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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 07:10
p12685.jpgJe n'ai pas pu le voir en salle. Je l'ai découvert en vidéo. Je n'ai point été déçu. Retour sur une fin de trilogie réussie.

Le pitch : Ethan Hunt toujours accro à l’adrénaline se voit confronté à un adversaire de taille. Celui ci ne semble être qu’un minable trafiquant d’armes mais quand il s’attaque à l’épouse de Hunt, ce dernier va s’apercevoir qu’il a très largement sous-estimé cet homme.

Les Mission : Impossible se suivent et ne se ressemblent pas. Après une relecture du mythe par un De Palma adepte de la manipulation et un pur film d’action visuel signé John Woo, JJ Abrams a relevé le défi de clôturer (provisoirement) une des séries d’actions les plus réussis de ces dernières années.

Non seulement, il s’en sort avec brio mais, sur bien des plans, il surpasse ses prédécesseurs.

La force de Tom Cruise c’est son charisme formidable. Même si il met ce talent rare au service de causes parfois douteuses (je pense à la scientologie), on ne peut en aucun cas lui ôter cela. Il illumine le film de sa présence et dans chaque scène où il apparaît, il attire forcément la lumière. Abrams l’a compris et le filme comme une icône moderne.

Désirant revenir au travail en équipe du premier épisode, les scénaristes ont donc inclus plusieurs grandes scènes d’action où Hunt n’est que la partie la plus visible d’une solide préparation. Il prend les risques, mais doit compter sur les autres. De même, cet opus se propose de pénétrer plus profondément dans les coulisses de l’IMF en dévoilant sa hiérarchie, ses bureaux, etc… Sur cet aspect, le film renvoie quelque peu à True Lies et aux scènes avec Charlon Heston. De même, la volonté de l’équipe de Hunt de travailler hors cadre de ses missions rajoute également un élément de suspens, d’autant que , comme dans le 1er film, son leader va se trouver dans la position du traître.

Alors certes, les missions peuvent être tirées par les cheveux mais l’éclatement du travail par les différents membres de l’équipe en fait presque un film choral, même si au final, cette équipe est forcément au service de Hunt. Après tout, c’est bien le nom de Cruise qui est en gros sur les affiches. C’est donc lui qui se déguise, qui occupe le devant de la scène, lui qui prend les plus gros risques.

Abrams en profite aussi pour ne pas tout montrer. Témoin cette scène où Hunt dit « J’ai la patte de lapin ». Comment ? On ne le saura pas, c’est au spectateur de l’imaginer. On sait juste qu’il a investi un immeuble chinois. Pour le reste, prière de faire appel à ses souvenirs des autres infiltrations. Cela me rappelle un récent Cloverfield !!

L’autre idée d’Abrams est d’humaniser le personnage  d’Hunt en lui créant une faille, c’est-à-dire son mariage. Le réalisateur ose une scène dingue dans un film d’action : Cruise suppliant son ennemi de ne pas faire de mal à son épouse. Un culot immense d’autant que cette scène ouvre le film !! On voit donc le héros, le Mâle, pleurnicher, s’énerver, ne pas savoir quoi faire. Hunt rate d’ailleurs quasiment tout : il perd l’une des ses plus jeunes recrues, ne parvient pas à obtenir les renseignements voulus, laisse échapper son prisonnier, se trompe sur l’identité de celui qui le trahit..

Enfin, il montre un visage plutôt sombre, presque prêt à torturer son ennemi pour obtenir des renseignements. On n’a plus affaire au personnage quasi invulnérable et infaillibles des deux premiers épisodes.

MI III est donc plus qu’un festival de cascades même si celles-ci sont souvent démentielles, comme l’assaut sur le pont des Keys (qui renvoie à celui de True Lies mais en l’amplifiant) ou le sauvetage de l’agent IMF à Berlin. Logique aussi, le spectateur paie son billet pour voir aussi des hélicoptères voler entre des éoliennes.

Mais le trait de génie du film est d’avoir confié le rôle du méchant à un type quelconque, grassouillet, le genre de gars dont on moque par-derrière tellement on le trouve bébête. MI III n’oublie pas qu’un vrai méchant doit être à la hauteur du héros, mais qu’il peut être son antithèse. Philip Seymour Hoffman n’est pas un athlète, ni un bellâtre et surtout pas un sex-symbol. Mais il est aussi froid et calculateur que Cruise peut être tête brûlée.

Symboliquement, il finira de manière pitoyable, les scénaristes lui refusant une belle mort de méchant.

MI III est sans doute le film le plus réussi de la série : il possède l’épaisseur psychologique du 1er et le côté visuel du 2e. Dommage donc que le public ait voulu punir le scientologue et se soit donc privé de ce formidable spectacle.
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 09:08
p14834.jpgPrès de 20 ans après avoir raccroché ses gants, Rocky Balboa a ouvert un restaurant. Il vit dans le souvenir de sa femme, décédée depuis 3 ans, dans la nostalgie de ses combats et dans l’espérance de la reconnaissance de son fils. Mais quand une émission de télé montre un combat virtuel où il bat le champion du monde du moment, il se prend à espérer un retour.

Rocky, c’est Stallone. Tout le parallèle autobiographique a déjà été écrit lors des précédents épisodes. Mais en faisant revivre son personnage clé plus de 16 ans après Rocky V, l’acteur poursuit son identification et la mise en scène de sa propre histoire.

Rocky Balboa, c’est l’histoire d’un homme qui vit dans le passé mais qui rêve de gloire présente. C’est l’histoire d’un acteur qui a été au firmament et qui rêve de revenir sur le devant de la scène. C’est l’histoire de Sylvester Stallone, sans doute l’un des hommes les plus attachants de notre époque, un homme qui a tout fait, qui a tout gagné et tout perdu plusieurs fois, mais qui, chose rare, a toujours assumé ses erreurs.

Alors oui, durant une heure, le film avance à la vitesse d’une puce. Rien à voir avec la frénésie d’un Ali. Stallone filme à l’ancienne : de longs plans, des dialogues champs-contre champs, des cadrages où les personnages se déplacent avec lenteur… Le réalisateur met son monde en place sans se presser. Il sait qu’il se rattrapera dans la deuxième partie. Mais cette première heure n’est pas « longue » en soi. Tout comme Costner mettait un temps fou pour installer ses personnages dans Open Range , il sait que cette exposition ne pourra que mieux servir le film lors de l’affrontement final. Et les scènes coupées du DVD confirment que Stallone avait filmé encore plus de passages sur cette première heure.

Ironiquement, Rocky Balboa est un quasi-remake du premier film. Là aussi, un champion cherche un vrai challenge. Là aussi, Rocky va devoir se surpasser pour effacer son statut de second rôle. Là aussi, le combat va se terminer aux points. Là aussi, Rocky va finir dans la douleur mais regagner l’estime de tous. Stallone n’est jamais aussi bon que dans l’adversité. On l’aime quand, plus bas que terre, il se relève. Et personne ne comprend mieux Stalonne que Sylvester !! C’est pour cela, qu’il tient désormais à signer ses films. En cas d’échec, il ne s’en prendra qu’à lui-même !!

Bien sûr, une certaine candeur (je n’ose écrire le mot naïf) se dégage de ce métrage : Rocky est un homme pur. S’il aide une jeune femme, c’est parce qu’il aime aider son prochain, pas pour la mettre dans son lit. C’est un boxeur intègre, il se refuse à toute magouille. C’est un battant qui ira au bout de sa passion, quitte à mettre sa vie en danger. Il veut prouver à sa famille (son fils, son beau-frère), à ses amis et au pays entiers qu’on l’a enterré trop tôt. Et qu’il peut encore servir. L’acteur a voulu finir sur une note positive la saga qu’il a entamé en 1976 et faire la paix avec lui même en tant que Rocky.

Son propos rejoint alors celui de Rambo : ne nous condamnez pas, nous ne sommes pas encore bon pour la casse. Il adresse aussi un message à la jeune génération : à combattre sans péril, on vainc sans gloire. Le jeune boxeur noir a beau être riche, célèbre , invaincu , il lui manque une chose , une chose que Balboa a : le respect !!

Dans les années 80, Stallone incarnait l’Amérique triomphante, celle qui luttait contre « L’empire du mal ». On lui a suffisamment reproché à l’époque. Dans ces années 2000, Stallone, c’est toujours l’Amérique qui refuse de s’avouer vaincue. Il n’a pas changé au fond.

Le combat de boxe occupe la dernière partie du film. Là aussi, il refuse les artifices et filme presque comme un documentaire cet affrontement titanesque. Michael Mahn avait choisi une approche plus moderne, plus visuelle. Chez Stallone, les coups doivent faire mal, le spectateur doit les ressentir. Et c’est là que l’on se rend compte le talent de cet homme a été gâché. Stallone est aussi bon réalisateur qu’acteur. Il rejoint le club très fermé des Eastwood ou des Costner, des acteurs qui ont transcendé leur art et qui en remontent à plus d’un à Hollywood.

En choisissant un véritable boxeur pour interpréter son adversaire, en misant tout sur le réalisme (le bruit des coups n’est pas exagéré) et en filmant en haute définition, pour avoir un rendu maximal, Stallone entend montrer le film de boxe ultime, celui qu’on ne pourra pas dépasser. Et il est vrai qu’à part un vrai combat , on ne voit pas qui pourra lui ravir le titre.

Rocky Balboa est une formidable opportunité de découvrir l’autre personnage de Stallone, celui qui il y a plus de 30 ans lui a offert l’Oscar du meilleur film !! Les nostalgiques de la saga ne seront pas déçus non plus.
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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 06:25
p6390.jpgLe pitch : l'histoire d'un robot qui, sur 200 ans, va progressivement devenir un être humain
(cette chronique fut publié dans l'ancien Soi)

Curieusement , l'immense Isaac Asimov n'a quasiment jamais été adapté au cinéma (Comme la plupart des grands écrivains de Sf , à l'exception de Philip K.Dick). Pourtant la SF d'Asimov n'est pas des plus spectaculaires : ce n'est pas du space opéra , ni du cyberpunk , ni les délires schizophréniques de Dick. Elle ne nécessite pas de gros budget mais adapter Asimov relève d'une gageure puisque ces romans sont tout sauf spectaculaire. Or , le public aime le spectacle. JJ Annaud lui même a tenté pendant plusieurs années d'adapter Fondation, oeuvre phare d'Asimov. C'est à cet écueil que s'est attaqué Chris Colombus, reprenant un projet qui traînait dans un tiroir depuis des années. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que, contrairement à ce qui a été claironné, le cinéaste a respecté Asimov, chose suffisamment rare pour être souligné. Mais cette fidélité n'a pas été récompensé, loin de là. Certes le film n'est pas exempt de défauts (son coté sentimentale sent parfois la collection Harlequin) mais le rejet dont il a fait preuve en dit long sur l'hypocrisie d'une grande partie de la critique. Les foules n'ont pas non plus été au rendez vous et si le film sauve la face aux USA (à peu près 58 millions de dollars de recette), en France son exploitation s'est soldée par un échec sans appel puisque seul 82 000 personnes ont été le voir en première semaine. Je suis fier d'en faire parti.

Alors que les tentatives d'intelligence dans le cinéma de genre sont de plus en plus rares , Colombus a eut le cran d'adapter Asimov sans (trop) le trahir, mis à part la modification de la fin. Oui , L'homme Bicentenaire est un film bavard. Oui, il n'y a pas d'action. Oui, il n'y a pas de spectacle grandiose . Et après ? Ce film est une réflexion sur la nature de l'homme , de l'humanité. Qu'est ce que c'est qu'un homme ? Un amas de cellule organique ? Ou une âme. Alors que les critiques éreintent les superproductions basées avant tout sur les effets visuels , ces mêmes critiques font la fine bouche devant un film de SF qui refuse l'esbroufe. Où est la logique ? Ne faudrait-il pas plutôt chercher du côté de la mauvaise foi ? Car pour un critique de ciné, la SF et le fantastique sont des genres mineures, tout juste bon pour les gamins. Qu'un film de SF essayer d'élever le débat et il est taxé de prétentieux. La même quête existentielle filmée dans un deux pièces du 16eme (une grande spécialité française) aurait été glorifiée par la presse bien pensante. Va comprendre ce mépris extraordinaire de la science fiction qui enterre la saga Star Wars sous un amas d'immondices.

L'homme Bicentenaire suit donc les 200 ans d'existence d'un robot , un robot qui petit à petit va devenir humain, suite à une erreur de programmation. On suit donc la lente évolution de Robin Williams vers une quête impossible. Lente. Le mot est laché. Le film possède un rythme lent, ne se précipite jamais, prend son temps. On est ici dans le contemplatif, pas dans l'esbroufe. Colombus ne fait pas de clip mais aime à s'attarder sur les personnages. Retrouvant son acteur de Mme Doubtfire, il s'attache surtout et essentiellement à la découverte de l'humanité par le robot. Car , et je reviens à ma question, qu'est ce qu'un homme ? Le film ne répond pas à cette question mais à plusieurs moment on sent que quelque chose se passe , on retrouve le souffle d'Asimov. Le grand Isaac, mort en 1992 , ne peut hélas pas juger ce film. Mais parions qu'il ne l'aurait pas renié.
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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 07:12
p8063.jpgLe pitch : Hitch, un séduisant afro-américain a fait de sa méthode de séduction son gagne pain. Mais quand il tombe amoureux d’une journaliste qui va finir par enquêter sur lui, les choses se compliquent…

Will Smith peut tout faire. Quidam traqué dans Ennemi d’état ! Héros de SF dans ID4, I, Robot ou Je suis une légende ! Conscience d’un golfeur dans La légende de Baer Vance !! Chasseur d’aliens délirant dans Men in Black !!! Et même Cow Boy dans Wild Wild West !! L’acteur s’est aussi aventuré dans le drame (A la poursuite du bonheur), la comédie pure (Made in America, son premier film avec Whoopy Wholberg), la biopic (Ali) et le film d’action destroy avec Bad Boys 2.

Il lui restait donc la comédie romantique. C’est chose faite avec Hitch, un film très agréable sorti en 2005, à la fois réussi, amusant et sensible.

Smith porte le film sur ses épaules, reléguant Eva Mendès et Kevin James aux rôles d’agréables seconds rôles. Ce n’est pas une critique d’ailleurs , Smith est quasi omniprésent à l’image, ou en voix-off (le générique de début est génial) et sa force comique ne vient pas de grimaces, de chutes ou de bruits corporels, mais bel et bien de dialogues franchement drôles, déclamés avec le plus grand sérieux.

Le réalisateur Andy Tennant a voulu faire un film sur la séduction, en prenant comme base la mission impossible (faire tomber amoureuse une riche héritière d’un comptable bien enveloppé) mais aussi filmer New York comme personne ne l’avait jamais fait. À un moment, les personnages se retrouvent dans le musée des immigrants et la belle journaliste « Je ne suis jamais venue ici ». Le spectateur se fera la même réflexion : le New York de Hitch on ne l’a jamais vu.

Comme on n’avait jamais vu un Will Smith aussi peu « actif ». Ici, pas de poursuites en voitures, pas de bagarres, pas de combats contre des aliens ou des savants fous, mais un acteur qui joue simplement, qui paradoxalement, réussit à former les couples des autres mais commet gaffe sur gaffe quand il s’agit du sien. L’acteur n’a pas hésité à se moquer de lui (à l’occasion d’un flash-back) mais reste classe de bout en bout. Faut quand même pas exagérer, après tout c’est lui la star.

Le film déroule une histoire certes cousue de fil blanc (difficile de ne pas comprendre la fin au bout d’un quart d’heure) mais avec un grand professionnalisme. De ce fait, on va s’intéresser non pas au comment mais à ce qui l’entoure. Voir Kevin James montrer comment il entend danser est non seulement hilarant, c’est surtout la preuve que Smith est un acteur généreux qui entend laisser aux autres leurs chances. Car cette scène ne fait pas vraiment progresser le récit.

Autre qualité de cette comédie, l’absence de vulgarité. Ici, les personnages refusent de se vautrer dans la facilité, évitent les clichés du genre, les hurlements, etc… Il est clair que, tournant peu, Smith choisit ses sujets avec soin. Impossible pour lui de se planter en acceptant n’importe quoi.

Hitch n’est pas le meilleur film de Will Smith, mais il est parfait pour passer une soirée agréable.

Le DVD ne propose pas trop de choses (les featurettes, quelques scènes coupées dont une vraiment drôle) mais l’image y est lumineuse et le son très présent. C’est tout ce qu’on lui demande.
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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 12:27
michou.jpgLe Pitch : durant la guerre d’Algérie, un couple sans enfants accepte d’héberger un petit garçon que son père a du placer à l’assistance publique avec son frère. Mais, effrayée par la réaction de son mari, un homme bourru et un ancien militaire, la femme préfère lui cacher que ce petit garçon est d’origine maghrébine.

Enfin un film français populaire qui tient ses promesses. Thomas Gilou réussit ici un excellent divertissement, qui traite du racisme ordinaire sans tomber dans la culpabilisation ou le larmoyant.

Il est aidé en cela par un trio d’acteurs formidables. Depardieu reprend un rôle qu’il connaît par cœur : le type bourru, porté sur la boisson mais qui cache une vraie sensibilité derrière une façade peu avenante. Si la présentation du personnage par sa femme en début de film laisse craindre le pire, il va très très vite se fendre pour ce gamin qui va lui faire tomber tous ses préjugés.

Nathalie Baye, à l’inverse du Prix à payer, est ici très bien dirigée donc excellente. Elle n’en fait jamais trop dans le rôle de cette mère sans enfants à la recherche d’affection. En accueillant Michou dans sa maison, elle espère retrouver un autre petit garçon qu’elle a gardé pendant plusieurs années. Le film se garde bien de juger cette femme qui a le « tort », selon l’assistance de s’attacher aux enfants qu’elle garde. Rôle difficile, qu’il fallait aborder sans cliché ni pathos, « la » Gisèle mériterait sans nul doute un César l’an prochain.

Enfin, Samy Seghir joue à la perfection ce petit algérien, obligé dans un premier temps de se grimer pour ne pas trop effrayer le village et ne pas faire surgir les penchants racistes de ses habitants. Attendrissant et doué, le gamin porte le film avec les 2 adultes et une vraie complicité les lie. Là aussi, le fait est rare dans un film français pour être souligné.

Dans ce type de film, l’évolution des sentiments est indispensables. Petit à petit, Georges va comprendre que, bruns ou blancs, c’est « le même sang qui coula dans les tranchées » (C’est un ancien militaire) et que le petit Messaoud est un gamin comme les autres. Une scène forte le voit apporter des moutons dans une cité Hlm où le gamin rencontre des immigrés algériens. Ceux-ci invitent Messaoud à manger des gâteaux. Affolé par la disparition de l’enfant, Georges commence à faire un scandale mais conquis par la gentillesse des habitants (« nous ne sommes pas des barbares » dit l’un d’eux, déjà habitué au racisme ordinaire) va admettre, à demi-mot que son attitude fut ridicule.
Messaoud, lui, va petit à petit se fondre dans la vie de cette France profonde et simple. Et quand son père va venir le rechercher, il ne voudra pas quitter Georges et Gisèle, allant même jusqu’à dire qu’il est catholique (n’oublions pas que le film se passe à une époque où la religion était bien plus présente). Gilou n’oppose pas les religions ni les gens . Il ne fait que montrer des gens simples, des gens attachés à leur bonheur. Et quand le papa de Messaoud dit « nous avons enfin un pays » en remerciant De Gaulle, il ne fait que conforter Georges dans son idée : un homme se définit par ses actes, pas par sa couleur.

Enfin, la relation entre Georges et Gisèle va profiter de la venue de ce gamin, va les inciter à se rapprocher, va raviver la flamme entre eux et finalement va les rendre heureux.

Dans ce superbe film, rien n’est gratuit. Rien n’est occulté : ni les doutes des protagonistes, ni leurs défauts (Georges trompe Gisèle), ni les antagonistes de cette époque. Gilou fustige la bêtise d’un quarteron de pocherons qui se découvrent une attirance pour l’OAS. À travers le frère de Messaoud, il met également en garde contre une intransigeance trop forte et milite au final pour le respect mutuel.

Inspirée d’une histoire vraie, Michou D’Auber aurait mérité bien plus d’entrée, histoire de prouver que l’on peut encore raconter des histoires simples mais franches sans avoir recours à des artifices singeant le cinéma US. Espérons que le DVD lui donnera une seconde chance.
 

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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 00:00
p15284.jpgLe pitch : un riche homme d’affaire se désole que sa femme, dépensière dans l’âme fasse chambre à part depuis des années. Sur les conseils de son chauffeur, il décide de lui couper les vivres : Pas de cul !! Pas de fric !!

Il y a des jours où je ne comprends pas le public français. Comment une comédie avec une fin si minable et si bâclée peut faire plus de 1,3 millions d’entrées ? Comment peut-on sortir un film qui part dans tous les sens mais qui ne répond à aucune des questions soulevées ? Comment peut-on laisser des comédiens en roue libre et ne jamais se soucier du ryhtme de son film ?

Ce que l’on peut pardonner à un Matrix , à 2001 (laisser une fin ouverte ou des questions en suspens) ou à un film d’épouvante (rappelez vous les dernières images de Carrie) est impardonnable dans une comédie. N’est pas Francis Weber qui veut. L'auteur du Dîner de Cons a le bon goût de polir ses histoires avant de les filmer.

Alexandra Leclere a écrit le scénario (elle a dû louper le cours « Terminer une histoire » dans son cursus), mais a aussi réalisé le film. Franchement, elle a encore de sacrés progrès à faire dans tous les domaines. Elle a de la chance d’avoir de bons comédiens parce que pour le reste, nada !!

Le film démarre pourtant bien. Christian Clavier est excellent en bon bourgeois désabusé, Gérard Lanvin est parfait en chauffeur bourru, pas très futé mais au grand cœur. Ça coince plus du côté du casting féminin : si Nathalie Baye s’en tire plutôt bien en épouse dépensière et alcoolique, elle est nettement moins crédible quand il s’agit de jouer la mégère. Elle cabotine plutôt. Quant à Géraldine Pailhas, son rôle n’est pas assez étoffé et somme toute caricatural. De plus, elle disparaît du film de manière assez impromptu et ses tentatives de rendre « méchant » son personnage tombe à plat. Je passerais sous silence Anaïs Demoustier, totalement transparente et étant juste capable de faire une moue dépitée quand ses parents s’engueulent. La jeune actrice est bien mignonne mais pour le reste...

Le film part bien disais-je. Clavier coupe les vivres, vire toutes les affaires de sa femme et l’on pense alors que l’on va s’orienter vers une sorte de La guerre des Roses à la française. L’organisation d’un dîner avec les deux couples à mi-parcours donne également cette impression : les rancoeurs ressurgissent, les erreurs passées sont lancées à la figure de chacun, Baye tente de séduire Lanvin…. Les caractères se brouillent, les victimes deviennent moins sympathiques...

Sans crier au chef d’œuvre, on rigole de temps en temps et le film se déroule paresseusement, avec un passage vraiment réjouissant : quand Clavier fait mimer l’acte d’amour à une professionnelle, histoire de rendre sa femme jalouse. On ajoutera aussi la scène où Clavier et Lanvin viennent vider le dressing de Madame.

Puis patratras, le film s’écroule rapidement : Clavier hésite à punir plus sa femme, Baye aussi (mais trouve le temps d’avoir une aventure avec un gigolo), Palhias trouve un travail pour se libérer de Lanvin qui témoigne pourtant de l’affection à ses enfants… Une succession de scénettes plus ou moins drôles, parasitées par une musique très prise de tête jusqu’à la fin (Lanvin gifle sa femme parce qu’elle travaillait sans lui dire -sacré motif - et se retrouve donc seule). Clavier vient bien le réconforter (mais ne l'aide absolument pas, le laissant dans sa misère affective) mais d’un coup d’un seul se retrouve au restaurant avec sa femme  . Il lui avoue qu’il l’aime mais ne veut pas qu’elle souffre et accepte donc un divorce. Il lui signe un chèque mais renverse du vin dessus (il y a sans doute un symbole caché mais lequel ?). Puis il lui dit qu’il a besoin d’elle. Elle répond qu’elle aussi. Et le film s’arrête là !! Aux spectateurs d’imaginer la suite, de se demander ce qui arrive au chauffeur, à sa femme, au couple….

Si l’on ajoute à cela des dialogues faussement vulgaires, on peut comprendre ma déception devant ce film (heureusement qu’on me l’a prêté car même loué, je me serais senti arnaqué) et ma surprise de voir qu’il a attiré tant de monde.

On ne doit pas avoir le même sens de l’humour.
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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 09:07
p6754.jpgRattrapage, c’est une nouvelle rubrique qui me permettra de parler de films que je n’ai pas vus en salle, ou que je n’ai pas acheté à leur sortie en DVD et qui ne vont pas rentrer dans les catégories Grands classiques ou Beaux échecs. Elle accueillera aussi des films que je possède depuis longtemps mais dont je n'ai pas eu le temps de faire la chronique (ici ou sur le site SOI) ou bien des coffrets rares dont j'ai envie de parler.

Premier de cette liste ? la version 2004 du Tour du monde en 80 jours.

Pourquoi ? Je viens juste de le découvrir avec toute ma famille.

Librement adapté du chef d’œuvre de Jules Verne, ce film signé par Franck Coraci (Click, Waterboy, Wedding Singer) mélange à la fois l’histoire classique de Philéas Phogg (Steve Coogan) dans sa tentative de faire le tour du monde en 80 jours à la suite d’un Paris et celle de Passepartout, un expert en art martiaux venu en Angleterre chercher une idole volée à son village et qui va profiter de la naïveté de Phogg pour fuir l’Angleterre et joindre la Chine. Poursuivis par l’agent Fixx qui croit que Phogg est le voleur et une secte chinoise, les Scorpions, le duo va vite devenir  un trio quand une jeune artiste, Simone, (Cécile de France, très jolie dans ce film) va le rejoindre à Paris…..

Budgété à 110 millions de dollars, le film a été un échec important ne rapportant que 78 millions sur toute la planète (dont 24 aux USA).

La présence de Jackie Chan n’a pas suffi à faire de ce film bon enfant un succès et les innombrables caméos (Schwarzenegger, Owen Wilson, Luke Wilson, Rob Scheinder, Kathy Bates, Michael Young…) n’ont pas permis non plus de générer le buzz nécessaire. Le film avait sombré dès sa première semaine, avec un week-end US de 7 millions et son plus gros succès fut rencontré en Allemagne (9 478 069 $). La France lui fit un accueil mitigé avec 3 977 622 $.

Pourtant, le film n’est pas un ratage. Certes, l’histoire s’éloigne parfois très loin du livre (toute la sous-intrigue avec l’idole volée) mais il en garde les grandes lignes, tout en les modernisant. Ainsi, Phogg est désormais un inventeur farfelu mais visionnaire. Ce n’est pas en Inde qu’il rencontre l’amour mais en France. Il parvient à traverser l’Atlantique non pas en brûlant le bateau mais en le démembrant. Par contre, le classique tour de passe passe du fuseau horaire est respecté mais c’est la reine Victoria qui indique à Phogg qu’en avançant vers l’Est, il a reculé de 24 heures.

Parfois spectaculaire, bénéficiant de très belles transitions entre les différentes étapes (France, Empire Ottoman, Inde, Chine, Amérique, Far West, Atlantique, soit le périple décrit par Jules Verne), cette version se distingue donc par la touche Jackie Chan et les nombreux combats qu’il a chorégraphiés. Jamais violents, les différents combats qui émaillent le film montre la volonté de l’acteur de produire un spectacle pour toute la famille. Pas de brutalité donc, ni de morts mais une démonstration sympathique qui, sans atteindre les sommets de ses films à Hong Kong, montre sa capacité à orchestrer des ballets de baston.

Les nombreux caméos sont , eux, le plus souvent réussis comme celui de Schwarzie (dans son dernier rôle au cinéma) en sultan égocentrique et chevelu ou Rob Schneider en clochard. Une attention particulière a également été portée aux décors (les séquences en Chine sont vraiment très belles), aux accessoires (dont une Lady Liberté non encore montée dans un entrepôt de New York) et l’on comprend finalement mieux pourquoi le film a coûté si cher. Enfin, l’humour omniprésent n’est jamais grossier et accessible à tous.

En modernisant le propos (on est bien loin de la très sage version de 1956, avec David Niven et Shirley McLaine) ,  Jackie Chan et Coraci ont voulu redonner une seconde jeunesse à ce classique de la littérature mondiale. L’échec, injuste à mes yeux, ont empêché le nom de Jules Verne de revenir sur toutes les lèvres.

Reste un beau spectacle, familiale que l’on peut apprécier en DVD.

Si vous avez des enfants, ne passez pas à côté de ce sympathique divertissement.
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Présentation

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  • Enseignant, fan de cinéma et de métal, chanteur dans différents groupe de métal, collectionneur de tout ce qui touche à Star Wars... what else ?
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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

L'affiche du moment