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Les figures de l'ombre (****)

Publié le par Dave

Les figures de l'ombre (****)

Le pitch : derrière les succès de la Nasa, il n'y avait pas que des astronautes. Il y avait aussi des hommes de l'ombre qui oeuvraient. Mais aussi des femmes. Noires de surcroit !

 

Passé inaperçu en France, tout comme La couleur des sentiments (il faut croire que le "pays des droits de l'homme" n'en a rien à faire des films traitant de la lutte des Afro-américaines) , Les figures de l'ombre mérite largement d'être découvert en vidéo. Je n'avais eu la chance de le voir en salle, car son temps à l'affiche avait été super court et j'ai attendu de le voir en Blu-ray pour le chroniquer.

 

Les deux premières scènes donnent le ton : une petite fille noire surdouée qui résout une équation devant des étudiants deux fois plus âgés qu'elle. Puis les trois héroïnes en panne de voiture, traitées comme des moins que rien par un shérif avant que ce dernier ne leur ouvre la route quand il comprend qu'elles travaillent à la Nasa.

 

A travers la trajectoire de 3 femmes noires, une mathématicienne de génie, une jeune ingénieur qui veut faire les mêmes études que les blancs et une matrone (Octavia Spencer, déjà vue dans La couleur des sentiments) qui, afin de sauver les emplois de son équipe, apprendra le  Fortran pour dompter les monstrueux IBM de l'époque, on suit l'évolution d'une société tout en plongeant dans les arcanes de la Nasa, à une époque où, concurrence avec la Russie soviétique oblige, elle dépendait de la CIA. Ou tout du moins, ses locaux étaient installés à Langley. Battre l'ennemi soviétique dans la course spatiale était un combat à mort !

 

La force du film est de s'intéresser à une période que tout le monde pense connaître, mais qui comporte des pans largement méconnus. A l'instar de L'étoffe des héros qui s'intéressait aux pilotes derrière le programme spatiale ou Apollo 13 qui décortiquaient la mission avortée, Les figures de l'ombre plonge dans les arcanes de la conquête spatiale de manière réaliste et fait revivre toute une épopée.

 

Mais, à la différence de ces deux glorieux aînés, le film se concentre sur les fourmis de cette conquête, les personnes que l'on ne voyait que comme figurants dans les autres métrages. Et la force du script est de s'intéresser à une minorité dans la majorité, ressuscitant une époque qui nous semble tellement étrangère par sa ségrégation, mais si proche finalement dans le temps.

 

Ainsi, l'une de scènes les plus incroyables du film est celle où Catherine, la mathématicienne surdouée, doit filer dans un autre bâtiment à plus de 800m parce qu'il n'y a pas de toilettes pour gens de couleur dans celui où elle travaille. On a peine à croire qu'une telle organisation ait existé. Une autre scène choque, celle où John Glenn arrive à Langley et salue les employés. Tout à coup, il décide d'aller saluer également l'autre groupe, celui des gens de couleur. Même dans la foule admirative, la ségrégation était de mise.

 

Mais je me garderais bien de jeter la pierre à l'Amérique car elle a su faire face à ses erreurs et, même si tout n'y est pas parfait, l'Europe a-t-elle fait aussi sa révolution "raciale" ?

 

Mélangeant images d'archives avec reconstitutions ultra fidèles des vols spatiaux, Les figures de l'ombre n'a pas vocation à être spectaculaire. La conquête spatiale n'y est finalement qu'un prétexte pour parler d'égalité, de racisme ordinaire, de combats féministes. Et le fait d'avoir pris le très grand Kevin Costner (mâtin !! Quel acteur ! Chacune de ses apparitions dans un film est un régal) pour contrebalancer le casting afro-américain est une idée de génie. Car quel autre acteur personnifie à ce point une certaine idée de l'Amérique ? D'un abord très froid, c'est son indifférence à la couleur de la peau de ses employés (pour lui, ils doivent donner le meilleur d'eux même et c'est tout) qui fera évoluer la Nasa, et par ricochet la société de Virginie.

 

Si Costner montre la façon dont un homme peut s'interroger sur les préjugés qui, mine de rien, étaient normaux et acceptés par quasiment pout tous, Kristen Dunst , excellente, représente la face qui a plus du mal à accepter le changement. Dans un rôle ingrat et difficile, elle livre une prestation des plus convaincantes. Mine de rien, la petite fille de Entretien avec un Vampire et la MJ de la première trilogie Spider-Man est devenue une femme tout en améliorant encore son jeu d'actrice, l'épurant et la hissant à la hauteur des plus grandes.

 

Dommage d'ailleurs que le cinéma américain, tout comme pour Costner, n'ose pas lui faire plus confiance.

 

Bien entendu, les héroïnes sont bien ce trio féminin afro-américain, Taraji P.Hanson en tête dans la peau de cette mathématicienne géniale qui permis à John Glenn de s'envoler au delà de notre planète. Son interprétation est fabuleuse car jamais elle ne cherche à militer. Elle ne fait que son travail et gagnera le respect par lui, pas par des quotas ou des passe-droits. Là aussi, le rôle est casse-gueule car la tentation d'en faire une passionniaria était grande.

 

Si Janelle Monae a un rôle plus effacée que ses deux comparses, Octavia Spencer retrouve la gouaille de La couleur des sentiments dans un rôle pas si éloigné de femme faisant bouger les lignes par son action.

 

Vous l'aurez compris, Les figures de l'ombre ne pourra que satisfaire tous ceux qui s'intéressent à l'histoire américaine contemporaine, mais aussi à tous ceux qui aiment voir une belle histoire et un beau combat au cinéma.

 

Le Blu-ray rend amplement justice à l'atmosphère colorée de l'époque, l'image est très piquée et le son sait se déchaîner dans les scènes spatiales.

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Coco passe la 3e

Publié le par Dave

Coco passe la 3e

Pixar toujours en tête, Justice League qui passe la barre de 200 millions (et 600 dans le monde), la première nouveauté qui démarre à la 9e place...Voici le BO de ce dernier week end avec Les derniers Jedi.

 

Week end du 8 au 10 décembre 2017

Coco135,5 millions
Justice League212 millions
Wonder100 millions
A disaster Artist8  millions
Thor Ragnarok301,1 millions
Daddy's home 291,1 millions
Le crime de l'Orient express92,7 millions
Lady Bird21,3 millions
Just Getting Started3,1 millions
3 billboards outside Ebbing18,3  millions

 

Une seule nouveauté dans le top 10, à la 9e place qui plus est. Just Getting Started, une comédie avec Morgan Freeman, Tommy Lee Jones et Renée Russo fait un démarrage extrêmement médiocre avec seulement 3,1 millions dans 1620 cinémas. Il en a coûté 22. Un échec donc.

 

Ce n'est pas proprement une nouveauté, maus A disaster artist en gagnant 840 salles passe à la 4e place. Après, son cumul de 8 millions ne reflète pas forcément cette belle progression, mais si on regarde la moyenne par salle (7661$), c'est la plus importante du top 10. James Franco a réussi son coup.

 

Coco reste donc 1er et cumule 135,5 millions en 17 jours. Sans atteindre des sommets, le petit musicien est assuré de dépasser le score de Cars 3, l'autre Pixar de 2017. Ajoutez y 254 millions outre-Atlantique et vous avez donc un dessin animé qui fonctionne plus que bien.

 

Justice League passe la barre de 200, Wonder celle de 100, Thor celle de 300 ! Si les Justiciers DC font mieux que se défendre (613 au niveau mondial), Ragnarok atteint carrément 833 millions et peut espérer dépasser les 866 des Gardiens de la galaxie 2.

 

Daddy's home 2 et Le crime de l'Orient Express se tiennent dans un mouchoir de poche.

 

Enfin, Lady Bird et 3 Billboard outside Ebbing ferment la marche.

 

La semaine prochaine, on devrait logiquement avoir un très gros démarrage avec Les derniers Jedi. Mais il faudra le comparer  à celui du Réveil de la force qui a mis la barre tellement haute qu'il me semble impossible que l'épisode VIII fasse aussi bien. Mais après tout, qui sait ?

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Coco logiquement premier en France.

Publié le par Dave

Coco logiquement premier en France.

Beaucoup de nouveautés, mais seul Pixar tire vraiment son épingle du jeu...

 

Semaine du 29 novembre au 5 décembre 2017

Coco1 016 059 entrées
Le brio686 012 entrées
C'est tout pour moi250 306 entrées
Justice League1 496 208 entrées
La villa193 463  entrées
Bonhomme de neige121 112 entrées
Au revoir là-haut1 842 737 entrées
Epouse moi mon pote2 405 141 entrées
Happy Birth Death458 131 entrées
L'expérience interdite227 916 entrées

Coco a donc réussi son entrée en France, attirant 1 016 059 personnes en France. La magie Pixar fonctionne donc toujours et leur 2e film de cette année fera donc bien mieux que Cars 3. Les vacances de Noël devrait booster les entrées dans quelques semaines, même si Les derniers Jedi devrait logiquement l'empêcher d'aller aussi haut qu'espéré.

 

Les autres nouveautés font évidemment moins bien. C'est tout pour moi se classe 3e avec 250 306 spectateurs. Pas mal pour cette comédie.

 

A la 5e place, La villa , le nouveau film de Robert Guediguian, avec ses acteurs habituels (Darroussin, Ariane Ascaride) est en dessous des 200 000 entrées. Après, le réalisateur n'est pas habitué aux gros scores.

 

Enfin, Bonhomme de neige , un thriller avec Michael Fassbender coule dès sa première semaine avec juste 121 112 spectateurs.

 

Le Brio reste 2e et frôle les 700 000 entrées. Excellent ! Justice League passe 4e avec 1,5 million de fan de super héros !

 

Au revoir là haut et Epouse moi mon pote sortent du top 5, mais avec 1,8 et 2,4 millions de spectateurs, on ne les plaindra pas !

 

Enfin, Happy Birth death et L'expérience interdite ferment ce top.

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Merci pour tout, Johnny

Publié le par Dave

Merci pour tout, Johnny

On le savait malade.

 

On savait qu'il n'était pas éternel.

 

Mais on espérait tous qu'il gagnerait aussi ce combat.

 

Adieu, et merci pour tout !

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La drôle d'affiche des Nouveaux Mutants

Publié le par Dave

La drôle d'affiche des Nouveaux Mutants

Alors que Marvel annonce - enfin - la réédition des premiers épisodes des Nouveaux Mutants (y compris la mini-série de 1983), l'affiche du film se dévoile.

 

Autant dire que je la trouve assez , disons, bizarre. Ok, elle colle avec la bande annonce, mais on est à 1000 lieux du comics !!

 

Comme toujours, on attendra le film pour juger, mais j'avoue être un peu craintif !

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Coco toujours premier, Justice League frôle les 200 millions

Publié le par Dave

Coco toujours premier, Justice League frôle les 200 millions

Un week end post Thanxgiving sans aucune nouveauté dans le top 10 !! Un Top Five inchangé ! La chronique va être rapide ce soir !

 

Week end du 1 au 3 décembre 2017

Coco108,6 millions
Justice League197,3 millions
Wonder88 millions
Thor Ragnarok291,4 millions
Daddy's home 282,8 millions
Le crime de l'Orient Express84,7 millions
Lady bird17 millions
Three Billboards...13,6 millions
The Star27,2 millions
A bad moms Christmas64,8  millions

 

Parlons tout de même de ce qui se trouve au-delà du top 10 : The disaster Artist prend la 12e place avec 1,2 millions dans 19 cinémas. Ce film de James Franco  revient sur la création du film The Room en 2003, pas vraiment un chef d'oeuvre (d'où le titre).

 

Notons aussi les 415 000 $ engrangé par la ressortie de Titanic dans 87 cinémas. Pas extraordinaire pour un tel chef d'oeuvre.

 

Coco est donc resté en tête et cumule 108,6 millions. Le reste du monde offre 171 millions au dernier Pixar. La baisse de 48% reste modérée et le dessin animé peut espérer passer les 200 millions. Après, pour faire un gros score à la Reine des neiges, il faudrait compter sur un BO un peu amorphe vers Noël, mais l'arrivée dans une semaine de Star Wars VIII risque de lui faire du mal.

 

Justice League n'a pas encore passé cette barre mais en est tout proche. La baisse est cependant importante pour le 3e week end. Niveau mondial, les super héros DC s'apprêtent à passer la barre de 600 millions.

 

Julia Roberts et Thor suivent avec des cumuls toujours aussi bons. Comme annoncé, Wonder passera la barre de 100, Ragnarok devrait aller au delà de 300, ce qui en ferait donc le 3e film Marvel à faire ceci cette année !!

 

Daddy's home 2 et Le crime de L'orient express sont au delà de 80 millions. 

 

Le reste du top voit les petits budgets conquérir de nouvelles salles et donc augmenter leur score.

 

Le dessin animé The Star baisse de 42% mais son petit cumul de 27% lui permet tout de même de se rembourser aux USA.

 

Enfin, Bad Moms Christmas clôt le top avec 64 millions. Soit moitié moins que le premier opus.

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Le trailer d'Avengers Infinity War a été vu 230 millions de fois

Publié le par Dave

Il y a des chiffres qui laissent pantois. Et qui témoignent de l'attente que peut susciter un film.

 

Le trailer d'Avengers 3 alias Infinity War a été vu 230 millions de fois en 24 heures selon Marvel ! En gros, 1 Terrien sur 6 a regardé la bande annonce !

 

C'est dire que infinity War est attendu ! Et même si entre les deux, on pourra savourer Black Panther (je ne vois pas comment le métrage pourrait être décevant), il est évident que le public veut voir l'aboutissement de 10 ans de MCU, un combat contre Thanos espéré depuis la fin du premier Avengers en 2012 !

 

Après, comme souvent, il faudra évidemment que le film soit à la hauteur. Et gageons que les oiseaux de mauvais augures seront bientôt de sortie, ceux qui nous expliqueront que le métrage sera forcément mauvais, que Marvel c'est plus ça, que Thanos a une drôle de tête, qu'il y a trop de personnages....

 

Comme souvent, laissons parler les parleurs et savourons le trailer !!

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Justice League toujours leader France, Le Brio 2e.

Publié le par Dave

Justice League toujours leader France, Le Brio 2e.

Des super-héros qui résistent, le nouveau film d'Yvan Attal qui se fait mieux que se défendre, quelques millionnaires qui picorent le reste du BO... Résumé de la semaine écoulée !

 

Semaine du 22 au 28 novembre 2017

Justice League1 253 462 entrées
Le brio414 414 entrées
Au revoir Là haut1 739 216 entrées
Epouse moi mon pote2 316 908 entrées
L'expérience interdite143 410 entrées
Happy Birth Dead370 918 entrées
Jalouse640 431 entrées
L'étoile de Noël189 136 entrées
Thor Ragnarok2 389 954 entrées
Le sens de la fête2 886 845 entrées

 

C'est la surprise de la semaine. Le Brio, un film d'Yvan Attal avec Daniel Auteuil dans le rôle d'un brillant professeur (alors qu'il a loupé 4 fois son bac comme le montrait le documentaire Les sous-doués passent le bac) et Camélia Jordana, qui joue la brillante jeune femme issue des quartiers difficiles prend donc la 2e place avec 412 414 entrées, soit 6 000 de moins que Justice League ! La surprise aurait pu être encore plus grande.

 

Par contre pas de miracle pour L'expérience interdite, le remake (inutile à mes yeux) du petit classique de Joël Schumacher (1990). 143 410 curieux sont venus comparer les deux films. Espérons juste que cette sortie permettra de voir arriver dans les bacs une bonne édition Blu-ray !!

 

En continuité, Justice League reste premier, mais perd 50% d'entrées. Avec 1 253 462 fans de DC, il est ridicule de parler d'échec, même si la Warner espérait sans doute plus de spectateurs en Europe. Après, si on parle gros sous, le studio rentrera tout juste dans ses frais, mais vu qu'il a touché le jackpot avec Ca... Les comptes pour un studio, c'est comme pour n'importe quelle entreprise, c'est sur le global que cela fait. Dommage tout de même que JL ne soit pas un plus gros succès. Espérons surtout que cela ne cassera pas la dynamique du DC Universe, qui ne faisait que progresser avec, en point d'orgue, le carton (surprise) de Wonder Woman !

 

Au revoir là haut passe 3e avec 1,7 million, suivis par les 2,3 millions de Epouse moi mon pote.

 

A la 6e place, Happy Birth Dead (le titre anglais était moins ridicule) aligne 37à 918 fans d'horreur, tandis que Jalouse cumule 640 000 entrées.

 

Statu quo pour L'étoile de Noël (-0%) mais un score peu réjouissant de 189 316 spectateurs.

 

Enfin, Thor et Le sens de la fête se partagent les derniers spectateurs du top.

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Avengers, Infinity War, la première BA

Publié le par Dave

Avengers, Infinity War, la première BA

Bon, on l'attendait et on n'est pas déçu ! C'est du lourd, du très lourd ! Alors, même si on se demande comment vont être gérés tous les personnages de la bande annonce, une chose est clair : ça va cogner en 2018 quand tous les héros de la Terre entreront en guerre contre Thanos !!

 

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Wonder Woman (**** 1/2*)

Publié le par Dave

Wonder Woman (**** 1/2*)

Le pitch : élevée par sa mère et sa tante sur une île préservée du monde extérieur grâce à une barrière magique érigée par Zeus, l'amazone Diana va se trouver brutalement retrouver confronté à la réalité de la première guerre mondiale...

 

Il n'est pas peu dire que l'annonce de la présence de Wonder Woman dans BVS en a intrigué plus d'un. Le souvenir de la série télévisée très kitsch des années 70-80, le manque de visibilité de l'amazone dans les comics publiées en France et, avouons le, le ratage retentissant de films consacrés à des super héroïnes (Catwoman, Elektra, Tank Girl...) n'incitaient pas à l'optimisme. Et puis, miracle, l'apparition du personnage aux côtés de Batman et de Superman montrait un personnage charismatique, moderne, jolie sans tomber dans la caricature et , finalement, on a commencé à se dire qu'un film centré sur ses origines serait une bonne idée.

 

C'est effectivement une bonne idée car au final, Wonder Woman se hisse sans aucun doute à la hauteur du Superman de Richard Donner, aux Batman de Nolan ou à Spiderman 2 de Sam Raimi. Le film tient la dragée haute à une grosse partie du MCU et s'impose comme un sommet du monde DC transposé au cinéma ! Ce qui n'est pas un mince exploit quand on sait que les trois premiers films (Man of Steel, BVS, Suicide Squad) sont quand même de sacrés bons métrages.

 

En fait la réussite de Wonder Woman tient en deux mots : liberté créative. Que le réalisateur soit une réalisatrice a permis évidemment de mieux comprendre la psychologie du personnage, mais le fait qu'elle ait pu le faire qu'elle avait en tête a grandement facilité cette réussite. Et il est intéressant de voir, sur le making of, que la forte proportion féminine dans l'équipe a permis d'amener une vision différente et d'éviter de tomber dans les clichés des films dédiés aux super héroïnes. Et si WW doit forcément s'intégrer dans un univers plus vaste qui a été défini par Zack Snyder (mais aussi son épouse), Patty Jenkins a clairement créé son film comme un métrage quasi-indépendant, dont le seul lien est la photo qui avait permis à Bruce Wayne de comprendre que la voleuse qui avait piraté les données de Lex Luthor était bien plus qu'une jolie femme, et a également disposé de toute la liberté qu'un tel sujet pouvait offrir. Si on y ajoute un budget pas aussi démesuré que les autres films de super héros, et surtout une excellente histoire retraçant les origines de Diana telles que vues dans le comics classique, Wonder Woman pouvait-il rater sa cible ?

 

La première partie va donc se consacrer à Themyscas, la légendaire cité amazone où, petite fille, Diana assiste à l'entraînement des autres femmes de son peuple. Bulle intemporelle et idyllique, sublimée par les décors extraordinaires de la côte italienne (même si bien aidés par des renforts numériques), Themyscas est le cadre idéale pour qu'une enfant puisse grandir et s'aguerrir, même si cela déplait quelque peu à sa mère. Diana affirme tôt un caractère quelque peu rebelle et même la tragédie qu'ont subi les dieux de l'Olympe ne parvient pas à la détourner de son idée fixe : devenir une guerrière au service de la paix. Le casting entièrement féminin fait preuve d'une très grande solidité et les figurantes, toutes choisies pour leurs qualités athlétiques, se sont investies à fond dans leur préparation, même si, au final, leur temps de présence à l'image est somme toute réduit.

 

Puis l'arrivée de Steve Trevor (excellent Chris Pine) va brutalement confronter Diana à la réalité : la guerre existe et , pour elle, elle ne peut être que l'oeuvre d'Arès. Et même si elle a commencé à découvrir l'étendue de ses pouvoirs, elle est loin de se douter de la puissance qui émane d'elle et ce sera le choc éprouvé lors de son entrée dans le monde des hommes qui va, petit à petit, lui donner conscience qu'elle est plus qu'une simple amazone. La bataille sur la plage, superbement chorégraphie prouve que la violence n'est pas que le fait des hommes et que, poussées au pied du mur, elles sont de redoutables adversaires. Diana décide donc d'aller vers le monde extérieur afin de le purger de sa violence.

 

Le film s'oriente alors vers une véritable et excellente comédie de moeurs. Habituée à un monde matriarcale, coloré et égalitaire, Diana va découvrir un monde où la femme est un citoyen de deuxième ordre, un objet joli mais dénué de pouvoirs. La scène où elle doit choisir des habits et celle où elle est chassée du conseil de guerre montrent bien ces deux facettes : en 1918, c'est "sois belle et tais-toi". Et même si Steve se montre protecteur, ne faisant qu'obéir aux préceptes de son temps, il va vite se rendre compte que Diana est bien plus qu'une jolie jeune femme. Une scène coupée (visible sur le Blu-ray) les montrait d'ailleurs sur le bateau qui les emmène dans le monde réel discuter de choses bien  coquines, à la grande surprise de Steve qui prend conscience qu'il a affaire à quelqu'un bien plus secrète qu'elle n'en a l'air.

 

La force de Wonder Woman est de présenter ses pouvoirs comme quelque chose de naturel. Elle parle toutes les langues, possède une force surhumaine, peut dévier les balles et son agilité n'a rien à envier à celle de Superman. Le spectateur sait qu'elle est une guerrière née puisqu'il l'a vue terrasser Doomsday dans BVS. Mais la façon naturelle dont Gal Gadot s'est emparée du rôle force le respect. C'est elle qui fait croire au spectateur qu'elle possède tous ses dons. De ce fait, le film n'a pas besoin d'explications superflues. Et si cette partie est pauvre en action, elle va poser tous les enjeux de l'histoire.

 

Enfin, le dernier et long acte voit l'héroïne en action. D'abord sur les champs de bataille, puis contre les armes secrètes allemandes et enfin contre Arès. Quand on sait que l'histoire originale vient de Zack Snyder, on comprend mieux que ce troisième acte soit si riche en action, même s'il ne tombe pas dans la surenchère gratuite. Car ce qu'accomplit Diana est dicté par son coeur, pas par sa colère ou par un sentiment d'injustice. Personnage au coeur aussi pur que celui de Superman, Diana veut réellement mettre fin à la guerre et offrir aux hommes la paix qu'elle connaissait sur son île. On comprend que la brutalité des scènes auxquelles elle va assister va ébranler sa foi et la conduire vers le personnage quelque peu cynique et désabusé de BVS.

 

L'une des bonnes trouvailles du film est d'avoir mis Diana à la tête d'une petite escouade de soldats tous très différents les uns des autres (d'où la fameuse photo). Cette idée permet d'alléger le ton de la dernière partie et de démultiplier les points de vue lors des scènes finales, même si le combat entre Wonder Woman et Arès va focaliser l'action du spectateur. Un duel très spectaculaire et qui, après avoir offert deux actes finalement très terre à terre, remet le film dans sa dimension  mythologique.

 

Wonder Woman est donc une réussite quasi-totale (tout juste peut-on noter une baisse de rythme au deuxième tiers du film et quelques dialogues un peu mièvres), portée par une réalisatrice et une actrice totalement habitées par leur sujet. Le succès mondial du film, le fait qu'il sera le film de super-héros le plus vu aux USA cette année est amplement mérité. Et dans le contexte nauséabond de l'affaire Weinstein et autres pervers hollywoodien, il arrive pile au bon moment pour balancer un sacré pavé dans la mare : oui une femme peut tenir à bout de bras un blockbusters, en faire une réussite visuelle et obtenir un triomphe mondial. Puisse l'industrie du cinéma en tenir compte !

 

Quelques mots sur le Blu-Ray. L'image et le son sont superbes, avec de très bonnes pistes arrières lors des scènes de combat. Franchement , Warner ne se moque pas de nous. Quand au long making of, divisé en une dizaine de modules, il est à l'image du film : brillant, bien écrit, très didactique et surtout il rend bien hommage à toutes les femmes qui ont travaillé sur le projet, avec une mention spéciale quand une classe de jeunes filles désirant travailler dans le cinéma viennent visiter le projet ! Les vrais Wonder Women, ce sont elles finalement : des femmes et des filles qui désirent prendre d'assaut un monde patriarcal, non pas pour le singer, mais pour l'améliorer.

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