C’était l’un de nos plus grands
cinéastes. Il s’est éteint hier à l’âge canonique de 80 ans.
Elève à l’IDHEC, assistant de Marcel Carné ,Pierre Granier-Deferre a réalisé son premier grand film en 1962. 25 vont suivre dont plusieurs chefs d’œuvre comme Le chat , Adieu Poulet, La Veuve
Couderc, L’étoile du Nord, Le Toubib (un excellent film d’anticipation sur la 3e guerre mondiale), La race des seigneurs… 8 de ses films ont dépassé le million d’entrée.
Il a fait tourner les plus grands acteurs français dans les années 60 et 70 : Delon, Ventura, Gabin, Simone Signoret, Romy Schneider, Patrick Deweare.
Son dernier film fut Le petit garçon en 1995. Sa carrière s’était singulièrement ralenti dans les années 80 puisqu’il ne fera que 2 films après L’étoile du Nord (L’ami de Vincent et Cours privé,
ils auront du mal à trouver public)
Granier-Deferre se considérait comme un cinéaste de chambre et il faisait primer la psychologie sur l’action « qu’il ne méprisait pas ». Il adaptait lui même le plus souvent des romans où ,
souvent, la folie se cachait parmi les plus ordinaires des personnages.
Le cinéaste était marié à Anne Fratellini, la grande actrice de cirque. Il était père de 5 enfants et autant de petits-enfants. Quelque peu
oublié aujourd’hui, comme beaucoup de grands artisans du cinéma français, sa mort va enfin le remettre sur le devant de la scène, provisoirement.
Mais même ainsi, on ne pourra que se scandaliser de voir que France 2 ne programmera qu’un de ses épisodes de Maigret avec Bruno Cremer qu’il avait réalisé pour la télévision tandis que ses plus
grands films comme Le Toubib (mon préféré) sont absents des écrans depuis des lustres….
David Cronenberg aime la France,
paraît-il. Mais la France l’aime, ça c’est sûr. Son nouveau film, Les promesses de l’Ombre se classe très facilement en tête d’un marché en forte baisse (1,6 millions d’entrées en moins, vacances
terminées obligent) avec 309 843 spectateurs. Le thriller avec Virgo Mortensen, Naomi Watts et Vincent Cassel (qui continue donc son exceptionnelle carrière américaine) n’a pas trop bien marché
aux USA (17 millions de dollars mais seulement 1400 cinémas au plus fort de sa sortie) mais cela, le réalisateur canadien y est habitué. History of Violence avait fait le double. Quoi qu’il en
soit, cette histoire où une sage femme enquête sur la mort d’une jeune prostituée russe morte en couche a eu suffisamment de punch pour se propulser en tête du BO. Dommage que le public français
ne soit pas plus curieux quand un thriller est franco-français !!
L’autre nouveauté, Dans la vallée d’Elah, avec Tommy Lee Jones, accroche la 3e place. Ce nouveau film sur (contre) la guerre en Irak a attiré 185 958 spectateurs. La présence de Susan Sarandon ne
doit pas surprendre puisqu'elle est une oposante farouche à Bush ainsi que son mari Tim Robbins. Cela dit le couple n'a pas fait comme Sean Penn , qui avait rendu une visite très médiatisée
(et scandaleuse) à Saddam Hussein. L’acteur était d’ailleurs reparti « enchanté et charmé ». Comme quoi, les dictateurs responsables de plus de 2 millions de morts peuvent avoir un certain
charme. Dans la vallée d’Elah a été un cruel échec aux USA (6,5 millions de dollars seulement) et il ne marche pas beaucoup mieux dans le reste du monde. À l’heure où l’Irak s’achemine vers la
paix (il y a 12 fois moins de tués ces derniers mois qu’il y a un an, et même les milices sunnites s’allient à l’US Army pour éradiquer Al Quaïda), il est clair que ce pays n’intéresse plus grand
monde. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Dommage donc pour Paul Haggis, auteur de l’excellent Collision.
Le reste du BO est constitué de film en continuité dont 4 millionnaires.
Le cœur des Hommes 2 reste à la 2e place avec 1 300 999 spectateurs. Il a largement dépassé le score du premier opus.
Les rois de la glisse souffre de la fin des vacances, dégringolant de 68% et pointant à la 4e place avec 1 187 636 fans de pingouins surfers. Ce n’est pas si mal aux vues de son démarrage.
Un jour sur Terre, l’extraordinaire documentaire de la BBC passe le million, à la 6e place : 1 048 632 spectateurs.
Enfin, 9e, Un secret frôle les 1,5 millions avec 1 492 958 entrées. Un très beau succès pour Claude Miller qui n’en avait pas connu de tel depuis bien longtemps. Il en profite aussi pour obtenir
la plus petite baisse du top (29%)
L’heure Zéro en 2e semaine cumule 376 594. L’adaptation d’Agatha Christie ne fait pas vraiment courir les foules, mais ce score reste honnête si l’on regarde le marché.
Par contre, Le rêve de Cassandre ne parvient pas à émerger : 298 146 entrées en deux semaines, c’est peu pour un Woody Allen habitué à passer le million régulièrement chez nous.
Enfin, les deux grosses productions US de la semaine dernière ont très mal négocié leur passage à la vie sans vacances. Le Royaume perd 59% d’entrées pour cumuler 342 258 entrées. Dommage, il
méritait mieux !! Les portes du temps plonge de 63% avec un score de 283 728 spectateurs. Là aussi, on peut penser que le film pouvait mieux faire.
Ce mercredi, c’est American Gangster qui domine le marché et qui devrait être le nouveau leader la semaine prochaine.
Top 10 2007 Ratatouille 7 606 776 entrées Spider-Man 3 6 290 715 entrées Harry Potter et l'ordre du Phénix 6 142
012 entrées Pirates des Caraïbes 3 5 758 064 entrées Shrek le troisième 5 487 727 entrées La Môme 5 108
715 entrées Taxi 4 4 562 928 entrées Les Simpsons 3 481 511 entrées La
nuit au musée 2 251 909 entrées
Ce week end aux USA sort le dernier Zemeckis, Beowulf (le 21 novembre chez nous). Le film d'héroïc fantasy a la lourde tâche de faire oublier le navet avec
Christophe Lambert (quoique, cela ne devrait pas être trop difficile) mais surtout montrer que ce type de cinéma a un avenir.
Pole Express , il y a 3 ans, avait montré que l'on pouvait faire un film avec 3 acteurs et des tas d'ordinateurs. Mais le résultat , très stylisé, avait partagé. Et même si la technonlogie
permettait d'y inclure des scènes difficilemment réalisables en live, certains spectateurs ont trouvé le résultat trop froid, notamment au niveau des visages. Zemeckis visant le
conte, il n'était pas tenu au réalisme , cependant.
Pour Beowulf, la bande annonce ne montre pas de plans qui semblent impossibles en live. On peut donc se poser la question de l'interêt d'un tel film. Pari artistique ? tentative de dépasser Final
Fantasy (qui il y a 6 ans semble avoir déjà fait le tour de la question) ? volonté de détruire le cinéma actuel ? délire mégalomaniaque ? ou tout simplement un film de plus dans la
filmographie déjà riche de Zemeckis qui, mine de rien, est le cinéaste qui, avec Cameron ou Lucas, aura fait le plus avancer les effets visuels depuis des années ?
En attendant, vous pouvez regarder la bande annonce et vous faire vos impressions.
Inversion des
rôles aux USA. La semaine dernière, Bee Movie espérait la première place mais se l’était fait chipée par American Gangster. Cette semaine, grâce à une baisse moins forte que le thriller de Ridley
Scott mais aussi un nombre plus important de salles, le dessin animé de Dreamworks a repris la tête du box-office américain et cumule désormais 71,8 millions de dollars.
Bee Movie subit pourtant une baisse supérieure à ce que d’autres films d’animation sortis à la même époque avaient dû faire face. Ainsi Les
indestructibles ont perdu 29% d’entrées, Chicken Little 21% et Souris City 12% !! Bee Movie baisse de 33%. Problème le film a coûté 150 millions de dollars et les prévisions de fin de carrière
sont désormais de 120 !! Pas trop grave, l’international rattrapera. Cela dit, on ne peut que s’inquiéter de cette inflation délirante dans les films d’animation. Pour rappel, il y a 10 ans,
Hercule avait coûté 40 millions de dollars !!
American Gangsters perd sa place de leader, mais n’en cumule pas moins 80,4 millions. Il est clair que Denzel Washington va dépasser les 115,6 millions
de Remember The Titans, son plus gros succès. Quant à Russel Crowe, il placera le film de Ridley Scott en 2e dans sa filmographie après les 183 millions de Gladiator !! Pour Ridley, il va placer
son polar entre les 108 millions de La chute du Faucon noir et les 165 millions d’Hannibal. Sacré retour en grâce d’un des plus grands maîtres du cinéma actuel !! Pour Universal, ce sera le 3e
hit de l’année après La vengeance dans la Peau et Knocked Up.
Les USA ont cette particularité de sortir les films sur Noël en …Novembre. Fred Clauss, avec Vince Vaughn et Paul Giamatti n’échappe donc pas à la
règle. Mais avec 18,5 millions dans plus de 3600 cinémas (et une médiocre moyenne de 5 139$ par salle), cette histoire brodée autour du frère aîné du Père Noël n’est pas à la hauteur des
espérances suscitées. Mine de rien, Fred Clauss est le 2e film de l’année après Les rois de la glisse à bénéficier de plus de 3 500 cinémas mais à démarrer à moins de 30 millions
!!
Mais ce score, Lions for Lamb aurait adoré l’avoir. Tom Cruise essuie en effet l’échec le plus cuisant de sa carrière avec seulement 6,7 millions.
Robert Redford (qui a également dirigé le film) et Meryl Streep n’ont pas réussi à sauver cette nouvelle critique de l’administration Bush du naufrage. Pour Cruise, c’est la pire ouverture depuis
…Légende en 1986. C’est également la fin d’une série consécutive de 13 ouvertures à la 1e place du BO (en exceptant Magnolia mais Cruise n’avait pas la tête d’affiche). L’attitude de la star
vis-à-vis de la Scientologie a sans doute fait beaucoup pour cette perte de popularité. Tom Cruise aurait mieux fait de laisser sa religion dans la sphère privée plutôt que de l’étaler au grand
jour.
P2, un film d’épouvante est la dernière nouveauté de ce top 10. Mais avec 2 083 398 (et 977$ de recettes par salle) pour une 9e place, c’est aussi un
échec brutal !! Avec Saw IV et 30 Say of night , il n’y a plus de place pour un 3e film d’horreur.
La comédie Dan in the Real Real ferme le top 5 avec la plus faible baisse (seulement 23,7%) et un cumul de 30,8 millions. Pas un triomphe mais une
performance honorable.
Saw IV ne réitèrera pas le succès des épisodes III et IV. La séquelle horrifique prend encore la plus grosse baisse du top. Certes, 58 millions en 3
semaines, ce n’est pas rien, mais les deux films précédents avaient dépassé les 80 millions de dollars !! Pour le moment, cet épisode IV n’a battu que les 55,1 millions du premier
opus.
The Game Plan suit à la 7e place avec 85,4 millions. Finalement, The Rock a un peu de mal à atteindre la barre des 100 millions qui lui était pourtant
promise après ses 10 premiers jours. Que cela ne tienne, c’est tout de même un beau succès pour l’ex-catcher.
30 days of night est au-delà de son budget avec 37,4 millions. On pouvait cependant espérer plus.
Enfin, Martian Child ferme la marche avec 6,1 millions seulement en 10 jours. Un sacré bide !!
En dehors du top 10, notons les 1,2 millions du nouveau film des frères Cohen No Country for old men qui n’est sorti que dans 28 cinémas !
Top 10 2007
Spider-Man 3 336,5
millions Shrek le troisième 321 millions Transformers
319 millions Pirates des Caraïbes 3 309,4 millions Harry
Potter et l'ordre du Phénix 291,8 millions The Bourne ultimatum
227 millions 300 210,4 millions Ratatouille 205,9 millions The
Simpsons 182,9 millions Wild Hogs 168,2
millions
Et oui, il n'y a pas que la France qui soit touchée par les conflits sociaux. La riante Amérique voit aussi ses ...scénaristes se mettre en grève.
Le puissant syndicat des auteurs (Writers Guild of America) réclame une revalorisation de leurs droits d'auteur sur les ventes de DVD et la diffusion de films et émissions de télé sur
Internet.
A priori, ce conflit social ne vous passionne pas, mais sachez que vos séries préférées sont (ou peuvent être) menacées d'interruption de tournage ou de fin précipitées. En effet, pas de
scénariste égal pas de script. Et pas de script égal pas de tournage ! Petit tour des séries actuellement sur le qui-vive.
Les Desperate Housewives sont solidaires avec leurs (excellents) auteurs. Les femmes désespérées ont terminé la semaine dernière le tournage du dernier scénario disponible et
elles s'en sont retournées à leur foyer. La chaîne dispose des neuf premiers épisodes de la saison 4. De quoi tenir jusqu'au 2 décembre...
Même combat pour les médecins de Grey's Anatomy. Ils devraient cesser de tourner le 13 ou le 14 novembre le dernier épisode à leur disposition. La chaîne aura à sa possession la
moitié de la saison !
24h chrono est en panne. Faute de posséder déjà les 24 épisodes, la septième saison des aventures de Jack Bauer est tout simplement annulée. Il faut dire que la série connaît
tout un tas de problèmes, notamment de scénario. Sa diffusion, qui devait débutée début janvier, a été repoussée.
Selon les séries, le nombre d'épisodes déjà en stock varie. Avec 14 épisodes déjà en boite, les plasticiens Nip/Tuck peuvent tenir en haleine leurs patients jusqu'au mois de
février. Leur confrère le Dr House a 6 épisodes en réserve. Il pourra sans problème revenir comme prévu en janvier 2008.
ABC a pris la décision contraire pour Lost. La chaîne a décidé d'avancer la diffusion de ses 8 épisodes déjà en boite. Ceux-ci seront programmés quelque soit le sort des 8 autres
épisodes prévus. Ils pourront sans problème être diffusés la saison prochaine.
Les évadés de Prison Break ont en boite les 8 premiers épisodes de la saison 4. La suite devait être diffusée à partir de janvier.
La grève pourrait même bénéficier à Jericho. En effet, les 7 épisodes commandés par CBS déjà tournés, ils pourront être programmés à tout moment en cas de retard sur les séries
phares.
Sont également en boite : Scrubs (12 épisodes sur 18), Gossip Girl (13 épisodes), Dirty Sexy Money (entre 11 et 13 ép. Terminés), Les
Experts : Miami (13 scénarios en réserve), New York Unité Spéciale (14 ép.)...
Heroes, vous connaissez ? Sans doute que oui. Pour ma part, je n’avais vu aucun épisode avant la semaine dernière. Diffusée durant les vacances, la série
phénomène (comme on dit pour faire bien) m’avait échappée car, pendant les vacances, je ne suis pas là. Et je vis sans télé. Donc…
Bon, trêve de bavardage, j’ai découvert Heroes avec du retard, mais je n’en ai pas moins apprécié la série !! Les deux premiers épisodes sont franchement enthousiasmants. La mise en place
des personnages est très fine et la multiplicité des points de vue et des lieux (Dallas, New York, le Japon, l’Inde….) permet à la fois d’éviter la lassitude et de lancer la série dans de
multiples directions.
Le pitch, lui, est carrément génial. Dans notre monde, une poignée d’hommes, de femmes, jeunes ou moins jeunes, se découvrent des pouvoirs : téléportation, invulnérabilité, possibilité de voler
dans les airs, lecture de pensée, prévisions de l’avenir…. Chacun croit être unique, mais il est clair qu’ils vont forcément se rapprocher.
Un jeune professeur indien dont le père vient d’être assassiné va commencer à s’intéresser aux travaux paternels que jusque-là, il dédaignait quelque peu. Or, son père croyait en la théorie selon
laquelle l’humanité faisait régulièrement des bonds en avant évolutifs. Dans ces deux épisodes, il n’a encore rencontré aucun « héros », mais il commence à entrevoir un complot contre
les travaux de son père.
Rapidement, l’intrigue se met en place. Une stripteaseuse se découvre une seconde personnalité, une pom pom girl s’interroge sur ses origines tandis que son père adoptif semble ne pas être dans
le bon camp, un jeune idéaliste découvre que son frère, véritable requin de la politique, peut voler et qu’il a lui-même ce don, un peintre héroïnomane entrevoit un futur apocalyptique, futur
qu’un jeune Japonais va également vivre…
Rien que cela ferait une série passionnante, mais Tim Kring rajoute un complot et surtout une menace contre les héros, une menace nommée Sylar (si j’ai bien compris le nom) qui tue les
personnages en leur dévorant la cervelle.
La mise en scène est très classique et les effets visuels sont, pour le moment, plutôt réussis quoique peu spectaculaires. Mais il est clair que ce n’est pas ce qui intéresse les scénaristes : la
psychologie des personnages priment nettement plus que le côté plein la vue !!
Logique que Heroes soit devenue un tel phénomène aux vues de ces deux premiers épisodes. J’ai franchement hâte de voir la suite !!
Les vacances sont là, les enfants vont au cinéma et Les rois de la glisse remontent d’un rang, se jouant des 6 (six !!) nouveautés du top 10.
Le dessin animé de Sony qui fut un succès moyen aux USA bondit chez nous de 27% pour atteindre 1 008 575 entrées en 14 jours, ravissant ainsi la 1e place au Cœur des hommes 2 qui passe
aussi le million avec 1 047 612 (et une baisse modérée de 20%).
Cette performance des Rois de la glisse n’est pas une surprise. En effet, les pingouins animés n’avaient quasiment pas de concurrence malgré la pléthore de nouveauté et sortir le film un peu
avant les vacances de la Toussaint lui a permis de prendre de l’avance sur ses concurrents.
Le cœur des hommes 2 perd donc sa place de leader, mais son score lui permet d’être certain de faire mieux que les 1,2 millions du premier opus. La diffusion en prime sur TF1 samedi soir de la
première aventure de ces quinquagénaire devrait amplifier le succès de la séquelle.
Première des 6 nouveautés du top 10, Le Royaume n’a pas tout à fait réussi sa sortie. 242 603 est peut-être un score honorable dans un contexte de forte concurrence, mais c’est tout de même un
peu léger. Il est vrai que le film de Peter Berg, ouvertement Républicain, a sans doute dû en faire tousser plus d’un dans les salles de rédaction de la presse ciné. Cela dit, en faisant
abstraction de l’opinion du film, Le Royaume, excellent film d’action et profonde réflexion sur le terrorisme méritait mieux encore que cette 3e place.
L’heure zéro suit de près avec 204 164 entrées. Réalisée par Pascal Thomas, cette adaptation d’Agatha Christie affiche une pléiade d’acteurs comme Laura Smet, François Morel, Danielle Darrieux,
Chiara Mastroianni met en scène un crime quasi parfait dans un lieux à huis clos comme les affectionne la romancière. Avec une promo somme toute discrète, le film ne s’en tire pas trop mal.
Une semaine après Stardust et quelques semaines avant La boussole d’or, Les portes du temps a tenté de profiter des vacances pour attirer le jeune public fan d’Harry Potter ou Eragon. Mais force
est de reconnaître que cela n’a pas vraiment marché. Sans stars à l’affiche, avec une notoriété proche de zéro (on est loin d’un titre connu comme Narnia), le film n’a attiré que 206 890
spectateurs. Et encore, ce score aurait été moindre si le métrage était sorti hors période scolaire.
Autre score moyen, mais qui réjouira notre ami Frédéric qui, comme moi, n’apprécie pas vraiment ce type de film, Supergrave (Superbad en anglais) arrive en 6e position avec 200 505 amateurs de
comédie grassouillette !! Le film a fait nettement mieux aux USA. Il est vrai que le public US est plus réceptif à ce genre d’humour même si en France, un pitre comme Michael Youn fait souvent
recette.
À la 7e place, le dernier Woody Allen, Le rêve de Cassandre avec Colin Farell, Ewan Mc Gregor et Tom Wilkinson (entre autres) démarre mollement avec 195 577 entrées. Le pitch tranche un peu avec
les derniers films du cinéaste new yorkais puisqu’on y voit deux frères qui, après s’être acheté un voilier , se trouvent avec quelques ennuis d’argent (une dette de jeu s’ajoutant à la dépense).
Ils vont devoir demander de l’aide à leur oncle qui va exiger un petit service en échange. Rappelons que Cassandre, dans la mythologie grecque était condamnée à voir l’avenir en noir mais sans
que personne ne la croit.
Enfin, Le dernier gang est aussi la dernière nouveauté du top. Inspiré de l’histoire du gang des Postiches, le film d’Ariel Zeitoun a rassemblé 183 532 spectateurs. Après le score très
moyen du pourtant très beau 2e souffle, c’est le 2e polar à fonctionner de manière aussi décevante en 2 semaines ! Notez que le gang des postiches avait déjà inspiré Olivier Marshall pour 36 quai
des orfèvres.
Après toutes ces nouveautés, on retrouve Un jour sur Terre à la 9e place qui cumule 933 496 entrées. Le documentaire anglais passera le million sans doute la semaine prochaine tandis que Rush
Hour 3 ferme la marche avec 724 587 spectateurs.
En dehors du top ten , le très beau documentaire sur la naissance à travers le monde, Le premier cri, démarre à la 12e place avec un score décevant de 138 773 spectateurs. Franchement,
j’espérais beaucoup plus pour ce film qui nous concerne tous.
Enfin, Le 2e souffle d’Alain Corneau, très beau remake du classique de Melville ne parvient pas à séduire plus que cela : 392 882 entrées seulement en 2 semaines. Dommage.
Top 10 2007
Ratatouille 7 606 776
entrées Spider-Man 3 6 290 715 entrées Harry Potter et l'ordre du
Phénix 6 142 012 entrées Pirates des Caraïbes 3 5 758 064
entrées Shrek le troisième 5 487 727 entrées La Môme 5 108 715 entrées Taxi 4 4 562
928 entrées Les Simpsons 3 481 511 entrées La nuit au musée 2 251 909 entrées Die Hard 4 2 234 267 entrées
Après une évasion réussie, un ancien truand, de la vieille école, tente de s’enfuir en Italie. Mais très vite son passé va le rattraper et il va comprendre que le milieu a changé.
Sa cavale va se transformer en une longue trainée de sang...
À l’origine du film d’Alain Corneau, on trouve une œuvre un peu méconnue de Jean-Pierre Melville de 1966 (Le samouraï, Le cercle Rouge) tirée elle-même d’un roman de José Giovanni. Melville avait
utilisé Lino Ventura et avait filmé en noir&blanc. Corneau emploie Daniel Auteuil (stupéfiant) et filme dans des couleurs chaudes, des tons orange, jaunes, rouge… sang !!
Comme l’original, le film se situe dans les années 60 et il devient alors clair que, au-delà du remake, Corneau a voulu rendre hommage au maître du polar français. Melville a inspiré John Woo
(The Killer est un démarquage du Samouraï), Scorcese, Ringo Lam… Corneau lui a voulu faire revivre l’époque flamboyante de ces gangsters élégants, portant costumes et cravates, flinguant en gants
et se liant les uns aux autres par une parole sacrée.
En montrant la descente aux enfers de Gu, un truand qui vient de passer 10 ans en prison et qui ne sait pas saisir sa chance de disparaître anonymement, obnubilé par son code de l’honneur,
Corneau nous place dans une situation délicate. Car comment admirer un héros qui tue de sang froid pour retrouver son honneur ou pour se faire de l’agent facilement ? Certes, en plaçant des
truands moins regardants sur l’honneur, Gilbert Melky et Nicholas Duvauchelle en tête, Corneau relativise la brutalité et la sauvagerie de Gu. Mais, et c’est là le tour de force de ce film
impeccable et réussi, on se prend à espérer pour Gu. On le voit évoluer, tel un dinosaure, dans un monde de brutes où seuls sa femme (Monica Belluci, sublime) et quelques vieux complices
(Cantonna, épatant, Dutronc, tout en finesse) ont encore confiance en lui.
Corneau aime le cinéma américain. Il lui emprunte certains de ses tics et de ses codes, mais demeure très très classique. Il lui emprunte aussi une violence parfois outrancière. Ici, les
fusillades font très mal, le sang gicle et les cadavres s’accumulent tout au long du métrage. On meurt dans la souffrance et la caméra ne nous épargne que peu de détails. Ames sensibles
s’abstenir donc mais ces éclats de violences restent ponctuels et ne sont jamais gratuits. D’autant que le cinéaste les contrebalance par des dialogues impeccables, tout droit sortis du livre de
Giovanni. Michel Blanc, incroyable en commissaire qui ne peut s’empêcher d’admirer Gu et qui rêve sans doute de le rejoindre de l’autre côté de la barrière, déclame un texte que l’on croirait
issu des meilleurs polars des années 50 et 60, à l’époque où le dialogue était au service de l’image et non pas un véhicule à bons mots !! C’est d’ailleurs au travers de ce personnage, de ce flic
tenace , que Melville mettait en avant son admiration pour les personnages quasi parfaits et d’une moralité irréprochable. Blanc met toute son énergie à capturer Gu mais se refuse à utiliser les
méthodes barbares du policier marseillais.
Corneau adopte aussi le rythme lent du cinéma de Melville. Lent mais pas long, nuance !! Si l’action peut parfois s’étirer, c’est parce que le script prend son temps, ne noie pas le spectateur
sous un déluge de référence… En fait, Le 2e souffle est un vrai film à l’ancienne, filmé avec les techniques de maintenant (il est clair que le numérique a été utilisé pour modifier
considérablement les couleurs !!) mais le rythme des 60’s. Un OVNI dans la production française actuelle qui a souvent tendance à confondre efficacité et hystérie !!
En adaptant de nouveau le classique de José Giovanni, Corneau fait plus que rendre hommage, il réalise un véritable film d’auteur, une vraie perle noire et montre à tous ceux qui pensaient le
contraire que, non, le cinéma français peut encore se montrer digne, sans tomber dans la copie de bas étage !!
Après un attentat terroriste particulièrement sanglant en Arabie Saoudite sur des ressortissants américains, un petit groupe d’agent du FBI obtient le droit d’enquêter
sur place….
En 2007, 300 a été un premier assaut contre le politiquement correct d’Hollywood, un film ouvertement néo-conservateur qui lui a d’ailleurs valu la haine
de toute la presse cinéma française.
Le Royaume est le deuxième coup de poing dans la façade de cette attitude qui consiste à rendre l’administration Bush responsable de tous les maux.
Réalisé par Peter Berg (à qui on doit Friday Night Lights, un film sur le football universitaire) et produit par Michael Mann, Le Royaume est le premier film à aborder de manière frontale le
terrorisme islamisme, sans œillères.
On ne peut que saluer le courage de Jamie Foxx et Jennifer Gardner qui ont osé jouer dans un film ouvertement Républicain, un film où les héros cherchent
non pas à comprendre le terrorisme islamiste en le posant comme une « réponse à l’attitude américaine » mais à le combattre sans état d’âmes. Berg affiche clairement ses opinions en montrant le
héros apprendre l’attentat dans une …école !! Comme Bush en 2001.
Le Royaume montre l’enquête difficile d’agents du FBI dans un pays hostile à la présence américaine mais aussi la préparation minutieuse des attentats,
l’endoctrinement des plus jeunes, l’antisémitisme des foules arabes. Une scène insoutenable montre ainsi des gamins jouant à des jeux vidéos où le but est de tuer le maximum de soldats
américains. Insoutenable car ferment de haine future.
Brutal, le film l’est. Les attentats ne font pas l’objet de pudiques hors champs, bien au contraire. La sauvagerie des meurtres, le jusqu’au boutisme et
la lâcheté qui consistent à tuer le maximum de civils montrent qu’on est bien au-delà de l’habituel discours sur les damnés de la Terre qui tentent de venger leur humiliation.
Peter Berg ne s’embarrasse pas de tabous. Il ose rappeler que 11 terroristes sur 15, le 11 septembre, étaient saoudiens. Il ose montrer un clone d’Osama
se servir de ses enfants comme bouclier, il ose montrer des nazislamistes enlever un agent US pour tenter de l’égorger devant une caméra. Il ose montrer l’attitude parfois brutale des saoudiens
envers les femmes. (Jennifer Gardner n’a pas le droit de toucher le corps d’un musulman mort qu’elle doit pourtant autopsier) Il ose montrer comment les terroristes font leur propagande sur le
net. Mais surtout, surtout , il ose montrer des agents du FBI agir par esprit de justice.
Mais l’aspect le plus intéressant est la description de la société saoudienne, société pleine de paradoxe où la modernité côtoie les coutumes les plus
anciennes de l’Islam. En introduisant le personnage du policier saoudien, un homme intègre, bon musulman et qui ne juge pas les autres à leur religion ou leur couleur de peau, le film permet à
Jamie Foxx de trouver un « frère d’armes », un homme sur qui il va entièrement laisser reposer sa vie quand il s’agira d’agir contre un nid de terroriste. Le film montre les policiers dans leur
vie quotidienne, les montre quelque peu désabusés par la violence de leur congénère. Ces moments permettent certes au film de respirer, mais surtout montrent bien que, face à un ennemi qui n’a
pas peur de mourir, seule la solidarité permettra de s’en sortir.
En explorant l’Arabie Saoudite de l’intérieure, et en n’excluant aucun de ses aspects (on passe des palais des Princes aux refuges islamistes surpeuplés,
sans oublier les zones pour occidentaux où une scène stupéfiante montre un homme dont la femme a été tuée par les terroristes se demander publiquement si le Coran autorise le meurtre
d’innocents), le film se refuse à tout manichéisme. Il ne juge pas l’Islam le montrant sous toutes ces facettes, ne sous-titre pas à outrance plaçant le spectateur dans la même position que les
protagonistes US et surtout se refuse à faire du sentimentalisme déplacé. Ici, les terroristes n’ont pas d’excuses, seule la haine les meut, comme le montre la phrase finale, terrifiante car
prononcée par une enfant !!
Le Royaume est un OVNI dans l’Hollywood actuel. Il est également le seul film sur la guerre en cours qui ait à peu près marché aux USA et dans le reste
du monde. Mais surtout, il est la preuve qu’un autre discours existe, que tous les cinéastes ne passent pas par les fourches caudines du politiquement correct. Peter Berg, Jamie Foxx, Jennifer
Gardner sont, au final, de vrais patriotes, qui osent dire à la face de leurs pays : nous avons raison de combattre le terrorisme !!
On pourrait reprocher à Berg une mise en scène parfois trop "caméra à l'épaule" qui rend peu lisible certaines scènes d'action, ainsi que l'emploi
trop fréquent d'images floues qui se stabilisent. En fait , Berg a voulu insuffler au métrage un côté documentaire et se plie à la nouvelle grammaire filmique en vogue depuis quelques années aux
USA. Mais mis à part ce détail (qui rapidement s'estompe, le temps que l'on s'habitue) , Le Royaume est un parfait film sur la 4e guerre mondiale.
Par les temps qui court, c’est suffisamment rare pour être signalé. On attend maintenant le film avec Harrison Ford sur la reprise en main du bastion
islamiste irakien de Faloudja en 2004 que l’on nous annonce depuis deux ans désormais !!
Ridley Scott pas mort !! Ceux qui l’ont enterré suite à l’échec cuisant d’Une bonne année et au semi-échec de Kingdom
of Heaven peuvent s’en mordre les doigts. American Gangster vient de s’emparer de la place de numéro 1, au nez et à la barbe de Bee Movie, le dernier dessin animé Dreamworks, pourtant sorti
dans 1000 cinémas de plus !!
Avec 43,6 millions, Scott obtient la 2e meilleure ouverture de sa carrière (la première restant Hannibal en 2001) pour une moyenne de 14 256 $ dans 3054 cinémas. Denzel Washington et Russel
Crowe, eux, dépassent leur meilleur score respectif de Inside Man (29 millions) et Gladiator (34,8). Le film raconte la montée en puissance d’un parrain noir de Harlem dans le marché de
l’héroïne. Scott s’est directement inspiré de la saga du Parrain et impose donc sa patte sur un genre très particulier, celui du film maffieux, dominé par Scorsese ou Coppola.
La longue durée du film (2h40) n’a pas empêché ce score et les bonnes critiques devraient lui permettre de faire une longue carrière. Avec la sortie du coffret DVD contenant toutes ses versions
de Blade Runner, 2007 est donc une excellente année pour Ridley Scott, l’un de mes cinéastes préférés !!
Du coup, Bee Movie, malgré ses 3 928 cinémas doit se contenter de la 2e place et de 38 millions (soit une moyenne de 9 679 $ par salle). Après les fourmis, Bee
Movie s’intéresse aux abeilles. Son démarrage est en deçà de celui de Happy Feet (45 millions) et Chicken Little (38), sortis à la même époque. Il fait également moins bien que Shrek 3 (121,6),
Simpsons (74) et Ratatouille (47). Pourtant, le film n’avait aucune concurrence ce week-end, si ce n’est The Game Plan.
Enfin, la dernière nouveauté, Martian Child avec John Cusack démarre à la 7e place avec 3,4 millions. Un échec cuisant pour ce drame qui narre l’histoire d’un homme qui adopte un enfant qui se
dit venir de mars.
En continuité, Saw IV perd 67% d’entrées pour un cumul de 50,4 millions. La séquelle horrifique fera moins bien que le 2 et le 3 à ce rythme, avec un score final qui devrait atteindre tout juste
les 70 millions. La lassitude commence sans doute à se faire sentir. Du coup, on échappera peut-être à Saw VI.
Par comparaison, Dan in the Real Life ne baisse que 33% pour un cumul de 22,7 millions. La comédie romantique est jouée dans moins de 2000 cinémas et ce score est donc satisfaisant.
The Game Plan reste dans le top 5 avec 82 millions. Le film de The Rock a perdu 498 salles, mais reste en piste pour les 100 millions.
À la 6e place, 30 days of night cumule 33 millions. L’arrivée de Saw IV et American Gangster lui a fait énormément de mal.
Why Did I Get Maried, de Tyler Perry passe la barre des 50 millions avec 51 millions, mais marque également le pas.
Enfin, Gone Baby Gone, le thriller de Ben Affleck clôt le top 10 avec 14,7 millions.
Top 10 2007 Spider-Man 3 336,5 millions Shrek le troisième 321 millions Transformers 319
millions Pirates des Caraïbes 3 309,4 millions Harry Potter et l'ordre du
Phénix 291,7 millions The Bourne ultimatum 226,7
millions 300 210,4 millions Ratatouille 205,6 millions The Simpsons
182,9 millions Wild Hogs 168,2 millions (Consultez le classement complet sur la page Cumul
2007)