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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 10:28
Zootopie (**** 1/2 *)

Le pitch : fraîchement nommé à Zootopie, une ville où prédateurs et proie cohabitent en paix, une jeune lapine , Judy, doit faire équipe avec un renard roublard , Nicky, pour percer le mystère de la disparition d'une douzaine d'animaux.

 

Depuis que John Lasseter est à la tête du Walt Disney Feature Animation il est clair que quelque chose a changé. La firme a repris du poil de la bête et dépend nettement moins de Pixar. D'autant plus que les récents métrages  comme La princesse et la Grenouille (en animation traditonnelle !!), Bienvenue chez les Robinsons ou Volt sont allés dans des directions différentes. Et si Raiponce ou La reine des neiges sont adaptés "classiquement" de contes, leur traitement porte la patte du créateur de Toy Story.

 

Zootopie confirme tout le savoir faire Lasseter : à savoir un pitch novateur, un univers détaillé et sacrément prenant (et encore, il est même sous-exploité), des personnages bien campés mais surtout une histoire digne de ce nom, riche en second degré, mais sans aucun cynisme.

 

Parce que, mine de rien, la technique a beau être prodigieuse (elle l'est sans aucun soucis avec une animation et des effets visuels dantesques), elle ne vaut rien sans une bonne histoire ! En proposant la quête très classique d'un personnage qui devra se battre pour obtenir ce qu'il n'ait pas censé obtenir, Zootopie ne fait pas forcément dans l'original mais il le fait sacrément bien. Et qui plus, en utilisant les codes du buddy movies, il rajoute une valeur inestimable à l'histoire. De ce fait, on suit une enquête sans aucun temps morts, truffée de passages hilarants (la scène déjà culte des paresseux !!) et de scènes d'action bien troussées. Les recettes ont beau être connues, elles n'en restent pas moins efficaces. 

 

L'univers de Zootopie a fait l'objet d'un brainstorming poussé. On a déjà vu pas mal de dessins animés avec des animaux parlants, que cela soit dans des environnements humains (au hasard, les 101 dalmatiens) ou des univers plus à leurs échelles (Bernard et Bianca). On a également eu une bonne part d'anthropomorphisme (la scène de jazz des Aristochats par exemple) ou des mondes calqués sur le notre (Chicken Run). Mais là, l'idée génial est d'avoir divisé la ville de Zootopie en quartiers "ethniques" selon les espèces : désert, banquise, forêt tropicale... Et si cela ne suffisait pas, des aménagements sont faits selon les catégories d'animaux. Ainsi des portes de métros différentes selon la taille des animaux qui les empruntent.

 

En fait, Zootopie propose un univers si riche qu'il faut plusieurs visions pour bien l'apréhender. On se retrouve là dans les méthodes made in Pixar , à savoir créer plusieurs couches de lecture d'images en plus des différents niveaux de l'histoire. Il est d'ailleurs étonnant de voir que le dernier Pixar, Arlo, ne dispose pas de ces niveaux multiples. Il est vrai que le changement de réalisateurs en cours de route n'a pas du aider.

 

Ici, point de cela. Zootopie s'adresse à tous, aux jeunes enfants qui riront aux multiples gags et aux adultes qui pointeront tel ou tel comportement humain dans les mimiques des animaux, le tout dans un univers vivant et coloré. On notera que les objets connectés, notamment les téléphones, ressemblent fort à ceux conçus par l'homme qui racheta Pixar à Georges Lucas, feu Steve Jobs !!!

 

Mais la réussite d'un buddy movie tient en son couple principal. Associer une lapine intègre et un renard légèrement arnaqueur est une idée de génie car elle génére forcément une tension naturelle entre les deux personnages (qui plus est, entretenue par une mésaventure que Judy eut dans sa jeunesse avec un autre renard). Il faut savoir qu'au départ, la lapine aurait dû être la faire-valoir du renard. Inverser leur rôle permet d'aller plus loin dans le comique, le prédateur devenant dépendant de sa "proie". Bien entendu, l'évolution de leur relation suit là aussi un schéma classique, mais la scène finale laisse espérer une séquelle qui serait la bienvenue tant on a envie d'explorer à nouveau ce monde. Et puis, il y a tellement de seconds rôles, entre la musaraigne émule de Don Corléone, le buffle chef de police ou la brebis soumise (mais pas tant que cela), que la matière a une suite est largement là.

 

Bourré de références (Le parrain, la reine des neiges), Zootopie n'est pas loin de frôler les chefs d'oeuvre "classique" de la maison. Le temps lui donnera sans aucun doute une aura supplémentaire. En attendant, si vous ne l'avez pas encore vu, courrez y !! Le succès tout à fait justifié montre que, malgré les Dreamworks et autre Blu-Sky, Disney reste largement le studio mâitre du genre .

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***** Chef d'oeuvre !!

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*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

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* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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