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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 09:28
p10648.jpg(Le terme Grands classiques pourra choquer mais il est clair que Rambo I est devenu un film classique au sens le plus large du terme)

Le pitch : John Rambo, ancien béret vert, va se trouver en butte à l’hostilité des habitants d’une petite ville. Humilié par les hommes du shérif, il va alors riposter de manière impitoyable.

Alors que le 4e opus a débarqué sur les écrans du monde entier, il est temps de se replonger dans le film qui a tout déclenché, y compris d’incroyables polémiques.

En 1982, date de sortie de First Blood, Sylvester Stallone est déjà une star. Le succès mondial de Rocky en a fait la tête de proue d’une nouvelle vague d’acteurs plus physiques. Adieu les Dustin Hoffman et autre Robert de Niro, et place à Schwarzie, Willis et autres.

S’inspirant d’un roman de David Morell dont il garda quasiment intacte la structure (excepté la fin qui voyait le personnage mourir), le film se veut une réhabilitation des combattants du Vietnam, un pari plutôt gonflé à l’époque tant les derniers films sur le sujet avait été critique (Apocalypse Now, Voyage au bout de l’enfer). Mais depuis 1981, Jimmy Carter a été chassé de la Maison Blanche par Ronald Reagan, un Républicain nettement plus terre-à-terre et moins angélique. L’heure est donc à la revanche de l’Amérique.

Stallone est un Républicain de cœur, il l’a toujours été et c’est un self made man. Parti de rien, il est parvenu au top. Rocky, c’est lui, un récit quasi autobiographique. Avec Rambo, il décide de faire redonner une chance à tous ces combattants devenus des proscrits. Le ton du film est clair dès les premiers dialogues « Pourquoi vous m’emmerdez ?» dit John au shérif. Ce shérif, c’est l’Amérique que Stalonne déteste : une Amérique où l’on a oublié la fierté de son pays, où l’on a des ennuis quand on a un drapeau sur sa veste. Alors Rambo va filer une dérouillée à cette Amérique. Humilié, douché au jet, insulté, il supporte stoïquement tout. Jusqu’au moment où le contact d’un rasoir sur sa peau lui rappelle sa captivité au Vietnam. Alors, le vétéran redevient le soldat et se lance dans SA guerre. Une guerre où seul contre tous, il va s’imposer comme un  guerrier perdu dans une Amérique qui ne le comprend plus. Qu’importe les trous béants du scénario et les invraisemblances (le saut de la falaise sur le sapin), l’important ne réside pas là. L’important est de montrer un homme qui a sacrifié son humanité pour son pays et qui ne reçoit que quolibets en échange. Rambo ne comprend pas pourquoi son pays a perdu la guerre, pourquoi on l’a abandonné, pourquoi on le rejette. Il a tout donné, y compris sa vie, ses amis, ses sentiments. Il est devenu une machine à tuer pour finir comme un vagabond, humilié par un shérif ventripotent et une cohorte de soldats du dimanche. Logique que le film le montre se rebiffant et vengeant, par la même occasion, ses frères d’armes.

Rambo déclencha une vive polémique, les critiques estimant que Stallone faisait l’apologie de la violence. D’autres écrivirent que l’acteur ne faisait que revivre un fantasme douteux, une période noire de l’Amérique, que la guerre du Vietnam n’avait rien de glorieux et que l’Amérique avait été punie par une défaite méritée. Bien entendu, l’acteur pense le contraire et, pour la première fois, prend les armes contre Hollywood en donnant la version de l’homme de la rue, de l’Américain du middle West, celui qui entend honorer sa patrie en saluant le drapeau chaque matin. Il devient logique que l’intelligentsia rejette ce spectacle barbare, où la raison du plus fort prime.

Si on fait abstraction de l’idéologie du film (mais est-ce possible ?) , Rambo reste un excellent film d’action à l’ancienne (comprendre sans CGI) avec son lot de scènes cultes, dont la traque des hommes du shérif par un John Rambo redevenu la machine à tuer qu’il fut au Vietnam. La pyrotechnie aidant, Stallone transforme une ville bien trop tranquille en une annexe de son enfer personnel !! Ted  Kodtcheff (Retour vers l’enfer, The shooter) filme de manière assez simple et son montage reste celui du début des années 80, carré et efficace. Cependant, cette relative simplicité permet une lisibilité exceptionnelle de l’histoire et correspond tout à fait à l’idéologie du personnage : faire les choses du mieux possibles, y compris les moins reluisantes, sans se poser de questions.

25 ans après sa sortie, le film a bien vieilli. Il reste d’actualité. Stallone est toujours Républicain (il a choisi de soutenir sans ambiguïté John McCain) et a fait revivre son personnage fétiche pour un 4e épisode encore plus barbare.
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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 11:12
p9341.jpgLe Pitch : Marty, jeune ado typique des 80’s se voit propulser dans les années 50 dans une machine à voyager dans le temps inventé par son ami Doc. Mais ce faisant, il va modifier le passé, empêchant ses parents de se rencontrer donc de se marier. Il devra alors amener ses parents à s’aimer pour qu’il puisse exister et trouver le moyen de repartir dans son époque.

Retour vers le Futur marque le véritable début de la carrière de Robert Zemeckis. Pourtant, ce n’est pas son premier film, ni même son premier succès. À la poursuite du Diamant vert fut son premier triomphe US (76,5 millions en 1984). Ses deux premiers films, Used Car et I wanna hold your hand , respectivement sortis en 1978 et 1980 n’avaient pas connu le même succès.

 Ces deux derniers films ne sont d’ailleurs pas sortis en France et pour info, seul Contact, chez nous,   n’a pas atteint le million d’entrées.

Retour vers le Futur est donc son 4e film et, à ce jour son 3e plus gros score aux USA (après Forrest Gump et Seul au monde).

Pourquoi ce film, à priori sans grande ambition, a-t-il pu connaître un tel succès et s’imposer comme le premier épisode d’une des trilogies les plus célèbres du cinéma ?

Parce que Retour vers le Futur est un formidable divertissement !! Et une réflexion poussée sur ce qu’entraînent nos actes, y compris les plus bénins.

Doté d’un budget fort modeste de 19 millions de dollars, Zemeckis décide de rendre hommage aux années 50, celle de sa jeunesse. Dans ce dessein, va se faire télescoper les années 80 et les fifties, la décennie où est né le Rock’n’roll, où le Vietnam n’avait pas encore perturbé l’Amérique et où John Kennedy n’avait pas encore été assassiné. Bref, des années où le pays de Zemeckis était encore sous le coup de sa victoire contre la barbarie nazie et demeurait un havre dans un monde en déroute.

Le voyage dans le temps, cette utopie qui a nourri tant de fiction n’a pas trouvé tellement d’écho au cinéma. On peut certes citer Quelque part dans le temps, de Jeannot Swarc ou le sublime La machine à explorer le temps d’après HG Wells, sans oublier C’était Demain où, justement, Wells coursait Jack l’Eventreur jusqu’à notre époque. On peut également parler d’un téléfilm avec Thierry Lhermitte (si mes souvenirs sont bons), Le Voyageur Imprudent. Enfin, on n’oubliera pas de sitôt la parabole temporelle de La planète des Singes et son atroce révélation finale.
retourverslefutur-7276301604.jpg
Mais Retour vers le futur a vraiment réussi à pousser jusqu’au bout ce concept délirant.

En fait, Retour vers le futur est plus une réflexion sur l’évènement que sur le voyage en lui-même. Si Zemeckis s’autorise quelques réflexions scientifiques sur le voyage via les dialogues de Christopher Lyod, génial en savant déjanté (le convecteur temporel, la voiture qui doit aller à 90 miles à l’heure…), son propos est bien évidemment de plonger un ado (Michael J.Fox dans son rôle le plus abouti) bien superficiel et vénal dans un univers nostalgique et lui faire perdre quelques illusions.

Mais Zemeckis n’est jamais méchant avec ses personnages et ce qui l’intéresse c’est de montrer qu’un rien suffit à changer un destin. C’est le coup de poing de Georges à Biff qui va en faire un écrivain célèbre et non le raté humilié du début du film. La vie de toute sa famille va alors s’en trouver changer et Marty, par ses actes, aura permis à son père de se réaliser totalement.

Certes, le film joue sur les anachronismes (Marty jouant du rock devant une foule déchaînée, Marty commandant un Pepsi régime..) mais finalement, le jeune homme n’est pas si dépaysé que cela en 1955. Il comprend vite les avantages qu’il peut en tirer même s’il rêve de retourner chez lui. Zemeckis préfère montrer un univers clinquant et joyeux, un fantasme des 50’s et éluder la réalité. Pourquoi ? Parce qu’on a toujours la nostalgie de sa jeunesse et qu’on a tendance à l’enjoliver. Le réalisateur ne fait que céder à ce travers bien humain.

D’ailleurs, il ira encore plus loin dans ses suites, fantasmant sur un futur totalement délirant et imaginant un western de légende. Tout comme il revisitera l’histoire américaine avec Forrest Gump, il va simplement mettre à l’écran sa vision de l’Amérique, avec son pendant négatif, le monde alternatif de 85 dans Retour vers le Futur II.

Cette nostalgie, il la fera de nouveau vivre dans Rogger Rabbit, se tournant cette fois vers l’âge d’or de l’animation quand Tex Avery et Chuck Jones régnaient en maître.

Mais en ce qui nous concerne, les 50’s sont le théâtre d’un affrontement joyeux entre ceux qui pensent (Doc, Marty, Georges) et ceux qui ne pensent pas (Biff). Cet affrontement se poursuivra dans les autres films. Zemeckis croit à la primauté de l’intellect sur le muscle mais, paradoxalement, c’est un acte violent (le coup de poing de Georges) qui changera l’histoire.

Il ne reste plus au film que de conclure vers un happy end somme toute logique , happy end qui , au-delà des péripéties serialesques (et dont la scène avec Doc sur l’Horloge s’inspire du chef d’œuvre d’Harold Loyd, Monte là-dessus) a nettement moins d’intérêt que le reste du film puisque l’on sait que Marty va revenir chez lui.
Si Retour vers le Futur a tant marqué c’est parce qu’il offrait à chacun d’entre nous le rêve de revenir à un carrefour-clé de sa vie, de modifier une décision qui nous a fait du mal. Zemeckis se sert de sa nostalgie pour faire fonctionner la nôtre. En cela, le film n’est pas tant une comédie d’action dopée aux effets visuels, il nous invite à réfléchir à la pertinence de nos actes, surtout de nos erreurs.

Les deux suites, supérieures dans leur écriture à ce film originel, pousseront encore plus loin cette réflexion.

Cerise sur le gâteau : le coffrer des 3 films + un disque de bonus inédits est disponible en ce moment pour 19,99€ !! Avouez que le voyage dans le temps est à la portée de tous !!
 

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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 08:54
loupgaroudelondresaff.jpgLe Loup Garou de Londres fut l’un des grands chocs de 1980. Non pas parce que le film de John Landis soit le film de loup garous le plus terrifiant au monde (Hurlement est nettement plus flippant et respectueux de la tradition) mais parce que, fait unique dans l’histoire de la terreur, Landis a parfaitement su conjuguer horreur pure, comédie burlesque et plans d’anthologie, lançant au passage la carrière d’un génie du maquillage, Rick Baker.

Dans les suppléments du très bon DVD édité par Universal il y a 5 ans, Landis explique qu’il a eu cette idée alors qu’il tournait un film en tant que cascadeur en Yougoslavie en 1969. Il se retrouva sur une route interminable avec un autre type et, arrivé à un carrefour, ils rencontrèrent des gitans qui enterraient l’un des leurs à la verticale !! Cette image le marqua tellement qu’il en imagina deux jeunes touristes rencontrant dans un paysage désolé une bien étrange communauté. De fil en aiguille, le lycanthrope se greffa dessus et Landis décida de rendre à la fois hommage au mythe mais aussi de s’en moquer. Mais il se passa plus de 10 ans pour que le film ne devienne réalité. Entre temps, il réalise Shlocker où il rencontra un jeune maquilleur, Rick Baker et à qui il confia son idée d’une transformation lycanthropique sans plan de coupe.

Le Loup Garou de Londres (qui faillit se tourner à Paris pour des raisons financières) déconcerta le public (était-ce de l’horreur ? une comédie ?) mais devient immédiatement culte. John Landis offrait un script linéaire, où les personnages vont de a à b mais suffisamment emplis de rebondissements pour ne jamais lasser. Les 10 premières minutes se passant sur la lande anglaise sont un hommage certains aux vieux films Universal : le brouillard, la nuit sous la lune, la lande, les villageois peu sympathiques… Puis sans crier gare, la première attaque du loup fait l’effet d’un électrochoc. Brutale et sans fioriture, la scène montre Jack, le comparse du héros se faire mettre en pièce par la bête. David est à son tour mordu puis est sauvé par les villageois qui abattent …. Un homme !!

Fin du premier acte.

Le deuxième acte est celui qui est, quelque part, le plus frustrant. Il s’étend du réveil de David à l’hôpital jusqu’à sa première transformation. Pour faire monter la pression, Landis parsème son récit de quelques scènes chocs tout en exorcisant sa haine du nazisme via une série de cauchemars. Ainsi, David voit des créatures mi-monstres, mi-SS massacrer sa famille et détruire tous les symboles du judaïsme dans sa maison.

Mais cette partie sert également à faire évoluer la relation de David avec une jeune infirmière qui progressivement va s’éprendre de lui au point que les deux personnages vont devenir amants.

Enfin, Landis réintroduit le personnage de Jack, devenu un mort vivant qui tente d’avertir David du sort qui l’attend.

Ce mix où la partie comédie est réduite à la portion congrue est certes réussie mais, dans la mesure où le spectateur veut voir du Loup Garou, elle en devient vite frustrante même si elle est totalement indispensable. Landis se distinguait alors de la vague des psychokillers qui allait envahir les écrans et dont la psychologie était totalement évacuée.

Arrive enfin le moment tellement attendu, la première transformation. Magistralement orchestrée par Rick Backer, cette transformation fit date dans l’histoire du cinéma par sa brutalité, son ton cru, son éclairage minimaliste et son inventivité grandissante. Ainsi, David souffre, brûle intérieurement et voit son corps se déformer. Landis explique avoir voulu rendre, en accéléré, les affres de la puberté. Il est vrai que le corps de David se couvre de poils, que sa voie mue et qu’il acquiert une force que l’on pourrait qualifier de sauvage. Le DVD revient d’ailleurs sur cette transformation qui éclipse quelque peu (et c’est dommage) le reste du métrage.
loupgardelond04.jpg
La 3e partie glisse logiquement dans un film de monstre plus classique avec son lot de meurtre (souvent hors champs d’ailleurs), la découverte de la vérité par l’amie de David ainsi que son médecin (hommage de nouveau aux classiques de la Hammer et de Universal lors d’une enquête policière rondement menée) et un final aussi sanglant que brutal. Landis conclut d’ailleurs son film sur un emprunt à King Kong. C’est par l’amour de la belle que la bête sera piégée et tuée.

Mais surprise, l’humour revient en force. David se retrouve nu et vole des ballons à un gamin pour cacher sa nudité. À ce moment aussi, on retrouve un thème très freudien sur la puberté : le rêve où l’on est nu en public. Plus drôle encore, les décompositions de Jack, de plus en plus laid (au point que dans la scène du cinéma, c’est un mannequin mécanique qui joue son rôle) et les réactions de ses victimes mortes, certaines prenant avec un certain humour leur nouvelle condition de mort vivant.

En mélangeant horreur et comédie un peu grasse, Landis a sans doute réussi l’un des meilleurs films d’horreur de l’histoire du cinéma. Classique parmi les classiques, il reste également l’œuvre d’un cinéaste qui toucha la grâce durant un instant et deux films, l’autre étant évidemment The Blues Brother.

Notez que Le loup garou de Londres existe en DVD, un vrai collector avec un making of d’époque, un bêtisier hilarant (mais muet) où une scène délirante voit le décor s’écrouler autour de Landis et une partouze apparaître derrière lui, des entretiens avec Landis, Baker, de passionnants commentaires audio et un zoom sur la technique utilisée durant la transformation. Un seul disque donc mais une mine d'informations !!

Replongez vous donc dans ce vrai classique de l'épouvante.
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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 19:10
exodus.jpgPour ce nouveau grand classique, je me tourne vers la naissance d'Israël , pays cher à mon coeur...

Exodus , tourné en 1960 par Otto Preminger avec Paul Newman et Eva Marie Saint, est dans la lignée des films didactiques qui entendent , au delà de leurs images, donner un point de vue et informer le public.

Ecrit par Dalton Trumbo qui, ironiquement fut mis à l'index par Hollywood en raison de ses liens avec le PC, Exodus raconte rien de moins que la naissance d'Israël mais sans soucis de spectaculaire ou de manichéisme. A l'heure où un film comme 300 entend reveiller les conscience et l'occident sur le danger iranien, il est bon de voir que ce type de film engagé a une longue histoire derrière lui.

Exodus commence commence à Chypre en 1947. La guerre est finie mais les juifs sont toujours considérés comme un problème par les autorités anglaises. Par milliers, ils entendent désormais se rendre en Palestine afin d'y obtenir leur terre, celle de leur ancêtre afin que l'horreur de la Shoah ne se reproduise pas. Une jeune veuve, Kitty,  va découvrir les camps de transit où sont gardés ceux qui veulent tenter leur chance pour aller en Palestine. Elle va y rencontrer une jeune juive, Karen , qui a  été protégé par des Danois durant la guerre et Ari ben Canaan, un officier de la Haghana. Emue par les conditions de vie dans le camp , elle va vouloir adopter Karen pour l'emmener en Amérique.

Mais Karen fait partie des 850 personnes qu'Ari va embarquer sur l'Exodus, un vieux cargo et avec qui il va entamer un long combat pacifique pour obtenir le droit de se rendre en Palestine. Kitty  va alors suivre le combat de l'Exodus, le rejoindre et finalement aller en Palestine. Là bas, elle va y découvrir les villages de peuplement, le combat de la Haghana mais aussi le terrorisme de certains extrémistes juifs et les liens d'amitié entre Ari et les arabes qui vivent également en Palestine.

Exodus , que l'on peut désormais trouver en DVD chez MGM (à 12€99 !!) dans une assez bonne copie, est à la fois un film magnifique (le discours final d'Ari qui jure sur la tombe de son ami arabe qu'il vient d'enterrer à côté d'une jeune juive assassinée par les hommes du grand Mufti que un jour arabes et juifs vivront en paix dans ce pays) et un film explicatif. On suit donc l'odyssée de l'Exodus , sa lutte avec les britanniques, l'arrivée en Palestine et le destin de deux jeunes immigrants qui vont suivre des chemins différents : l'un rejoindra une organisation juive qui lutte contre les britanniques par la violence, l'autre rejoindra un village de colons qui vit en bonne harmonie avec ses voisins arabes.
exodus-2.JPG.jpg
Le film ne passe rien sous silence : ainsi les terroristes qui vont sauter l'hotel où est installé le "pouvoir" britannique sont montrés avec leur contradiction. Otto Preminger n'hésite pas non plus à montrer que derrière le grand Mufti se cachent des ex-nazis. Enfin, il ne cache rien du dilemne des arabes de Palestine, symbolisés par l'ami d'enfance de Canaan et qui sera victime de la folie de extrémistes arabes. S'il est clair qu'Exodus est un film pro-sioniste (il insiste sur les bienfaits de la mise en culture du désert par les juifs), ce n'est pas un vulgaire film de propagande. Rien à voir avec les navets sans nom mettant , par exemple, en scène ces horribles protocoles de Sion.

Durant ces 3h30 (certains passages seront en VOST sur le DVD) , toute la naissance de la jeune nation est passée en revue, du vote de l'ONU aux premières violences. Mais jamais sans scènes spectaculaires ou grandioses. Ne vous attendez pas à des milliers de figurants ou des scènes de guerres sans pitié, mais à une reflexion poussée sur la naissance d'un état. Paul Newman y tient l'un de ses plus grands rôles et imprime tout le film de son charisme magnétique.

Exodus est un film sincère, honnête, porteur d'un discours de tolérance. Un vrai chef d'oeuvre comme, hélas , on n'en voit guère .
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 03:10
madmax.jpgDes routes à perte de vue. Des flics tout de cuir noir vêtus. Un monde gangrené par la violence. Et un jeune acteur inconnu, un certain Mel Gibson. 350 000 $ de budget. 100 millions de recettes mondiales.

Nous sommes en 1979. Le monde va bientôt être sous le choc : Mad Max quitte l'Australie !! Il obtient le grand prix du Festival de Paris. Le Festival d'Avoriaz lui offre le prix spécial du Jury. Mais il faudra encore deux ans pour que Max puisse rouler dans les salles françaises, et encore, au prix de quelques coupes. L'arrivée de la gauche au pouvoir va permettre une certaine liberté dans le cinéma et des films comme Massacre à la tronçonneuse ou Zombie en profiteront aussi.

Rarement un film n'aura influencé son époque. Sans Mad Max, pas de cinéma à l'arraché style Cameron. Sans Mad Max aurions vu tous ces futurs apocalyptiques menés par des anti-héros ? Snake Plisken ou le Mariner de Waterworld sont les enfants de Max : des misanthropes forcés à l'héroïsme pour déjà sauver leur peau puis , éventuellement celle des autres. Le cyberpunk ? Il doit tout à Max.

Dans ce premier épisode, Max n'a pas encore l'aura du 2e film. Mais il en reste plus humain : flic modèle, bon père de famille et mari aimant, fidèle en amitié, ce n'est que lorsque son monde s'écroule qu'il va se transformer en justicier , bafouant les propres lois de la police et celle de la morale. Il perd déjà sa confiance en la justice de son pays quand des avocats relachent l'agresseur d'un jeune couple. Puis sa frustration éclate au grand jour quand son meilleur ami est sauvagement brûlé par des motards. Enfin, sa colère se transforme en rage quand une bande de fous furieux s'en prend à sa femme et à son fils. Max devient alors une machine à tuer impitoyable, un Dirty Harry du futur.

Mais au final, Max ne trouve pas la paix. Le dernier plan du film le montre dans sa voiture, blessé , vengé peut être mais seul. La vision d'une route vide qui défile devant lui montre l'échec de sa vie. Max a peut être envoyé ses tortionnaires rouler en enfer mais lui se trouve désormais sans but précis. Sa vie n'a plus de sens, tout comme le monde qui s'écroule autour de lui.

Violent , Mad Max l'est assurément !! Mais en aucun cas la violence n'est gratuite , comme dans un vulgaire Saw. Georges Miller assume totalement son propos. La violence ne vient pas de la police mais des bandes motorisées qui font régner la terreur sur la route. On peut même avancer que Mad Max est un film très moral : les bons et les méchants y sont clairement identifiés. En fait, Miller a réalisé un western, substituant les véhicules aux chevaux.

La violence vient surtout d'une impression. On ne voit pas vraiment les brulures au 10e degré du policier, on devine au loin la silhouette fracassée de la femme de Max et de son fils. Les meurtres ont lieu hors champs. Cameron s'en rappellera quand il tournera Terminator, se servant de la rapidité du montage pour faire passer de manière subliminale les meurtres en séries commis par Schwarzenneger !!

A l'inverse, Miller met tout son art dans des cascades totalement inédites : caravane traversée par une voiture, collision frontale entre une moto et un camion à plus de 100 km/h (on se demande d'ailleurs comment survit le cascadeur !!), course poursuite où nous avons le point de vue des conducteurs... Filmé avec soin, dans un cadre composé de manière lisible, Mad Max ne se contente pas que de tôle froissée mais évoque un ballet organique mortelle où les véhicules se jaugent, se poursuivent, se détruisent... Le récent Transformers ne montre pas autre chose.

Quand il parlait de ce film, Miller disait "Avec mon premier Mad Max , j'avais l'impression de tenir un énorme chien en laisse" . Il est vrai que ce film souffre de quelques défauts, dont le faux calme au milieu du métrage quand Max part en vacances avec sa famille. On peut être aussi étonné de certaines plaisanteries homophobes , concernant un couple de motards outrageusement gays !! Mais on n'oubliera pas qu'en 1979, les "folles" étaient légions à l'écran et s'en moquer faisait partie d'un vocabulaire scénaristique classique.

Profitant des paysages grandioses de l'Australie, Miller ne fait cependant pas un film "à la maison". Ces routes, elles peuvent être n'importe où. En Amérique, en Europe, dans l'hémisphère sud !! L'époque n'est pas précisée, la nation non plus. Le flou est laissé un peu partout, y compris dans le début du film. Ce n'est qu'au bout d'un quart d'heure que l'on sait qui est cet "aigle de la route" . Démarrant directement son film par le milieu, Miller ne fait que reprendre la leçon de Lucas, qui lui même s'inspirait des sérials. Le cinéma n'est qu'un éternel recommencement.

Mais la plus grande contribution de Mad Max fut d'avoir imposé Mel Gibson au rang de star mondial. Controversé, Gibson l'est assurément, surtout depuis son imposante Passion du Christ. Mais le personnage de Max est le prototype de ce que seront les autres héros gibsonniens : il souffre, il ne se pose pas de question, il agit. Martin Riggs ne fera pas autrement dans L'arme fatale. En endossant la tenue de cuir, Gibson entre dans le panthéon du cinéma mondial. Il y est toujours.
mad-max-1.jpg
Ce coup de maître sera suivi par deux suites. Mad Max 2 le défi reste le chouchou du public où Miller réinvente son personnage, et le transforme en Homme sans nom. Le nouveau succès mondial du film, mérité également, installe Gibson au rang de mythe. Enthousiasme général pour une séquelle réussie, voire supérieure à son modèle. A l'inverse, si Max Max 3 au delà du dôme du tonnerre remporte un plus gros succès aux USA (36 millions contre 23), je le trouve, pour ma part, bien plus faible : après une première partie intéressante (malgré l'horrible coupe de cheveux de Tina Turner), le film se perd dans une suite de scènes bavardes où Max, recueilli par une bande de gamins se transforme en une sorte de messie. Mais cet opus 3 a été tellement pillé (la ville de Baretown est largement l'atoll de Waterworld avant la lettre) qu'il a tout de même influencé le cinéma d'anticipation de manière tout aussi puissante.

Quand à Miller, le récent triomphe de Happy Feet ne fera jamais oublié qu'il a ouvert toute entière les portes de l'enfer futuriste. Qu'il en soit remercié.

Mad Max existe en DVD dans une édition minimaliste !! (VO australienne et VF ) . Peut être aurons nous droit à une édition spéciale digne de ce nom en 2009, pour le 30e anniversaire du film.
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 22:53
grandevasion.jpgChose promise, chose due !! SOI -Le blog accueille une nouvelle catégorie, Grands classiques, conçue afin de réveiller le cinéphile qui est en vous (en nous) en analysant ces merveilleux films qui bercèrent nos enfances ou qui marquèrent le cinéma.

Si je commence par La grande évasion , c'est parce que ce film est non seulement un superbe film de guerre mais il est la preuve vivante que le cinoche américain fut (et reste) un spectacle vivant, plus grand que la vie et offrant à ses spectateurs la vision d'un monde, certes idéalisé, mais dont les étoiles se devaient être aussi nombreuses dans un long métrage que celles peuplant le ciel.

Steve McQueen , Richard Attenbourough, James Cardner, Charles Bronson , Donald Pleasance ne sont pas seulement des icones du cinéma, des légendes vivantes. Ce sont (étaient, hélas, pour certains) également de sacrés acteurs dont la seule présence à l'écran est , sinon un gage de qualité, du moins l'assurance d'avoir quelque chose à voir. Même le plus mauvais des Justiciers dans la ville est sauvé par  Bronson. Quand à McQueen, il suffit de dire "7 mercenaires", "Canonnière du Yang Tsé","Bullit","Thomas Crown"... pour se rendre compte que bien avant Willis ou Schwarzy, il était là !! Le héros américain classique, bagareur et tête brulée, gouailleur et sympathiquen, bref le ricain tel qu'on aime l'idolatrer.

Revenons à La Grande Evasion. Sorti en 1963 , le film de John Sturge s'inscrit dans cette lignée de films  américains à grand spectacle sur la seconde guerre mondiale. Mais  en s'intéressant à une histoire à priori dépourvue d'aspect spectaculaire !! A priori car l'absence de combat à grande échelle  , de débarquement , de batailles de chars, ect... permet de tisser un extraordinaire canevas de rapport humain, de plonger dans les pensées des prisonniers de guerre et de montrer comment ces soldats, même privés de liberté, vont s'organiser pour défier l'ennemi avec leurs moyens.

Avec une précision toute militaire (!!), les prisonniers vont mettre au point un plan d'évasion diabolique, ne lésinant pas sur les détails : faux papiers, costumes civils, plans, apprentissage de l'allemand... Le scénario de James Clavel et W.R. Burnett suit ces préparations avec minutie, offrant à la fois de nombreuses scènes cocasses (les démélés de Mc Queen, la préparation du 4 juillet..) et des moments bien plus graves (le faussaire qui voit sa vue baisser, la découverte d'un des tunnels, la mort de Yves, l'officier écossais). Rien n'est laissé au hasard,y compris dans la description des autorités allemandes. Ici, peu de charges anti-nazies du fait que le vrai camp fut sous la responsabilité de la Lutwafe. Les soldats allemands font leur travail de gardien mais ce ne sont pas des brutes . Le commandant étale devant les SS son peu de respect du Furher , et le soldat allemand que pigeonne le chapardeur est un brave homme , sans doute dépassé par la guerre et la propagande (scène intéressante quand il explique à un officier américain que les Anglais ont brûlé Washington en 1812).

evasionmoto3.jpg
En faisant la part entre les Allemands et les nazis , le scénario évite le manichéisme et montre que dans toute guerre, le respect de l'adversaire existe, y compris durant 39-45. Le meurtre par les SS d'une partie des prisonniers permet cependant de bien montrer les méthodes barbares des nazis.

La 2e partie du film se focalise sur l'évasion proprement dite et le scénario suit les différents protagonistes. Et même si l'on sait que très peu en réchapperont , même si on sait que McQueen ne passera jamais la frontière , on tremble , on se passionne, on espère. Voilà la force des grands films, on les suit même si on connaît la fin. On retrouve aussi les thèmes chers au cinéma américain : la volonté d'y arriver coûte que coûte, le dépassement de soi, le sacrifice, l'entraide... Elle est encore loin la mode où les films de guerre ne montreront que des héros désabusés. Ici, on reste encore dans l'euphorie d'une Amérique triomphante , qui n'a pas encore connu le Viet-Nam...

Production américaine oblige, les grands moyens sont de rigueur. Figurants par centaines, reconstitution minutieuse, décors impressionnants , technique irréprochable... La grande évasion est non seulement un classique du film de guerre mais un chef d'oeuvre tout court magnifié par la musique inoubliable d'Elmer Bernstein.


Rediffusé régulièrement à la télévision, on peut le trouver dans deux éditions DVD. Une édition simple en 4/3, avec un making of (en VO !!) et une image pas formidable (mais qui supporte la rétroprojection) que l'on peut trouver à 9,99€ et une édition plus récent, 2 disques, nettement meilleure.

Vous savez ce qui vous reste à faire si vous ne connaissez pas ce classique absolu.


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Présentation

  • : Salla Obscursium Invocat
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  • Dave
  • Enseignant, fan de cinéma et de métal, chanteur dans différents groupe de métal, collectionneur de tout ce qui touche à Star Wars... what else ?
  • Enseignant, fan de cinéma et de métal, chanteur dans différents groupe de métal, collectionneur de tout ce qui touche à Star Wars... what else ?

La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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