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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 18:01
Focus sur le BO US de Tim Burton

Tim Burton au cinéma, c’est plus de 30 ans de carrière déjà, avec des très hauts mais aussi des très bas. Ce focus va s’intéresser à son box office US car le succès mondial de son cinéma ne s’est pas imposé tout de suite. On peut même dire que sa façon d’être perçu hors d’Amérique a été différente quand il a obtenu du succès dans le monde entier.

 

Sur ces 18 films , 6 ont passé la barre de 100 millions dont 3 au dessus de 200 et 1 au dessus de 300.

 

Son plus gros succès est Alice au pays des merveilles (334 millions, plus d’un milliard à l’échelle mondiale). Boosté par la 3D, la réception par le public du film fut une vraie surprise, d’autant plus qu’il ne figure pas parmi les oeuvres dites « personnelles » de Burton. Si le cinéaste a toujours investi sa façon de voir les choses dans ses films, il est vrai qu’Alice porte moins sa marque, même si son amour pour les personnages décalés transparait également ici.

 

Suivent Batman (251,1) et Charlie et la chocolaterie (206,4). A priori, deux univers très différents, d’un côté un super héros ténébreux, de l’autre un gamin plongé dans un monde coloré et fantaisiste. A noter, que pour ce trio de tête, Burton a adapté un matériel qui existait déjà (2 livres, un comics). Mais si on regarde de plus près, on voit que dans Batman, c’est surtout le Joker qui intéresse le cinéaste. Et dans Charlie, c’est Willy Wonka qui en est clairement la vedette. On retrouve donc deux personnages tourmentées, ambigües et très décalés par rapport au reste du monde.

 

Dans ces 2 films, Tim Burton est allé là où on ne l’attendait pas. Pour Batman,  son choix de prendre Michael Keaton comme héros, alors que l’acteur était surtout connu pour ses rôles comiques a déchainé des passions (d’un niveau égal à celui de Ben Affleck reprenant le personnage, folie internet en moins). Le film fut néanmoins un triomphe, s’imposant numéro 1 aux USA (mais pas dans le monde), battant Indiana Jones et la dernière Croisade ou Abyss. En dollars constant, Batman a rapporté plus de 530 millions de dollars !

 

Quand à Charlie, on avait droit à la fois à un remake et une adaptation. En utilisant son acteur fétiche, Johnny Depp, Burton a réussi à transformer un projet casse-gueule en triomphe, Charlie et la chocolaterie devenant un des succès mondiaux de 2005. Mais , il a également été le point de départ d’une polémique sur les « compromissions » du cinéaste, même si ce point était déjà discuté à l’époque de La planète des singes. J’y reviendrais.

 

Ces 3 derniers films 100millionnaires sont La planète des singes (180 millions), Batman le défi (162) et Sleepy Hollow (101). A nouveau 3 oeuvres qui ne sont pas des choses originales : un remake, une séquelle, une adaptation d’un conte classique (et d’un dessin animé Disney). Mais à chaque fois, le cinéaste parvient à faire entrer son univers. C’est flagrant pour Sleepy Hollow tant le concept gothique sied à la personnalité de Burton (n’oublions pas que son look le rapproche encore et toujours de Robert Smith, le leader de Cure). Il s’approprie l’histoire, transforme le héros (Johnny Depp à nouveau) en autre chose qu’un preux chevalier et prend un malin plaisir à filmer des décapitations.

 

Pour Batman le défi, il pousse encore plus loin le défilé de freaks et de personnages totalement décalés. Le super-héros devient le faire valoir du Pingouin et de Catwoman, les scènes d’action sont bien là, mais il est évident que Burton entend surtout montrer une Gotham décadente, gothique et tentée par le mal. La Warner sera horrifiée en voyant le résultat et, malgré le succès, retirera son jouet des mains du cinéaste pour les confier à Joel Schumacher, qui reviendra à un concept plus héroïque (même si, malicieusement, il n’hésitera pas à en faire une icône gay).

 

Reste La planète des singes. Le remake audacieux est considéré comme le moins burtonien des films de Tim Burton. Je ne suis pas tout à fait d’accord. Certes, c’est sans doute son film le moins « personnel » et la touche du cinéaste n’apparait que par intermitence. Mais il faut savoir que la Fox a considérablement modifié son approche. Ainsi, Burton souhaitait développer une histoire d’amour entre l’astronaute échoué (Mark Whalberg dans un de ses meilleurs rôles) et la guenon vedette du film. Impensable dans un blockbusters d’été ! La présence d’une belle plante blonde éloignera cette idée quelque peu étonnante.  Du fait, les idées de Burton sont noyées dans le très beau travail technique, notamment les maquillages de Rick Baker. Cela n’empêchera pas ce remake de connaître un succès considérable dans le monde entier. Mais si Burton attendra 15 ans avant de retravailler avec la Fox, c’est sans aucun doute parce qu’il a gardé un très mauvais souvenir de ce tournage.

 

Les 12 autres films ont obtenu des recettes allant de 5,8 millions (Ed Wood, sans aucun doute son meilleur film) à 79,2 millions (Dark Shadows). C’est dans cette fourchette que l’on va trouver les plus plus « personnels » du cinéaste. Mais, comme une sorte de malédiction, aucun de ses projets ne fonctionnera autant que les « commandes » qu’il réalise régulièrement pour les grands studios.

 

Reprenons les chronologiquement.

 

Il se lance dans le grand bain avec Pee Wee, lassé de son travail chez Disney (la légende dit qu’il aurait bossé sur Rox et Rouky, mais surtout Taram et le chaudron magique, le mal aimé du studio).  Pee Wee rapporte 40 millions en 1985. Il sera suivi par le premier succès « officiel » Beetlejuice avec Michael Keaton ! 73 millions au box office, en 1988, c’est l’équivalent de 155 millions de nos jours.

 

Entre 2 Batman, il réalise Edward aux mains d’argent où il fera tourner Johnny Depp pour la première fois. Sans atteindre les sommets de Bettlejuice, il engrange tout de même 56 millions. La poésie de ce film reste sans égal !

 

Ce qui ne sera pas le cas d’Ed Wood ni de Mars Attacks. Dans les 2 cas, Burton veut rendre hommage à un certain cinéma bis. Le public ne suit pas. Ed Wood, malgré son noir et blanc éblouissant, son casting démentiel et surtout sa réussite totale n’engrange donc que 5,8 millions ! L’échec de Mars Attacks intervient après le triomphe absolu d’Independence Day ! Les Américains ont clairement fait leur choix entre la version sérieuse et optimiste d’Emmerich face à la version cynique de Burton. Personnellement, je peux les comprendre. Encombré de personnages inutiles et cabotins et handicapé par un script parfois faiblard (on rappelle que l’on a affaire à l’adaptation d’un jeu de cartes !), Mars Attacks est qui plus est un film schizophrène. Il entend rendre hommage aux séries B (voire Z) des années 50, mais utilise des martiens animés en 3D au lieu d’images par images à la Jason et les Argonautes. Avec le recul, le film s’est bonifié. Certains séances (toutes celles avec Pierce Brosnan par exemple) sont brillantes et Natalie Portman illumine tous les passages où elle apparait. Enfin, en faisant triompher les sans grades, Burton donne une fois de plus sa préférence aux marginaux. Mais 37 millions, pour un budget de 80, signe clairement la fin de la récréation. Burton doit repartir dans le giron des studios et mettre de côté, du moins de manière visible, ses obsessions.

 

Il va donc se refaire une santé avec Sleepy Hollow, La planète des Singes et Charlie. Il se permet tout de même le très beau Big Fish, avec un Ewan Mc Gregor totalement à contre-emploi. Sans être un échec (66 millions), Big Fish ne rameute pas autant les foules  que Burton l’espérait.

 

Alors que Charlie et la chocolaterie triomphe, le cinéaste offre aux fans d’animations en stop motion Les noces funèbres ! Un film burtonien en diable, gothique et merveilleusement freaks ! 53 millions seulement rentreront dans les caisses, mais cela le satisfait car il avait travaillé sur ce film presque à ses heures perdues, durant 5 ans. 

 

Sweeney Todd ne sera pas un triomphe non plus malgré ses atouts : la présence de Johnny Depp, les chansons, l’adaptation d’un spectacle renommé. Le public fidèle suit, mais le grand public se fait tirer l’oreille. Résultat, 52,8 millions de recettes. Tim Burton ne tournera plus pendant 3 ans jusqu’au triomphe d’Alice.

 

Remis en scène par ce carton planétaire, il replonge avec jubilation dans ses films, et non ceux des autres, même si Dark Shadows s’apparente tout de même à un calcul de studio (Depp+Burton+série télévisée culte). Avec 79 millions de recette, Dark Shadows est loin de rembourser son énorme budget de 150. Pourtant, malgré ses défauts, il présente tous les archétypes burtoniens : des anti-héros décalés, du gothique à tous les étages et une certaine attirance pour le mal. 

 

Mais ses deux oeuvres suivantes vont recevoir un accueil glacial ! Frankenweenie, génial démarquage de l’oeuvre de Mary Reilley, ne prend que 35 millions au box office, malgré ses qualités évidentes. L’animation en volume ne séduit plus à l’heure de la 3D et le côté macabre (mais assumé) rebute le jeune public. Dommage, car il passe à côté d’un pur moment de poésie !

 

Big Eyes fait encore pire avec 14,4 millions. La tentative de Burton de (re)conquérir un public adulte tombe à plat. Il est vrai que Big Eyes n’est pas son meilleur métrage. Mais un Burton moyen reste tout de même largement au dessus de pas mal de films !

 

Il est un peu tôt pour savoir jusqu’où ira Miss Peregrine et les enfants particuliers. Son démarrage honnête (28 millions) ne lui permettra sans doute pas de passer la barre de 100, sauf si le bouche oreille fonctionne bien et rembourser ses 110 millions de budget sur le territoire US reste utopique.

 

Ce petit survol de 32 ans de films de Tim Burton montre que l’univers si particulier qu’il affectionne ne marche pas toujours auprès du grand public. D’un point de vue qualitatif, on ne peut mettre que 2 films en dessous des autres selon moi  , Mars Attacks et Big Eyes. Pour les autres, malgré leurs quelques défauts, on est sûr à 100% de trouver un film original, fascinant, peuplé de personnages étranges, décalés. Sa mise en scène élégante, sa volonté de mettre en avant de superbes décors (la quasi totalité de ses films est tournée en studio), son refus du conformisme lui ont permis de construire une oeuvre véritable, sans doute moins variée que celle d’un éclectique style Spielberg ou Howard, mais on sait rien qu’en voyant quelques images que l’on regarde un film de Tim Burton.

 

Ses 18 films ont rapporté 1,78 milliards aux USA , une moyenne de presque 100 millions donc ! Ses échecs ou semi-échecs sont largement compensés par ses cartons. C’est sans doute pour cela que les studios continuent  à lui faire confiance, que les cinéphiles aiment disserter sur son oeuvre et que votre serviteur se targue de les posséder tous, que cela soit en Laserdisc, DVD ou Blu-ray à l’exception d’un seul : Pee-Wee, que j’ai pourtant vu dans une séance de cinéma en plein air il y a bien longtemps !

 

 

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Published by Dave - dans Focus
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