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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 09:15

Un long commentaire très intéressant a été posté par un internaute sur ma chronique d'ID4 Resurgence, film que j'ai adoré mais que mon interlocuteur a détesté. Ce qui ne me pose pas de soucis vu que, comme on le dit, tous les goûts sont dans la nature.

 

Une partie du commentaire portait sur le fait que je reprochais à la presse "qui-ne-paye-pas-ses-entrées" de détester Emmerich. Mon interlocuteur me disait aussi que j'étais trop généreux dans mes choix et que j'amais tout, sans vraiment faire preuve de discernement.

 

Il est vrai que j'ai la chance d'être bon public. Ce n'est pas un manque d'exigence à mon avis mais plutôt la capacité à voir le verre à moitié plein qu'à moitié vide. Et puis, n'étant pas masochiste, je préfère aller voir un film que je pense pouvoir apprécier qu'aller voir un film qui ne rentre pas dans goûts. Parce que, mine de rien, le cinéma est un loisir qui coûte assez cher. Sans carte de fidélité ou carte regroupant plusieurs places, réductions du matin (celles pour les familles nombreuses ayant disparu quasiment partout), une place c'est désormais dans les 11 euros sur Nancy. En gros, le prix d'un Blu-Ray lors des opérations promo. Emmener ses enfants voir le dernier Disney en salle à l'heure de pointe coûtera bientôt plus cher qu'aller à EuroDisney !! Par rapport à un journaliste qui ne payera pas sa place (ce qui est logique vu qu'il fait son travail), un film qui me déplait en salle me coûte un peu plus que 2 heures perdues. Remarquez, que le film me plaise ou pas, j'aurais quand même perdu l'argent de ma place.

 

Donc, il apparait logique que je choisisse mes films. Et c'est ce que je fais depuis que j'ai une dizaine d'années. Maintenant, que l'on estime que j'ai des goûts de "chiotte" parce que j'ai apprécié Civil War ou Jurassic world ne me dérange pas. 

 

Par rapport à la critique que j'égratine régulièrement, je n'entends pas changer de braquet. Je lis la presse cinéma depuis le début des années 80. A l'époque, en matière de cinéma dit populaire, il y avait Première qui s'opposait quelque peu aux Cahiers du cinéma. Première proposait de vrais dossiers sur tous les types de cinéma, très bien écrits, mais le fantastique ou l'horreur y était tout de même peu représenté. La découverte de L'écran fantastique mais surtout de Mad Movies (auquel j'ai été abonné pendant plus de 10 ans) m'a permis de voir une autre facette de la production mondiale. Enfin, au tout début des années 90, le premier numéro de SFX fut un véritable choc ! J'en possède tous les numéros (sauf 1 !!) et pour la première fois, un magazine proposait des articles de fond sur la technique et non pas sur l'analyse sémantique d'un film. Les 3 approches se complétaient sans soucis. Si on ajoute l'arrivée de Studio, on avait une presse grande qualité. Mes étagères croulants sous des magazines témoignent de ma boulimie d'écrits cinéma.

 

Et puis, vers le milieu des années 90, j'ai pu constaté une certaine dérive vers un journalisme généraliste plus paresseux, avec des articles que l'on aurait pu croire être des copier/coller de clichés. Même Mad Movies a décliné et j'ai cessé de l'acheter vers 2005. Première, Studio/Ciné live ? Je les lis à la médiathèque de Nancy, rapidement généralement. Par contre, je prends toujours SFX, dont le petit passage à vide consécutif au départ momentanée de son rédacteur en chef a été bref et L'écran fantastique dont j'apprécie les longs dossiers.

 

L'état de la critique en 2016 ? Honnêtement, je le trouve pitoyable et cynique. Si certains journalistes ont les mêmes exigences qu'il y a 30 ans (à cet exemple, même si je ne suis plus d'accord avec la ligne éditioriale de Mad Movies, surtout depuis les départ des "historiques", quand ils analysent un film, ils ne font pas les choses à moitié), la plupart se contentent de phrases toutes faites et surtout, surtout, ne traitent pas leur sujet. On peut écrire sur Batman Vs Superman sans connaître le comics, mais on passe forcément à côté de la psychologie des personnages. Comparer un film Marvel et un film DC implique de connaître un minimum les 2 univers. 

 

L'avènement d'Internet a accentué un phénomène de "globalisation" de la critique. En 1999, Rick McCallum, producteur de la prélogie, estimait qu'une chronique écrite par un gamin sur un blog bien en vue avait plus d'impact que la chronique du NY Times. Sans aller jusque là, on peut penser qu'un buzz négatif fait sur le net, parfois sur la foi de quelques images d'une bande annonce, peut être destructeur. Et la tendance va en s'accentuant. L'internaute, mais aussi le journaliste juge désormais un film sur une affiche, un casting ou un trailer. Et rares sont ceux qui font le mea culpa. Comparez le nombre de critiques qui sont revenus sur leur propos concernant le choix de Ben Affleck en Batman avec le torrent de "Quel choix merdique" lors de l'annonce du casting et vous aurez une idée de l'infini.

 

Enormément de chroniques tiennent désormais en quelques lignes, avec des phrases toutes faites comme "scénario amnémique", "omniprésence des effets visuels","montage bourrin et haché","conclusion à l'Américaine"... Et pas uniquement dans les quotidiens ou les sites d'informations rapides. Sans aller jusqu'à demander une analyse approfondie de tout ce qui sort, un minimum de travail devrait être fait, non ? Surtout pour des gens justement payés pour cela. Mes chroniques de SOI font rarement moins de 100 lignes. J'essaye d'y mettre le maximum d'informations ou de comparaisons. Et mon avis subjectif est étayé de manière honnête (enfin, c'est ce que j'ai tendance à penser). 

 

Bon public, moi ? Je le redis, je le revendique. Je ne vois pas l'intérêt de casser pour casser. Un film ne me plaît pas ? Généralement, je n'en parle pas. Ou alors quelques mots lors de la page box office si j'estime qu'il y a de quoi en parler. Par exemple, je n'apprécie pas les films de Roman Polanski eu égard à sa conduite scandaleuse envers une gamine de 14 ans. Bien entendu, sa vie privée n'a rien à voir avec la qualité de ses films (Le bal des Vampires reste un sommet), mais j'ai du coup bien du mal à apprécier ce qu'il fait. C'est tout à fait subjectif. Je laisse donc à ceux qui seront capable de passer au-dessus de ses frasques le soin de parler de ses films.

 

Tenir un blog cinéma depuis 16 ans (qui, je le rapelle suivent mes 5 années de fanzinat) n'est que le reflet de ma passion. Je n'impose rien, je ne vends rien, je ne me prend pas pour ce que je ne suis pas, je ne fais que donner mon avis. 

 

Une dernière chose : pas mal de critiques très négatives sont empreintes d'un anti-américanisme délirant. Pour y être allé un certain nombre de fois, pour y avoir une fille qui y étudie (dans le Wisconsin), je trouve navrant le nombre de clichés véhiculés par des "professionnels". Navrant et mensonger.

Voilà pourquoi, oui, la critique "pro" me gave souvent.

 

 

 

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  • Enseignant, fan de cinéma et de métal, chanteur dans différents groupe de métal, collectionneur de tout ce qui touche à Star Wars... what else ?
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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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