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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 09:47

Le pitch : un astrophysicien découvre par hasard qu’une suite de chiffres écrite par une fillette, Lucinda, dans les années 50 prévoit toutes les grandes catastrophes passés et à venir.

 

 

Attention : cet article contient des Spoilers qui dévoilent une partie de la fin du film.

 

Prédictions marque le retour d’Alex Proyas à un cinéma plus personnel, après le détour d’I,Robot, excellent film d’anticipation, mais dont la réalisation quelque peu impersonnelle était surtout un véhicule pour Will Smith. Ici, Proyas retrouve certains de ses thèmes (les personnages mystérieux dont la silhouette évoque ceux de Dark City) et se laisse porter par l’histoire, en ne sacrifiant que finalement peu au spectaculaire.

 

Si pour ses premiers films, Proyas avait choisi de travailler avec des acteurs peu connus (même si la mort tragique de Brandon Lee l’a empêché de connaître une starification méritée), il semble qu’il a pris goût aux vedettes d’Hollywood. Après Will Smith, c’est au tour de Nicolas Cage de se frotter à ce cinéaste très particulier. Disons le tout de suite, le choix est bon, Cage ayant les épaules assez larges pour supporter un film et sa crédibilité tant en astrophysicien qu’en père dépassé est excellente. Il est aidé, il est vrai, par d’excellents seconds rôles qui donnent un relief encore plus intense au film.

 

Proyas a donc décidé d’inscrire son nom dans la grande lignée des films catastrophe tout en y accentuant le côté religieux. Cage élève seul son fils sourd, ce qui le classe d’emblée parmi les nombreux personnages éprouvés que compte la religion chrétienne et, il est au départ incroyant. Le fait que son père soit un pasteur accentue encore ce côté réfractaire au merveilleux. Certes, petit à petit, son esprit va accepter l’irrationnel et d’incroyant, il va passer à celui de croyant qui tente d’ouvrir les yeux des autres, à la manière d’un saint Paul qui passa de statut de persécuteur à celui de diffuseur de la parole divine. Bien entendu, cette évolution se fait par touche et Proyas prend bien soin de montrer un homme brisé, en proie à la boisson et dont la mort de sa femme a fait une personne étrangère à l’idée même d’un au-delà. Son fils ne partage pas ses idées athées et lui fait comprendre à travers une séance brève mais émouvante.

 

Au-delà de cet aspect, le film se divise clairement en deux parties. La première traite de la découverte des chiffres, de leur décodage et de l’entrée de Cage dans une certaine foi en ces prédictions. Il faudra cependant deux catastrophes pour convaincre les protagonistes de cette aventure : un très spectaculaire accident d’avion qui permet à Cage de voir que les chiffres sont de vrais repères et un éprouvant sabotage de métro qui va ouvrir les yeux à la fille de Lucinda. Ce sabotage est très dérangeant, Proyas ayant mis la caméra dans la cabine du métro fauchant d’innocentes victimes, leur sang éclaboussant la vitre. Des plans brefs, mais particulièrement choquants que l’on n’imaginerait pas dans un blockbusters.

 

Dans la deuxième partie, Cage va alors tenter de modifier le destin et le film entre alors de plain-pied dans une allégorie religieuse auquel on adhérera ou pas. Pour ma part, l’idée m’a séduite et les plans finaux montrant de nouveaux Adam et Eve, forcément purs (ce sont des enfants) ne laissent aucun doute sur les intentions de Proyas. Mine de rien, celui-ci avait déjà mis en scène une résurrection dans The Crow. Ici, il pousse un peu plus loin sa réflexion en laissant planer une ambiguïté salutaire sur l’origine des mystérieux individus : des êtres humains en apparence, mais qui se transforment en êtres ailés  de pure énergie. On pourra y voir des anges.

 

Même si on peut regretter la présence de plans très spectaculaires représentant la fin du monde, par la chaleur solaire (une concession sans doute au studio, inquiet que cette parabole n’offre pas aux spectateurs son lot de frisson), le destin tragique est ici accepté avec une certaine quiétude, l’Apocalypse soudant de nouveau les familles. Proyas n’hésite pas à non plus à sacrifier un personnage important à une vingtaine de minutes de la fin, montrant ainsi l’inéluctabilité du destin et la véracité totale des prédictions de Lucinda.

 

Réflexion réussie sur la foi, doublée d’un film efficace, Prédictions est sans doute plus profond que sa bande-annonce laisse paraître. Il faudra sans doute le relire et le revoir dans un contexte plus apaisé, mais il est clair que Proyas a réussi ici un très beau long-métrage, à la fois doux (les scènes finales qui voient les enfants courir dans des champs de blés) et dur. Que ceux qui ont trouvé la fin idiote se demandent si une autre issue était possible. À l’évidence et au regard de la thématique sur le destin, la réponse est clairement non.

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Published by David Martin - dans Chroniques Cinéma
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commentaires

David 14/04/2009 19:45

C'est vrai que c'est un sacré film, doublé d'une vraie réflexion sur le destin !! J'ai hâte de le revoir en DVD !!

:0051:Sebiwan 14/04/2009 13:36

Je suis allé le voir hier et c'est époustouflant ! Une sacrée claque ! Un bon Proyas... j'ai adoré

Claude 14/04/2009 09:52

J'adore Nicolas Cage !! Et ce résumé me donne bien envie d'aller voir le film

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***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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