The Bourne Ultimatum : la BA
En voici les bandes annonces américaines (attention, il y a un petit décalage, entre le son et l'image sur la première) qui montre que la formule n'a pas changé : cascades à l'ancienne et suspens à couper au couteau.
Le public avait le choix entre trois nouveautés : une comédie classée R , Superbad, un 3e remake du chef d'oeuvre de Don Siegel , The Invasion et
un péplum, The Last Légion. Il a donc choisi Superbad et de très loin puisque le film produit par Judd Apatow a ouvert avec 33,1 millions de dollars !! Soit un peu plus que Knocked Up, qui
est dans la même veine, sorti il y a quelques mois.
Les scénaristes ont
d'ailleurs eu l'idée géniale d'utiliser le surfer d'argent, l'un des personnages les plus charismatiques de la galaxie Marvel. Hérault du grand Galactus, le dévoreur de planète (représenté ici de
manière très originale), Norrin Raad a du choisir de le servir afin que sa planète ne soit pas détruite. Personnage tourmenté par son choix ambigüe, il apparaît dans
FF 48 où il va choisi de se rebeller contre son maître après sa rencontre avec Alicia Masters (la jeune aveugle amoureuse de la chose). Galactus quittait finalement la Terre mais après lui
avoir enlevé le droit d'aller dans l'espace. Le surfer restait donc en exil sur Terre. Dans les numéros 58 à 60 , Fatalis tentait de lui voler son pouvoir cosmique. C'est donc à partir de
ces épisodes que les scénaristes ont conçu leur histoire.
Avec 3 352 077 entrées, Ratatouille a bien résisté à l'une des dernières grosses sorties de l'été, Les 4 fantastiques et le surfer d'argent (un excellent film familial ,
soit dit en passant) qui se classe second avec 710 287 entrées.
Un petit article rapide en direct d'un cyber-café de Bretagne pour vous dire que The Bourne Ultimatum, 3eme partie de la trilogie initiée par les livres de Robert
Lugdnum vient d'exploser le BO avec 70,1 millions, soit 15 millions de plus que le 2eme opus.
Pour ceux qui l'ignorent , cette série de films raconte les déboires d'un ancien tueur devenu amnésique et est servie par le jeu intense de Matt Damon !! Le film sort chez nous en septembre.
L'autre sortie importante, Underdog, une comédie Disney se contente de la 3eme place et de 12 millions.
En vrac quelque chiffres :
Les Simpsons : 128.5 M $
Harry Potter : 260 M$ (et 770 dans le monde entier)
Transformers : 296,3 M$ (545 7M$)
Et hors du top 10, Ratatouille avec 188 M$.
Prochain bulletin, heu, je ne sais pas . Je pars une semaine en Normandie sur les traces du débarquement allié de 44.
Vive les cyber-cafés.
Je viens donc de remettre à jour la barre des entrées. Petit résumé :
Les simpsons ont mis 500 000 entrées dans les dents de Transformers. Logique : le dessin animé de la Fox est bien plus connu en France que les robots de Michael Bay.
Harry Potter 5, Die Hard 4, Shrek 3 se maintiennent.
Pirates des Caraïbes 3 grapille encore pour aller à 5 663 880 entrées.
Harry Potter 5 atteint les 703 millions mondiaux (PS : le 7e livre est fabuleux) tandis que Transformers passe la barre des 530 millions
Voilà. A dans quelques jours...
Harry Potter démontre une nouvelle fois l'incroyable hypocrisie de la presse en France. Si le film n'avait pas respecté le roman en américanisant les personnages , en supprimant des péripéties ou bien en condensant 3 bouquins en 1h30 , le tollé aurait été général. Après tout la Warner est la grande spécialiste du massacre des franchises (Wild Wild West , The Avengers...) et le risque était grand. Mais la romancière JK Rowling a tenu bon : pas d'acteurs américains, pas de déménagement aux USA pour Poudlar et surtout un respect intégral du roman. La presse qui ne veut pas en rester là va donc s'acharner sur ce point : la fidélité. Ainsi donc un film qui respecte son matériel de base n'a pas droit de cité. Alors que , d'habitude, on hurle quand une virgule a sauté dans l'adaptation d'un bouquin de King, ici on hurle pour le contraire. La presse a évidemment en ligne de mire Chris Colombus, réalisateur qu'elle déteste car trop commercial à ses yeux. Et puis , comme en France, on n'aime pas le succès (on trouve cela louche que des millions d'enfants lisent des pavés de 600 pages. Mieux vaudrait pour la presse maintenir tous ces gosses dans l'ignorance, ils seraient plus réceptifs à son influence totalitaire), le triomphe d'Harry Potter ne peut qu'agacer.
Alors oui , le film n'apportera aucune surprise à ceux qui ont lu et relu les livres. Pas de développement supplémentaires, pas de personnages surprises , pas de coups de théâtre inédits, juste une vision incroyablement fidèle et visuellement superbe du film. Alors que tout le monde loue Peter Jackson pour son travail sur le seigneur des anneaux , personne ne songe à observer celui de Colombus sur Harry Potter. Car tout ce que l'on a imaginé en lisant le livre est sur l'écran : les rues commerçantes des sorciers, Poudlar, le match de Quidditch, Voldemort, la voie 9 3/4 , Touffu le chien à trois têtes.. Tout y est , respectant la philosophie et la magie du livre. 600 plans à effets visuels , tous plus invisibles les uns que les autres ont été nécessaires . Les décors sont grandioses et donnent la respiration nécessaire au film. Les interprètes, Daniel Radcliffe en tête, sont merveilleux dans le sens où on les sent nés pour le rôle. Le formidable travail d'adaptation ne trahit jamais JK Rowling. Et les 2h30 de métrage s'avèrent indispensables pour raconter toute l'histoire, mettre en place les personnages. Pas de surprises certes mais du coup pas de mauvaises surprises.
Et Harry Potter ne peut qu'enchanter les enfants et les adultes. Le rythme du film ne permet pas l'ennui et on se surprend à pousser des ah d'admiration à chaque nouveau décor, chaque nouvelle péripétie. Une réussite totale dont le triomphe ultra mérité nous laisse entrevoir une série de films passionnants, les romans étant tous supérieurs au fur et à mesure que l'on avance !!
Alors que les esthètes se préparent à faire un triomphe à Peter Jackson, il est dommage que le snobisme made in France empêchent les pisses-froids de la presse d'apprécier Harry Potter à sa juste valeur : un chef d'oeuvre du cinéma intelligent pour enfant qui a chois de ne pas se moquer d'eux en respectant à la lettre son univers.
Stronger - Better - Longer , tel pourrait être le slogan de ce 2eme tome cinématographique des aventures du petit sorcier. Un an après L'école des sorciers qui marquait déjà un aboutissement dans l'adaptation d'une oeuvre littéraire, Harry Potter revient dans un film absolument éblouissant, une réussite totale qui se permet de faire encore mieux que le premier.
Mettons par contre les choses au point. L'hypocrisie de la presse, totalement dépassée par le triomphe du premier film, est ici portée à son summum . Il y a un an , peu de gens croyaient au succès en France car peu de journalistes avaient lu les livres. Il suffisait de lire les papiers avant la sortie pour voir que les trois quarts racontaient n'importe quoi. Du coup, on glosait sur le respect trop important du film par rapport au livre alors que justement c'est cela qui a fait que le lecteur se retrouvait dans la salle. JK Rowling , n'étant pas femme à se laisser faire , avait eu son mot à dire afin que l'oeuvre de sa vie ne soit pas dénaturée par des financiers cupides, la Warner n'étant pas connu pour ses choix heureux en matière d'adaptation de surcroît. Les grincheux critiquaient donc cet aspect alors qu'ils auraient hurlé si le livre avait été trahi.
Un an plus tard, et après que L'école des sorciers soit devenu le plus gros succès après Titanic, on a de nouveau droit à des délires imaginaires et cette fois c'est le livre qui est minimisé. Oui le film est plus sombre, plus effrayant (la scène du basilic ou celle des araignées), oui l'intrigue est plus complexe, oui le ton est plus mâture. Mais TOUT ceci est dans le livre. Harry grandissant à chaque tome, ses aventures sont de plus en plus riches , de plus en plus noires (un élève meurt dans La coupe de feu). Alors, faire mine de découvrir que le film est plus "gothique" montre que l'on a pas lu le livre ou bien que l'on est un sacré hypocrite.
Colombus et son équipe ont fait un travail sensationnel : Poudlard apparaît déjà plus comme une entité menaçante, où la menace est tapi dans l'ombre. Les aspects les plus sombres du roman , qui n'a plus à jouer la carte de l'exposition, apparaissent nettement dans le film. Le scénario a choisi de resserrer l'histoire autour du trio Harry-Ron-Hermione alors que dans le roman, d'autres personnages comme Ginny sont plus développés. Les sentiments de Ginny envers Harry sont ici un peu trop transparents. Mais c'est bien là le seul défaut du film. On notera aussi la disparition de quelques scènes du livre mais l'essentiel, l'essence est présent.
Comme dans tout bon Rollercoaster, durant deux heures et quarante minutes, les situations s'enchaînent sans temps morts. L'époustouflant match de Quidditch qui voit s'affronter Harry et Ron constitue sans doute un sommet . Profitons en pour rire des délires de la presse qui estime que les effets visuels ont été grandement améliorés par rapport au premier volet, donnant l'impression que ceux réalisé pour l'école des sorciers étaient minables alors qu'ils étaient tout simplement moins complexes . Et encore .... Le voyage de la voiture volante est également exceptionnelle et l'arrivée à Poudlard sur le saule cogneur est digne de la chute de la Jeep dans le premier Jurassic Park.
Les scènes finales avec le basilic sont tout bonnement géniales et procurent cette dose de frisson bon enfant qui terrorisera les plus petits (mais qui sortiront ensuite en disant "non , j'ai pas eu peur").
Mais le coup de maître de cette adaptation réside surtout dans le casting. les nouveaux venus comme Jason Isaacs (Lucius Malefoy) ou Kenneth Brannagh (l'arrogant professeur Lockart, aussi inefficace que frimeur) sans oublier Dobby, incroyable création de synthèse complètent à merveille le trio initial du premier film. Mention spéciale pour Ron dont la bouille apeurée fait merveille dans le repère de l'araignée géante. L'univers de Poudlard est retranscrit dans ses moindres caractères (les tableaux vivants, les salles de classes...) et il serait vain de décrire tous les personnages : Neville, Dumbledore (qui marque ainsi le dernier rôle de Richard Harris), Drago.... qui forment un tout absolument unique et qu'on espère retrouver dans la suite en 2004.
Harry Potter et la chambre de secrets est donc un film supérieur à l'original. Logique puisque le livre était lui même supérieur au premier tome.
Enfin, le voilà, ce monumental Pearl Harbor, ce film qui veut être au film de guerre ce que Titanic fut au film catastrophe. Enfin, on peut le voir, le revoir, l'admirer. Enfin , on peut apprécier le pas énorme fait par Michael Bay. James Cameron s'étant, hélas, mis en grève cinématographique, par faute de projets pouvant satisfaire son génie, Bay a décidé de combler le trou béant créé par l'absence du créateur de Terminator. Alors, et au risque de me faire assaillir d'injures, je le clame haut et fort : oui Cameron a trouvé son successeur. Le reste ne sera que détails.
Pearl Harbor met en scène 2 as de l'aviation américaine qui vont voir leur vie se mêler à l'Histoire, à savoir la seconde guerre mondiale et l'attaque surprise de Pearl Harbor. Afin de bien montrer l'impact d'un événement planétaire sur la destinée d'un individu , et comme c'est la coutume depuis un bon paquet de décennies , le scénario fait la part belle (un peu trop selon certain mais nous y reviendrons plus loin) à une histoire d'amour triangulaire. Evelyne aime Rafe mais ce dernier disparaît au combat. Evelyne tombera alors dans les bras de Dany . Mais le retour de Rafe va brouiller les cartes et l'attaque japonaise achèvera de semer la confusion.
Michael Bay, jusqu'ici , a surtout été remarqué pour deux choses : un montage très cut, parfois à la limite du compréhensible mais donnant une puissance inouïe à ses films et une esthétique poussée dans ses derniers retranchements. Chaque image se doit d'être belle et sexy. Bay se sert alors de tous les artifices qu'il a appris à utiliser sur le tournage de centaines de pubs et de clips. Le résultat, des film aussi détonnant que Bad Boys (un Buddy Movie au scénario stupide mais véritablement entraînant , avec un Will Smith encore peu connu) , Rock (stupéfiante démonstration du savoir faire US en matière de film d'action) ou Armagueddon (extraordinaire morceau de SF, porté par les épaules de Bruce Willis et où le souffle épique permet de faire oublier les erreurs du scénario). Bien évidemment, le bonhomme n'a pas que des amis : on lui reproche son esthétique clippée, son montage, son obsession de l'image au détriment de l'intrigue, le manque d'épaisseur de ses personnages (accusation grotesque mais bon) , un patriotisme exarcerbé , une apologie de la beauferie... N'en jetez plus la coupe est pleine.
Mais Michael Bay n'en a cure. Extremement cru avec ses concurrents (voir ses propos sur Deep Impact), le gars sait qu'il est doué et ne s'en cache pas. On put lire il y a quelques années "ce type a un plan". Hé oui, Bay a un plan. A mon avis, sans doute celui de devenir le meilleur réalisateur du monde, ou quelque chose dans ce genre. Car avec Bay, pas de demi-mesure. Tout doit être grand, racé, beau et osons le mégalomane. Avec l'appui de Jerry Bruckeimer, qui n'est pas vraiment le genre de producteur à s'appuyer sur le Dogme, on est sûr d'une chose : le spectacle sera total.
Avec Pearl Harbor, Bay franchit un nouveau pas. Avec Bad Boys, il montrait qu'il savait faire de la mise en scène. Avec Rock, il montrait qu'il savait diriger des stars et les pousser dans leurs derniers retranchements (Cage a-t-il fait mieux en matière d'action ? Connery n'a-t-il pas trouvé là l'occasion de rappeler à la terre entière qu'il fut 007 ? Harris n'a-t-il pas réussi à camper le méchant le plus crédible et le plus froid de ces 10 dernières années, sans se cacher derrière l'attitude cool de circonstance ?) Avec Armagueddon, il montrait qu'en matière de SF couillue , il était aussi capable qu'un Lucas ou un Cameron. Pearl Harbor est pour Bay la première occasion de montrer qu'il sait aussi intégrer un trame variablement intéressante (le seul maillon faible de l'histoire) à la grande Histoire.
Car , et même si la love story est un peu décevante (mais jamais mièvre), Bay filme ses couples avec une grâce infinie. Les femmes sont belles , merveilleusement éclairées. J'ose la comparaison mais leur glamour rappelle les splendides héroïnes de ces fabuleux spectacles en technicolor des années 40 et 50. Et la maestria de Bay permet de faire passer en douceur ce qui aurait pu être un écueil énorme. Car il faut tout de même attendre 90 minutes avant la fameuse attaque.
Bay a donc dompté sa caméra et reconstitue sa vision de l'Amérique des années 40 (et même 20 dans les splendides scènes d'ouverture) : belle , colorée, insouciante. Plus dure sera la chute. Bien sûr, la présence de Ben Affleck ne peut que l'aider. L'acteur apporte au film la touche masculine indispensable à tout mélo. Kate Beckindale illumine l'histoire par son sourire. En retrait (mais c'est dans la logique du rôle) Josh Harnett est le complément de Affleck et finalement le moteur de l'histoire. Peu de choses à dire donc sur cet aspect des choses même si l'on peut regretter que la partie romantique n'ait pas été plus étoffée. Cependant, si elle l'avait été, sans doute cela aurait été fait au détriment de l'action, donc....
Mais dès que le film s'aventure dans la guerre, Bay redevient le magicien qu'il a toujours été. Avec un atout supplémentaire : son montage est désormais maîtrisé. Les scènes de préparation de l'attaque par les Japonais sont des modèles : en quelques images, on plonge dans les pensées des généraux , on comprend la logique de l'opération et on visualise la future tactique. Magistrale !!
L'attaque est assurément le morceau d'anthologie. Un maelstrom d'images furieuses, de scènes à couper le souffle, d'idées absolument géniales (la caméra qui suit la bombe, les torpilles fonçant sous les pieds des marins). Bay reconstitue la furie d'une attaque lâche mais nécessaire dans l'esprit japonais. Et la bravoure de Rafe et Dany ne peut empêcher ce ballet meurtrier. Comme c'est le cas depuis plusieurs années , la mort est montrée en face et l'image la plus marquante est celle de ce caméraman fauché en pleine course mais dont la caméra continue à filmer. Durant cette quarantaine de minutes, Bay démontre que , oui , il est bien l'un des meilleurs réalisateurs de la planète, aidé en cela par des effets visuels extraordinaire, un casting de second rôle béton (Cuba Gooning Jr, Tom Sizemore..) et la musique de Hans Zimmer. Le chaos dans l'hôpital contraste avec la douceur de la première partie. Bref, une réussite totale , absolue, incontournable.
Mais Pearl Harbor ne pouvait se conclure sur une note pessimiste. L'amiral japonais murmure "Je crois que nous avons réveillé un géant" (la même phrase était prononcé dans Tora, Tora, Tora). Et oui, le géant se réveille. La dernière phase du film va donc s'employer à dénouer tous les dilemmes en montrant le raid sur Tokyo du général Dolittle. Là aussi, les morceaux d'anthologie se succèdent et Bay refuse de laisser s'envoler le souffle épique du film. Et au bout de 3h00 de projection, on reste anéanti dans son fauteuil , oubliant les défauts du film pour n'en retenir que les impressions les meilleurs.
Bay a réussi son plan. Pearl Harbor est certes un blockbuster, un parfait film de studio mais il transcende son existence commerciale par la volonté de livrer un spectacle total. Bay a puisé son inspiration chez Cameron et Lean. Il ne les a pas égalé (pas encore) mais a montré que , vraiment , s'il fallait chercher un héritier , il n'y a décidément que lui pour réussir le mariage entre l'esthétisme, la puissance, l'image et l'histoire. Et si l'on ajoute que Pearl Harbor n'est que le 4eme film de Bay, on ne peut que rester pantois devant cette réussite.
Le pitch : Nos deux flics de chocs de Miami sont de retour, toujours aussi dissemblables. Marcus cherche encore et toujours à être un flic normal et à s'occuper de sa famille. Mike, frime toujours autant et prend un malin plaisir à se plonger dans les situations les plus délirantes. Comme par exemple, tomber amoureux de la soeur de Marcus, qui a pour mission d'infiltrer le gang de Tapia , un dangereux baron de la drogue qui importe de l'extasy en se servant d'une morgue...
Voilà pour le pitch, d'une banalité à faire peur et surtout un prétexte à enquiller le maximum de scènes d'actions. Mais alors que la plupart des buddys movies se contente désormais d'un minimum syndical afin de ne pas choquer le public, Bad Boys II a été réalisé, de nouveau par Michael Bay. Et on peut l'affirmer sans crainte, l'homme est devenu totalement fou et totalement incontrôlable. Tant mieux pour les fanatiques de maître (j'en suis) et tant pis pour les autres.
Petit retour en arrière. En 2001, Bay cède aux critiques et nous offre Pearl Harbor, admirable reconstitution de la cuisante défaite US alliant très grand spectacle (l'attaque proprement dite) et romance . Bay cite ouvertement David Lean mais le vrai modèle est Titanic . Même mélange d'images spectaculaires et de scènes héroïques, de moments intimistes et d'amours naissants. Mais la presse, fidèle à son habitude hypocrite refuse de voir en Bay autre chose qu'un concasseur de matériel. Les critiques se focalisent sur le scénario jugé trop larmoyant et regrettent que la mise en scène ne s'emballe que dans la scène de l'attaque. Argument ridicule en soit vu que l'on voit mal n'importe quel réalisateur tourner un baiser avec 15 caméras !! En fait, on reproche à Michael Bay d'avoir abandonné le style qu'on lui reprochait d'utiliser. Un comble !! Pearl Harbor sera un succès public (pas loin de 500 millions de dollars de recette) mais pas critique. Le réalisateur n'a pu qu'en être mortifié et a donc décidé de se lâcher totalement. Les critiques veulent du Bay , ils vont avoir du Bay !!
Bad Boys II est le film d'un fou créé spécialement pour satisfaire sa vision et rien d'autre. Avec des moyens énormes (130 millions de dollars), deux acteurs avides de revanche (Will Smith , malgré son impressionnant investissement dans Ali n'a pas réussi à casser son image) et surtout la bénédiction d'un producteur dont le talent ne consiste pas qu'à filer des dollars, Bay nous offre rien de moins que le buddy movie ultime, le film que l'on ne pourra pas surpasser. 2 heures 27 de fusillades non stop, de délires grossiers (les rats missionnaires, la scène dans le magasin vidéo), d'imagerie gores (les têtes explosent en gros plans, on balance des cadavres sur la route pour ralentir l'ennemi, on découpe ses associés à la scie en salopant bien la cuisine) que n'osent même plus les films d'épouvantes et surtout des scènes d'actions absolument fracassantes , dont le seul but est d'exploser le cerveau du spectateurs. Bay réduit ses personnages à des entités conçues pour souffrir (Martin Lawrence) , n'excuse même plus son penchant misogyne, truffe le film de sous entendus anti-homo... Bref, il s'essuie les pieds sur le politiquement correct.
Les scènes d'actions sont totalement fracassantes et la poursuite sur l'autoroute explose totalement celles de T3 et de Reloaded. En intensité même car ici très peu d'images de synthèse, on y croit vraiment et le sentiment de danger est palpable. De plus , le montage si particulier de Bay rend la scène encore plus folle. Là où T3 offrait des plans peu lisibles, Bad Boys 2 , alors que c'est précisément ce que l'on reproche à Bay, donne une lecture , certes fragmentaire, mais totalement compréhensible. Le film devient alors incontrôlable, à l'image des deux lascars. Quand on sait que cette scène a été mise en boîte en 4 jours (contre 6 semaines pour celle de Reloaded), on comprend alors la puissance des bagages techniques de Bay. Autre scène dingue, celle de Cuba. Le véhicule des héros défonce un bidonville tout en essuyant les rafales de ses poursuivants. Là aussi, la folie est palpable. Et en refusant la surenchère du numérique (les cascades restent crédible) et en utilisant les bonnes vieilles méthodes (dynamite et poudre noire pour faire sauter la villa de Tapia) , il s'oblige à compenser par un spectaculaire encore plus fou, encore plus grand. Résultat, les 2h30 en deviennent les plus joussives rarement vues sur un écran, les temps morts étant quasiment inexistants. Il faut laisser le spectateur en eveil, ne jamais le laisser se reposer. Quite à le dégoûter : les morts violences s'accumulent , les bad guys explosent sur des mines et s'éparpillent aux quatre vents . Hallucinant. Et le pire , c'est que ce "toujours plus" ne donne pas du tout l'impression de rajout. Rien à voir avec la fin des ailes de l'enfer qui n'en finissait plus de rebondir. Ici , quand un type est mort, il est mort !!
Sa mise en scène est revenue au joyeux bordel de ses premiers films : les idées les plus folles abondent (le travelling circulaire autour de Will Smith et des rastas, la caméra qui plonge dans le club et qui frôlent les danseuses, la balle qui ravage le postérieur de Lawrence avant d'exploser la tête du méchant), les effets plus clipesques sont utilisés (ralentis, filtres en veux tu en voilà, angles de caméra tordus, montage épileptique), rien ne lui fait peur et surtout pas la critique de la presse . Il est même clair que le réalisateur a sciemment forcé le trait , histoire de bien rendre fou les critiques. Chaque plan est pensé comme une pub de luxe. Finsher avait rêvé de mettre en scène Chapeau melon et bottes de cuir en en faisant une gigantesque pub pour Chanel , version noire. Bay a repris l'idée au bond : Bad Boys 2 n'est qu'un énorme spot , entièrement dédié à des tas de produits (voitures, vêtements, piscine....).
Bad Boys 2 offre certes un spectacle total et décomplexé (le classement R aux USA n'est pas un fruit du marketing), mais participe surtout à une tentative de réhabilitation adulte du cinéma d'action . Adieu donc les films inoffensifs. Cependant, il est clair que Bay a posé ici un jalon ultime, un mètre étalon qu'il sera difficile à dépasser. Car qui osera aller plus loin que lui ? La marque des grands auteurs est de posséder à la fois un style mais aussi une orientation. En seulement 8 ans et 5 films, Michael Bay a réussi à imposer son cinéma, fait de folie, de frime et de prouesses techniques. Son délirant discours et sa grammaire cinématographique en font un cas à part dans le paysage actuel. Il peut irriter mais ne laissera personne indifférent.
Bad Boys 2 est donc son chef d'oeuvre, pour moi le meilleur film de l'année en attendant Le retour du Roi.