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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 06:58
Le voyage d'Arlo (****)

Sur une Terre où l'astéroïde qui a détruit les dinosaures n'a fait que la frôler, ces derniers sont devenus l'espèce dominante et intelligente. Arlo, un jeune saurien plutôt freluquet, va se découvrir des qualités inespérées alors qu'il est projeté loin des siens.

 

Un Pixar "mineur" reste toujours un film Pixar. Et Arlo, s'il n'a pas les qualités énormes de Vice et Versa n'en n'est pas moins un superbe dessin animé, destiné aux plus jeunes, à l'écriture rigoureuse et à la technique irréprochable.

 

Il est d'ailleurs étonnant que Disney est sorti deux films Pixar cette année, se coupant sans doute quelque peu l'herbe sous le pied niveau recette. Une sortie en été aurait permis une meilleure exposition, une concurrence moindre et au final une fréquentation plus importante, même si les 266 millions de recettes mondiales sont loin d'être ridicules.

 

Mais au delà de cette considération temporelle, il est clair que, mineur ou pas, Pixar a apporté le même soin à Arlo qu'à ses autres films. L'animation ? d'une fluidité remarquable, mais sans aucune esbrouffe. Les paysages ? en utilisant les données géographiques type Google earth et cie, le studio peut offrir une continuité impressionnante de paysages quasi photographiques. On sait que l'animation 3D se concentre le plus souvent sur des plans serrés et évite de trop sortir dehors. Reproduire des montagnes, des forêts, une rivière ou même des nuages est d'une complexité inouïe. Son coût est astronomique ! En misant sur des données déjà existantes, Pixar a donc fait le pari de mettre ses personnages dans des décors quasi réels. Le résultat à l'image est époustouflant ! Que cela soit les plaines inondées de lumière où vivent Arlo et sa famille, le canyon envahi par la rivière, les forêts de résineux ou les monts enneigés, rien que ce travail vaut la vision du film !

 

L'histoire ? comme souvent, Pixar opte pour le classique voyage initiatique. Parce qu'il est peureux et frêle, Arlo est rejeté par son frère et sa soeur, et même son père a du mal à lui trouver de qualités. Et quand Arlo va se retrouver loin des siens, il devra surmonter sa peur, ses préjugés afin de les retrouver au long d'un périple qui le changera à jamais. On le voit, rien de bien neuf. Mais les meilleures histoires sont parfois les plus simples. Ici, ce voyage (pour une fois le titre français est vraiment bien choisi) sera l'occasion pour Arlo de se confronter à ses démons, mais aussi de découvrir l'autre, à savoir un petit garçon à moité sauvage. C'est là, l'idée génial du script : les hommes ne sont encore que des êtres frustres et le script les décrit plus que comme des chiens (l'animation est clairement calquée sur les chiens de Là Haut) que comme des êtres humains. Sans dialogue aucun, uniquement avec ses mimiques, l'animation lui donne pourtant une expressivité sans pareil. Et jamais le film ne cède au second degré. Le comique jaillit des situations et du décalage entre un Arlo intelligent et un petit homme non encore sorti des limbes de l'animalité. Ce renversement de situation, pour osé qu'il soit, est le moteur de l'histoire. D'autant qu'Arlo va devenir, pendant une partie de l'histoire, le "père" du petit garçon, reproduisant avec lui les scènes que son vrai papa lui avait montrées (la scène des lucioles).

 

En misant sur peu de personnages (Arlo et sa famille, le petit homme, quelques dinosaures rencontrés en route), l'histoire peut donc se contenter sur les différentes péripéties sans se perdre dans des méandres. Là aussi, cette économie de moyen peut étonner, d'autant que le rythme est plutôt lent. Arlo est une réponse aux récents films d'animation 3D allant à 100 à l'heure. Comme je l'ai dit, le film s'adressant aux plus jeunes, il convenait de pas les perdre dans des détails superflus ou du second degré. Mais cela ne veut pas dire que le film est enfantin. Au contraire, en convoquant toutes les peurs enfantines (la peur de grandir, la peur de se de dépasser, la peur de perdre ses parents), il leur parle au contraire de la manière la plus pure et la plus sincère.

 

Au final, Le voyage d'Arlo est un merveilleux périple, d'une très grande beauté. Un lent voyage qui n'a rien de tranquille et dont la dureté est loin d'être exempte. Comme dans toute vie, en fait.

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