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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 11:01

batmanLe pitch : les premiers pas du Caped Crusader dans un Gotham soumis à la corruption et au Joker !

 

 

 

En 1989 , le monde cinéma attendait le 3e épisode d'Indiana Jones. Mais c'est une chauve-souris qui rafla finalement la mise et lança la carrière d'un jeune cinéaste, Tim Burton, un excentrique passé par l'école Disney et qui redonna ses lettres de noblesse aux films de superhéros , largement entachées par Superman IV et autre Supergirl.

 

 

 

Batman battit tous les records de recettes aux USA, avec 251 millions de dollars, mais eu bien plus de mal à s'imposer dans le reste du monde puisque le long métrage de Burton n'en récolta "que" 160 ! Le film engrangea tout de même 2 millions d'entrées en France. Le côté très "américain" de Batman, le fait que les Comics n'étaient pas diffusés dans le reste du monde comme maintenant ne permirent pas au film de cartonner comme le fit la trilogie de Nolan !

 

 

 

Mais 23 ans après que reste-t-il de ce Batman ? Si l'on met de côté la coupe de cheveux de Kim Bassinger et le cabotinage limite de Jack Nicholson, ce premier épisode reste d'un excellent niveau.

 

Parce qu'il introduit tout l'univers de Batman : le manoir, la batcave, Alfred, Gotham, le costume noir et surtout la schizophrénie de Bruce Wayne, magnifiée par sa réponse "Je n'en suis pas sûr" quand Vicky Gales lui demande "Etes vous Bruce Wayne" ?

 

 

 

Parce qu'il permet aux comics d'entrer vraiment au cinéma. Certes Superman avait ouvert la voie 9 ans plus tôt, mais le magnifique essai de Richard Donner n'avait pas été transformé. A partir de ce Batman, le monde du cinéma prit conscience de l'or qui dormait dans les Comics et les Graphic Novels. Et même s'il fallut attendre encore 10 ans pour que la déferlante soit effective, c'est bel et bien Tim Burton qui la lança.

 

 

 

Le film étonna par son côté baroque et sombre, ses décors hors du commun, son déluge d'effets visuels et surtout son refus de cautionner la série des années 60, très colorée, rigolote et même, si l'on en croit certain, très "gay friendly". Burton portait déjà en lui Mr Jack ou son livre La triste fin de l'enfant huître et se refusait à faire de Batman un crétin en costume. On lui reprocha même de porter plus d'attention au Joker qu'au héros. Cela reviendra d'ailleurs dans le 2e épisode où il est clair que le Pingouin est le principal personnage du film. On notera tout de même que Nicholson était situé dans le générique avant Michael Keaton.

 

 

 

Alors même si certains décors font très matte painting et si le script patine un peu à mi-parcours, ce premier épisode reste une vraie réussite et imposa l'univers pour les 3 films suivants. Car, et c'est quelque chose que n'aiment pas avouer les détracteurs de Joel Schumacher, l'esthétique coloré de Batman Forever et Batman&Robin était déjà en gestation dans le Batman de Burton. Tous les personnages secondaites sont déjà là, la direction artistique tirait vers le grandiose et le "bigger than life" et le côté réaliste n'était pas de mise.

 

 

 

Enfin, Michael Keaton fut la vraie surprise de ce film. Catalogué acteur comique, il réussit ici à réunir les deux facettes de Batman, le côté inquiétant du caped crusader et la face plus riante de Bruce Wayne. Cependant, le film pose la seule vraie question : quelle est la véritable identité de Wayne ? L'héritier ou bien le justicier. Burton se garda de répondre . Nolan le fera plus de 20 ans plus tard !

 

Tim Burton , avec 35 millions de dollars, réussit donc un pari insensé : faire vivre au grand écran un héros considéré comme totalement ringard et donner au cinéma une date ! Car il y a bel et bien un avant et après Batman !! A ce titre là, il mérite bien de figurer dans la catégorie Grands classiques !!

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 06:19

cleopatre.jpgLe pitch : la vie de la dernière grande souveraine d’Egypte, successivement maîtresse de Jules César et Marc Antoine, et qui préféra mourir plutôt que de soumettre à la loi d’Octave Auguste.

 

C’est la sortie en Blu-Ray du chef d’œuvre de Joseph L.Mankiewicz qui motive évidemment cette chronique. Car depuis des années, il fallait nous contenter de rediffusions télés souvent tronquées et la seule édition vraiment valable était un coffret Laserdisc NTSC. Certes le film était disponible dans sa version intégrale en DVD, mais sans les nombreux bonus de cette édition. Et puis, l’image n’était pas vraiment à la hauteur.

 

Avec cette nouvelle édition (sortie au début de cette année), Cléopâtre s’offre enfin un écrin digne de sa magnificence. Réparti sur deux disques, incluant l’ouverture, l’intermède et le final musical, le film est disponible dans une copie lumineuse et exceptionnelle, y compris dans les nombreuses scènes nocturnes. Quant au son, il est évident qu’il faut préférer une VO bien moins théâtrale que la VF.

 

Revoir Cléopâtre presque 50 ans après sa sortie calamiteuse (le film faillit couler la Fox) montre que le cinéma, à un moment de son histoire, n’avait pas besoin d’images de synthèse pour représenter des foules immenses ou des décors grandioses. Ici, tout fut fait pour impressionner le spectateur, de la bataille navale d’Actium à l’entrée de la reine dans Rome. Et entre ces moments de bravoure, les dialogues intimistes tracent en creux le portrait d’une femme à la poigne de fer qui tint, un moment, Rome dans sa main en en séduisant les plus puissants personnages.

 

L’amateur d’histoire est bien entendu passionné par cette biographie sur grand écran, retrouvant les moments les plus attendus de la vie de la Reine telle que nous la racontèrent les anciens, moments tellement connus qu’ils en deviendraient presque des clichés comme l’anecdote du tapis, qui permit à Cléopâtre de connaître Jules César. Et même si quelques ellipses laissent à penser que les 44 millions de dollars de l’époque (en gros, plus cher que Titanic !!) ne furent pas suffisants, les presque 20 ans que parcourent le film sont retranscrits avec un luxe de détail impressionnant !!

 

Alors on pourra bien sûr reprocher une mise en scène parfois statique ou des dialogues quelque peu pompeux, mais c’est oublier que l’essence du péplum est bien dans ces « défauts ». Et de toutes façons, une grande partie du film passe par les regards. Ainsi, César n’a pas besoin de dire « Tu Quoque Filli » quand il voit Brutus se diriger vers lui l’arme à la main : ses yeux en disent bien bien plus !

 

On a écrit des milliers de pages sur la passion entre Elisabeth Taylor (lumineuse) et Richard Burton, mais cette passion se voit à l’écran ! Elle est l’essence de la deuxième partie du film, sa lumière et son énergie ! Leur jeu d’acteur se voit totalement investi par cette passion et il est clair que l’aura du film lui doit beaucoup, voire tout. Cela a même tendance à dévaluer le travail de Rex Harrison, pourtant génial en César, l’homme qui fonda l’Empire et qui mourut d’en avoir voulu changer la structure légale.

 

Pour le reste, le film est largement à la hauteur de sa réputation : grandiose, magnifique visuellement, traversé de fulgurance et d’émotion pure et de scènes comme on n’oserait plus en faire. Pour ma part, je reste toujours bluffé quand César traverse le marché d’Alexandrie au début du film, puis quand il s’effondre presque quand on lui apporte la tête de Pompée. Ce premier choc en appelle tant d’autres et le cinéphile ravi ne peut que se réjouir de pouvoir les revoir à volonté.

 

S’il n’est pas habité par la passion religieuse des 10 commandements ou de Ben Hur, l’âme de Cléopâtre réside ailleurs : dans le destin d’une femme qui, par amour pour son pays et persuadée de sa propre grandeur, sacrifia tout !

 

Mille mercis donc à la Fox d’avoir enfin offert ce film maudit aux admirateurs d’un cinéma désormais disparu dans une copie sans défaut ! Cléopâtre est un film exigeant, mais la récompense est tellement grande pour celui qui ose s’y frotter !!

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 06:50

7mercenaires.jpgLe pitch : un village mexicain engage des mercenaires pour les aider à contrer les attaques d’une bande de hors-la-loi qui les pille depuis des années.

 

Western mythique, Les 7 mercenaires représentent aussi une époque révolue, celle où les films se construisaient autour d’une équipe d’acteurs et qui nous donna Les 12 salopards, La grande évasion ou Les canons de Navaronne.

 

Le but de ce genre de film était de réunir l’équipe la plus prestigieuse possible et de la lancer dans une mission à priori impossible. Qu’importe le thème du film, même si les films de guerre ou les westerns s’y prêtaient le mieux, il fallait imposer LE générique qui tue !

 

Les 7 mercenaires ne dérogent pas à la règle en mettant sur la même affiche Yul Brynner, Steve McQueen, Robert Wagner, Charles Bronson et James Coburn, John Sturges visait évidemment l’efficacité maximale, même si certains de ses mercenaires comme McQueen n’étaient qu’à l’aube de leur carrière en 1960.

 

Au delà de son casting, c’est surtout l’histoire qui faisait la part belle dans ces productions racés. Ici, l’adaptation des 7 samouraïs, un classique japonais, ne pouvait que se fondre dans la mythologie du western : la ville assiégée, les combats à un contre 100 perdu d’avance, les pillards sans foi ni loi, les armes à feu, les chevaux… John Sturges connaissait cet univers par cœur, lui qui avait déjà réalisé Règlement de compte à O.K. Corral, Fort Bravo, Coup de fouet en retour ou Les aventuriers du désert. Sans atteindre le génie absolu d’un John Ford, Sturges est un solide artisan qui sait filmer l’Ouest américain et diriger des seconds couteaux du cinéma américain. Ici, pour son 8e film, il offre au public l’un de ses points d’orgue, même si La Grande évasion (où il retrouvera Bronson et McQueen) sera plus abouti encore.

 

Construit de manière linéaire (la découverte de la situation initiale, la rencontre des mercenaires, le premier succès, le piège des Mexicains et le combat final), Les 7 mercenaires n’avait pas pour ambition de révolutionner le cinéma ou le western. S’il sortait à notre époque, on parlerait de pop corn movie, d’un film destiné à distraire un public qui a envie de passer un bon moment. Le western n’était pas encore entré dans sa période crépusculaire et n’avait rien à prouver. L’enchaînement des scènes où chaque acteur tente d’attirer le regard et où Sturges prend bien soin de ne pas avantager untel ou untel (même si Brynner est hors-concours) démontre qu’on est dans un film choral. Qu’importe si 4 des mercenaires décèdent lors de l’attaque finale ou si Brynner joue de manière très monolithique (sa marque de fabrique après tout), la volonté du film est clairement de rendre hommage aux acteurs. Chacun aura droit à sa scène intimiste, les plus touchantes étant celle de Bronson dont le personnage métis d’Irlandais et de Mexicain, est adopté par les enfants du village.

 

On peut bien sur se gausser de certaines aberrations du scénario comme le fait que tous les mercenaires quittent le village pour aller disperser les chevaux des hors-la-loi, laissant les paysans sans défense et permettant aux truands de s’emparer de la petite communauté. Mais au final, ces quelques trous dans l’histoire sont surtout là pour relancer l’action et n’entament en rien la solidité du film.

 

Au final, Les 7 mercenaires, 50 ans après sa sortie reste un classique du western, magnifié par la musique d’Elmer Bernstein, musique devenue légendaire et dont la mélodie s’inscrit immédiatement dans la tête. Il est le témoignage d’une époque où le cinéma restait emprunt d’une certaine candeur et entendait distraire un public qui ne demandait qu’à vibrer et à se dépayser. Pas mal pour ce qu’on qualifiait de « série B » à sa sortie !!

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 16:57

alien.jpgLe pitch : Alors qu'il fait route vers la Terre, un cargo-marchand est dérouté vers une petite planète où un mystérieux signal vient d'être intercepté !

 

La sortie de Prométhéus  est l'occasion idéale de parler du film qui révolutionna la SF en 1979, imposa Ridley Scott et traumatisa une génération entière de spectateurs. Alien fut tout simplement le long métrage qu'attendait à la fois ceux qui furent émerveillés par Star Wars et terrifiés par les Dents de la mer ! Car qu'on ne s'y trompe pas, c'est bien le crossover entre ces deux méga-triomphes que visait la Fox, une simple opération commerciale au départ qui se transforma en un triomphe esthétique !

 

Car au-delà du script plutôt bateau de Dan O'Bannon, c'est bel et bien la mise en scène incroyable de Ridely Scott qui amena Alien vers des sommets que peu de métrages atteignent.

 

Dès la première scène, une longue description du Nostromo où la caméra se balade dans les différentes coursives, Scott impose sa marque. Ceux qui avaient pu voir Duellistes ne furent pas étonnés, mais pour ceux qui découvrirent le réalisateur avec ce film (j'en fus, ne voyant Duellistes en vidéo que dans les années 80), le choc fut total ! Scott filme son univers comme s'il filmait notre quotidien, ne s'embarasse d'aucune explication, mais sculpte ses images et ses lumières. Et il introduit donc l'horreur dans la banalité d'une équipe d'ouvriers spéclalisés par petite touche, même si, dès le début, on sent la menace qui plane. Le magazine SFX consacra son 5e numéro à la saga (lors de la sortie de Alien3) et l'on apprit qu'il ne laissa absolument rien au hasard. Par exemple, pour le plan où les 3 astronautes sont devant l'immense vaisseau fer à cheval, Scott filma des enfants afin d'accentuer l'effet de gigantisme.

 

Véritable choc visuel alignant les scènes mémorables comme rarement (la découverte des oeufs, la naissance de l'Alien à travers la poitrine de John Hurt, le script tease final de Ripley), Alien n'en oublie pas ses acteurs, ni une critique certaine d'une société prête à sacrifier l'humain pour récupérer l'organisme. Ce qui me choqua le plus quand je vis le film ce fut la révélation que Ash était un androïde. Scott montre alors que l'Alien n'obéit qu'à son instinct alors que la compagnie obéit à la loi de l'argent. Et mine de rien, cette scène ancrait le film dans un contexte politique que l'on ne s'attendait pas à trouver dans sun spectacle de SF !

 

Alien fut également un révélateur pour Sigourney Weaver, sans doute le rôle le plus marquant de sa carrière et même si Gorille dans la brume, Sos Fantôme, Working Girl ou 1492 construirent aussi sa carrière (sans oublier Avatar), c'est bel et bien le rôle de Ripley qui en fit une star, rôle qu'elle reprit 3 fois de suite dans 3 séquelles mémorables.

Ce que l'on ignorait encore en 1979, c'est que Ridley Scott irait encore plus loin dans son film suivant, Blade Runner ! Alien n'était finalement que la première étape d'une carrière d'exception. Et même si 33 ans après, le film a perdu de son effet de surprise, il parvient encore à envouter et à captiver. L'ajout de quelques scènes (dont la découverte des corps de Dallas et Brent en train de se faire ingérer lentement par un étrange mur alien, idée que reprit Cameron dans Aliens) en 2003 ne changea que très peu le film. Alien reste et restera un maître étalon de la Science Fiction, de l'horreur et de la mise en scène. Et rien que pour cela, il mérite largement le titre de Grand Classique.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 09:09

p9285.jpgLe pitch : Alors qu’il a cessé de boire depuis plus de 15 ans, le propriétaire d’un hôtel normand va recevoir un jeune père divorcée qui noie son chagrin dans l’alcool. Cela sera l’occasion de replonger avec lui pour une nuit totalement folle.

 

En 1962, Henri Verneuil va réussir un coup de maître en réunissant deux générations du cinéma français dans un film absolument génial. D’un côté, Jean Gabin, légende vivante du cinéma français et de l’autre un débutant qui ne l’est plus vraiment, Jean Paul Belmondo. Celui qu’on n’appelle pas encore Bébel a déjà tourné A bout de souffle, Cartouche, Un nommé La Rocca ou Léon Morin prêtre et sa carrière s’envole. Gabin lui est au top depuis 1946, quasiment tous ces films sont millionnaires et ses récents succès s’appellent Le cave se rebiffe, le président, Archimède le clochard, Les Misérables, la série des Maigret ou La traversée de Paris. Bref, deux pointures, deux monstres , l’un confirmé, l’autre en devenir.

 

Pour ce film, Verneuil retrouve donc Gabin, avec qui il a tourné Le président un an plus tôt. Verneuil est aussi un abonné au succès, souvent associé à Fernandel (La vache et le prisonnier, Le grand chef ou L’ennemi public numéro 1). Il adapte donc un roman d’Antoine Blondin, demande à Audiard de s’occuper des dialogues, engage des seconds rôles solides comme la délicieuse Suzanne Flon (qui des décennies plus tard deviendra une habituée des films de Jean Becker) et se lance donc dans la narration de cette rencontre.

 

Car Un singe en hiver est le récit doux amère de la rencontre entre deux âmes perdues. L’un chercher vainement à se convaincre qu’il a bien fait d’arrêter de boire et que son existence devenue terne est ce qui pouvait lui arriver de mieux. L’autre cherche des réponses et joue à s’autodétruire, sans se rendre compte que sa fille Marie, dernier lien qui le relie à la vie, a besoin de lui.

 

Le film prend son temps pour arriver à la fameuse nuit. Verneuil prend soin de montrer comment les liens vont se tisser entre les deux hommes. Il met en place tous les éléments qu’il va utiliser lors de la mémorable beuverie : la rencontre avec le commerçant qui fournira les feux d’artifices, le mépris qu’a Gabin pour ses anciens camarades de cuite, la tristesse de sa femme qui voit bien que le jeune homme réveille en lui des démons qu’elle espérait enfouis à jamais, le pensionnat où vit la petite Marie et où une bonne sœur qui se dit anglaise apporte une touche de comique involontaire.

 

Verneuil prend aussi soin de montrer les deux visages des héros, le visage sobre et le visage alcoolisé. Il montre aussi comment les deux hommes vont s’apprécier, comment l’ancien va tenter d’écarter le jeune de la voie défendue avant de plonger avec lui avec délice. Et pour se faire, Audiard emploie un truc tout simple : sobre, les héros se vouvoient, mais soumis à l’alcool, ils se tutoient.

 

Mais Un singe en hiver est bien au delà de la simple farce potache. En mettant en scène la nostalgie d’un empire colonial défunt et en donnant comme prétexte à Gabin sa jeunesse enfuie, quand il était militaire en Indochine, le film plonge dans un univers à jamais disparu.

 

Bien entendu, avec de tels acteurs et un tel dialoguiste, on ne peut que se régaler. Que les scènes soient graves ou drôle, Un singe en hiver reste toujours très haut ! Belmondo n’avait pas encore les quelques tics que des grincheux lui reprocheront plus tard, et Gabin excelle dans ce rôle d’un mentor pas très sage ! La mise en scène de Verneuil est certes académique mais quelle joie que d’admirer des plans aussi bien composés. L’élégance personnifiée et la preuve qu’il fut un temps où le cinéma français était fabriqué avec un professionnalisme à tout épreuve.

 

La progression de l’intrigue amène donc à cette fameuse nuit, où le duo vite rejoint par un troisième larron va dynamiter la tranquillité de la petite bourgade normande. Le festival de bons mots d’anthologie et de scènes cocasses en fait un véritable feu d’artifice, au sens propre comme au figuré. Et l’on vient presque à regretter le choix du noir&blanc qui nous prive du festival de couleurs décrit par les personnages.

 

Un singe en hiver, près de 50 ans après sa sortie, reste donc un bonheur total, un de ces films que l’on peut voir des dizaines de fois sans se lasser. Et ce n’est pas cette excellente édition DVD qui me démentira.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 15:54

roilion.jpgLe pitch : un jeune lionceau à qui est promis un destin doré va devoir faire l'expérience du deuil avant de reprendre son rôle dans le cycle de la vie.

 

La sortie de l'un des plus grands films de Disney en DVD et Blu-Ray le mois dernier est l'occasion idéal de lui donner le coup de projecteur qu'il mérite.

 

J'ai eu la chance de voir Le roi Lion au cinéma à Noël 94 et ce fut un émerveillement de tous les instants !! Pourtant, ce film fabuleux fut précédé les années d'avant par La petite sirène, La belle et la Bête et Aladdin !! A l'agonie dans les années 80, le studio renaissait de ses cendres durant les années 90 et Le roi Lion fut le sommet absolu de cette reconquête ! Non seulement le film cassa la barraque partout où il sorti (en France il dépassé les 10 millions d'entrées !!) mais ll triompha en vidéo, s'imposant comme l'une des plus grandes ventes de Laserdisc de tous les temps (je garde précieusement mon exemplaire). Et la première ressortie DVD de 2003 laissa pas mal de bons souvenirs aux comptables de chez Disney !

 

17 ans plus tard, le film garde largement son statut d'oeuvre maîtresse de l'animation. L'histoire est magnifique et joue sur tous les tableaux (humour, mélancolie, aventure, drame...), l'animation y est sublime, rendant extraordinairement la luminosité si particulière de l'Afrique et la musique est intemporelle ! Elle valu d'ailleurs à Hanz Zimmer l'Oscar de la meilleure musique  en 95, de même qu'à Elton John celui de la meilleure chanson ! 

 

Certes, le scénario s'inspire plutôt largement du Roi Léo (une anime japonaise de 1951) voire de Hamlet, mais la force du film est d'avoir transcendé ses modèles ! On est transporté du début à la fin, passant de l'admiration (la scène d'ouverture, sublimée par la musique) à la franche rigolade (les facéties de Zazou) avant de virer vers la tristesse avec la mort de Mufasa ! A partir de ce moment, qui renvoie à l'imagerie qu'imposa la mort de la mère de Bambi, le film va lentement mais sûrement se diriger vers l'affrontement final : Simba va devoir dépasser sa culpabilité pour rétablir l'harmonie sur la terre des Lions. Le fait de lui adjoindre deux nouveaux compagnons comiques ne doit pas uniquement être perçu comme une incitation à l'achat de peluches, mais permet surtout de ne pas laisser le film errer dans un aspect trop sombre ! 

 

Etonnamment, le film fut parfois mal accueilli par la critique française. Une bonne partie ne compris absolument pas que Le roi Lion était destiné à devenir un classique. Il fut même traité de film pétainiste et nazi par certains (comprenne qui pourra). On lui reprocha une vision raciste de l'Afrique (alors qu'aucun être humain n'est présent) et son côté conservateur à cause de la royauté héréditaire !! Du grand n'importe quoi mais quand il s'agit de délirer, ayez confiance en les critiques de cinéma !!

 

La nouvelle sortie du Roi Lion, dans sa version d'origine (exit une séquence rajoutée en 2003) mais dans une nouvelle copie numérique flambant neuf ne peut que faire le bonheur d'une nouvelle génération qui va découvrir Simba, Timon et Pumba. Elle ravira également la nostalgie de toute une frange du public qui, comme moi, sortie les yeux mouillés par l'émotion des salles à Noël 94 ! 

17 ans plus tard, Le Roi Lion reste au firmament de l'animation et seul Pixar a réussi à aller plus loin encore dans ce secteur si prisé !! C'est sans doute à cela que l'on reconnaît un chef d'oeuvre : cette faculté de traverser le temps sans s'altérer !!

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 06:35

Germinal.jpgLe pitch : Etienne, un machineur sans emploi sous le second Empire, arrive dans le Nord. En devenant mineur, il va s’intégrer à cette communauté et tentera, par la grève, d’améliorer ses conditions de vie.

 

En 1993, Claude Berri signait ce qui est sans aucun doute son film le plus ambitieux et peut-être le projet qui lui tenait le plus à cœur. Tiré du roman phare d’Emile Zola, pierre angulaire avec L’assommoir de la série des Rougons-Macquart, Germinal est bien plus que l’évocation de la lutte des classes dans la France du Second Empire, c’est surtout pour le cinéaste une façon de rendre hommage à son père et à ses origines.

 

Il est dommage que le marketing n’ait retenu de Germinal que son budget (à l’époque le plus élevé du cinéma français) , occultant le formidable travail de décoration, de costumes, d’effets visuels, bref tout ce qui rendit possible la reconstitution d’une époque à la fois très proche (à peine 140 ans) et si lointaine. Et surtout, peu de monde s’est vraiment intéressés au scénario ! Certes, Berri travaillait à partir d’un matériel extraordinaire, reprenant des centaines de lignes de dialogues du roman et illustrant quantité de passage par des scènes les calquant à la virgule près. Mais c’est justement cette fidélité associée à des partis pris très audacieux au niveau du cadrage (comme ce plan où Magrat, l’épicier, gît, mort et que passent les gendarmes au-dessus de son cadavre) qui fait que ce Germinal est une véritable mine (désolé) de trouvailles, de plans superbes et de passages grandioses.

 

Il fallait un acteur débutant pour incarner Etienne Lantier. Claude Berri retint Renaud, persuadé que sa gouaille en faisait un véritable leader ouvrier qui se voit vite dépasser par les évènements. Pari risqué, mais pari gagné, n’en déplaisent aux pisse-froid qui n’y ont vu qu’un caprice de réalisateur. Entouré par une distribution solide (Miou-Miou, Depardieu, Judith Henry, Jean-Roger Milo, Jean Carmet, Anny Duperey), le « jeune » acteur ne pouvait que sublimer. Mais tenir un tel film sur ses épaules a hélas eu raison de son avenir dans le métier. Pire, on peut même craindre que l’accueil très froid de la critique l’a dégoûté de ce travail si ingrat que celui de comédien. Là où le chanteur avait l’habitude de travailler avec quelques musiciens, il a dû faire avec des centaines de techniciens, de figurants, des effets visuels, des décors grandioses, un texte parfois étouffant… Bref, un énorme défi qu’il a relevé avec brio mais qui resta juste une parenthèse extraordinaire dans sa carrière (si l’on excepte une participation anecdotique dans Le deal et Wanted). Et franchement, en revoyant le film presque 20 ans après sa sortie, on ne peut que le regretter.

 

Mais au-delà de ses vedettes, ses effets spéciaux, ses décors, ses costumes, c’est surtout le soin apporté à la reconstitution d’un monde oublié, d’une classe ouvrière qui ne survit plus que dans nos livres. Berri lui rend hommage et, à la différence du roman de Zola, lui donne un véritable beau rôle. Exit donc les passages salaces du livre, la description quelque peu canaille de la société des corons. Mieux encore, la scène du saccage de Jean Bart, bien plus brutale dans le roman, y est montrée en prenant bien soin de montrer comment ces hommes et ces femmes poussés par la faim ne voient finalement pas d’autres solutions. Dans le livre, on sent Zola finalement effrayé par la violence de ses personnages, les regardant de loin et les montrant comme des bêtes sauvages et vulgaires. Berri a su éviter l’écueil du voyeurisme propre au roman (relisez le, vous y jetterez un regard neuf) pour ne garder que la dignité dans la misère.

 

Germinal fut en 1993 au centre de polémiques bien inutiles. On l’opposa à Jurassic Park, on voulut en faire l’étendard d’une certaine idée du cinéma à la française, on exacerba le nationalisme que l’on entendait dénoncer quand il venait d’outre-atlantique. Une campagne qui desservit le film et, même si les 6 millions d’entrées furent quasiment atteints, le film resta sur une impression de semi échec, ce qui est ridicule.

 

Car d’une part, Germinal est sans doute avec Manon des Sources et Ensemble c’est tout, le film le plus lumineux, le plus abouti de Claude Berri. Il dépasse en intensité dramatique le merveilleux Tchao Pantin et s’avère être un véritable OVNI dans une production française qui se contente finalement de si peu. Un jour sans doute, les historiens du cinéma s’en rendront vraiment compte, mais gageons que là-haut, Zola et Berri, enfin réunis, ne peuvent que regarder d’un œil bienveillant leur œuvre commune !!

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 11:49

seven.jpgLe pitch : Deux policiers sont entraînés sur la piste d'un tueur qui signent ses crimes des 7 péchés capitaux.

Revoir Seven 15 ans après sa sortie, en Blu Ray (qui remplacera donc mon Laserdisc Pal VOST) reste un choc ! Car 15 ans après, le film n'a rien perdu de son aura, de sa noirceur, de son déroulement implacable et millimétré, de son interprétation sans faille et surtout, de son côté jusqu'au boutiste !

Révélé par le 3e volet d'Alien (injustement décrié par certains), David Finsher s'est donné ici les moyens d'aller au bout de sa vie. Ecoeuré par les interventions de la Fox sur Alien, il a préféré se servir d'un petit budget (27 millions de dollars) et avoir les coudées franches. Pour éviter les problèmes de raccord, il choisit de faire pleuvoir durant tout le film, imitant en cela le Blade Runner de Ridley Scott. Pour contourner la censure, les meurtres ne sont jamais montrés mais laissés à l'imagination ou à quelques photos chez John Doe. Le malaise en devient encore plus grand car l'esprit du spectateurs est bien cruelle que ce que l'écran peut apporter. Il lance également la mode des génériques bien tarabiscotés et ose même faire défiler le générique de fin à l'envers !! Il se refuse à écarter des dialogues d'une rare violence, notamment quand John Doe justifie les tortures de Victor parce que "dealer et pédéraste" ! Imaginez cela aujourd'hui. D'autant qu'en montrant Doe comme un homme ordinaire, cultivé, profondément religieux et au visage d'ange, il accentue encore la répugnance qu'on a envers ce monstre fascinant. Et bien entendu, il refuse le happy end (visible dans les bonus sous la forme d'un story board où c'est Sommerset qui abat John Doe) au risque de s'aliéner une partie du public !

Mais les paris se sont révélés payants puisque d'une part Seven fut un succès commercial sans précédent pour un thriller aussi noir et que d'autre part, il s'imposa comme une oeuvre majeure du XXe siècle, une date et une référence du cinéma mondial. Il lança totalement la carrière de Finsher qui, malgré un The Game un peu mou du genou, ne redescendit plus de l'olympe des réalisateurs. Quand on aligne Fight Club, Panic Room, Zodiac, Benjamin Button ou The Social Network, on ne peut que dire merci au type qui vous fit un jour le script de Seven. Quand à Brad Pitt, qui y trouva le rôle de sa vie, il sait que sans Seven, sa carrière n'aurait jamais grimpé aussi haut. 

Car derrière la mise en scène au cordeau, il y a le script démentiel d'Andrew Kevin Walker qui signa ici un coup de génie, resté hélas presque sans lendemain puisqu'il ne signa plus que 3 autres scénarii : 8 mm, Sleepy Hollow et The Wolfman. A la manière d'un Orson Wells qui ne parvient jamais à digérer la réputation de son Citizen Kane, Walker n'a pas réussi à surmonter ce script exceptionnel qui redéfinit à jamais le thriller . 

Car blindé par la mise en scène de Finsher et ses scènes chocs (le réveil de Victor, le coup de fil dans le couloir, l'apparition à visage découvert de John Doe), le travail de Walker ne pouvait trouver plus bel écrin. 

Film somme de toute une vie (la technique de Finsher, formé sur des milliers de pubs et de clips, s'étale ici sans aucune prétention), Seven a plus que redéfinit le genre, il lui a donné ses vraies lettres de noblesse. Après cette date, plus personne n'a osé considéré le thriller comme un sous-genre, à part bien sûr les abrutis incapables de comprendre une révolution !!

Revoir Seven 15 ans après, en haute définition, c'est tout simplement se reprendre un vrai coup dans la tronche !! Et cela fait toujours aussi mal ! 

En 1995, Finsher clôturait un siècle de cinéma par Seven ! On a connu pire anniversaire ! 

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 08:58

planetinterdite.jpgLe pitch : En atterrissant sur Altaïr-4 , une équipe d'astronautes va découvrir les vestiges d'une civilisation disparue, celle des Kreels, qu'étudie le docteur Morbius, assisté de sa fille. Mais la planète recèle une terreur sans nom dont l'origine les confrontera directement à eux mêmes ! Cette terreur qui a éradiqué tout l'équipage du docteur Morbius

Planète interdite est une référence ans la science fiction, tout en s'englobant dans l'incroyable masse de films de genre des années 50-60 (Them, L'invasion vient de Mars, La guerre des mondes,L'homme qui rétrécit, Le jour où la Terre s'arrêta, The Thing...) et ce malgré les années qui ont passé et qui ont forcément "vieilli" ses effets visuels.

Une référence parce que, quelque peu perdu dans le dédale des invasions en tout genre préfigurant la crainte du nucléaire et de la menace communiste, Planète interdite s'inspire de La tempête de Shakespeare.

Une référence parce que le film, même s'il met en avant son robot vedette, Robby, s'articule autour de la psychologie des personnages, de leurs peurs, de leurs envies, de leur volonté de puissance même. Inutile de chercher des scènes d'action fracassantes ou du Bigger than life, le film fonctionne sur un autre registre, bien plus fin : celui de l'introspection et de la suggestion. Ainsi, la créature que vont combattre les héros est à peine visible : juste une animation qui la laisse dans l'ombre. 

Une référence par sa bande son, entièrement électronique : une première dans l'histoire du cinéma.

Une référence par ses décors incroyablement inventifs et qui ont directement inspiré Star Trek.

Une référence enfin par son scénario qui évite tout manichéisme : l'ennemi n'est pas une menace lointaine ou un être venu de Mars, mais bel et bien l'homme. A partir d'un postulat classique (la découverte via les yeux du candide d'une situation qui n'est pas celle que l'on croit), Fred McLeod Wilcox guide ses acteurs , dont un très glamour Leslie Nielsen, dans un dédale passionnant où l'esprit prime sur la force. On sent l'esprit de la tragédie shakespearienne tout au long du film, même si le réalisateur s'autorise des moments de détente avec Robby (qui, mine de rien, obéit tout de même aux trois lois d'Asimov) et une légère touche d'érotisme, notamment avec cette scène où Anne Francis nage nue ! Rassurez vous, les prudes années 50 veillent et ne vous attendez pas à voir l'intégralité du physique de la belle actrice.

Alors oui, les cyniques se gausseront de ses vieux effets visuels (à la pointe pourtant dans les années 50) ou au jeu parfois caricatural de certains acteurs, mais qu'importe : Planète Interdite a largement gagné son statut de classique de la SF !

De grand classique tout court.

La Warner a eu la très bonne idée de proposer le film en Blu-Ray, dans une magnifique copie, respectant bien l'univers coloré de Planète Interdite. Et la pléthore de bonus autorisera un deuxième article du blog. Mais sachez pour vous mettre l'eau à la bouche que l'un des reportages fait intervenir rien de moins que Steven Spielberg, Ridley Scott, Georges Lucas et James Cameron !!

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 14:58

impitoyableLe pitch : Un ex-tueur à gage sort de sa retraite, entraîné par un jeune tireur, afin d’aller venger l’honneur d’une prostituée défigurée.

 

En 1992, Impitoyable fut un véritable choc cinématographique. Clint Eastwood offrait au western un chef d’œuvre crépusculaire tout en détruisant méthodiquement la légende de l’ouest. Dans son film, on meurt dans la souffrance, les hommes se tirent dans le dos ou abattent leurs adversaires quand il est sans défense, les shérifs sont de véritables brutes et la morale n’est pas vraiment sauve. Il est clair qu’Eastwood a voulu à la fois rendre hommage au genre qui l’a rendu célèbre et en faire le solde de tout compte. Coïncidence ou pas, tous les westerns qui ont suivi ont emprunté cette voie : du fabuleux Wyatt Earp au magistral Open Range (tous deux avec Costner) en passant par Appaloosa. Seul Maverick (Richard Donner) résistera à cette veine !

 

Impitoyable est un film lent, ce qui a fait dire à certaines critiques qu’il était long voire ennuyeux. Accusation ridicule, surtout venant de la part de gens qui ne supportent pas non plus le style Bay. En fait, Eastwood a choisi de prendre son temps, de faire découvrir les personnages afin que les brefs éclairs de violence n’en deviennent que plus intolérables ! Qu’il s’agisse du passage à tabac gratuit de Richard Harris (English Bob) par Gene Hackman (le shérif), du meurtre des deux cow-boys qui ont tailladé la fille ou de l’affrontement final, Impitoyable s’offre de longues plages quasi statiques afin de mieux détruire la légende.

 

Alors, oui, les amoureux du western ont fait des bonds en découvrant ce personnage d’ex-ivrogne, hanté par son passé et dont la morale ne vaut finalement pas mieux que celle du shérif. L’atmosphère du film (pluie, lumière quasi inexistante dans les scènes d’intérieurs) et des dialogues murmurés obligent encore plus le spectateur à s’impliquer. Le spectacle n’a pas lieu d’être et Impitoyable se mérite.

 

Et pour faire un chef d’œuvre, il fallait un casting d’exception. En engageant Richard Harris, Gene Hackman et Morgan Freeman, Eastwood a fait preuve d’un flair exceptionnel tout en démontrant qu’un grand film doit tout à ses acteurs. Aucun rôle n’est superflu et la leçon apprise de Don Siegel reste valable : savoir où l’on va, engager les meilleurs, offrir le meilleur !!

 

Le revoir, près de 20 ans après sa sortie montre à quel point Eastwood est un très grand réalisateur et à quel point son film a révolutionné le cinéma. Un point de non-retour puisque après 1992, Clint n’a plus jamais touché au genre. Il s’est contenté de le décliner comme dans Un monde Parfait ou Gran Torino. Sommet de sa carrière, Impitoyable reste un  joyau noir qui n’a pas pris une ride !

 

Le Blu-Ray sublime le film, mais ce sera pour une prochaine chronique.

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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

L'affiche du moment