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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 06:39
X-Men Apocalypse (****)

X-Men Apocalypse : 5000 ans avant notre ère, le premier mutant de l’histoire, En’Sabha Nur, se prépare à transférer son corps âgé dans celui d’un jeune homme. Mais ses opposants parviennent à empêcher cela et l’enterre sous sa pyramide.

1983  : Alors que l’existence des mutants est reconnue et que ceux-ci cherchent à s’intégrer dans la société, Apocalypse revient à la vie.

 

3e volet du reboot initié par X-Men First Class, 4e film « X » réalisé par Bryan Singer, X-Men Apocalypse n’a pas connu le succès escompté en Amérique du Nord, surtout après le triomphe de Days of future past. Pourtant, il ne démérite absolument pas vis à vis de ses aînés, continuant la saga de manière spectaculaire, introduisant de nouveaux personnages (ou en ré-inventant des anciens) et cherchant toujours à rendre le meilleur hommage au plus culte des Comics.

 

Alors que chez Marvel Comics, les séries tournant autour des Avengers cartonnent, celles tournant autour des X-Men ont connu un net fléchissement depuis une dizaine d’années . Le dernier grand crossover House of M date de 2006. Depuis, tous les autres crossover de Marvel font surtout intervenir les Avengers et Iron Man, même si les X-Men n’en sont pas absents. De plus, les droits des personnages X sont à la Fox, ce qui explique pourquoi Marvel délaisse quelque peu les adaptations cinématographiques. Pourtant, la Fox gère plutôt bien ce patrimoine comme on a pu le voir avec le récent Deadpool ou les 3 films tournant autour de Wolverine. Mais force est de reconnaître que les « trahisons » envers le Comics sont plus importantes avec les X-Men qu’avec les autres personnages restés dans le giron du MCU. Je vais y revenir.

 

Apocalypse a la qualité de ses défauts. Son côté très spectaculaire (et forcément couteux) entraîne une surenchère de scènes de destructions massives, mais on ne sent pas une implication émotionnelle énorme. Et c’est là que le bât blesse quelque peu. Engagée dans une course avec Marvel Studio et Disney, la Fox répond à chaque film par toujours plus de combats, de destructions, de personnages. Or, si les deux premiers films du reboot prenaient leur temps pour présenter les personnages et les situations, Apocalypse va très vite. Trop vite. Pourtant les scènes d’exposition étaient là, comme le montre tous les passages coupés sur le Blu-ray. Mais, comme le dit Bryan Singer, il fallait aller plus vite pour aborder le 2e et le 3e acte. D’où un sentiment frustrant d’assister à un résumé en accéléré tant que la thématique (Apocalypse voulant diriger un monde purgé des faibles) n’est pas en place.

 

Dans les moments où Singer a pris le temps, comme par exemple la nouvelle vie de Magnéto et les raisons qui le feront replonger dans la violence, on assiste à un métrage de la qualité de Days of Future past. Mais clairement, la réintroduction d’Angel ou de Tornade est trop rapide. Et si dans le Comics, Angel a effectivement été un des cavaliers, cela n’a jamais été le cas pour Tornade ou Psylocke. Et encore moins pour Magnéto qui, dans le fabuleux crossover L’âge d’Apocalypse prenait justement le relais de Xavier pour combattre En’sabah Nur !! Il est d’ailleurs dommage que le studio n’ait pas voulu exploiter cette direction - Le fils de Xavier remontait le temps pour tuer Magnéto, mais il tuait son père. Celui-ci ne formait donc jamais les X-Men et Apocalypse s’emparait de l’Amérique du Nord. Une partie des mutants (Cyclope, Havok, Le Fauve) se rangeait derrière lui, d’autres dirigés par Magnéto s’opposait frontalement . En fait , le scénario tente plutôt adroitement de relier tous les fils mis en place depuis 2000, tout en rajeunissant le casting (Cyclope, Phénix, Tornade). Ainsi la scène surprenante où apparait Logan est le parfait prologue du film de 2000. Mention très bien au retour de Moira Mc Taggert qui manquait quelque peu eu 2e film.

 

Mais au-delà de ses réflexions, et de ses trahisons, il faut bien avouer qu’on est face à un sacré bon film de super héros. La mise en place d’Apocalypse, son combat avec Xavier sur le plan psychique, la montée en puissance de Jean Grey (excellente Sophie Turner, la souffre douleur de la série Games of Throne) sont menés de main de maître par Singer. L’intégration de Mystique au sein de cette nouvelle équipe X peut aussi surprendre, mais là aussi, elle est logique vis à vis des épisodes 4 et 5 de la saga. 

 

Singer n’a pas sacrifié toute la psychologie de ses personnages au profit d’un spectacle destructeur et immédiat. Et même s’il n’est pas parfait, à aucun moment ce 6e épisode ne fait honte à la saga, bien au contraire. 

 

Bien sûr, ceux qui ont apprécié le second degré (quelque peu pénible) de Deadpool ne le retrouveront pas ici. Singer  a bien trop de respect pour ses personnages pour les transformer en comiques. De toutes façons, ce qui marche avec Deadpool, du fait du personnage, ne peut pas marcher avec les équipes X. La critique a pourtant reproché à Apocalypse de ne pas marcher sur les traces du hit surprise en matière super héros de 2016. Ce qui est ridicule. C’est au contraire tout à l’honneur de Singer d’être resté fidèles à ses idées. Sa mise en scène est toujours aussi élégante, son montage est toujours aussi lisible et le côté épique transparait de manière évidente dans le 3e acte.

 

Il fallait évidemment un acteur solide pour incarner Apocalypse. Oscar Isaac (qui a tiré le gros lot en incarnant Cameron Poe) est parfait, bien aidé par un excellent maquillage qui respecte bien le personnage et son fameux rictus. Le travail d'ailleurs sur l'aspect physique de chaque mutants est toujours aussi bon et on sent que l'équipe technique connait ses comics sur le bout des ongles !

 

Reste à savoir quel sera l’avenir des X-Men ! L’épilogue - désormais obligatoire - envisage évidemment une suite. Mais les studios étant ce qu’ils sont, ne regardant que les dollars encaissés, la Fox ne sera-t-elle pas tenté de faire l’impasse sur les X-Men et de se concentrer sur Deadpool, dont le 2e épisode pourtant introduire Cable et X-Force ?

 

Rappelons que le mauvais accueil critique du 3e épisode avait amené le reboot 5 ans plus tard. Rappelons aussi que les résultats mitigés de Amazing Spiderman 2 ont amené Sony à abandonner tous les films prévus (ASM 3, Sinister Six). Quand on sait qu’Apocalypse a coûté une fortune et que les résultats financiers n’ont pas été au rendez vous, on peut hélas craindre que le 7e épisode ne voit jamais le jour.

 

En l’attente, on peut donc savourer d’une traite les épisodes 4,5,6. Sans atteindre le sommet de Days of Future Past, Apocalypse reste, je le répète, un excellent film de super héros, un excellent film tout court.

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 15:58
L'ascension (****)

Le pitch : pour prouver son amour, Samy, un jeune habitant d'une cité sensible décide d'aller escalader l'Everest. Problème : il n'a jamais fait d'alpinisme.

 

Evacuons tout de suite le point noir (si j'ose dire) du film. Comme pour Intouchables, les producteurs ont pensé qu'un acteur maghrébin passerait moins bien qu'un acteur noir. Du coup, c'est le très bon Ahmed Sylla qui a le rôle principal. Mais soyons honnête : en quoi modifier l'histoire originale (c'est un Franco-Algérien qui est à la base de cette histoire vraie, comme le montre la toute dernière image du film) était à ce point important ? Notre pays ne compte-il pas d'acteurs talentueux issus du Maghreb ? issus de la deuxième , la troisième génération d'immigrés ? Je pense sincèrement que, comme pour Intouchables, une belle occasion de mettre en avant un acteur franco-algérien autre que pour un rôle de dealer-voyou-faire valoir (rayez la mention inutile) a été loupée.

 

Fermons cette parenthèse.

 

L'intérêt de ce film, vendu comme une comédie par la bande annonce (fort réussie) se trouve ailleurs. Non pas que L'ascension ne comporte pas de passages drôles, bien au contraire. L'humour n'y est jamais vulgaire et nait toujours des situations, de leurs décalages (le matériel inadapté, les mensonges de Samy). Les dialogues ne sont pas en reste et, sans éviter certains clichés (les 3 jeunes qui cherchent où se trouve l'Everest), ils sont suffisamment  amusants pour que l'on rit régulièrement.

 

Non, le plus important dans L'ascension est le dépassement de soi. Conçu au départ comme une boutade (c'est du moins ce que croit Nadia, la dulcinée du héros, bien campée par Alice Belaidi, même si son rôle se borne à attendre d'avoir des nouvelles de Samy), l'aventure va vite se transformer en un chemin initiatique. Samy va comprendre que ce qu'il entreprend est plus compliqué que prévu, qu'il devra puiser dans ses réserves pour l'accomplir. Mais que surtout, il ne pourra le faire seul et qu'il devra faire confiance aux autres, que cela soit son guide Jeff (dans le classique mentor qui, petit à petit, va adopter le vilain petit canard) ou son sherpa à qui Samy lira un roman à l'eau de rose en échange de son aide.

 

Et c'est bien là que se trouve l'aspect le plus important du film : la découverte de l'autre, d'une autre culture, d'une autre façon de vivre, d'une nouvelle langue. Mais cela marche dans les deux sens : ainsi cette scène magnifique où le jeune sherpa demande à Samy "Je peux toucher ?" car il n'a jamais vu de personnes noires. Puis il ajoute "c'est beau". Les barrières entre les races, cultures, langues tombent et de petite comédie facile, L'ascension devient une superbe parabole sur l'amitié, la difficulté, la volonté d'aller au bout.

 

Superbement filmé dans des paysages népalais, mais aussi du massif du Mont Blanc (où ont été reconstitués les camps intermédiaires), le film se garde aussi d'être juste un catalogue de belles images. Et si les décors naturelles sont vraiment bien mis en valeur, il n'y a pas d'esbroufes de mise en scène. Le montage relativement calme aide également. En fait, Ludovic Bernard a su, pour son premier film, éviter tous les pièges que le sujet lui tendait. Avoir été l'assistant de Kassovitz ou Canet a du bon. Il aurait été si facile de faire "la banlieue à la neige" . Peut être plus vendeur aussi (après tout, malgré ses qualités, le film a du mal à passer le million pour le moment), mais en refusant de céder, le scénario permet de mettre autre chose que de la bouffonnerie à l'écran. On est bel et bien dans une aventure humaine, avec tous ses aspects.

 

Bien entendu, on sait dès le début que Samy va réussir. Mais ce qui est intéressant, c'est la façon dont il abat les obstacles les uns après les autres. En surmontant sa peur, en acceptant ses angoisses, en se servant de l'aide des autres. Et quand la récompense finale arrive, on ne peut que se réjouir.

 

Il existe des films qui vous rendent heureux quand vous les regardez. L'Ascension en fait partie. Tentez l'aventure, vous ne serez pas déçu.

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:27
Steve Jobs (¨*****)

Le pitch : au travers le lancement du Macintosh, du Next et de l'Imac, 3 moments clés de la vie du co-créateur d'Apple.

 

Ceux qui suivent mon blog depuis longtemps savent l'attachement que j'ai pour Apple et tous les produits de la marque ! J'écris d'ailleurs cet article sur un de Macbook tout en surveillant mes messages sur mon iPhone.

 

Connaissant bien la vie de Steve Jobs (j'ai lu ses différentes  autobiographies plusieurs fois, donc celle, excellente de Daniel Ichbiah (Les 4 vies de S.Jobs)), j'attendais donc avec impatience ce que Danny Boyle allait en faire.

 

Surprise !! Plutôt que de le faire dans le biopic "classique", avec quelques flashbacks pour donner plus de corps, le réalisateur de Transpotting et Slum Dog Millonnaire a décidé de partir dans une direction totalement inverse en axant son film sur 3 moments qu'il considère clé chez le génie de l'informatique.

 

Et pour bien distinguer les 3 parties, il choisit de les traiter avec 3 cartes graphiques, si j'ose dire, différente ! Un gros grain de pellicule pour le lancement du Mac en 84, des couleurs plus chaudes en 88 pour le NEXT et un traitement "actuel pour le lancement de l'Imac. Mais un fil rouge : les rapports entre Steve et sa fille Lisa !

 

Franchement, cette approche est magnifique, car elle permet de dérouler les moments les plus importants de la vie de Jobs (la création de l'Apple 1 dans le garage, son adoption, la rencontre avec Sculey, sa mise à l'écart d'Apple...) tout en ne laissant pas dans l'ombre son caractère impossible, ses contradictions, sa dureté envers ceux qui lui étaient dévoués corps et âme. A ce niveau, Kate Winslet, qui interprète Joanna Hoffman, sa fidèle directrice du marketing, et qui retrouve sans aucun doute l'un de ses plus beaux rôles (son plus beau ?) depuis Rose de Titanic, en donne toutes les nuances ! Malmenée, humiliée parfois, elle ne cherche qu'à aider son boss ! Mais c'est justement sa force de caractère (elle est au minimum aussi tenace que lui) qui lui permet de tenir le coup et même d'être la seule à oser s'opposer frontalement à lui, que cela soit sur les sujets informatiques et sur sa fille, qu'il refuse de reconnaître !!

 

Car oui, Jobs était un type imbuvable, orgueilleux, persuadé d'avoir toujours raison et refusant de donner les remerciements à ceux à qui il était redevable (les duels verbaux avec Steve Wozniak sont merveilleux). Oui, mais pas tout le temps.

 

Car Jobs était aussi la personne qui pouvait donner son amitié sans aucune retenue, qui, malgré son déni, mettra sa famille "cachée" à l'abri du besoin, qui poussait ses équipes dans leurs derniers retranchements et exigeait l'impossible car il savait que c'était possible. Tout ceci transparaît également dans le film. 

 

On passe d'un Jobs colérique à un Jobs ayant gardé le dessin de sa fille pendant des années, d'un Jobs d'une mauvaise foi effroyable à un Jobs qui propose au président de Pepsi de changer le monde, un Jobs manipulateur à un Jobs qui rebondit encore et toujours, qui obtient toujours ce qu'il veut, même quand c'est futile (éteindre les panneaux Sortie de secours) !! Et pour cela, il fallait un acteur d'exception : Michael Fassenber est cet acteur ! Il retransmet à merveille le personnage privé que le monde ignorait s'il ne s'intéressait pas au co-fondateur d'Apple, avec ses failles, ses certitudes, ses erreurs, ses mensonges, ses vérités, sa confiance aveugle, ses exigences, ses doutes... Bref, Fassenber est Steve Jobs !

 

Le reste du casting est au diapason, outre Kate Winslet, déjà citée, Jeff Daniels retrouve aussi un rôle digne de lui et campe un Sculley tour à tour admiratif puis très critique vis à vis du fondateur d'Apple, Seth Rogers est parfait en alter-égo geek de Jobs et les 3 actrices qui se succèdent pour interpréter Lisa lui rendent totalement justice.

 

Alors, un film sans défaut ? une biopic parfaite ? J'ose penser que oui car le script ne juge jamais Jobs mais offre son personnage entier au public et car Boyle ne se met jamais en avant par rapport à son sujet !

 

En fait, il filme surtout des joutes verbales, entre Jobs et sa la mère de Lisa, Chrisann Brenann , entre Jobs et Sculley, entre Jobs et Wozniak, entre Jobs et Joanna... Mais chaque affrontement est filmé différemment et on ne sais jamais qui en sortira vainqueur ! Il est évident que raconter la vie de Jobs de A à Z n'intéresse pas Danny Boyle. Ce qui l'intéresse, ce sont les moments vraiment importants ! Bien sûr, il en manque des tas comme l'explosion de l'Apple II, le lancement de l'ipod (qui redéfinira la stratégie d'Apple de manière radicale), son mariage, sa maladie,  le rachat de Pixar... Tous ces pans sont absents du film, mais de toutes façons, pour raconter une telle vie, c'est une trilogie qu'il faudrait au minimum !

 

L'échec public du film (34 millions de recettes internationales pour un budget de 30) ne change rien ! Peut être que les gens voulaient qu'on leur raconter une histoire simple de pouvoir et de succès, pas qu'on leur raconte l'histoire d'un homme qui mettra 15 ans pour avouer à sa fille qu'il l'aime. Mais qu'importe !! Steve Jobs est un chef d'oeuvre, un film à l'image de son modèle : complexe, contradictoire et malgré tout attachant !

 

Que vous soyez un fan absolu d'Apple ou que vous détestiez la marque, vous ne regarderez plus les gens qui ont changé le monde de la même manière !!

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 12:32
Assassin's Creed (***)

Le pitch : la lutte sans fin entre les Templiers et la secte des Assassins et qui se joue depuis des siècles pourrait bien s'achever à notre époque.

 

Disons le tout de suite, je suis allé voir le film parce qu'on me l'a proposé, ne connaissant absolument rien au jeu (je suis plutôt Nintendo que Playstation ou Xbox). Du coup, je n'attendais pas grand chose et au final, j'ai été plutôt surpris.

 

Bien entendu, je pense que le film parlera bien plus aux initiés qu'il ne m'a parlé. Mais c'est justement parce que je n'y connaissais rien que j'ai pu apprécier l'histoire, sans  me dire "c'est quoi ce truc qui n'est pas dans le jeu. Le scénario est relativement compréhensible, et même si l'originalité n'est pas son fort (l'affrontement classique entre deux sociétés secrètes), il reste vraiment bien fichu, alternant des scènes d'action bien troussées et des passages plus introspectifs.

 

Niveau personnage, on peut être un peu plus critique car ils manquent tout de même de personnalités. De l'assassin principal (bien interprété par Michael Fassenber) au duo de "méchants" Templiers (Jeremy Irons, Marion Cotillard), on reste à la surface et on comprend bien que le film est bel et bien tiré d'un jeu vidéo. Quelque peu taillés à la serpe, chaque protagoniste de cette histoire incarne du mieux qu'il peut son alter-égo de pixels, sans vraiment chercher à le transcender. Mais là n'est pas le but. 

 

Le but est bien entendu d'aligner des scènes de combats esthétiques. Et là, c'est une réussite ! La musique aidant, le parti pris du réalisateur Justin Kerzel est à la hauteur de ce que l'on peut attendre. Les combattants virevoltent, usent d'armes blanches ou de leurs corps avec grâce et se dessoudent les uns les autres avec  frénésie. Cerise sur le gâteau, les affrontements ne sont jamais gratuits et servent (ou plutôt font avancer) l'histoire. Après, si vous êtes hermétiques à ce type de scènes, inutile d'aller voir le film.

 

Les personnages qui m'ont emmené voir le film m'ont dit que cela respectait la trame et l'esthétique des deux premiers volets. Et il est vrai que cette idée de faire revivre, via la technologie des Templiers, les souvenirs guerriers de Callum Lynch donne à l'histoire un vrai film conducteur. D'autant que cette Espagne fantasmée du XVe siècle est elle aussi très travaillée, très esthétique, même si historiquement, on peut trouver à redire. Parce que, et je vais sans doute casser quelques rêves, mais les derniers Templiers ont disparu dans les années 1320. En 1492, quand commence l'histoire, cela fait belle lurette qu'ils avaient quitté la scène donc. Alors, en 2016...

 

J'ai été surpris de voir que l'histoire se déroulait à travers l'Europe , si ce n'est une première introduction aux USA. L'Espagne donc (1492 et 2016) puis l'Angleterre. Cette orientation géographique découle évidemment du jeu et elle explique peut être le démarrage très moyen aux USA. Mais au moins, le script est resté fidèle à la base du jeu.

 

Enfin, l'imagerie graphique est très bien respectée. Il est vrai que la frontière entre jeu vidéo et cinéma tendant à s'estomper, partageant les mêmes technologies, la tâche est plus facile que lors des premières adaptations ! Ceux qui ont vu SuperMario Bros en 1993 savent de quoi je veux parler. Pour Assassin's Creed, les silhouettes emblématiques des Assassins rendent vraiment très bien à l'écran et la toute dernière scène, avec Lynch et ses deux acolytes sur les toits de Londres, abolit définitivement cette frontière.

 

Au final, Assassin's Creed plait à la fois aux passionnés et aux néophytes, même si critiques assassines montrent bien qu'il n'est pas fait pour tout le monde. 

Mais aux vues du taux de remplissage de la salle (blindée !!), il est clair que cela plaît, le film ayant déjà dépassé le million de spectateurs en France. Maintenant, j'avoue être tenté de découvrir le jeu en vrai... C'est peut être ce que souhaitaient les producteurs. Après tout, le jeu vidéo rapporte désormais plus d'argent que le cinéma !

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 16:27
Rogue One (**** 1/2*)

Le pitch : alors que l'Empire a étendu sa main de fer sur la galaxie, un petit groupe de rebelles cherche à récupérer les plans de son arme absolue.

(Attention : cette chronique contient quelques spoliers)

Décidément, Disney sait y faire avec les franchises. Après avoir revitalisé le Marvel Cinematic Universe, la relance de la franchise Star Wars est une vraie réussite. Si Le réveil de la force comportait quelques défauts (le principal étant son copier/coller trop évident de l'épisode IV), rien à dire - ou presque - sur Rogue One, premier segment d'un série promise sans aucun doute à un grand avenir, les A Star Wars Story !!

 

Evacuons donc tout de suite le principal souci du film : si on excepte l'absence scandaleuse de déroulant au début, Rogue One met un peu trop de temps à démarrer et certaines pistes sont trop vite abandonnées ou dévoilées. De ce fait, quelques personnages, dont celui de Forrest Whitaker manque de relief. Ou alors, certains actes apparaissent comme purement gratuits : pourquoi diable Diego Luna abat-il l'informateur qui lance l'histoire , par exemple ? 

 

Du coup, pendant une bonne heure, malgré la joie de revoir des endroits cultes (Yavin IV) ou des personnages secondaires comme Mom Motha, la vraie leader de la rébellion (ce qui m'avait choqué la première fois que j'avais vu Le retour du Jedi ! Pour moi, la chef , c'était Leïa , point barre !), on a un peu peur que la montagne accouche d'une souris. Heureusement, le script n'hésite pas à s'engager sur des voies inédites. Ainsi, le quadrillage de Jetha par l'armée impériale évoque furieusement ces bandes d'archives sur l'occupation de l'Europe par les nazis. La première utilisation de L'étoile de la mort évoque clairement la destruction de Palmyre par Daesh, car là aussi, il faut éradiquer une oeuvre historique, les Sith désirant effacer tout  souvenir de l'ordre Jedi....

 

Et puis, on refusant d'introduire des personnages manichéens, Rogue One permet à tout un nouvel environnement de se bâtir petit à petit sous nos yeux !

 

La force (!!) de cette longue introduction est en fait sa faiblesse : le film s'adresse aux fans (à la différence du Réveil de la force qui se devait de convaincre y compris les néophytes) et il est évident que tout le monde ne peut pas s'y retrouver. Mais c'est justement parce que le film a pris son temps que son dernier acte à savoir la fameuse opération sur Scarif, évoquée dans le déroulant d'un nouvel espoir (la victoire rebelle, le vol des plans) en devient incroyablement impressionnante !

 

Tout comme dans La menace fantôme où un seul plan permettait au film de basculer d'une honnête introduction à un métrage indispensable (le moment où Qui Gon Jin coupe la chique de JAr JAr dans la maison d'Anakin), l'exécution du père de Jyn lance Rogue One sur une voie qu'il ne quittera plus jamais jusqu'à cet incroyable double plan final : Vador, sabre à la main regardant le vaisseau de Leïa s'enfuir et la princesse récupérant les plans de l'étoile de la mort !

 

On comprend alors qu'il fallait poser tous les jalons, tous les enjeux, que l'on s'attache aux personnages et qu'on voit bien que Rogue One est plus qu'un épisode 3.5, mais bien un prologue à Un nouvel espoir.

 

Dès lors, tout s'enchaîne : les visions dantesques des Quadripodes, le massacre du commando rebelles, le sacrifice des différents personnages, la victoire de la flotte rebelle au-dessus de la planète (le plan incroyable du Star Destroyer tombant sur le bouclier d'énergie, qui rappelle celui où le vaisseau de Vador percutait l'Etoile de la mort dans Le retour du Jedi), la lutte pour récupérer les plans, l'arrivée du seigneur Sith... Un dernier acte totalement réussi, sans aucun temps morts, sans aucun plan superflu ou clownesque !!

 

On a parlé des reshoots durant cet été et les bandes annonces montrent bien que le destin de certains personnages était différent. Mais c'est justement cette tonalité sombre qui fait la puissance du film. Renouant avec les moments les plus noirs de La revanche des Sith, quand la chute d'Anakin devient inéluctable, Rogue One ne s'embarrasse pas de plaire aux plus grands nombres. Gareth Edwards a totalement réussi son incursion dans l'univers Star Wars et a su utiliser aux mieux Felicity Jones. Sa seule concession "Fan" sera l'apparition de C3PO et R2D2 au détour d'un plan très bref et la mention d'Obi Wan au détour d'un dialogue !

 

Alors, évidemment, les détracteurs de la saga ne manqueront pas de déceler des incohérences (notamment le temps de construction de l'arme, pourtant bien avancée à la fin de La revanche des Sith) ou que les quelques plans de Peter Crushing font un peu trop 3D, mais qu'importe ! Rogue One est une vraie pierre à l'édifice Star Wars et non une tentative de piquer encore un peu de blé dans les poches des fans !

 

A l'heure où nos regards se tournent vers l'épisode VIII, faire un film Star Wars sans Jedi, sans Luke ou l'Empereur était sacrément gonflé ! La réussite n'en est que plus éclatante  et si chaque A Star Wars Story est de cet acabit, alors on pourra vraiment patienter entre chaque épisode de la nouvelle trilogie !

 

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 09:56
Boulevard de  la Mort (***)

Le pitch : un homme se prétendant cascadeur attire des jeunes filles pour les tuer dans des accidents spectaculaires. Mais il va tomber sur plus retors que lui.

 

Dit comme cela, le 6e film de Quentin Tarantino a l'air d'une bêtise sans nom. Pourtant, sous ses atours de film potache et bardé de clichés, Boulevard de la mort (Death Proof en VO) permet aux admirateurs du cinéaste de se régaler de tous les aspects de sa mise en scène : dialogues aux petits oignons, scènes totalement WTF, plans gores souvent gratuits et un amour authentique pour les séries B de tous poils !!

 

A l'inverse, les détracteurs de Tarantino (et ils sont aussi nombreux) ne pourront que critiquer des tunnels de dialogue parfois trop longs, des scènes parfois sorties de nulle part, une certaine propension à glorifier la médiocrité (les personnages sont loin d'avoir des attitudes de prix Nobel) et des cassures de rythme parfois surprenante.

 

Par contre, ils ne pourront rien dire sur les faux raccords, accidents de pellicules, bande-son défaillante ou saute d'images !! Initié dans le projet Grindhouse avec Robert Rodriguez, qui réalisait dans le même temps Planète de la terreur, les deux films (qui ont quand même coûté 67 millions de dollars), Death Proof était une tentative de faire revivre ces fameux double-programmes bis qui fleurissaient dans les drive in américains. 

 

Et comme ces films étaient tout, sauf des chef d'oeuvres ni des métrages techniquement parfaits, les deux cinéastes se sont fait plaisir en accentuant tous les défauts des double-programmes. On n'aime ou on n'aime pas ! Certaines critiques ont même estimé que les deux lascars profitaient de ce gimmick pour cacher leur propre médiocrité, ce qui est quelque peu ridicule car la parodie (on peut voir les deux films ainsi) n'est pas si simple à faire.

 

Death Proof ne se distingue donc pas par son script (qui tient sur 3 lignes) et qui se contente de meubler une histoire simplette par des scènes de bars où l'on picole et raconte des blagues idiotes. Le film est de plus clairement divisé en deux partie, la première où Kurt Russel (excellent) attire ses proies dans son piège, sans que l'on ne parvienne à savoir où est le loup et qui se conclut par un accident très spectaculaire, délicieusement gore (pour ne rien louper, l'action nous est montré sous plusieurs angles afin que chaque personne tuée bénéficie de "sa" scène) et qui montre qu'à ce moment, Tarantino met de côté l'aspect amateur pour privilégier le choc ! C'est gratuit, très frime, mais ça récompense de l'attente.

 

Puis dans une deuxième partie, c'est Russel lui même qui va être pris à son propre piège, poursuivie par trois jeunes femmes encore plus dingues que lui ! Le film se termine par une mémorable raclée de la part des membres du sexe faible enfer le macho de service !! Russel achève Death Proof dans une posture que peu d'acteurs accepteraient : humilié, battu, grimaçant. Sa mort dans Les 8 salopards était hautement plus classe, ce qui vous donne tout de suite une idée de cette scène finale.

 

Comme souvent , Tarantino truffe son film de références à des films quelque peu oubliés. Ici, les 3 filles veulent faire un tour dans une voiture similaire à celle du héros de Point Limite Zéro, excellent métrage où un conducteur doit faire un trajet jusqu'à Los Angeles en un temps record. Durant son voyage (trip ?), il sera aidé par un DJ noir et aveugle, rencontrera une fille qui fait de la moto complètement nue, se frottera à toutes les polices des états qu'il traverse avant de finir dans la tôle broyée. Dit, comme cela, cela a l'air encore plus stupide que Death Proof, mais croyez-moi, Point Limite Zéro est vachement bien, un  parfait exemple de la contre-culture hollywoodienne des 70's !

 

On sent qu'il s'est fait plaisir, le bougre. Il filme ses actrices dans des tenues très courtes, aligne des dialogues bien corsés, d'autant plus fun quand ils sont déclamés par des cruches en mini-jupe, se donne un rôle de barman sympa et n'hésite pas à faire de ploucs des personnages de haute volée ! En fait, tout ce que les films américaines comptent comme clichés, Tarantino en use et en abuse ! 

 

Bien entendu, tout n'est pas parfait et on sent que ce qui aurait pu faire un excellent sketch d'un film à plusieurs mains tire sur la corde. Les scènes de bar permettent d'aller faire chauffer son thé ou de passer quelques niveaux à Candy Crush. Mais l'accident et la poursuite finale rattrapent à elles seules un film conçu pour le plaisir des fans.

 

Sorte de récréation entre les 2 Kill Bill et Unglorious Basterds, Death Proof remplit tout à fait son rôle : faire passer un moment quelque peu honteux  à son spectateur tout en le laissant écouter des dialogues toujours aussi bien écrit. Le plus drôle, à mon sens, est que le film fut sélectionné à Cannes en 2007, comme s'il était du calibre de Pulp Fiction ou Jackie Brown !!

 

Evidemment, Boulevard de la mort est à voir en VO ! 

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 10:27
L'Odyssée (*****)

Le pitch : 1979. Philippe Cousteau se tue aux commandes de son hydravion. 30 ans plus tôt, avec son frère et ses parents, il découvre sa nouvelle maison au bord de la Méditerranée. Personne ne le sait encore, mais ce sera le début d'une aventure extraordinaire.

 

Ouvrir le film avec le drame le plus épouvantable qui toucha Cousteau était sans doute la meilleure façon de rendre hommage à cette famille qui a marqué de son empreinte le XXe siècle. Car Jérome Salle a refusé de faire une hagiographie ou un saccage en règle de Captain Planet, mais au contraire a pris le risque (énorme) de le montrer dans toutes ses facettes et ne pas oublier qu'autour de lui gravitaient deux fils et une épouse.

 

Le cinéma français manque singulièrement d'ambition depuis des années. Or, 2016 offre au public deux puissants biopics. Si Chocolat a su trouver une audience assez importante pour un personnage méconnu, il est franchement dommage que L'odyssée ait été une déception lors de son démarrage alors que son sujet est sans aucun doute l'un des Français les plus connus dans le monde. Comme si on avait voulu punir le commandant des ses errances et que, réflexe bien tricolore, tout le bien qu'il ait pu faire soit noyé dans ses erreurs.

 

D'un point de vue cinématographique, Jerome Salle a réussi une alchimie parfaite entre acteurs habités par leur rôle (Lambert Wilson, prodigieux ! Audrey Tautou parfaite ! Pierre Niney, magistral) , photographie somptueuse, dialogues ciselés et scénario totalement à la hauteur de la stature de son sujet. 

Techniquement, le film est plus qu'abouti et jamais il ne sombre dans l'approximation. Les scènes en Antarctique comptent sans nul doute parmi les plus belles, mais tout ce qui fait le sel d'une vie "bigger than life" est là, que cela soit dans la reconstitution de la Calypso, des hangars de Marseille ou de la tentation américaine, Jerome Salle ne rate aucun de ses rendez vous avec Cousteau et met sur le même pied d'égalité les petits moments intimes (les disputes avec Simone et Philippe, mais aussi et surtout, les moments de complicité entre toute la famille) avec les grandes envolées lyriques du commandant devant les médias.

 

On a critiqué la performance d'Audrey. Mais comment interpréter une femme qui a tout donné pour son mari et qui a été trompée, délaissée, qui aura passé sa vie sur un bateau et qui a vu son fils mourir ? Les rares confidences que nous avons sur Simone (relire Capitaine de la Calypso d'Albert Falco ou Mon père le commandant de JM Cousteau) montrent que la "Bergère" détestait les caméras (elle doit apparaitre dans 2 ou 3 scènes sur la centaine de film qu'ont tournés les Cousteau) et avait son franc parler. Seule femme parmi une bande d'homme, elle était l'âme de la Calypso. Et pour cela, elle avait forcément un caractère fort. Et comme le réalisateur a décidé de mettre sur le même pied d'égalité tous les membres de la famille durant cette période (un film se déroulant entre 80 et 97 aurait été fort différent), il est logique de montrer une Simone déterminée, râleuse et qui, malgré toutes les trahisons de son mari, lui restera fidèle jusqu'au bout.

 

L'aspect le plus intéressant est bien évidement l'affrontement entre Cousteau et son fils préféré. Cet aspect de l'histoire, peu connu, est au coeur du film. Ce thème universel, où se même jalousie, admiration et désir de montrer à l'autre qu'on  existe, permet les scènes les plus fortes du film, que les disputes soient brutales (la scène avec les otaries) ou feutrées (la discussion dans le bar). Et quand, enfin, père et fils se retrouvent en Antarctique et que JYC comprend l'idéal de son fils ("Je voulais conquérir l'océan alors qu'il fallait le protéger"), L'odyssée atteint un sommet que peu de film atteignent !

 

Ce qui est extraordinaire dans le travail de Jérome Salle est qu'il ne cherche pas à cacher les défauts de chacun (Philippe aussi en prend pour son grade, notamment dans la scène où, au mépris de toute prudence, il veut absolument filmer les requins) , mais qu'il ne cherche pas non plus à les amplifier. Il aime cette famille et leur pardonne leurs errances. Il réussit incroyablement bien à les cerner, avec une tendresse et une volonté de montrer qu'ils étaient des gens comme vous et moi, juste avec ce petit soupçon de rêve supplémentaire.

 

5 étoiles pour ce qui est sans aucun doute le meilleur film français de cette année et l'un des meilleurs films tout court, c'est amplement mérité. Car en refusant les compromis (l'article de Première montre bien à quel point la gestion du projet fut complexe car il était hors de question de faire un travail au rabais), Jérome Salle s'est donné les moyens d'aller au delà du biopic. Le choix de la période 49-79 et plus particulièrement celle où les fils tentent de s'affranchir de la tutelle de leur père, pour finalement revenir l'épauler, comme si les liens du sang étaient plus forts que tout, est brillant. Bien sûr, l'admirateur de JYC que je suis aurait aimé un film plus long, un regard sur les années 80, sur les expéditions géantes en Amazonie, sur la ratification du traité de l'Antarctique, mais puisque l'Odyssée raconte en fait les rapports entre un homme et son fils, et qu'il s'agit autant du biopic de Philippe que celui du commandant, la logique l'emporte.

 

En attendant, on ne peut que remercier Jérome Salle d'avoir offert au public un film aussi magistral. Que celui ci le boude quelque peu est bien dommage, mais au final, on sait dès les premières images que L'Odyssée restera dans les mémoires bien plus longtemps que d'autres films ayant eu plus de succès que lui !

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 06:43
The Revenant (****)

Le pitch : blessé par un grizzly, un trappeur américain est laissé pour mort par ses compagnons. Ivre de vengeance après la mort de son fils, assassiné par l’un de ceux qui l’ont abandonné, il va tout faire pour repartir vers la « civilisation ».

 

Disons le tout de suite, en regardant The Revenant, je me suis rappelé d’un vieux western dont l’intrigue est quasiment la même. Attaque de grizzly, victime abandonnée par ses compagnons, retour difficile à la civilisation et désir de vengeance, on y retrouvait les mêmes éléments. Sans doute ce vieux western a puisé aux mêmes sources puisque le personnage central de l’histoire a réellement existé. 

 

De plus, j’ai trouvé le film quelque peu surestimé. Certains effets de mise en scène me semblent gratuits et le décalage entre le monde réel et le monde onirique est parfois très incongru. Si l’Oscar de Di Caprio ne souffre d’aucune polémique (même si je pense que sa performance dans Inception ou Shutter Island fut supérieure), celui du meilleur réalisateur est quelque peu exagéré. Car si Alejandro Inarritu maîtrise bien son sujet, il abuse parfois de tics (la caméra qui tourne on ne sait pourquoi autour d’un arbre ou qui commence à plonger dans une cascade gelée) de mise en scène. De même, je trouve qu’il n’utilise pas ses magnifiques plans larges de la meilleure façon qu’il soit. Enfin, on ne pourra pas lui reprocher de rechercher la facilité bien au contraire, car à aucun moment, il ne cherche à rendre son métrage accessible à tous. Cela peut être un atout (après tout, doit-on vraiment tout expliquer), mais ici le procédé est parfois agaçant, notamment dans l’usage de flashbacks pas toujours bien clairs.

 

Maintenant, il est évident que The Revenant est un grand film. Grandement aidé par la beauté froide des paysages et par une violence sans concession, The Revenant ne tombe jamais dans la facilité, bien au contraire. Sa longueur en devient son principal atout, car elle permet de vivre le calvaire de Di Caprio quasiment en temps réel, de le voir revenir petit à petit dans le monde des hommes, passant de l’animal qui se jette sur de la nourriture crue à l’humain qui va réussir à piéger celui qui l’a trahi. Mais pour quelle récompense ? les dernières images ne laissent pas de doute : la vengeance donne des fruits amers et ne permet pas aux êtres aimés de revenir. Et si on peut trouver que le combat final abuse un peu de ce côté « sauvage », c’est justement parce qu’il oblige le héros à redevenir un animal brutal qu’il va prendre conscience de la valeur de la vie.

 

Evacuant toute idée de glamour ou d’héroïsme glorieux, le script semble plutôt vouloir dévoiler ce qu’il y a de pire chez l’homme. Grande et petite lâchetés rivalisent avec une violence souvent gratuite. Pour les protagonistes du film, la vie humaine n’a que peu de valeur. On tue pour se débarrasser d’un problème, on viole pour assouvir ses plus bas instinct, on massacre pour des peaux. Dans une nature sauvage et hostile, les éléments naturels semblent finalement plus « humains » que les hommes. Car eux ne trichent pas. L’ours ne cherche qu’à défendre ses petits, le froid intense ne se déclenche pas tuer…Et si dans le making of, les protagonistes disent, à mi-voix, avoir voulu rendre justice aux indiens , qui n’auraient jamais été bien présentés au cinéma hollywoodien (j’en déduis donc que Little Big Man ou Danse avec les Loups ne sont pas des films hollywoodiens) , l’attaque initiale du camp de trappeurs donneraient plutôt une image brutale de ces peuples. Il faut d’ailleurs lire entre les lignes pour comprendre les raisons de ce massacre qui apparait comme purement gratuit au premier abord. Trappeurs et indiens sont égaux effectivement, mais dans la sauvagerie.

 

Il faut bien entendu louer la reconstitution d’une période que l’on voit rarement au cinéma. Car si les codes du western sont bien là, on est très loin de Monument Valley, des cactus ou des villes champignons de l’ouest. Ici le continent américain est tout aussi sauvage, mais bien plus froid. On se demande même comment les hommes peuvent y survivre. Il n’y a pas de place pour eux. Et si les décors créés par l’homme ne sont pas énormes (un fort, un village indien, un campement), leur réalisme montre bien que nous somme dans une époque qui ne supporte plus le carton pâte.

 

The revenant est donc un western moderne, mais si on pousse notre raisonnement à son extrême, il emprunte également les codes du film de fantômes. Après tout son titre est à double sens, et la mort, symbolique, de Di Caprio puis son retour à la vie, suivie d’un périple quasi-miraculeux (peut-on vraiment survivre dans un tel environnement avec de telles blessures) laissent à penser que c’est bien un spectre qui revient se venger, comme tout bonne histoire d’horreur qui se respecte.

 

Si on suit cette logique, les scènes oniriques où le héros revoit sa famille morte n’en sont plus. Mais cette explication ne plaira sans doute pas aux plus carthésiens d’entre vous. Et puis, il ne faut pas oublier que Hugh Glass a véritablement existé, qu’il a vraiment été laissé pour mort  et est parvenu à revenir à la civilisation.

 

On a beaucoup écrit sur la performance de Léonardo di Caprio, acteur surdoué, mais qui, comme Tom Cruise, a eu le malheur de voir trop de fées se pencher sur berceau. Trop beau, connaissant un méga-succès trop tôt (Titanic), enchaînant les triomphes au cinéma dans les genres les plus divers (le thriller, le fantastique, la comédie, l’aventure), tournant avec les plus grands (Cameron, Spielberg, Scorcesse, Nolan), Di Caprio a entraîné un sentiment de jalousie incroyable. Il avait beau transformer n’importe quel script en or, éclabousser de son talent n’importe quelle histoire, la récompense suprême, l’Oscar, lui avait toujours échappé.

 

Il aura donc fallu qu’il s’enlaidisse, qu’il souffre, qu’il casse encore et encore son image pour que ses pairs lui donnent enfin la fameuse statuette. On mesure ici la futilité d’un métier où, quelque soit ce que vous ayez fait, vous devez toujours tout prouver.

 

Qu’importe ! La performance est là et bien là. The Revenant est un écran parfait pour un acteur aussi exigeant, au point qu’il en éclipse ses partenaires, notamment Tom Hardy, pourtant excellent dans un rôle très difficile. Tom Hardy se plonge dans l’immoralité de son personnage, laissant planer un malaise certain au spectateur qui se demande si lui aussi n’aurait pas agi ainsi.

 

Quelque peu surestimé ai-je écrit. Certes, mais ce ne sont pas les quelques défauts du film qui doivent être retenus, mais tout le reste. The Revenant n’est peut être pas LE film , comme ont pu l’être Titanic, Star Wars,Lawrence d’Arabie ou Blanche Neige. Mais il n’en reste pas moins un très grand film, avec un très grand acteur qui libéré de ce poids « oscarisable » va sans doute pouvoir connaître une carrière encore plus riche, car sans pression.

 

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 07:20
Suicide Squad (**** 1/2*)

Le pitch : Superman est mort, les vilains se multiplient. Amanda Waller, membre occulte du gouvernement, décide de monter une équipe clandestine uniquement constituée de super-méchants largement sacrifiables afin d’arrêter une menace totalement inédite.

 

3e étape du DC Cinematic Universe, Suicide Squad était sans doute le projet le plus « casse-gueule » de cette migration du papier vers le grand écran. 

 

Casse-gueule ? Oui , car des personnages, à l’exception du Joker, peu connu grand public ! Un Comics assez glauque et ne parlant qu’aux fans HC de la Distinguée Concurrence, même si sa première version date de 1959 (une version plus proche du film paru de 1987 à 1992) ! Un réalisateur, David Ayer, qui n’a pas encore de « gros » films à son actif (Fury n’était pas un projet à 100 millions de dollars) et des stars, Will Smith et Jared Leto en tête pouvant facilement phagocyter le film.

 

A l’arrivée ? Un film certes pas parfait mais remplissant totalement son contrat, un festin esthétique (et auditif !! Mâtin, quelle bande originale) et de l’irrévérence comme s’il en pleuvait. Après donc un Man of Steel fondateur, un jouissif Batman vs Superman bourrin à souhait, Suicide Squad permet donc de passer un moment franchement agréable et de s’immerger un peu plus dans un univers bien éloigné de celui de Marvel. Et même si certaines critiques ne l’ont toujours pas compris en France (il est vrai que la chaotique édition de DC chez nous n’aide pas), le fan ne peut que se retrouver dans cette première aventure des super-salopards de Gotham ou Metropolis.

 

Bien entendu, on n’échappe pas au syndrome « Je mets le maximum de gens dans une cabine téléphonique » ! Il faut gérer l’origine des super-vilains (sauf le Joker), jongler avec les flashbacks, laisser une petite place à Batman et une microscopique à Flash, introduire tout ce qui entoure l’organisation clandestine et ne pas oublier la menace à combattre. Cela dit, l’Enchanteresse est présente très rapidement dès le début du film, même si son statut n’est pas d’une clarté biblique. On gagne un peu de temps car on a que 2 heures pour remplir le cahier des charges.

 

Du coup, certains personnages sont quelque peu sacrifiés. Une ou deux scènes, voire une ou deux lignes de dialogues et hop, on a un nouveau super-méchant en boîte. Dans la fine équipe, Deadshoot et Harley Quin se taillent évidemment la part du lion. Deadshoot parce que c’est quand même Will Smith (la première scène du film est pour lui, torse nu et étalant sans complexe une musculature impressionnante). Harley parce qu’elle la seule vraie méchante de l’équipe et que son habitude de porter des vêtements très courts ne peut qu’illuminer l’écran. Même le Joker n’a pas le temps d’exposition que son statut mérite, mais à la décharge du studio, il ne fait pas partie du Suicide Squad. Et puis dans les quelques scènes où il apparaît, il crève l’écran et on a évidemment hâte de le revoir plus longuement , sans doute dans le Batman que prépare Ben Affleck.

 

Au delà de personnages peu connus du grand public (hormis le Joker, on est vraiment dans la culture comics du spécialiste), le film aligne surtout un nombre impressionnant de scènes d’exposition qui, petit à petit, amène au coeur du film : une menace mystique dont on découvrira la vraie nature dans le 2e tiers de l’histoire. A la différence de classique film de super héros, à savoir les origines du héros, du vilain , les premières épreuves puis l’affrontement final, ici tout est quelque peu emmêlé. Après tout, les personnages sont censés exister depuis longtemps dans le monde du film et on sent la volonté du réalisateur d’aller très vite vers l’affrontement entre l’équipe de méchant et la méchante encore plus méchante. Dit comme cela, ça a l’air ridicule, mais c’est tout à fait cela !

 

D’autant que le film évite tout manichéisme, ce qui constitue un paradoxe tant DC a longtemps eu cette étiquette. Ce n’est plus vrai depuis longtemps, avec des personnages bien plus complexes qu’aux origines de l’éditeur, mais là aussi, DC partait avec un sacré retard sur Marvel qui, dès 1961 et le premier numéro de Fantastic Four a privilégié l’aspect humain de ses héros. Chez DC, on faisait plutôt dans le demi-dieu tombé sur Terre.

 

Ainsi, chaque « méchant » possède sa part de lumière. Deathshoot cherche à être un bon père pour sa fille, El Diablo ne se pardonne pas d’avoir détruit sa famille, Harley Quin est clairement manipulée par le Joker dans une étrange relation haine/amour, Killer Croc a été victime de préjugés toute sa vie du fait de son apparence… On est effectivement avec une belle bande de psychopathes, mais à l’exemple de Prison Break et de cet épisode qui racontait la vie des  évadés avait la prison, on peut dire qu’il dispose de certaines circonstance atténuantes.

 

La mise en scène de David Ayers est un régal. Ceux qui ont vu Fury ne seront pas surpris, tant son film de guerre ne faisait pas dans la sobriété, mais sans tomber dans l’esbroufe non plus. Je suis un peu étonné de voir que certains critiques ont écrit qu’il avait abdiqué son style et qu’il s’était mis au service du studio. Je ne suis pas d’accord car on retrouve cette façon de filmer très sèche, ces scènes efficaces et surtout cette volonté de ne pas juger le personnage, mais de le présenter dans sa dualité. Dans Fury, Brad Pitt n’était pas le sympathique meneur d’homme que l’on voit habituellement dans les films de guerre sur la seconde guerre mondiale. Ici, chaque personnage, y compris la directrice du programme Suicide Squad, n’est pas éminemment sympathique. Enfin, la puissance des effets visuels - DC fait vraiment un sans faute depuis Man of Steel - donne encore plus de pêche à un film bien destroy.

 

Bien évidemment, on pourra ergoter sur ces destructions bigger than life qui sont désormais la marque des films de super héros. Pauvre humanité, obligée de subir des affrontements titanesques et devant s’en remettre à des héros pas toujours respectueux de leur environnement pour les défendre. Suicide Squad ne fait pas exception à la règle et on peut se demander combien de temps les citoyens lambdas vont supporter le fait de s’en prendre plein la tronche pour pas un rond. Le futur Ligue de justice apportera peut être un semblant de réponse.

 

Enfin, on peut parler de l’univers très chatoyant initié par Ayers. Si Man of Steel ou Batman Vs Superman était plutôt monochrome, ici la couleur éclate et déborde de tous les côtés du cadre. Comme dans le comics d’ailleurs.

 

Projet casse gueule donc, Suicide Squad est à l’arrivée une réussite commerciale avec plus de 720 millions de dollars de recette. On me rétorquera que Marvel fait souvent mieux. Je répondrai que Marvel n’a pas encore osé sortir un film consacré à ses méchants uniquement. Et que, de toutes façons, l’amateur de Comics ne peut que se réjouir de cet affrontement à distance entre les deux géants de l’édition. Chaque film plaçant la barre un peu plus haute, on est certain d’avoir un spectacle d’une qualité visuelle inédite. Maintenant, il est clair que si vous n’êtes pas fan de super héros, vous détesterez Suicide Squad tant le film ne lésine pas sur certains clichés du genre. Un peu comme à l’apogée du western : il est évident que les réfractaires aux chevauchées dans l’Ouest, aux affrontements entre cowboys et indiens devaient sacrément trouver le temps long en attendant que la mode se passe. Elle a quand même duré plus de 40 ans !!

 

Bref, j’ai aimé Suicide Squad pour ce qu’il est : un film jouissif, décomplexé, parfois brutal, ne reculant devant aucun excès. Et puis soyons honnête, un film où l’un des personnages féminins porte des mini-shorts et des couettes ne peut pas être un mauvais film.

 

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 08:37
Ben Hur - 2015 (***1/2*)

Le pitch : Accusé d'un crime de lèse majesté envers l'occupant romain, Judas Ben Hur est envoyé aux galères par son ami d'enfance , Messala. Il parviendra à revenir à Jérusalem pour assouvir sa vengeance, même si sa rencontre avec un jeune charpentier va radicalement changer sa vie.

 

Disons le tout de suite, en admirateur du classique de William Wyler, j'attendais avec une très grande apréhension ce remake. Les très mauvais résultats US ne laissaient rien présager de bon non plus et on pouvait même craindre de se retrouver devant l'un des pires films de l'année.

 

Et pour être tout à fait honnête, étant coincé à Nancy durant une soirée, c'était le seul film qui rentrait dans mon créneau. Au pire, je n'aurai perdu que 2 heures et quelques.

 

Surprise ! Ce Ben Hur est loin d'être la catastrophe annoncée, bien au contraire. Bien entendu, il ne peut pas faire oublier la prestation de Charlton Heston ou le mysticisme de la version de 1959. Impossible non plus de faire la comparaison avec les incroyables scènes de foules et la course de char de l'original. Mais justement, Timur Bekamentov a choisi une direction différente et, même si la fameuse course (très bien filmée) apparait dès le départ du film avant que celui ci ne reparte dans un long flashback, il ne cherche pas à enterrer le classique (qui était lui même un remake d'un muet de 1925, visible sur l'édition collector Blu-ray sorti il y a quelques années) via une mise en scène "moderne" ou des effets visuels à gogo.

 

On peut même dire qu'il calme sa façon de filmer pour se mettre au service de l'histoire et non l'inverse. On a bien affaire à une nouvelle interprétation d'un roman (quelque peu indigeste) écrit il y a plus d'un siècle et pas seulement un remake de plus.

 

D'autant plus que Bekamentov adopte certains paris  audacieux comme  la bataille navale, quasiment entièrement filmée du point de vue de Ben Hur enchaîné à son banc de rameurs. A la place de majesteux plans larges numériques, on vit donc la confrontation comme le vivait l'esclave ou les sans grades de la marine romaine. Il fallait oser, mais ainsi, la bataille n'en devient que plus brutale.

 

Evidemment, comme tout peplum récent, Ben Hur se fonde sur un gros travail de reconstitution historique, bien éloigné des images d'Epinal de la grande époque hollywoodienne. Evidemment, les extensions numériques permettent de montrer Jerusalem comme on ne l'a jamais vu, d'éviter le côté "carton pâte" et de donner un côté bien plus réaliste à une vie qui ne devait pas être si facile. Les acteurs font également bien plus "couleur locale" que dans les années 60, où l'Empire romain ne semblait être peuplé que de WASP. Bref, Ben Hur s'ancre dans le cahier des charges mis au goût du jour par Ridley Scott avec Gladiator et devenu une obligation depuis.

 

Au jeu des différences, on pourra noter que ce n'est pas un patricien romain qui donne sa chance au héros après qu'il l'ait sauvé lors de la bataille navale, mais un riche nomade africain (Morgan Freeman, seul visage vraiment connu du film), que ce ne sont pas la soeur et la mère de Ben Hur qui provoque l'incident lors du passage de Ponce Pilate, que la rivalité entre les deux personnages monte graduellement (elle est quasi immédiate dans le film de 1959) et que le happy end, surprenant, modifie quelque peu la fin de l'histoire, sans aller jusqu'à lui faire prendre une autre direction, non plus.

 

Mais la plus grosse différence, hormis la modification du destin d'un personnage, est la façon de filmer le Christ. En effet, en 1959, Wyler avait fait le choix de le filmer systématiquement de  dos, mais aussi de commencer son film par sa naissance. Le réalisateur russe n'hésite pas à le montrer de face, à le faire parler. Pour la petite histoire, le roman de Lew Wallace était sous titré "Une histoire du Christ". Avoir lu dans une chronique que "rajouter" le Christ était ridicule et ne pouvait que viser le public fondamentaliste m'a montré que certains chroniqueurs devraient se documenter un minimum.

 

Les destins de Ben Hur et de Jésus sont donc étroitement mêlés. Benkamentov va jusqu'à reprendre l'un des thèmes du film muet. En 1925, Ben Hur réunit une armée pour sauver le Christ lors de sa montée vers le Golgotha, mais ce dernier refuse toute aide, préférant aller vers la mort. Ici, point d'armée, mais une pierre dans la main de Ben Hur, prêt à la lancer sur les tortionnaires romains de Jésus. Celui-ci refusera l'aide et ira vers son destin.

 

Personnellement, j'ai beaucoup aimé les scènes où le Christ apparaît. Elles sont tournées avec beaucoup de tact et rendent vraiment hommage à l'homme. Les origines russes du réalisateur y sont sans doute pour quelque chose, d'autant plus que le film n'élude pas les miracles réalisés après la mort sur la croix, notamment la guérison de la mère et de la soeur de Ben Hur de la lèpre.

 

Bien évidemment, la scène la plus attendue est la course de char. Là aussi, surprise, alors qu'on s'attendait à un déferlement numérique, on a droit à une course bien plus "mécanique" qu'attendu. Les différents protagonistes s'expriment dans leur langue et les rebondissements de l'original sont bien là. Il est d'ailleurs assez amusant de voir que cette séquence s'apparente parfois à la course de module de La menace fantôme, ce qui est tout à fait logique vu que Lucas n'a jamais caché son inspiration envers la scène mythique. Bien filmée, bien rythmée, reprenant la dramaturgie classique et la symbolique - dont le sous-titre du film, défier un empire, souligne bien la portée, la course de char est à l'image du film : réussie et spectaculaire, sans jamais tomber dans l'esbrouffe.

 

On pourra trouver quelques défauts à cette nouvelle version. Le souffle épique est parfois absent et l'histoire peine à démarrer. Les combats de Messala sont trop calqués sur la façon de filmer de ceux de Gladiator, certains dialogues sonnent un peu trop "contemporains" et Messala manque parfois de charisme.

 

Mais globalement, on a affaire à un bon peplum qui aurait mérité meilleur sort. Il est dommage qu'il ait été surtout jugé à l'aune de son insurpassable aîné, ne pouvant supporter la comparaison. Pour ceux qui n'ont pas vu le classique et qui se seront laissés tenter, peut-être que cet opus deviendra leur version. Mais pour cela, il aurait fallu que le public se déplace un peu plus nombreux.

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