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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 21:02

la_kermesse_des_aigles-0.jpgLe pitch : après la première guerre mondiale, un ancien militaire gagne sa vie en faisant des exhibitions aériennes avec son biplan. Il en profite aussi pour enjoliver un combat qu’il n’a en fait jamais engagé contre un légendaire pilote allemand.

 

Réalisé par Georges Roy Hill, en 1975, La kermesse des aigles fait partie de ces petits classiques qui, sans avoir révolutionné le cinéma, apportaient leur pierre à l’édifice du 7e art et offraient aux spectateurs la certitude de passer un bon moment dans une salle obscure. C’était la 3e collaboration entre Hill et Robert Redford (il l’avait déjà dirigé dans Butch Cassidy et le Kid, ainsi que dans L’arnaqueur) et les deux hommes avaient à cœur de faire un film sincère et nostalgique sur ces pionniers de l’aviation. Ainsi, il n’y eut aucun trucage aérien et c’est bel et bien Redford qui se retrouva à 1000 pieds à faire les cascades du film.

 

Vendu comme un film d’action lors de sa sortie vidéo, La kermesse des aigles est en fait une double réflexion : la première porte sur la disparition de l’artisanat dans l’aviation ainsi que l’élimination des pionniers par des professionnels. La deuxième porte sur le mensonge, sur le passé que l’on peut s’inventer afin de palier à une vie que l’on trouve trop terne.

 

Le film suit donc le parcours de Waldo Pepper. Ce dernier fait donc dans le meeting aérien, les baptêmes de l’air et parcourt le pays avec son avion pour gagner sa vie, pas toujours très honnêtement d’ailleurs. Il profite aussi de la crédulité des gens qui vont l’héberger pour leur raconter ses «exploits » durant la grande guerre, notamment son combat contre Ernst Keller, un as allemand qu’il n’a en fait jamais rencontré. La première partie du film nous présente donc le personnage, ses magouilles, sa rivalité avec d’autres pilotes. On découvre un Redford sympathique et légèrement m’as-tu-vu, casse-cou mais véritable orfèvre dans ce qui concerne la conduite d’un avion. Toute cette partie est basée sur l’insouciance et rien de vient détromper le spectateur quant aux mensonges du héros.

 

La deuxième partie se veut plus dramatique. Pepper va devoir rejoindre d’autres pilotes lors d’exhibitions qui attirent de moins en moins de monde et qui seront émaillées de plusieurs drames comme la mort d’une jeune femme (jouée par une Susan Sarandon toute débutante) ou le crash d’un pilote qui tentait pour la première fois un looping inversé sur un avion imaginé par Pepper. On va également apprendre le mensonge du héros. Au fur et à mesure que se déroule cette partie, il est blessé physiquement, professionnellement (il perd sa licence de vol) et moralement (les deux morts qu’il ne peut empêcher). Brisé, Pepper va rejoindre Hollywood comme cascadeur, étant désormais interdit de voler dans les meetings.

 

Et c’est à Hollywood, dans un excellent jeu de reflet, que Pepper va enfin pouvoir revivre en rencontrant Ernst Muller. Ce dernier est consultant sur un film qui raconte sa vie et le fameux combat qui l’opposa à 5 avions américains au-dessus de la France. Commence donc la dernière partie du film où le héros va enfin pouvoir vivre l’affrontement avec Muller. Car, suite à une série de circonstance, les deux personnages vont s’envoler pour reconstituer le combat devant les caméras du film dans le film, caméras qui vont vite devenir les caméras du film. Voici donc, enfin diront certains, cette fameuse kermesse des aigles, où deux héros symbolisant le passé et le présent vont s’affronter pacifiquement.

 

Techniquement, le film est superbe. La reconstitution des années 20, les biplans, les nombreux plans aériens, les cascades font de La kermesse un très beau spectacle. Les acteurs ne sont pas en reste et l’on y découvre même une toute mignonne Margot Kidder. Comme dans les films des seventies, c’est donc un casting très solide, impliqué dans l’histoire et permettant au spectateur de plonger dans le passé. Enfin, la réalisation, très classique, se met entièrement au service de son histoire. Si George Roy Hill ne retrouve pas ici le brio d’Abattoir 5, il n’en met pas moins le film en scène avec élégance et une classe certaine.

 

Le point le plus important du film n’est donc pas le climax attendu, mais bel et bien l’évolution de Waldo Pepper (le titre original est The Great Waldo Pepper). Cynique, arrogant et superficiel, il va s’humaniser au fur et à mesure de ses échecs, de la découverte de ses mensonges et la perte de ses illusions, de ses amis. Et ce n’est que lorsqu’il retrouvera enfin le ciel et un avion qu’il deviendra l’homme qu’il a toujours rêvé.

 

Le DVD de ce film se trouve facilement dans les solderies. Mais ne le méprisez pas. La VO y figure et l’image ainsi que le son ne sont pas si mal. Bien sûr, aucun bonus, mais l’important, comme toujours c’est le film. Et La kermesse des aigles est un sacré bon film.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:56

coupteteLe pitch : faussement accusé de viol et envoyé en prison, un joueur de football amateur tient l’occasion de se venger suite aux deux buts qu’il plante lors d’un match de coupe de France.

 

Patrick Deweare était plus qu’un acteur génial qui pouvait tout jouer, c’était surtout un acteur dont le potentiel comique éclairait toutes les comédies qu’il a tournées. Car on n’oublie souvent que le monstre sacré de Série Noire ou d’Un mauvais fils aimait aussi faire se gondoler le pays. Et avec Coup de tête, il signe là sans doute son meilleur rôle dans le genre (quoique Psy… Faudrait que je le revoie !).

 

Réalisé par un Jean Jacques Annaud qui n’avait pas encore la folie des grandeurs (cela dit dans le bon sens du terme) et scénarisé par un Francis Veber qui n’hésitait pas à tomber dans le cliché pour dénoncer la France giscardienne, Coup de Tête a certes vieilli au niveau des costumes, des coupes de cheveux, des moustaches et des voitures, mais pour le reste, il est toujours aussi plaisant de voir comment Deweare met en marche sa vengeance sur ceux qui, hier encore l’humiliait. Et comme le public aime bien voir les innocents s’en sortir, on ne peut que jubiler devant l’escalade de malheurs qui accable le héros puis la façon dont il se sortir de ce très mauvais pas. Les dialogues participent d’ailleurs totalement à la réussite du film. J’ai un faible pour le suivant « Pour toi, j’hésite : la hache ou la flamme. Le feu, c’est joli, la hache ça défoule. De toutes façons, demain, après on message, il ne restera que des cendres ou du petit bois » !! Franchement, cela a de la gueule, non ?

 

Mais l’aspect le plus marquant du film est la description du football amateur. Annaud n’écarte aucun cliché (en quelques mots, les supporteurs sont tous des poivrots imbéciles et les joueurs ne valent pas mieux, sans compter que leur QI est proche de celui d’une huître) mais il retranscrit bien la mentalité des tous petits clubs qui, dans les années 70, appartenaient à un homme d’affaire local, généralement principal employeur de la région.. Tout s’emmêle donc : le contremaître pouvant être l’entraîneur et l’arrière gauche se devait de faire un bon match sous peine de perdre son travail dans l’usine du président de club.

 

Alors, oui, le trait est parfois grossier (je connais assez bien le milieu du foot amateur !! On n’est certe des bras cassés, mais on joue avec un plaisir, surtout quand on sait ce que cela nous coûte en licence, équipement..) et la mise en scène des matchs est très datée. De toute façon, on attend toujours le film où l’on filmerait correctement un match (Fabien Onteniente s’en est plutôt bien sorti avec 3-0), mais là n’est pas le plus important !

 

Le plus important est de revoir un Patrick Deweare et de se dire que le jour où il a choisi de se donner la mort, il n’était vraiment pas drôle !! Que tous les comiques (ou prétendus tels) observent mieux le jeu fabuleux de cette homme qui osait tout et qui aurait mérité d’aller bien plus haut encore !!

 

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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

L'affiche du moment

Rogue One