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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 19:56
Peter Jackson ne se moque pas du monde !!

Avec (beaucoup) de retard, j'ai entamé la lecture des bonus Blu-ray de La bataille des 5 armées ! Le premier disque a été englouti en quelques soirées (plus de 4 heures tout de même) et j'ai attaqué le 2e ce matin.

 

Vous savez quoi ? Comme toujours depuis fin 2002 et la sortie en version longue de La communauté de l'anneau, Peter Jackson ne nous prend pas pour des cons. Il est évident qu'il a fait filmer TOUT le tournage vu que le moindre truc qui sort de l'ordinaire est présent. Il est évident que son équipe et lui ont abattu un travail titanesque pendant des années pour offrir au public, aux amoureux de Tolkien, aux fans d'héroïc fantasy un spectacle digne de ce nom. Et si la trilogie du Hobbit a été moins bien accueillie par la critique que celle du Seigneur des anneaux, il n'en a surement pas tenu cure.

 

Qui plus est, il n'hésite pas à montrer un réalisateur (lui même) parfois totalement dépassé, ne sachant même plus ce qu'il doit filmer, reculant d'un an le tournage du morceau de bravoure des trois films. La dernière fois que j'ai vu un réalisateur douter sur un making of, c'est en regardant le documentaire sur le 3e disque du Pacte des Loups. Cela tranche agréablement avec ces featurettes promo où tout le monde il est beau et il est gentil, où tout s'est bien passé alors que l'on sait pertinemment que ce n'est pas forcément vrai.

 

Il est clair également que Jackson a réalisé Le Hobbit quelque peu contre son grè (ses soucis de santé au début du projet en sont la preuve) et que ce n'est que petit à petit qu'il a pris plaisir à ajouter la trilogie à sa filmographie. Il en a d'ailleurs récolté pas mal de quolibets. Mais on voit aussi que son professionalisme et le dévouement de son équipe ont permis d'aller de l'avant et que, petit à petit, les obstacles sont tombés !

 

Le premier disque est exemplaire que cela soit dans la captation du tournage des scènes principales , certaines dans des extérieures magnifiques, des scènes additionnelles, de la première, de la 2e, de la 3e équipe. On vit le tournage et, entre chaque "scène", le recul des acteurs de ce tournage laisse pantois. Bien sûr, il est impossible de couvrir 100% d'un tournage, mais le plus gros est là.

 

Et puis, on sent combien les acteurs se sont investis dans ces films. Les émotions des fins de tournage ne sont pas feintes et chacun a la nette impression d'avoir participé à quelque chose d'énorme ! Idem pour tous les techniciens qui ne sont pas là pour rien, même ceux qui ont les "petits" roles.

 

Non, Jackson ne se moque pas du monde ! Au contraire, il ridiculise les grands studios qui nous sortent des éditions au rabais avec 3-4 featurettes et 2 bandes annonces qui se battent en duel ! Et surtout, il prévient bien que la première édition n'est pas la définitive. A méditer pour tous ceux qui vont racheter le Réveil de la force en 3D en novembre prochain.

 

Au royaume du cinéma, Jackson est un roi ! Il respecte son public, il respecte son équipe. Il est une exception alors qu'il devrait être une règle !!

 

Ce petit article sera suivi par une série où je vais décrire les modules les uns après les autres. Parce qu'un tel travail mérite que l'on en parle plus longuement que 3 lignes dans une chronique magazine.

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 11:19
De la série B VHS au Blu-ray !!

C'est une époque que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître : les années où la seule façon de voir des films sévèrement burnés était de se rendre dans un vidéo-club et de louer des films généralement remisés au fond du local. C'est ainsi que j'ai découvert Evil Dead, les films de Tobe Hooper, ceux de Joe Dante ou de John Carpenter, tous atrocement mal distribués en salle (A part New York 97, Wolfen et Hurlements, peu de ces films cultes sont parvenus jusqu'à Nancy où je vivais à l'époque).

 

Mais il y avait aussi toute une cohorte de films encore moins appréciés par la critique, des vigilantes movies, des sous-Mad Max, des guerriers du Bronx made in italie, des films d'épouvante qui plagiaient sans aucune vergogne Alien ou les Dents de la mer, voire les deux en même temps (Les monstres de la mer). Ajoutons-y des films nippons ultra-sanglants, des westerns arrivés largement après la bataille ou des films de guerre où les grandes batailles se déroulaient souvent hors champs et vous aurez une petite idée de la culture que l'on se construisait à grand coup de soirées vidéo !!

 

La recette : vous louez 4 ou 5 films pour le week end , vous commencez à les mater à 21 ou 22 heures et les plus endurants se coucheront vers 4 ou 5 heures du matin.

 

Tous ces films étaient invisibles depuis des années, mais il semble bien que cela va changer. L'avènement du digital permet de ré-éditer des choses que l'on croyait perdues à jamais. Et puis il y a bel et bien un marché pour toutes ces séries B qui, je le redis, furent d'immenses succès en vidéos locatives !

 

S'il est encore trop tôt pour juger de la qualité des éditions (certains films des années 80 n'ont pas vraiment fait l'objet de conservations sérieuses), se dire qu'on pourra acquérir des "chefs d'oeuvre" comme Exterminator (Le droit de tuer) ou Maniac Cop ne peut que réjouir le cinéphile qui se moque de savoir si un film doit forcément être adoubé par les cahier du cinéma !!

 

 

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 06:54

Dernière partie de l'analyse du Blu-ray version longue, sans aucun doute la plus complète sur le web francophone. On termine avec les derniers modules du deuxième disque. 

 

Une grosse partie est consacrée à la construction des environnements , divisée en 4 modules. Le premier module décor s’intéresse à  la maison de Beorn. on peut y voir la première idée de décor, dans une zone isolée et rocheuse, puis la construction à Paradise à la lisière d’une forêt. Chose étonnante l’arbre centenaire qui donnait tout le cachet à ce décor s’est cassé lors d’une tempête et il a fallu en refaire un faux d’environ 8 m, soutenu par des câbles. Dans le roman, Beorn est végétarien, on peut donc voir  ses ruches et le jardin avec d’énormes légumes . Pour le reste, on est dans continuité de ce que l’on a déjà vu : des décors sur-dimensionnés pour rétrécir les nains, des outils géants à la mesure de Béorn. Le travail phénoménal de décoration s’articule autour de sculptures présentes tout autour de la maison, mais aussi à l’intérieur de la maison. Ce travail est dû à John Howe qui s’est inspiré du mythe d’Odin (les corbeaux).  Le décor intérieur regorge aussi de détails hallucinants, comme ce jeu d’échec créé par Alan Lee (une pièce est d’ailleurs visible dans le coffre de Bilbo, au début d’Un voyage inattendu.) ou les chaises avec les  sculptés. Enfin, comme à l’extérieur,  la taille du décor est surdimensionnée . On a vraiment l’impression de voir  des hommes qui ressemblent à des enfants.

 

On s’aventure ensuite dans la forêt noire - L’inspiration de Tolkien est bien analysée . Elle lui vient des vieilles forêts d’Europe. Le module montre d’ailleurs une carte de l’Allemagne datant de l’époque celte qui  ressemblant à s’y méprendre à la Terre du milieu. L’idée de la corruption de la forêt par Dol Guldur explique ensuite la méchanceté inhérente à Mikwood. On suit ensuite l’équipe dans sa tentative de tourner dans une forêt en vrai, puis renonçant, à sa  création en studio. L’ajout de couleurs vives donne un côté psychédélique, quelque peu estompé par la décoloration de l’image en post-production. L’aspect le plus impressionnant est la construction de la  forêt en CGI  avec des modèles mathématiques très complexes,  puis l’insertion des toiles d’araignées, toujours en CGI.

 

Le troisième module est tourné vers le royaume des elfes. La comparaison avec Fondcombe et l’arbre de Galadriel permettent de voir les différences avec ce royaume souterrain.Ici,  l’inspiration de Tolkien venait des anciens tumulus, censés abriter des petits elfes dans le folklore celte. Comme toujours, le reportage s’articule sur la minutie des détails et la façon dont les elfes des bois ont sculpté la grotte pour lui donner un aspect plus organique. Un travail hallucinant a été effectué sur le trône de Tranduil, mais aussi les bouteilles de vin, quasi invisibles à l’écran, mais pourvues d’étiquettes, remplies de grands crus néo-zélandais. Les bouteilles seront d’ailleurs offertes à l’équipe dans un superbe coffret en bois. On y voit aussi la façon dont le mécanisme  des tonneaux a été construit (un passage assez rigolo), le fait qu’Alan Lee mettait des cascades partout dans ses dessins , ce qui occasionnait quelques soucis pour les graphistes sur ordinateur, lui demandant s’il y a vraiment besoin de toute cette eau (difficile et coûteuse à produire en CGI). Enfin, comme pour la forêt, l’adjonction d’image de synthèse permet d’étendre le royaume au delà des décors déjà imposants. Enfin, le décor de la prison est montré dans ses détails, avec la difficulté de faire une prison qui ne soient pas trop accueillante.

 

Le dernier module évoque le monde des hommes et Lacville. Le décor a d’ailleurs été construit plusieurs fois au gré du tournage. Pour Lacville le thème décoratif est le poisson , en opposition au Rohan où le thème est le cheval. On assiste donc à la création d’un marché fonctionnel, la construction des bateaux naviguant réellement sur les canaux (peu profond), la fausse glace recouvrant l’eau, les maisons faites de guingois, l’idée étant  que Lacville soit construite sur une structure plus ancienne. La somme des détails est toujours aussi folles et l’on peut voir tout au long de ces modules des tas de métiers, des menuisiers aux souffleurs de verre donner  vie aux décors, avec un Peter Jackson omniprésent et investi dans tous les aspects de création de son univers. Et c’est là qu’on se dit que les critiques qui expédient les films en 10 lignes sont quand même de sacrés abrutis.

 

La toute dernière partie est consacrée à la musique, répartie sur 3 petits modules (de 15 à 20 minutes).

 

La reprise de thèmes du premier film (Hobbitbourg, Fondcombe, Gollum) est évoqué ainsi que l’introduction de nouveaux dans la désolation de Smaug (les elfes des bois, le thème de Thauriel, le thème de Lacville…) . Superbe zoom sur le thème qui illustre la romance naissante entre Fili et Thauriel, avec un mélange de voix chantées en nain et en elfique. Bien entendu, le travail d’Howard Shore est largement évoqué, avec des images d’archives du Seigneur des anneaux.  Car il y a une continuité évidente entre la musique des deux trilogies.

 

On peut aussi voir  la filiation entre la musique des nains, de la Moria à Erébor, de la façon dont le thème de Thorin se mêle à celui de Smaug dans le combat final 

 

Une partie importante est consacrée à l’enregistrement en Nouvelle Zélande avec la création d’un studio complet dans un auditorium de Auckland (où les Beatles ont chanté en 1964), Jackson n’ayant pas le temps de superviser la musique à Londres (une image « classique » d’ Abey Road où le réalisateur et son équipe traversent la route comme sur l’album culte du même nom). On peut aussi voir la façon dont est utilisé  l’orchestre, parfois de manière très surprenante. Ainsi, pour le thème de Smaug, un léger désacordage des instruments a permis de donner plus de « méchanceté » à la musique ou bien la façon dont le réalisateur a laissé de petites plages d’improvisation aux musiciens. On peut également voir  l’utilisation d’instruments indonésiens , donnant un côté ethnique à la musique. Mais le fait le plus important est que la musique unit les 6 films, afin qu’ils ne constituent que les 6 chapitres d’une même histoire. Cette méthode, déjà utilisée par John Williams et Georges Lucas permettait de lier les deux trilogies.

 

Les deux disques sont donc bourrés d’information et l’on sent que le making of a été pensé, réfléchi, organisé, que son budget était inclus dans la production. Jackson ne cache rien, met tous les métiers en lumières, des plus petites mains aux plus grands artistes de Weta. Il ne fait pas pour montrer combien il est génial, mais pour rendre hommage à toute une équipe, totalement dévouée aux films. Son investissement est d’ailleurs total et il est clair qu’il exige la même chose de tous ces collaborateurs. Cependant, on sent que l’ambiance est bonne, que le tournage se déroule dans la bonne humeur. Jackson a compris qu’une équipe soudée par l’amitié donnera toujours plus de résultats qu’une équipe soudée par la peur.

 

Un travail titanesque, au service du film, et dont 99% des éditions actuelles devraient s’inspirer.

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 15:28

Le 2e disque présente 4 grands reportages dont la durée totale dépasse 5H15 !!  Mais si le premier disque s’intéressait au tournage en « vrai », celui ci va s’articuler autour de Smaug, des personnages que cela soit Béorn, les araignées ou les hommes de Lacville, des décors et enfin la musique. Un disque un peu plus fourre-tout que le premier. D’ailleurs chaque grands axe est divisé en plusieurs sous-parties.Mais à la différence du premier disque, on est dans une analyse plus poussée du roman de Tolkien.

 

Les 76 premières minutes  sont consacrés à la création de Smaug, élément essentiel du 2e film. Peter Jackson le dit d’ailleurs que c’était une de ses grandes craintes : sans Smaug crédbile, pas de film. Divisé en 3 partie, le processus de création est décortiqué de manière quasi chirurgicale. Comme je l'ai dit, la grande force de ce disque est de revenir aux fondements du texte de Tolkien, plusieurs intervenants (des linguistes, des universitaires, des spécialistes de Tolkien) analysent très finement le thème du dragon dans l’oeuvre de l’écrivain, ses inspirations, notamment le mythe de Beowulf ou les légendes allemandes. 

 

Tout ceci est articulé avec la création du design proprement dite, où l’influence de John Howe est primordiale, le dessinateur ayant travaillé , parfois à ses heures perdues, sur le dragon. Il est fascinant de voir la façon dont a évolué , passant par des stades variés, parfois extrêmes, mais  Jackson a rapidement orienté son équipe vers un dragon « classique ». Ses mots d’ordres furent surtout « grand » et « vieux ». Petit à petit, Smaug a émergé des séances de travail, mais même avec sa forme définitive entrevue dans le premier film, le retrait de ses pattes avant , avec une modification des ailes, a obligé à refaire les images d’Un voyage inattendu pour la sortie vidéo. Un énorme travail fut effectué sur la scène finale d’ailleurs du premier film, notamment l’apparition de l’oeil.

 

La deuxième partie est plus axée sur la performance de Benedict Cumberbacht : de ses séances de motion capture, qui ne seront pas tant utilisés du fait de la différence de taille au ré-engistrement de ses dialogues, on voit clairement la personnalité de Smaug apparaître et le dragon prendre vie. L’humour pince sans rire de l’acteur (qui , coïncidence joue dans la même série que Martin Freeman, Sherlock) égaie le module.

 

Enfin, la dernière partie va s’axer sur Smaug dans son antre, à savoir la façon dont il fut intégré dans le décor, le travail phénoménal autour de son aspect 3D (un million d’écailles peinte à la main par exemple) allant très loin dans le détail. Ainsi, l’ajout de pièce dans les écailles de Smaug fut fait après qu’un internaute ait remarqué, lors du premier trailer, que cet aspect , présent dans le roman, ne soit pas à l’écran. L’agencement du décor est également relativement intéressant, les techniciens de Weta n’hésitant pas à « tricher » afin de donner plus d’impact aux scènes.  La partie sur le son de Smaug est également bien traité : on apprend que le rugissement comprend les cris d’une petite fille d’un des ingénieurs sons. On peut également entendre la différence entre la voix déjà grave de l’acteur et le résultat final.

 

En 1h15, le reportage fait le tour de la création d’un personnage unique, et essentiel dans l’histoire du Hobbit.

 

S’ensuit 3 reportages regroupés sous un seul vocable et s’intéressant aux personnages et créatures secondaires du Hobbit.

 

Le premier est consacré à Beorn. Comme pour Smaug, on visite les origines du personnages, les influences de Tolkien notamment dans la mythologie nordique, pour créer cet ours-garou. Les interventions des différents spécialistes sont toujours excellentes et d’une grande érudition. C’est d’ailleurs le fil rouge de ce 2e disque, se plonger dans l’aspect littéraire de l’adaptation et voir comment Jackson et son équipe ont réussi à le transformer en image. Ensuite, on peut de nouveau admirer le travail de l’acteur suédois, la façon dont son maquillage évoque un ours, notamment ses longs favoris. La séance maquillage montre d’ailleurs un type sacrément barraqué et donc chaque tatouage a une signification, tatouages qu’il a d’ailleurs fallu effacer afin de montrer Beorn torse nu.

 

Le 2e module, le plus court sans doute (16 minutes) est consacré aux enfants d’Ungoliant, à savoir les monstrueuses araignées de la forêt noire. Ce n’est un secret pour personne, mais l’arachnophobie de Jackson est légendaire (cela permet d’ailleurs de voir quelques images de jeunesse, quand il tournait Bad taste) et cette répulsion lui a fait pousser très loin l’aspect des arachnides que combattent Bilbo et les nains. Là aussi, un passage par la case littéraire, sur les origines de l’insertion de ces créatures par Tolkien, notamment avec un petit zoom sur Ungoliant, la première araignée du monde de Tolkien, dont le pouvoir absorbait jusqu’à la lumière des elfes zr bien sûr, Archané, la créature vivant près de Cirith Ungol. 

 

On peut ainsi voir que les araignées sont composées de caractéristiques de plusieurs espèces (vidéos bien éprouvantes à l’appui, pour ceux qui n’aiment pas ces bestioles) et comment il a fallu ensuite les intégrer dans les images, leur donner du poids, construire leur toile… Enfin, comme pour Smaug, le travail sur le son n’est pas oublié, des sons bien flippants et un petit zoom sur des comédiens qui jouèrent naguère dans les premiers films gores de Jackson. Cependant, ce module est le seul qui laisse un petit goût d’inachevé, on aurait en effet aimé une plongée plus approfondie dans la façon dont l’interaction s’est faite entre les acteurs et l’environnement 3D ainsi que les araignées, même si on en avait un petit aperçu sur le premier disque.

 

 

Enfin, la dernière partie s’intéresse au peuple de lacville : les gens en général avec une forte influence mongole et asiatique dans leurs vêtements, leur apparence, une sorte de melting pot. Puis on bifurque sur le maître, joué par Stephen Fry, à l’érudition impressionnante. On a l’impression que le mot d’ordre a été de ridiculiser au maximum l’acteur qui prend cet état des choses avec une certaine philosophie et s’y plie finalement de bonne grâce. Mention spécial à la façon dont Alan Lee a créé le tableau présent dans son bureau (et qui sera offert à Fry à la fin du tournage). Son conseiller, qui tient en une ligne dans le roman, est également quelque peu analysé. Mais c’est surtout Barde (Luke Evans) qui est la deuxième  « attraction » du module car il joue aussi son ancêtre, archer malheureux qui ne parvint à tuer Smaug. Le voir se transformer en son aïeul a quelque chose de fascinant et lui même croit voir son père quand il se regarde. Enfin, un petit aperçu sur les enfants de Barde,dont les filles sont jouées comme on le sait par les filles d’un des acteurs nains (ce qui lui fait dire « La crise est là, je fais exploiter mes filles par Hollywood »). Le troisième enfant, le garçon, fait également partie du module et l’on peut voir que le tournage a duré un sacré bout de temps, l’acteur étant passé de l’état de petit garçon à celui d’un grand ado responsable.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 06:36

J'arrive enfin au bout de cet énorme making of qui, mine de rien, s'est consacré quasi uniquement sur le tournage. Certes, on y a parlé d'extension 3D ou de créatures en image de synthèse, mais le gros de ces 5 heures, c'est ce qui se passe devant la caméra.

Les modules 9 et 10 sont axés sur la fameuse descente en tonneau, bien plus complexe dans le film que dans le livre. D’ailleurs on apprend que La communauté de l’anneau devait comporter une poursuite sur la rivière avec la communauté (moins Gandalf) attaquée depuis la rive par des Orcs. Comme le dit Jackson, il a juste suffit de reprendre les stoyboards. Ce qui est le plus fou est que les décors de cette scène furent montés, mais détruits par des intempéries. Cela rappelle un peu la séquence de wagonnets d’Indy 2 qui aurait du être dans Les aventuriers…

 

Le premier de ces modules s’intéresse au tournage en extérieur, dans le décor naturel magnifique d’une petite rivière. Tout serait idyllique sauf que à cette époque de l’année, l’eau y est glaciale. Et malgré toutes les précautions prises (tonneaux lestés, combinaisons isothermes…), il est clair que cette partie du tournage ne fut pas une partie de plaisir d’autant plus que les costumes se gonflent vite d’eau. Ainsi, Bombur pèsera jusqu’à 170 kg. Mais la beauté des images valait tous ces sacrifices. Et vu la bonne humeur sur le tournage, il aurait été dommage de tout faire en CGI.

 

Puis la suite du making of s’intéresse à la même séquence, mais en studio. Après avoir construit une espèce de piscine en circuit fermé, afin de bien contrôler le débit de l’eau, mais aussi la quantité à balancer sur les acteurs, Jackson conclut donc cette séquence qui aurait dû être le final du premier film. Comme toujours, la différence entre ceux qui a été filmé et le résultat à l’écran est incroyable. La production est certes énorme, les moyens colossaux, mais il faut une sacré dose de talent pour agencer tout cela. Et du talent, Peter Jackson en a à revendre.

Pour donner plus d’impact à la scène, on le voit aller filmer une vraie chute dans laquelle ont été balancés des tonneaux vides. Les effets visuels rajouteront plus tard les nains. 

Le module se conclut par le travail de Légolas lors de la fameuse poursuite : cascades sur fond vert, combat avec des ennemis invisibles (enfin, presque, disons plutôt des Orcs tout vert !!) et la fin du travail de la seconde équipe, avec un Andy Serkis tout ému de la chance qu’on lui a donnée.

 

 

Le module 11 s’intéresse au retour à Bree,suite à la décision de faire 3 films,de  modifier la structure de l’histoire et de rajouter une séquence d’introduction tirée des appendices du retour du roi, Pour ce faire, il fallu refaire les décors de Bree presqu’à l’identique que dans La communauté, Jackson reprit son fameux rôle de l’homme à la carotte et plaça sa famille dans les caméos, ainsi que celle de son scénariste. Mais alors que le Bree de la communauté était un puzzle de décor, ici, c’est un véritable pub, dans une petit dédale de rue , composé de maisons de Lacville redécorées, qui donne me à la rencontre entre Gandalf et Thorin. Comme toujours, le soucis du détail est permanent et les acteurs prennent un grand plaisir à cette scène très simple, mais qui donne énormément de détail sur l’histoire.

 

Une autre séquence non prévue au départ est au coeur du 12e mondule , celle avec les forges d’Erébor. On peut donc voir la construction de ces 20 minutes d’actions additionnelles avec un tournage à l’aveugle, des idées qui arrivent au fur et à mesure et la construction de la séquence pas à pas (Ainsi la statue qui fond fut imaginée par Alan Lee en quelques dessins) et  un travail dans des temps très courts. En fait, la décision de rajouter cette grosse scène, qui devait devenir le climax de La désolation fut prise en mai, pour une sortie en décembre ! Soit 6 mois ! Et ce qui devait être juste le tournage de plans additionnels se transforma en une course contre la montre à tous les niveaux. Il est intéressant de voir que Jackson tourna déjà des plans très génériques voire bateaux, puis les monta afin d’avoir plus d’idées. Cela lui permit de créer une véritable course poursuite mortel dans les labyrinthes d’Erebor. L'un des clous de ce module est de voir le réalisateur seul dans l'espace de capture Mocap jouer avec sa caméra en imaginant les mouvements de Smaug. Comme il le dit, cela lui rappelle sa période Super 8 (et nous permet de voir une image du tournage de Bad Taste)

 

Cela permet aussi d’avoir un gros zoom sur le son, avec un mixage en catastrophe, où 3 monteurs travaillent de concerts des heures durant afin de livrer à temps, soit quelques jours avant la sortie du film, la scène terminée. Le moment où le réalisateur a l’idée de couper la musique sur la phrase de Smaug « Je suis la mort » est immortalisé dans le making of. 

 

Ce module est absolument ahurissant : voir une production à 500 millions de dollars se permettre une telle improvisation a tout de même quelque chose de terrifiant. Et montre que la décision de faire 3 films ne fut pas que dictée par l’appât du gain et qu’elle compliqua terriblement la production du Hobbit.

 

Enfin, un tout petit module « …dans le feu » donne un aperçu très court de La bataille des 5 armées. On peut y voir quelques scènes de la destruction de Lacville ainsi que l’affrontement entre les nains, les hommes, les elfes et les orques. 4 minutes qui mettent vraiment l’eau à la bouche !

 

5 heures de très haute volée donc, qui devraient couvrir de honte tous ces éditeurs sans vergogne qui nous balancent des featurettes de 5 minutes sur des films énormes ! N’est-ce pas Disney ? Comparez donc les making of des films Marvel avant qu’ils ne passent dans le giron de la firme à la souris et ceux sortis dernièrement. Et craignez pour le making of du prochain Star Wars !! Vous n’aurez pas droit aux merveilleux reportages de Lucasfilm.

 

Jackson lui sait en donner au public et au cinéphile pour son argent. Sa passion est à l’écran dans ces reportages. Et rien que pour cela, on ne peut que le remercier.

 

La suite avec le deuxième Blu-ray de bonus !!!

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 14:33

Le 5e module est consacré à la forêt noire. Là aussi, énormément d’écrans verts, même si leur nombre est moins important que chez les Elfes. La palme revient tout de même à la scène où Bilbo émerge de la canopée. A l’écran, une forêt immense baignée par une lumière rougeâtre , en réalité, quelques branches sur une petite plateforme qui tourne. On se rend compte du travail fabuleux accompli par Weta. Autre détail amusant, l’entrée dans la forêt avant que Gandalf ne s’en aille. Tournées à un an d’intervalle, les scènes n’ont pas bénéficié de la même météo et il a fallu ajouter de la pluie sur les premiers plans !! 

 

Gros focus sur le tournage avec les araignées. Enfin, avec les accessoires plus ou moins « réalistes » pour figurer les araignées qui seront créées en image de synthèse. Acteurs se battant dans la vide, nains tirant des bouts de caoutchouc censés figurer des pattes, Bilbo enfonçant Dard dans des blocs verts… Tout y est ! Mais le clou est la scène où les nains sont engoncés dans les cocons et la toile : une scène pas très agréable à tourner et qui permet à Jackson de martyriser, selon ses propres mots, ses acteurs. Toujours cet aspect bon humeur du tournage. Mais chose étonnante, le module consacre au moins 5 bonnes minutes à l’addiction du réalisateur pour le thé. D’après l’un des intervenants, il en boit 22 tasses certains jours !!  

 

L’un des grands ajouts de la version longue est la présence bien plus importante de Beorn, personnage que l’on retrouve, dans le roman en tout cas, lors de la grande bataille finale. Ce module est donc totalement consacré aux tournages des scènes de sa maison. Une partie fut tournée en extérieur dans un cadre magnifique rappelant quelque peu la Suisse. L’utilisation d’écran vert devant un tel paysage étonna d’ailleurs les acteurs, mais cela permettait d’avoir le cadre sous deux angles différents, notamment pour les scènes où Beorn coupe du bois (vu le nombre de prise, il a du mettre de côté suffisamment de stères pour passer 3 ou 4 hivers). Cette partie du making of vaut le coup d’oeil quand l’un des assistants de Jackson doit se rendre en catastrophe dans le patelin le plus proche pour y trouver un forgeron afin qu’il fasse une hache plus grande. Le tout dans la journée. C’est dans ces moments que l’on se rend compte que les responsables du making of ont absolument tout couvert et filmé !! Je n’ose imaginer le nombre d’heures de rush qui a fallu analyser pour arriver aux différents reportages.

 

Puis c’est au tour des scènes d’intérieurs, construites sur la même technique que celle de Cul-de-sac avec un décor sur-dimensionné pour les nains et un autre en vert pour Beorn. La prouesse technique est toujours aussi impressionnante car totalement invisible, même si l’acteur incarnant Beorn se désole de devoir parler à des balles de ping pong.

 

Enfin, un passage assez rigolo voit les acteurs « philosopher » sur le fait de jouer des scènes d’intérieur à l’extérieur et vice versa.

 

 

L’arrivée à la montagne solitaire est l’un des points d’orgue de ce deuxième épisode et, finalement, la seule vraie raison de la quête de Thorin. Une fois de plus, le travail sur les décors est magnifique, avec notamment la tête de la statue que, coïncidence (?), la ressemblance avec Thorin va sauter aux yeux lors d’un plan que Jackson va trouver un peu par hasard. Pour le reste, on est dans du classique : un décor bourré de détail, étendu en numérique, une vraie fausse porte avec le premier couloir d’Erebor tout aussi détaillé et qui permet aux nains d’être authentiquement émus quand ils reviennent dans leur foyer. Et un superbe travail sur les éclairages, que cela soit la rougeur d’un soleil déclinant ou la lumière froide d’une lune d’hiver. C’est l’occasion d’admirer aussi les dessins de Lee et Howe, indiscutables créateurs de cet univers imaginé par Tolkien.

 

La découverte de la tanière de Smaug devait être un choc pour le spectateur. Elle le fut. Mais sa conception n’est pas mal non plus. Alors que l’on aurait pu croire à de tout numérique, il apparait qu’une portion non négligeable du décor fut construit en dur, avec des éléments modulables, ce qui permettait de modifier les angles et les prises de vues. Mais quand , via un petit avant/après, on voit comment ce décor déjà conséquent devient minuscule dans l’extension 3D finale, on ne peut qu’être époustouflé par le travail de Weta. Une fois de plus.

 

Tout aussi étonné par le trésor lui même : des palettes, puis des sacs de sables, puis des éléments où sont collés fausses pièces et objets en or, puis 290 000 fausses pièces et enfin de véritables pièces qui avaient la fâcheuse habitude de s’enfoncer sous les fausses , justifiant le proverbe médiéval « La fausse monnaie chasse la vraie ». Chaque pièce, vraie ou fausse, bénéficiait d’un travail remarquable alors qu’on ne les voyait quasiment pas à l’écran. Il fallait de plus rechercher les vraies sous les fausses après chaque prise, car les Martin Freeman et les membres de l’équipe avaient bien du mal à marcher dans cette amas de pièces, s’enfonçant , trébuchant et tombant à qui mieux-mieux.

 

L’autre aspect de module, c’est évidemment Smaug. Même si le dragon a été reconstitué en image de synthèse, il fallait bien une voix pour donner la réplique au Hobbit. Et vu que Benedict Cumberbatch fut un temps retenu sur Star Trek (on le voit quand même dans le module), c’est une des assistantes de Jackson qui fut chargée de dire ses répliques. A ce moment, on ne peut qu’admirer le talent de Freeman, chargé de converser avec une créature invisible tout en regardant une sphère verte.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 07:11

Le premier disque de bonus annonce une durée de 5H00 et quelques ! Conséquent ! Passé une petite introduction, où Jackson explique la décision de passer de 2 à 3 films a « légèrement » compliqué la structure de l’histoire (cependant, on aurait aimé en savoir un peu plus sur cette décision. Peut être dans les commentaires ?), on se retrouve donc devant une douzaine de modules que l’on peut lire d’un coup ou un par un. C’est la dernière solution que j’ai adoptée.

 

La première partie de ces modules s’intéresse à Lacville et au tournage des scènes s’y déroulant. Ainsi le premier module présente la ville, son rôle étendue par rapport au roman puis la fameuse scène où les nains sont recouverts de vrais poissons (au grand dam de certains). On perçoit bien le curieux sens de l’humour de Peter Jackson qui prend un malin plaisir à humilier ses acteurs . Un long passage revient sur le combat de Légolas avec les Orcs dans Lacville. Savant mélange de décors prolongés par des écrans verts et d’image de synthèse de pointe (une motion capture étant faite sur acteur dont la taille correspond à celui du chef des Orcs) , ces scènes permettent de retrouver l’un des personnages les plus appréciés du seigneur des anneaux sous un angle un peu différent. Son style de combat est plus brutal. Vient ensuite la façon dont fut tournée la scène où Thorin s’adresse à la foule et au maire de Lacville, un tournage similaire à la scène à Cul de sac dans le premier film avec deux plateaux, l’un pour les humains et le décor, l’autre vert pour les nains, afin d’obtenir les bonne proportions. Technologiquement, cela reste incroyable. Enfin, le module s’attarde sur quelques caméos : Alan Lee et John Howe en musiciens, l’un des producteurs du premier film en espion du maire, des membres de l’équipe déguisés en femme (apparemment , il n’y avait pas assez de figurants féminins…) et même un deuxième apparition de Jackson, également espion. La scène fut coupée au montage et quand on la voit, on peut le comprendre.

 

Le deuxième module est exclusivement centré sur le maire de Lacville , interprété par Stephen Fry et son assistant , Ryan Gage un acteur totalement novice au cinéma et dont le bizutage a apparemment beaucoup aimé l’équipe. On retrouve dans le module, mais aussi dans le film, l’esprit potache de Jackson , celui dont il faisait preuve sur Bad Taste et Braindead (on a même droit à quelques images de ces deux films, nous faisant regretter que ces deux délires gores soient invisibles depuis des lustres). Ainsi  Gage se voit bombarder d’oeuf par une équipe hilare tandis que Fry doit ingurgiter pendant des heures de fausses testicules de boucs… 15 minutes qui montrent que même sur un film aussi énorme, la détente n’est pas absente !

 

On reste à Lacville avec toutes les scènes se déroulant dans la maison de Barde, interprété par Luke Evans. 20 minutes d’un déluge d’information : le double décor pour que la taille des nains s’intègre parfaitement au monde humain, le sauvetage de Kili par Thauriel, merveilleusement jouée par Evangeline Lily, le fait que les deux filles de Barde soient en réalité les deux filles d’un des nains , venues en Nouvelle Zélande voir papa et se retrouvant dans un film, les cascadeuses et la doublure d’Evangeline , la découverte de la flèche noire, les nains sortant des toilettes… Et malgré la débauche de moyens, l’impression toujours aussi étonnante que Jackson tourne un petit film. 

 

Car si l’on peut dire un premier mot de cette heure de making of, c’est bien le mot « famille ». L’équipe de tournage est comme une (très) grande famille où Papa Peter met tout le monde à l’aise , que cela soit les acteurs de premiers plans que les seconds rôles. On peut critiquer le Hobbit pour certains de ses excès mais par pour sa façon de faire les choses et de vouloir  bien les faire. Là où certains réalisateurs cherchent le chaos, la confrontation, le conflit, Jackson cherche à mettre tout le monde à l’aise. 

 

A l’arrivée, c’est sans doute la meilleure solution.

 

Après le monde des hommes , c’est au tour au royaume des elfes sylvestres d’être investi par l’équipe de tournage. On se doutait en voyant le film qu’il y avait de l’écran vert là dessous. Mais quand on voit le plateau de tournage, c’est encore plus net que l’on pensait. A part un trône et les nombreux costumes de Thranduil, il n’y a rien d’autres que du vert ! Ici, c’est bien Weta Digital qui montre son talent. Jackson se permet même d’improviser une scène, qui sera finalement coupée, sur la foi d’un dessin 3 minutes chrono d’Alan Lee. Il est amusant de voir que l’acteur qui joue Thranduil est plus jeune qu’Orlando Bloom , reprenant ici le rôle de Légolas, alors qu’il est censé être son père… Un bon module de 30 minutes donc, qui n’occulte pas l’humour comme ce passage où chaque nain doit hurler pendant quelques secondes avant la chute des tonneaux !

 

La suite quand je serai venu à bout au moins du premier disque !

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 08:54

Le coffret Ben-Hur 6 disques parus il y a 2 ans devrait logiquement mettre la honte à tous les studios sortant des nouveautés où les bonus se réduisent comme peau de chagrin.

 

J'en ai déjà parlé, mais depuis quelques temps, la tendance est à des bonus en forte baisse. On rappellera que pour attirer le cinéphile vers le Blu-ray, les éditeurs ont commencé à mettre plus de bonus sur une galette bleue que sur un DVD.

 

Puis pour les faire basculer vers les Blu-Rays 3D, ce sont ces derniers qui bénéficiaient d'éditions complète. Au hasard, Transformers 3, Avengers, Prometheus...

 

Cependant, produire des bonus doit être super compliqué vu les dernières oeuvres sorties en ont de moins en moins. Un exemple : Captain America , le soldat de l'hiver. Sur le Blu-Ray vous aurez droit à deux featurettes , 3 scènes coupées avec commentaire optionnel, un commentaire audio, un bêtisier !! Point barre ! Si on ajoute les 2 scènes coupées venant du DVD, on ne peut pas dire que l'on soit devant une oeuvre très riche !

 

Il est clair que sortir un film en vidéo 4 mois après sa sortie cinéma ne permet pas de faire des éditions valables. Tout a été calculé en amont et il n'y a pas le recul que permettait un délai plus long.

 

Et puis dans la stratégie des studios qui consiste à vouloir désormais se passer de support physique, qu'est ce qu'un bonus ? Le but ultime de l'industrie est de ne plus éditer de disques, mais qu'on les regarde sur des plates-formes protégées.  Une édition en vrai risque bien de n'être qu'un luxe que seuls les plus fortunés pourront s'offrir !!

 

Mais j'y reviendrais...

 

Pour le moment, parlons des bonus de Ben Hur ! Là, il est clair que la MGM ne se fout pas du cinéphile !

 

D'une part le coffret est superbe, en métal brossé, avec un digipack contenant les 6 disques (2 Blu-ray pour le film, 2 Dvd pour le film, un CD avec une partie de la bande originale et le Blu-ray de bonus) et un livret de 64 pages ! Du beau boulot !

 

Le Blu-ray de bonus est chargé jusqu'à la gueule !

Tout d'abord, un reportage de plus d'une heure retraçant la vie de Charlton Heston et la place qu'eut Ben Hur dans sa vie (et pas seulement l'Oscar). On peut donc suivre la vie d'un homme droit, qui n'a jamais changé ses convictions que cela soit dans les années 60 où il luttait pour les droits civiques (comme n'importe quel Républicain, d'ailleurs) ou quand il accepta de diriger la NRA, qui resta marié durant 65 ans avec la même épouse, qui adopta une filette, sans le hurler sur les toits. Des premières années de galère en passant par La planète des singes, Les 10 commandements, Soleil Vert ou son seul film en tant que réalisateur, Marc Antoine, la carrière est déclinée sur tous les thèmes. Seule manque sa participation à True Lies et son caméo dans le remake de La planète des Singes en 2001.

 

Puis vient un énorme documentaire , Ben Hur, le film qui changea le cinéma ! Près d'une heure trente d'interviews (au hasard, Georges Lucas qui explique comme il s'inspira de la cour de char pour la course de Pod) des créateurs du film, de leurs enfants, d'artistes contemporains, que cela soit dans des interviews d'archives ou des enregistrements plus récents. 

 

Un deuxième documentaire retrace l'histoire de Ben Hur, d'abord en tant que livre, puis pièces de théâtre, puis film muet et enfin le chef d'oeuvre de 1959 , de sa conception aux Oscars, en passant par les décors, la musique, la course de char, le casting... Un making of absolument énorme qui fera honte aux cinéastes contemporains qui nous balancent des disques avec deux featurettes...

 

Mais ce n'est pas tout ! Sur ce disque, on trouve des bouts d'essais (plus de 25 minutes), six reportages d'époque (dont un zoom sur la cérémonie des Oscars où il raffla pas moins de 11 statuettes), un diaporama reprenant l'histoire du film...

 

Et surtout la version muette de 1925 ! Un bonus idéal pour vérifier comme William Wyler s'inspira de cette première version, sur laquelle il avait d'ailleurs travaillé comme assistant réalisateur.

 

Seul le commentaire audio d'Heston n'est pas sous-titré. C'est le seul reproche que l'on puisse faire !!

 

Vous l'aurez compris, venir à bout de ce coffret demande un sacré paquet d'heures ! Et si on ajoute que l'image est absolument parfaite et que le son n'est pas en reste, il est clair que certains éditeurs devraient arrêter de nous arnaquer avec des films à l'interactivité proche de la VHS !

Ben-Hur, les bonus
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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 15:50

Quand le DVD a supplanté le Laserdisc en France, le public a découvert une nouvelle façon de voir les films, une façon que connaissaient déjà les cinéphiles américains via des coffrets Laserdisc bourrés de suppléments. En France, à part quelques bandes annonces ou des petites featurettes (comme sur Stargate ou Le monde perdu), on n'avait droit au film ! Quelques tentatives isolées (Crying Freeman, The Doberman, L'armée des 12 singes) levaient un coin du voile via un deuxième Laserdisc bourré de bonus.

 

Rapidement, le DVD s'est construit une solide réputation en introduisant la fameuse deuxième galette de bonus. Certaines éditions nécessitaient des heures de visionnages comme le coffret 5 disques de Blade Runner, sans doute une somme dans l'histoire du médium.

 

Mais à la fin des années 2000, pour faire basculer le cinéphile vers un nouveau support, le Blu-ray, plus cher, les éditeurs ont commencé à réserver les bonus à la galette bleue. Puis, ce sont les éditions 3D qui obtenaient les précieux St Graal des suppléments. L'un des exemples les plus fameux est Prométhéus. Une grande partie des magazines n'avait pas précisé que le Blu-Ray normal ne contenait que quelques featurettes. C'est cette mésaventure qui m'avait fait renvoyé mon exemplaire pour obtenir le coffret où se trouvait le film en 3D et en 2D ainsi que des suppléments dignes de ce nom.

 

Désormais, les éditeurs visent la VOD. Tout bénef pour eux : plus aucun support physique, donc moins de coût de production, mais des films toujours vendus très cher.

 

Et l'on constate que les bonus deviennent de plus en plus rares. Rien ou presque  sur La Reine des neiges, deux ou trois sur Thor 2, à peine plus sur GI Joe 2 pour citer quelques films récents. Si Peter Jackson ose encore balancer des éditions 4 disques pour Le Hobbit (mais 6 mois après la sortie de l'édition simple), la tendance semble être à la simplification et au zapping pur et simple des bonus.

En cause ? Le raccourcissement des délais vidéo. Il est clair que sortir un film 4 mois après sa sortie n'autorise pas vraiment un vrai travail sur un bon making of. Paradoxalement, les films les plus anciens bénéficient d'éditions bien plus soignées.

 

Il est clair que le "consommateur" doit dénoncer cet état de fait. La baisse de vente de la vidéo physique ne s'explique pas que par le piratage, mais aussi par un ras le bol des cinéphiles qui en ont assez d'être pris pour des vaches à lait. Après le scandale des nouveautés bradées 3 mois après leur sortie, voilà bel et bien une nouvelle raison de se plaindre ! 

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 15:50

Il y a 32 ans (en France) sortait Evil Dead, réalisé par un inconnu , Sam Raimi. L'affiche promettait du gore et de la violence (ainsi qu'un soupçon de nudité). 

 

C'est dans un numéro de l'Ecran Fantastique que j'ai découvert le film, puis j'ai pu le voir en VHS. Et le moins que l'on puisse dire est que tout ce que l'on disait sur Evil Dead était vrai, et bien plus.

 

La sortie de 2006, pour les 25 ans du film, a été l'occasion d'éditer une bonne édition DVD bourrée de bonus. Mais ce n'est que cette année que je me suis offert le Blu-Ray ! Et le moins que l'on puisse dire c'est que certains films récents devraient rougir en regardant le travail fait par l'éditeur !!

 

Même s'il est assez déconcertant de revoir le film en VO (je l'ai tellement vu en VF que j'ai du mal avec une autre version, le "Sois des nôtres de la fin" me semble bien plus malsain que le "Join Us" original), force est de constater que Evil Dead n'a rien perdu de son attrait. Bien sur, il a vieilli et l'histoire, si on la raconte au premier degré, peut sembler stupide. Quand aux effets gores, n'importe quel tâcheron ferait mieux derrière son ordinateur en 2014.

 

Sauf que...

 

Sauf que Evil Dead fut réalisé pour 500 000 $ par une poignée de fanatiques et qu'à l'époque, il fut un choc absolu, que tout le monde le pilla ensuite et que, surtout, il prenait l'horreur et le gore au sérieux. Aucun cynisme , un humour qui renvoie aux meilleures comédies noires et un traitement pro d'un genre considéré comme honteux par 99% des cinéastes. Evil Dead était un film jusqu'au boutiste et c'est sans aucun doute ce qui a fait son aura. 

 

Il lui fallait donc un écrin à la hauteur de sa réputation. Ce Blu-ray l'est.

 

On se lancera déjà sur Ce que vous ne savez pas sur Evil Dead, un doc rétrospectif où acteurs et producteurs (mais pas Sam Raimi, hélas) racontent le film par le détail. Quasiment une heure pour plonger dans les entrailles d'un long-métrage mythique. Aucune langue de bois (l'une des actrices avoue tout de même que Raimi lui avait dit qu'on ne verrait rien quand elle court en chemise de nuit dans la forêt), des images d'archives rares, une vision très drôle d'un classique par ceux qui l'ont fait : tout y est !

 

Et ce n'est pas fini. Le module suivant Les trésors de la salle de montage mélangent scènes coupées, scènes alternatives, préparation des séances à effets visuels (on découvre que la fameuse scène où Sherly est attaquée par les ronces a tout simplement été filmée à l'envers !!), le tout dans l'ordre chronologique du film. Là aussi, quasiment une heure d'images jamais vues ! Et la confirmation que Sam Raimi avait déjà, à 20 ans, le talent qu'on lui connait !!

 

Un petit module montre les acteurs et le producteur présenter la version DVD du film à une foule de fanatiques. C'est à la fois drôle et instructif car cela permet à tout fan de tester ses connaissances sur Evil Dead.

 

Enfin, quelques tests de maquillage complètent cette partie des bonus.

 

Il faut encore ajouter un excellent commentaire audio de Bruce Campbell et du producteur , ainsi qu'une piste Picture in picture (que je n'ai pas vue en entier, mais qui est à la hauteur du reste).

 

Bref, un achat indispensable à tout amateur de fantastique et même de cinéma tout court, pour peu qu'il ait l'esprit un peu ouvert !

Les bonus Blu-Ray d'Evil Dead
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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

L'affiche du moment

Rogue One