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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 09:38
300, la naissance d'un empire (****)

Alors que Léonidas parvient à freiner l’avance perse aux Thermophiles, l’Athénien Themistocle tente d’unir la Grèce contre Xersès.

 

Curieux projet que ce 300, rise of an empire. Pas vraiment une séquelle (une partie des évènements se passe avant le premier film, une autre en parallèle, une autre après) ni une préquelle, le film trompe même par son titre. Car d’empire grec, il n’y eut pas vraiment (Alexandre était Macédonien et l’empire Byzantin, qui parlait grec, fut au départ l’extension maximale de l’empire romain) et si le titre se référait à l’empire Perse, il existait bien avant Xersès et existera encore longtemps après lui.

 

Bref, un titre bizarre, une chronologie qui fait de fréquents aller et retour dans le temps, quelques flashs de 300, mais une esthétique intacte et directement hérité du premier film.

 

Zack Snyder ayant laissé sa place de réalisateur, pour ne garder que la production mais il est clair que sa patte est omniprésente tout au long des 100 et quelques minutes du film. Que cela le choix des ralentis, des gerbes de sang qui éclaboussent l’écran, de la violence et du gore omniprésents , La naissance d’un Empire a de qui tenir, Noam Murro (dont c'est le premier film) s'en tire vraiment très bien. La thématique est restée la même (la résistance grecque face au totalitarisme perse) , seul le lieu de l’action a changé : on passe des gorges des portes chaudes à la mer Egée, mais on s’y bat toujours autant. 

 

En fait, l’histoire suit l’affrontement à distance de Themistocle, démocrate athénien et d’Artémise, une femme grecque qui, par vengeance, s’est fait l’allié de Darius puis de Xersès. Les deux personnages représentent la quintessence de leur camp, mais rivalisent dans la violence et sont prêts à tout pour arriver à leur fin. Themistocle veut débarrasser la Grèce des Perses, Artémis veut la voir réduite en cendre.

 

Forcément, les deux ennemis vont se rencontrer, d’abord dans un combat sensuel et très chaud, puis dans un véritable affrontement , à travers leurs armées puis au corps à corps. Et ce dernier sera bien moins érotique que leur première rencontre. Mais on sent la détermination de chacun, sa volonté de dominer l’autre, puis de le détruire.

 

Evidemment, l’historien tiquera quelque peu devant les raccourcis et les libertés prises avec l’histoire (les Perses n’ont jamais détruit Athènes). Mais le spectateur, venu chercher un spectacle esthétique et barbare en aura pour son argent. Et même si l’effet de surprise ne joue plus à plein, la mise en scène est suffisamment alerte pour faire vibrer et pour éblouir. Dès les premières minutes, on est plongé dans la bataille et rares seront les moments calmes. 

 

Bien entendu, toutes les images ont été truquées, re-colorisées, modifiées ou étendues par la 3D. Que cela soit les navires, la mer, les décors arides, quasiment tout le film a été créé dans un ordinateur. Et il ne reste plus guère que l’élément humain pour se raccrocher à la réalité. Les costumes sont d’ailleurs toujours aussi superbes et les musculatures puissamment mises en avant. La naissance d’un Empire n’est pas un film fun et ne cherche jamais le second degré, bien au contraire. Il n’hésite pas à aller très loin dans son propos et ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil. On accepte le concept ou on ne l’accepte pas. Et si on  ne l’accepte pas, on ne rentre pas dans le film.

 

Si on peut regretter quelques minauderies d’Eva Green et la fadeur relative du héros (Gerard Butler dégageait une tout autre aura), le casting de chair et de sang s’est mis au diapason de la mythologie créée par Frank Miller, en reprend les codes et a dû suer fortement pour arriver à ces silhouettes d’esthètes sculptés dans le marbre.

 

Il est clair que le spectateur hermétique à ce genre de péplum ne pourra que détester. Comme je l’ai écrit, le but n’est pas de flatter, mais bien de lancer en pleine face un maelström d’images, de ralentis, d’accélérations et de morts. Ici, les Perses ne sont que de la chair à canon et leur déferlante ne peut finalement rien devant la volonté farouche des Grecs.

 

Dommage cependant que la splendide « renaissance » de Xersès ne soit pas mieux exploitée. Il disparaît un peu trop rapidement et la défaite d’Artémis l’évacue totalement du récit. 

 

La naissance d’un Empire s’avère être un prolongement de 300, tout aussi barbare et enthousiasmant. Et même s’il n’apporte finalement pas énormément de choses en plus, il est suffisamment accrocheur pour se voir et se revoir avec un réel plaisir.

 

Il faut donc dépasser l’espérance du titre pour se laisser entraîner dans ce nouvel épisode de la confrontation entre les Grecs et les Perses. Le résultat en vaut la peine.

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