| BO US | (29/11/09) | BO France | (24/11/09) | BO Monde | 18/10/09) |
| Twilight 2 | 230,7 M$ | Twilight 2 | 2 318 559 E | Harry Potter 6 | 928,2 M$ |
| The Blind Side | 100,3 M$ | 2012 | 3 238 116 E | L'âge de glace 3 | 878,2 M$ |
| 2012 | 138,7 M$ | Le Concert | 958 325 E | Transformers 2 | 832,3 M$ |
| Old Dogs | 24 M$ | Trésor |
521 125 E |
2012 | 594,5 M$ |
| A Christmas Carol | 105,3 M$ | Le petit Nicolas |
5 198 179 E |
Là haut | 506,9 M$ |
Le pitch :
depuis 20 ans, des Aliens sont réfugiés sur notre planète, en Afrique du Sud. Tout d’abord bien accueillis, ils ont petit à petit suscité le rejet et le racisme. Mais les gouvernements du monde
ne désespèrent pas de mettre la main sur leurs armes prodigieuses.
Attention chef d’œuvre !! Sorti de nul part, sans aucune vedette, si ce n’est celle de son producteur Peter Jackson, District 9 est une véritable claque qui tient la dragée haute à pas mal de projets prestigieux. Non seulement en raison de son côté jusqu’au boutiste (de la vraie SF de passionnés) mais aussi d’une forme aussi géniale que le fond.
Tourné comme une suite de reportages dans sa première demi-heure, District 9 lorgne certes un peu sur Cloverfield, mais c’est ce qui donne sa force à la toute première partie du film. Utilisant avec intelligence de faux spots d’information, le spectateur est d’emblée mis au cœur de l’intrigue, sans explications superflues. Il y a également une petite influence du tout début de Zombie quand le film de Roméro démarrait directement sur un plateau de télé, plongeant brutalement le spectateur dans l’histoire. On suit donc l’arrivée des Aliens, le pourquoi de la dégradation des relations avec les hommes et les premiers pas d’un employé de la MNU, Wikus, chargé de signifier leur ordre de relogement aux extra-terrestres.
En jouant sur le côté terre-à-terre de l’histoire, Neil Blookamp rompt avec le côté spectaculaire des films de SF récents. Ici, les effets visuels ont beau être splendides (le vaisseau-amiral notamment) , ils ne sont pas du tout mis en avant durant cette partie, bien au contraire. Le côté amateur de certaines images, la mise en scène chaotique ne mettent pas vraiment en valeur les décors ou les Aliens. Pas de fioritures mais la volonté d’être le plus efficace possible.
On ajoutera que District 9 en rajoute dans le politiquement incorrect. Le traitement réservé aux Nigérians en a fait hurler plus d’un, mais ceux qui connaissent un peu l’Afrique savent que les différents peuples de ce continent ont les mêmes défauts que nous, l’appât du gain n’étant pas le moins important. Pour autant, le film n’est aucunement un film nostalgique de l’apartheid, mais bel et bien une dénonciation du racisme ordinaire, la chose la mieux partagée du monde (hélas). Les Aliens sont traités comme des moins que rien et chacun, noir comme blanc, cherche à les exploiter au mieux.
La deuxième partie commence lorsque Wikus est contaminé par un mystérieux fluide. Foin de reportage et place à un film d’action plus classique, mais sacrément bien mené. Les effets visuels se font alors plus présents, ainsi que les maquillages, le gore s’invite dans quelques séquences que l’on décryptera image par image avec le DVD à venir et surtout, l’histoire bascule du tout au tout. Après avoir tout fait pour rendre les Aliens odieux dans les reportages (qui ne sont qu’une forme de propagande, finalement) , Blookamp effectue un virage à 180° et dévoile le vrai visage de tous ces protagonistes. La SF se veut alors plus virulente, plus « sociale » et surtout, surtout le spectateur comprend que les Aliens, au-delà de leur aspect hideux, sont les vraies victimes.
Alors, si l’on peut reprocher un peu le côté chasse à l’homme de cette deuxième partie, on rétorquera que le réalisateur connaît ses classiques et qu’on ne s’ennuie aucunement, d’autant que le propos ne s’édulcore absolument pas, bien au contraire (la scène où le leader nigérian veut ingérer la chair des Aliens rappelle certaines coutumes bien africaines). L’aspect politique du film se veut bien plus tranchant et Wikus va devoir faire plus que sauver sa peau : il devra retrouver son honneur en aidant son nouveau compagnon d’infortune.
Sublimée par une fin délicieusement ouverte, cette deuxième partie achève donc de rendre District comme totalement indispensable à tout fan de SF et au final, à tout cinéphile qui se respecte !!
Chapeau bas.
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