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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 10:04
Mad Max , Fury Road(*****)

Dans un futur apocalyptique, alors que eau et essence sont devenues des denrées plus que précieuses, un ancien policier, Max, tente de survivre jusqu’au jour où il tombe aux mains d’une secte dégénérée…

 

Des 3 Mad Max originaux, on garde le souvenir d’une trilogie pleine de fureur, de tôle froissée, de routes désertes inondées de soleil et surtout la silhouette d’un Mel Gibson qui allait acquérir ses galons de super-star planétaire.

 

30 ans après Au delà du dôme du  tonnerre (un film qu’il conviendrait de ré-évaluer, sans forcément le comparer à l’inégalable Mad Max 2), Max revient donc dans ce qui est ni une vraie séquelle (les évènements se passent forcément avant le 2e film vu que Max a encore son Interceptor) ni un reboot (malgré les flashbacks sur la mort de sa femme et de sa fille), mais plutôt une relecture d’un univers apocalyptique dopé par des moyens considérables.

 

Disons-le tout de suite  : le scénario tiendrait sur la carte de crédit qui vous permet de payer votre essence. Mais c’était déjà le cas du 2e opus. Et pour Fury Road, cela n’a aucune espèce d’importance tant le script linéaire emporte tout sur son passage. Max est capturé, parvient à s’enfuir avec quelques femmes désireuses de quitter cette secte monstrueuse et passera le reste du film à échapper à ses poursuivants. Pas de surprise ni de retournement de dernière minute. Tom Hardy ne doit avoir que 20 lignes de dialogues, mais tout comme dans The Dark Knight rises, sa présence physique est indéniable et il porte clairement le film sur ses épaules. A ses côtés, Charlize Theron livre une performance époustouflante et pas seulement sur un plan physique. Le duo emmène donc le spectateur très loin sur cette terre désolée, le prend à la gorge et ne lui laisse aucun instant de répit.

 

Mais ce qui fait de Fury Road un chef d’oeuvre digne de la première trilogie, c’est à la fois son univers baroque et démentiel, d’un visuel à tomber par terre et ses scènes d’action que l’on clairement qualifier de « jamais vu » tant elles semblent à la fois réalistes et  « faciles ». Le tout premier Mad Max présentait déjà des cascades de dingues comme cet impact frontal entre un motard et camion, ou le moment où une voiture traverse une caravane. Ici, Miller reprend le leitmotiv du 2e opus et le pousse dans ses retranchements ultimes : des ballets de fous furieux où l’acier des véhicules se brisent sous l’impact des chocs, où le feu dévore les carrosseries faites d’assemblages improbables. Cependant, le film ne se contente pas d’entrechoquer des voitures, de les désintégrer quasiment, il ajoute des envolées de soldats de l’apocalypse n’hésitant pas à se percher en haut de tiges d’acier pour atteindre leur cible. A ce niveau, le film tient carrément du prodige, surtout quand on sait que les cascades ne sont pas numériques, mais réelles et si trucages il y a, c’est bien dans l’assemblage de différentes parties des chocs (très dangereux de faire exploser une citerne au milieu d’une armada de véhicules divers. Mieux vaut le détruire seul puis l’incruster au milieu des autres engins) ou l’extension de décors numériques. Les paysages de Namibie s’en trouvent encore plus grandiose, rendant l’apocalypse crédible.

 

Ce qui frappe, c’est surtout la construction d’un univers post-guerre nucléaire incroyablement riche. Juste retour pour une saga qui a été pillée durant des années (Waterwold lui doit absolument tout) ! Georges Miller a eu les moyens de ses ambitions et a balancé le moindre dollar à l’écran. Dès les premières images, on comprend qu’il ne s’est donné aucune limite que cela soit dans les véhicules, les costumes, les décors, le look des personnages (tatouages, piercing, scarifications, difformités dues aux radiations, la palette semble infinie) ou les paysages !! Rien n’est trop « beau » pour le retour de Max à l’écran, quitte à tomber dans l’excès comme ce véhicule où un guitariste aveugle lance des flammes à partir de son instrument sur des accords très heavy metal !! Idem pour le look des bad guys ! Miller reprend les codes de Mad Max 2 mais les amplifie, les surclasse et donne une unité de ton à son film incroyable ! On sent que cet univers a été pensé, imaginé durant des années et que tout ce temps passé loin de son héros favori n’a que décuplé l’envie de lui offrir un écrin digne de ce nom !

 

Mais cette richesse visuelle n’écrase pas le film puisque le spectateur l’accepte très rapidement. Dès la capture de Max, on comprend que l’on n’est pas dans une série B fauchée (et croyez moi, j’en ai vu des paquets des 2019 après la chute de New York !!), mais bien dans une série A, un film de classe mondiale dont la sélection hors compétition à Cannes montre, une fois de plus, le mépris qu’a ce festival pour le cinéma populaire !! 

 

Georges Miller a donc brillamment renoué avec l’oeuvre de sa jeunesse. On peut même regretter qu’il n’ait pas réalisé plus de films car, pour les plus anciens, il fut un temps où il était l’égal d’un Spielberg , d’un Landis, d’un Dante, les quatre furent d’ailleurs réunis dans le film à sketch La quatrième dimension. Oui, on peut regretter cette éclipse entre Les sorcières d’Eastwicks et Babe 2 (il n’avait « que » produit le premier).

 

Le succès mondial de Fury Road a donc remis Max Rockatansky sur les rails. Et le plan final qui le voit s’éclipser discrètement après avoir rempli sa « mission »ne nous laisse aucun doute : Max reviendra, pour le plus grand plaisir des fans de cinéma rock’n’roll !!

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