bien, les scènes les plus intenses étant pour elle. A côté, Morgan Freeman paraît même un peu fade, son personnage aurait gagné à être plus étoffé. Mais ses scènes d’exposition valent le détour, notamment sa conférence où il explique , sans le savoir, la future évolution de Lucy.

 

Graphiquement, le film est très violent (au passage, les parents qui emmènent leur jeune enfant voir le film sont soit de grands inconscients soit de sacrés abrutis) , rappelant les scènes les plus dures de Nikita ou Léon. Mais la violence ne me semble pas aussi gratuite que j’ai pu le lire. Elle fait partie de l’histoire et les méthodes des mafias asiatiques ne sont pas connues pour leur philanthropie.

 

Les scènes d’action sont également rondement menées, que cela soit la course poursuite dans Paris, la fusillade à la Sorbonne (les amateurs de ce lieu historique vont avoir une attaque) ou dans l’hôpital, Besson parvient à ne pas tomber dans le sur-découpage, mais au contraire à donner une vision très lisible de ces passages. Il ne cherche jamais à singer les films US, mais reprend son propre style, là où il l’avait laissé en 1994 avec Léon.

 

Paradoxalement, Lucy perd quelque peu de son intensité au fur et à mesure que ses pouvoirs divins s’accroissent. Mais même dans cette marche vers la déification, Besson parvient à insérer des scènes quasi surréalistes. D’ailleurs l’utilisation de stockshots au début du film, pour symboliser le destin de la jeune femme est une excellente idée. Certains estiment qu’ils surlignent de trop l’action. Je trouve au contraire qu’ils permettent une vision quasi muette du film.

 

Au final, Lucy marque donc le vrai retour du cinéaste, celui que l’on attendait quand même depuis 15 ans. Espérons juste qu’il ne sera pas un feu de paille et que Besson redeviendra le « golden boy » français qu’il n’aurait jamais du cesser d’être.

Lucy (****)

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***** Chef d'oeuvre !!

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*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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