Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 06:31
Les gardiens de la Galaxie 2 (****)

Le pitch : Alors qu'ils viennent d'échapper à une race belliqueuse à qui Rocket a volé des objets inestimables, les gardiens de la galaxie sont sauvés par un étrange individu qui se prétend être le père de Star-Lord.

 

Le premier Gardiens de la galaxie avait été une énorme surprise et un pari sacrement culotté ! Imposer des personnages très peu connus (une série éponyme dans les années 70, quelques mini-séries dans les décennies suivantes) au sein du MCU et au grand public tout en mixant SF colorée et humour, c'était très loin d'être gagné. D'autant plus que Chris Pratt était loin d'être connu (depuis il a joué dans Passengers et Jurassic World, ce qui a assis son statut de star) et que le réalisateur James Gunn n'avait vu aucun de 3 premiers films dépasser les 5 millions de dollars de recette !

 

Pourtant, en 2014, un vent frais soufflait dans les salles et les aventures de Star-Lord s'imposèrent dans les salles du monde entier, saluées par la critique et le public.

 

Il était donc logique que les gardiens reviennent. Et comme souvent, Marvel a appliqué la classique maxime des séquelles : plus fort, plus grand, plus haut.

 

Plus de chansons pop, plus d'actions déjantées, plus de bon mots de Rocket, plus d'humour (et plus de budget, passant de 170 à 200 millions), ce volume 2 fait donc dans le "plus".

 

Pour autant, est-il à la hauteur du premier opus. Pas tout à fait en raison d'une inexplicable chute d'intensité à la moitié du film, alors que le métrage démarrait sur les chapeaux de roue  enchaînant une baston phénoménale avec une créature visqueuse puis une bataille spatiale extraordinaire. Quand Star-Lord et ses compagnons atterrissent sur Ego (je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'histoire). Malgré un visuel extraordinaire et des personnages inventifs (le père de Star Lord, joué par un Kurt Russel qui prend un main plaisir à s'incruster dans les franchises, la nouvelle venue Mantis et même un caméo très sympa de Stallone), le scénario va quelque peu patiner, n'étalant que de rares enjeux, avant de repartir dans le dernier acte et atteindre, enfin, les sommets du premier film.

 

Cependant, on ne peut pas dire que James Gunn (qui a également écrit le scénario) se soit reposer sur la facilité. Il aurait pu mettre plus de scènes avec Bébé Groot (irrésistible voleur de scène) ou se contenter de décalquer le premier opus. Au contraire, en confrontant Star-Lord à son père, il fait évoluer ses personnages tranquillement, de manière presque douce. La notion de famille est d'ailleurs très importante dans le film. A la différence des 4 fantastiques par exemple (même si point a toujours été très mal traités dans les films), les gardiens sont une famille recomposée, où chacun se cherche un entourage après avoir perdu le sien. Star Lord rencontre enfin son père, Gamora cherche à se rapprocher de sa soeur mais refuse d'avouer les sentiments qu'elle a pour Peter Quill,  Drax cherche à surmonter la perte de sa femme et de sa fille, et Yun-du, le ravageur qui a "adopté" Star Lord (toujours joué par Michael Roocker, qui retrouve donc Stallone 24 ans après Cliffhanger) se sent quelque peu trahi par son "fils" adoptif.

 

Vu sous cette angle, on aborde le volume 2 comme une nouvelle étape dans la vie des gardiens, et non pas une succession de scènes d'action échevelée comme souvent les séquelles en proposent ! Et comme l'alchimie entre les acteurs est excellente, que l'ajout des nouveaux personnages se fait de manière naturelle (la "romance" naissance entre Drax et Mantis) , c'est avec un vrai plaisir que l'on voit évoluer l'équipe.

 

Visuellement, le film est tout aussi coloré que le premier, inventif et bourré de décors extraordinaires. La démesure est le maître mot et ferait presque passer Le 5e élément pour un modèle de sobriété. Cependant, le script n'abuse pas de nouvelles planètes et prend le temps d'explorer chaque nouvel univers, Ego se taillant la part du lion. Certes, l'abus d'écrans verts se fait parfois sentir et les lois de la physique en prennent un sacré coup, mais l'inventivité du film est indéniable, cherchant toujours à surprendre et ne se complaisant pas dans la facilité. Que cela soit les extra-terrestres (dont l'un joué par Rob Zombie en personne), les vaisseaux, les objets, tout est surprenant, riche, inventif, bien plus d'ailleurs (et c'est une chose rare dans l'adaptation de comics) que dans les pages dessinées par les artistes de Marvel.

 

Enfin, l'humour est omniprésent, passant surtout par les dialogues (étonnamment, Drax se taille la part du lion, Rocket étant quelque peu en retrait sur une partie du film) et les situations incongrues, ce qui n'empêche pas une certaine gravité. Mais jamais le film ne tombe  dans la sinistrose.

 

Au niveau de l'intégration du MCU, il faudra être très très rapide pour apercevoir que, lors d'un saut dans l'hyper-espace, Rocket et Yun-Du passent au dessus de la planète où se battent Hulk et Thor (me semble-t-il) ! Howard le canard fait également une apparition, tandis que Stan Lee s'offrent deux scènes, en pleine discussion avec les Gardiens, ces êtres omnipotents qui observent l'univers sans jamais intervenir (enfin, sauf dans plusieurs épisodes cultes des Fantastic four). Les traditionnelles scènes post-génériques sont présentes, mais une seule présente celui qui pourrait être le personnage clé des Gardiens de la galaxie volume 3 : Adam, un être supérieur apparu lui aussi dans Fantastic Four.

 

Mais entre temps, nous aurons eu Spider-Man Housecoming, Thor 3 et surtout Avengers : la guerre de l'infinité !

 

Pour le moment, savourons ce délirant métrage à sa juste valeur qu'est Les gardiens de la galaxie Volume 2 !

Repost 0
24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 07:21
Inferno (****)

Le pitch : Alors qu’il se réveille à Florence, sans aucun souvenir des dernières 48 heures, Robert Langdon se retrouve mêlé à une menace de pandémie mondiale et doit fuir avec une mystérieuse jeune femme.

 

Après la réussite d’Anges et démons et le très bon Da Vinci Code, on attendait avec un interêt certain la 3e adaptation des aventures du héros créé par Dan Brown. Mais si le très complexe Le Symbole perdu (qui se déroule sur le sol américain et prend comme décor la franc-maçonnerie) est passé à la trappe, l’excellent Inferno se voit donc adapté pour le cinéma avec le même équipe devant et derrière la caméra.

 

Cependant, malgré le soin apporté à cette adaptation, l’ajout de quelques guest stars de prestige (comme notre Omar Sy national), force est de constater que Inferno - le film se révèle inférieur à Inferno - le roman. La faute à une intrigue qui cherche à condenser trop de choses (le livre fourmille de détails érudits, de lieux magiques à explorer et de pistes secondaires) et ajoute une romance entre Langdon et la directrice de l’OMS qui ne sert pas à grand chose.

 

De ce fait, on a parfois l’impression d’assister à un défilé dans des cartes postales alors que dans le livre, les lieux évoqués font tous avancer l’histoire. Il est clair qu’adapter en film un roman aussi foisonnant et complexe, s’adressant tout autant à l’amateur de thriller qu’à l’amateur d’histoire de l’art est une gageure. Peut être qu’une mini-série aurait été plus judicieuse.

 

Cela étant dit, les critiques qui se sont abattues sur le film ont quelque chose de très exagéré. Car d’une part, le rythme ne faiblit pas et l’intrigue remplit parfaitement son but : divertir. Et d’autre part, le film a tout de même gardé une bonne partie des sites visitées (à Florence surtout, Venise et Istanbul voyant leur « présence » à l’écran nettement réduite) ainsi que ce qui tourne autour de Dante. Car Inferno traite autant d’une pandémie à venir, même si, ici, elle n’aura pas l’impact dramatique du roman, que de l’oeuvre géniale de l’auteur de La divine comédie.

 

La mise en scène de Ron Howard se veut également très différente de celles de Da Vinci Code ou Anges et démons. Elle est plus expérimentale, notamment dans les visions de Langdon, ces tentatives de retrouver la mémoire et l’évocation de la pandémie, plutôt effrayante. Les scènes d’actions sont également très bien emballées, le bagage technique du cinéaste permettant une lisibilité parfaite et un suspens constant, même pour qui a lu le livre.

 

Au niveau forme donc, rien à dire ! Tom Hanks est toujours aussi convaincant dans le rôle de ce professeur d’Harvard plongé malgré lui dans des aventures qui le dépassent et le reste du casting est au diapason. Mais, on regrettera que les modifications et les simplifications de l’intrigue réduisent certains personnages à l’état de silhouette. Omar Sy voit son personnage sacrifié sans que cela ne fasse avancer l’histoire.

 

A l’inverse, Sienna, interprétée par Félicity Jones (Rogue One) est extrêmement bien cerné. En fait, on sent que le script s’est focalisé sur l’essentiel du roman, mais a laissé un peu trop dans l’ombre les arrières plans, ce qui est bien dommage car on perd en profondeur, ce que Anges et Démons avait parfaitement réussi. C’est d’ailleurs étonnant car David Koep qui a rédigé le scénario nous a habitué à plus de rigueur.

 

Adapter un livre de Dan Brown n’est pas chose facile. L’écrivain se fait fort de divertir son lecteur tout en le faisant voyager et en l’instruisant. Les références culturelles sont nombreuses et Inferno  n’en reprend qu’une partie, ce qui ne peut que décevoir les lecteurs. 

 

Mais en l’état, en faisant abstraction du livre, Inferno est un bon thriller, élégant, érudit et très bien mis en scène. Et si son score US est extrêmement décevant (34 millions seulement), son score mondial de 220 millions a largement permis de rembourser les 75 de budget. L’avenir de Langdon au cinéma est sans doute compromis, mais la « trilogie » offerte par Tom Hanks et Ron Howard n’a pas à rougir et les critiques reçues sont, à mes yeux, illégitimes.

 
Repost 0
18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 20:10
Alien Covenant (**** 1/2*)

 

Le pitch : alors qu’il fait route afin d’établir une colonie humaine sur une planète lointaine, le vaisseau Covenant capte un signal mystérieux qui va l’amener à se dérouter.

 

Dit comme cela, on pourrait penser à une redite du tout premier Alien. Mais Alien : Covenant est bien plus que cela, une relecture complète et radicale du mythe créé par Giger, Scott et Dan O’Banon il y a 38 ans et un pont entre Prometheus et la saga originel.

 

Le mauvais accueil critique de Prometheus reste pour moi inexplicable. En revenant à la science fiction 30 ans après Blade Runner, Scott montrait qu’il n’avait rien perdu de sa capacité incroyable à sculpter des images, à jouer avec la lumière et à ne pas se contenter du minimum. Fort d’un scénario à tiroir sacrément audacieux (même si certaines pistes auraient gagné à être explorées plus avant), il entraînait le spectateur dans un ambitieux voyage à la recherche de nos origines, tout en  semant les graines de Covenant, à savoir les fameux xénomorphes sanguinaires.

 

Covenant débute donc 10 ans après la disparition de l’expédition d’Elisabeth Shaw. L’exploration humaine de la galaxie a continué et s’apprête à franchir un pas décisif en établissant une colonie de plusieurs milliers de personnes. Le début du film est donc tout à fait classique, même si la toute première scène explique déjà comment le personnage de David va évoluer quand on le retrouvera dans le 2e acte. 

 

Le spectateur pourra même se demander durant une petite demie-heure si on ne lui refait pas le coup du Réveil de la force, à savoir le remake déguisé d’un épisode populaire, rempli de clins d’oeil pour les fans les plus assidus. Mais dès que les survivants se retrouvent coincés au sol avec David, l’androïde du Prometheus qui était parti avec Elisabeth Shaw pour rejoindre la planète des ingénieurs, Covenant prend alors un virage inattendu et va alors s’apparenter à un rollercoaster géant et sanglant. Car, si beaucoup de réalisateurs s’assagissent avec le temps, Scott au contraire a décidé de ne pas se censurer ! Les scènes avec les Aliens sont donc brutales, éclaboussent de sang les décors. L’une d’elles se permet même de rendre hommage à Psychose avec une certaine ironie. 

 

Si l’on en croit les acteurs, Scott n’a pas cédé au 100% numérique et une bonne partie des Aliens sont des créatures animatroniques. Sa technique hors-pair fait le reste et donne un métrage irréprochable d’un point de vue de sa construction. Que cela soit les décors naturels de la Nouvelle Zélande, incroyablement bien captés et filmés ou la cité des ingénieurs, devenue une nécropole sinistre, il exploite totalement le matériel mis à sa disposition et y fait subir tous les outrages à des personnages complètement dépassés. En fait, seul David sait réellement ce qu’il se passe et seul lui a un plan. Michael Fassenber montre une fois de plus l’étendue de son talent, avec un double rôle (il joue également Walter, l’androïde du Covenant). L’attitude de David, que je ne déflorerais pas ici, explique également pourquoi la  compagnie avait caché à l’équipage du Nostromo la présence d’un androïde sous les traits de Ash.

 

Pourvu d’une logique implacable, David est le véritable « héros » de Covenant, même si Katherine Waterston (qui fut la maîtresse éconduite par Steve Jobs dans le film de Danny Boyle et qui retrouve donc ici l’acteur principal) sera son pendant féminin et reflet de la Ripley des 4 premiers films. Armé de sa volonté de récupérer « sa » saga (on sait que s’il apprécie Aliens, Scott n’a guère aimé les films de Finsher et Jeunet, sans parler des crossovers Aliens Vs Predator), le réalisateur continue donc son plan qui consiste à répondre  à une interrogation : qui est le Space Jockey du premier film ? Les critiques ne l’atteignent visiblement pas et il reste sur la lancée de Prometheus : bâtir une vaste saga de science fiction sans se soucier des désirs de certains fans qui se sentent dépossédés par le créateur.

 

Le constat culotté de l’origine des Aliens, le retournement final (prévisible mais bien amené) et les derniers plans ne laissent évidemment aucun doute au fait qu’il manque encore un chainon pour aboutir au carnage du Nostromo. Mais en l’état, le duo Prometheus-Covenant est un véritable oasis de fraîcheur et d’intelligence dans un monde cinématographique qui a bien du mal à sortir des recettes convenues ou à prendre le spectateur à rebrousse-poil, de peur de le gêner.

 

Les critiques envers Covenant me semblent tout aussi incompréhensibles que celles envers Prometheus. Car, on peut ne pas apprécier la direction que veut faire prendre Scott à ses créatures (après tout, l'art de la préquelle est affaire d'équilibre et Lucas en sait quelque chose, lui qui s'est fait descendre en ne virant pas d'un iota de son idée), mais on ne peut lui dénier le fait d’avoir fait une oeuvre superbe graphiquement, de ne s’être pas censuré et de montrer la créature sous tous ses stades, aidé en cela par un scénario diabolique. Le réalisateur de Gladiateur n’est jamais tombé dans la facilité. Pourquoi le ferait-il à presque 80 ans ?

 

Mine de rien, son oeuvre totale, commencé au cinéma en 1977 avec Les duellistes le pose comme l’un des plus grands cinéastes de l’histoire du médium. Son exigence, son sens de l’image, sa volonté de ne reculer devant aucun défi transparaissent encore plus avec Covenant. Et maintenant qu’il s’est trouvé un nouvel acteur avec qui partagé ses visions, nul doute que la suite de la saga, qu’il entend continuer très vite, emmènera le spectateur vers toujours plus de terreur !

 
Repost 0
27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 18:27
Demain tout commence (*****)

Le pitch : Samuel, Un jeune fêtard se retrouve avec une petite fille de 6 mois du jour au lendemain. Par un concours de circonstances , il va atterrir à Londres avec . Sa vie va changer du tout au tout et ne tournera désormais plus qu’autour de la petite Gloria.

 

Il y a de ces films qui, sans jamais chercher à vous manipuler, vous donne une certaine pêche , les feel good movies. Demain tout commence en est un et sa réussite n’a d’égale que son ambition à vouloir faire passer un message extrêmement fort, porté par des acteurs au top.

 

Si on peut « critiquer » une vision quelque peu trop optimiste d’une famille monoparentale (tout le monde ne peut pas exercer le métier de Samuel - cascadeur - et vivre sans se soucier de problèmes d’argent), c’est vraiment le seul défaut que l’on peut trouver au film. Car la progression de l’histoire , toute en finesse et en douceur et la mise en place de l’univers très codifié du père et de sa fille constitue une première partie extraordinaire.

 

Pourtant, on sent assez rapidement que quelque chose ne va pas. Trop de bonheur, trop de magie, trop de « tout va bien dans le meilleur des mondes ». Samuel (merveilleux Omar Sy) vit pour sa fille et a construit sa vie autour d’elle. Sans spoiler, on comprendra sur le tard le pourquoi de cette attitude. Mais en attendant, par petites touches, on pénètre dans  leur monde, ce qui donne un bon comptant de scènes cocasses et tendres, l’une des meilleurs étant la rencontre avec la directrice de l’école, achetée à coup d’épisodes inédits de la série télévisée où Samuel travaille.

 

Et puis, évidemment, la machine va se gripper. Le retour de la maman  va mettre le papa face aux mensonges qu’il a servis  à Gloria, dans le but de la protéger, en lui faisant croire que la mère est un agent secret. Certains critiques ont estimé que c’était une idée niaise. Au contraire, c’est un argument de scénario très beau, très poétique et il fallait de toutes façons un argument choc pour provoquer un clash entre Gloria et son père. La découverte de la vérité sera cet argument.

 

A partir de là, le film prend une tonalité plus sombre, moins joyeuse comme si la réalité rattrapait ce monde rêvé. Mais ce changement n’est pas brutal, il va se faire là aussi par petite touche, tout en finesse. Au fur et à mesure qu’avance l’histoire, Samuel doit se confronter à la vraie vie, celle où des parents peuvent se disputer la garde d’un enfant et où un enfant se voit confronter à un choix impossible. Clémence Poesy incarne à merveille cette maman fragile, qui s’est égarée durant des années, qui a fait un choix terrible (abandonner sa fille) et qui veut à tout prix rattraper le temps perdu.

 

Et alors que dans une comédie chien/chat classique, le film se serait terminé par la réconciliation entre papa et maman, avec promesse d’un avenir radieux, Demain tout commence se permet une conclusion tout autre, que je ne dévoilerai pas, mais qui incarne une autre version de l’optimisme.

 

Réalisé de manière énergique par Hugo Chélin, bénéficiant de superbes décors londoniens et superbement éclairé, le film étonne également par sa qualité technique, qu’on n’attend pas forcément pour une comédie. On sent que le niveau d’exigence s’est étendu  à tous les aspects du film et que rien n’a été bâclé.

 

Certaines personnes cyniques ont pu critiquer le film en n’y voyant qu’un mélo artificiel. Personnellement, j’y ai vu un très grand film, une superbe histoire dont la réflexion va bien au delà de l’écran et de la salle obscure qui l’accueille. 

 

Osons le dire, Tout commence demain est un petit chef d’oeuvre de narration, de tendresse, d’optimisme et une vraie leçon de vie. Trouvez moi fleur bleue si vous le voulez, mais je n’oterais aucune ligne de ce que je viens d’écrire !

Repost 0
22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 09:15
Fast and Furious 8 (****)

Le pitch : en vacances à Cuba avec Letty, Dominic Toretto reçoit la visite d'une mystérieuse jeune femme qui va le pousser à trahir ses amis.

 

8e épisode d'une franchise entamée il y a 16 ans et dont la popularité ne faiblit pas, bien au contraire ! Si ce nouvel épisode ne possède pas le côté émouvant du 7e et où l'absence forcée de Paul Walker se fait cruellement ressentir (même si plusieurs lignes de dialogues prouvent que dans le monde du film, Bryan est toujours vivant), on peut dire que la réussite est une nouvelle fois au rendez vous.

 

La difficulté d'une franchise qui dure est de gérer la multiplication des personnages, d'autant plus que, depuis le numéro 5, FF s'est clairement orienté vers une série où une équipe agit, et non un seul héros. Et comme chaque épisode ajoute un voire plusieurs protagonistes, il convient de faire le "ménage" régulièrement. Cet opus ne déroge pas à la règle : Jason Statham et Kurt Russel reprennent donc du service tandis qu'un personnage "historique" va disparaître. Et nul doute que la méchante, interprétée par Charlize Theron reviendra dans le numéro 9.

 

Quid de l'histoire ? Si on ne s'arrête pas à  certaines invraisemblances (Dwayne Johnson en prison alors qu'il faisait son travail par exemple) qui, de toutes façons ne sont pas le propos, elle tient relativement bien la route, même si le script abat trop rapidement la carte du pourquoi de la trahison de Dom. En s'articulant autour de deux grosses séances d'action (sans oublier le prologue à Cuba où se déroule la traditionnelle course urbaine) , le script se déroule de manière certes linéaires mais efficace. En fait, le fil rouge de la trahison constitue surtout un prétexte pour montrer la redoutable technique de Dom, mais aussi sa façon à manipuler, lui aussi, son entourage.

 

Deux énormes séances d'action donc ! La première a lieu à New York et met en scène des centaines de véhicules dans une configuration inédite. Une idée brillante et jamais vue au cinéma, techniquement parfaite (difficile de faire la part des choses entre vraies cascades et véhicules 3D) où Charlize Theron prend le contrôle de toute voiture pouvant se connecter à un réseau. 

 

La deuxième a lieu dans la mer de Barrents, en Russie (même si les images ont été tournées en Islande) et met en scène une configuration totalement différente avec sous-marin, moto-neige, véhicules aussi divers qu'un tank, un Hummer ou une Lamborghini. Là aussi, le travail technique est ahurissant et plonge le spectateur directement au coeur de l'action.

 

Le réalisateur F.Gary Gray s'en sort avec les honneurs car même s'il a déjà dirigé des films d'actions (braquage à l'italienne notamment), il n'avait jamais travaillé sur une production aussi énorme (250 millions de budget). Malgré quelques plans très "frimes", mais collant tout à fait à l'aspect bigger than life de la saga, sa mise en scène se met au service de l'histoire et de la franchise. Après tout, les bases ayant été posées il y a des années, il serait présomptueux de vouloir tout changer.

 

Mais ce qui fait le succès de la franchise, ce n'est pas seulement les scènes d'action, mais aussi les personnages. Et la galerie est toujours aussi attachante, les interactions entre eux toujours aussi bonnes. L'humour étant bien présent, cette partie est tout aussi réussie que dans les autres films. Et puis, le charisme de chaque protagoniste, que cela soit Vin Diesel, Michelle Rodriguez ou The rock, reste intact. FF n'est pas qu'une franchise où l'on casse des voitures, c'est vraiment une famille et l'on comprend que les acteurs aient dévasté par la mort de Paul Walker !

 

Au final, sans révolutionner le genre ou la franchise, FF8 l'enrichit à nouveau et permet donc d'attendre un nouvel épisode prévu en 2019 ! Si vous avez envie de passer deux bonnes heures de détente, n'hésitez pas  : foncez !!

Repost 0
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 10:46
Raid Dingue (****)

 

Le pitch : Une jeune policière cherche à intégrer  la célèbre unité d’élite. Petit souci : elle est gaffeuse et maladroite. Avantage : son père est le ministre de l’intérieur.

 

Après le très réussi Supercondriaque, Dany Boon change quelque peu de registre. S’il est toujours question de comédie, Raid Dingue va également mettre en avant une mise en scène plus ample, quelques scènes d’action très réussies et une réflexion très pertinente sur la place des femmes dans notre société.

 

Et, à la différence des 4 précédents films de l’acteur (Si, si !! Les Ch’tis ne fut pas son premier film mais le moins connu La maison du bonheur), Dany Boon joue un vrai second rôle. La vedette est bel et bien Alice Pol dont le seul visage fait rire.

 

Parce que, comme toute comédie qui se respecte, Raid Dingue est un film rigolo. Certes, quelques gags ou dialogues sont un peu faciles (le dîner avec les deux méchants travestis en femme) et le script aurait pu aller plus loin avec certaines situations. Mais très franchement, on se bidonne du début à la fin, que cela soit aux gaffes de la policière (mention spéciale à sa protection très « rapprochée » du président) ou aux tentatives désespérées et très machistes de Boon pour évincer Pol de son unité.

 

L’histoire se déroule tranquillement et il est clair qu’elle n’entend pas révolutionner la comédie de situation. Mais, sous cette apparente simplicité se cache une histoire à tiroir : il y a bien entendu le cheminement d’Alice, l’intrigue policière (plutôt bien ficelée même si pas toujours crédible), le chemin inverse de Boon, la romance contrariée (là, on est dans la classique comédie chien/chat avec retournement de situation puis réconciliation) et les dommages collatéraux faits aux personnages secondaires. Parmi ceux là, Michel Blanc est excellent en ministre de l’intérieur notamment quand le script brocarde gentiment certains aspects pas très reluisants.

 

Cependant, la force du film est de ne pas se prendre pour ce qu’il n’est pas. On est clairement dans le registre de la comédie et si l’histoire tourne autour des difficultés pour une femme de s’insérer dans un monde très masculin, à aucun moment, on ne se retrouve avec un métrage vindicatif ou ultra-militant. En fait, si le film soulève bien quelques questions (tout comme Rien à déclarer parlait du racisme ordinaire ou Supercondriaque de notre dépendance aux médicaments), Raid Dingue est surtout un prétexte à faire passer un bon moment.

 

La réussite tient justement à cela : les gags, je le répète, sont drôles, les dialogues bien écrits et la mécanique de la comédie parfaitement rodée. Certains pourront s’agacer que le personnage de Dany Boon change de ton à mi-parcours, mais quand on sait que l’acteur-réalisateur déteste le cynisme et préfère toujours montrer ce qu’il y  a de meilleur chez les gens, cela n’est en aucun cas une surprise. C’est même le contraire qui aurait été étonnant.

 

Vrai succès populaire (quasiment 4,5 millions d’entrées au moment où j’écris ces lignes), Raid Dingue confirme la proximité dont jouit Boon avec son public. Et franchement, on ne lui demande pas de se lancer dans un western néo-réaliste ou un drame gore. Il sait faire ce type de film, y excelle, le public en redemande. Pourquoi devrait-il changer ? Après tout, notre société a besoin de se détendre et quand des artistes sont capables de le faire, il n’y a aucun intérêt à les pousser à faire autre chose. 

 

En attendant, avec Alice Pol, il a trouvé son pendant féminin. Et si on avait enfin un duo à la hauteur du Depardieu/Richard des années 80 ? C’est bien le seul mal qu’on lui souhaite !

Repost 0
1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 06:39
X-Men Apocalypse (****)

X-Men Apocalypse : 5000 ans avant notre ère, le premier mutant de l’histoire, En’Sabha Nur, se prépare à transférer son corps âgé dans celui d’un jeune homme. Mais ses opposants parviennent à empêcher cela et l’enterre sous sa pyramide.

1983  : Alors que l’existence des mutants est reconnue et que ceux-ci cherchent à s’intégrer dans la société, Apocalypse revient à la vie.

 

3e volet du reboot initié par X-Men First Class, 4e film « X » réalisé par Bryan Singer, X-Men Apocalypse n’a pas connu le succès escompté en Amérique du Nord, surtout après le triomphe de Days of future past. Pourtant, il ne démérite absolument pas vis à vis de ses aînés, continuant la saga de manière spectaculaire, introduisant de nouveaux personnages (ou en ré-inventant des anciens) et cherchant toujours à rendre le meilleur hommage au plus culte des Comics.

 

Alors que chez Marvel Comics, les séries tournant autour des Avengers cartonnent, celles tournant autour des X-Men ont connu un net fléchissement depuis une dizaine d’années . Le dernier grand crossover House of M date de 2006. Depuis, tous les autres crossover de Marvel font surtout intervenir les Avengers et Iron Man, même si les X-Men n’en sont pas absents. De plus, les droits des personnages X sont à la Fox, ce qui explique pourquoi Marvel délaisse quelque peu les adaptations cinématographiques. Pourtant, la Fox gère plutôt bien ce patrimoine comme on a pu le voir avec le récent Deadpool ou les 3 films tournant autour de Wolverine. Mais force est de reconnaître que les « trahisons » envers le Comics sont plus importantes avec les X-Men qu’avec les autres personnages restés dans le giron du MCU. Je vais y revenir.

 

Apocalypse a la qualité de ses défauts. Son côté très spectaculaire (et forcément couteux) entraîne une surenchère de scènes de destructions massives, mais on ne sent pas une implication émotionnelle énorme. Et c’est là que le bât blesse quelque peu. Engagée dans une course avec Marvel Studio et Disney, la Fox répond à chaque film par toujours plus de combats, de destructions, de personnages. Or, si les deux premiers films du reboot prenaient leur temps pour présenter les personnages et les situations, Apocalypse va très vite. Trop vite. Pourtant les scènes d’exposition étaient là, comme le montre tous les passages coupés sur le Blu-ray. Mais, comme le dit Bryan Singer, il fallait aller plus vite pour aborder le 2e et le 3e acte. D’où un sentiment frustrant d’assister à un résumé en accéléré tant que la thématique (Apocalypse voulant diriger un monde purgé des faibles) n’est pas en place.

 

Dans les moments où Singer a pris le temps, comme par exemple la nouvelle vie de Magnéto et les raisons qui le feront replonger dans la violence, on assiste à un métrage de la qualité de Days of Future past. Mais clairement, la réintroduction d’Angel ou de Tornade est trop rapide. Et si dans le Comics, Angel a effectivement été un des cavaliers, cela n’a jamais été le cas pour Tornade ou Psylocke. Et encore moins pour Magnéto qui, dans le fabuleux crossover L’âge d’Apocalypse prenait justement le relais de Xavier pour combattre En’sabah Nur !! Il est d’ailleurs dommage que le studio n’ait pas voulu exploiter cette direction - Le fils de Xavier remontait le temps pour tuer Magnéto, mais il tuait son père. Celui-ci ne formait donc jamais les X-Men et Apocalypse s’emparait de l’Amérique du Nord. Une partie des mutants (Cyclope, Havok, Le Fauve) se rangeait derrière lui, d’autres dirigés par Magnéto s’opposait frontalement . En fait , le scénario tente plutôt adroitement de relier tous les fils mis en place depuis 2000, tout en rajeunissant le casting (Cyclope, Phénix, Tornade). Ainsi la scène surprenante où apparait Logan est le parfait prologue du film de 2000. Mention très bien au retour de Moira Mc Taggert qui manquait quelque peu eu 2e film.

 

Mais au-delà de ses réflexions, et de ses trahisons, il faut bien avouer qu’on est face à un sacré bon film de super héros. La mise en place d’Apocalypse, son combat avec Xavier sur le plan psychique, la montée en puissance de Jean Grey (excellente Sophie Turner, la souffre douleur de la série Games of Throne) sont menés de main de maître par Singer. L’intégration de Mystique au sein de cette nouvelle équipe X peut aussi surprendre, mais là aussi, elle est logique vis à vis des épisodes 4 et 5 de la saga. 

 

Singer n’a pas sacrifié toute la psychologie de ses personnages au profit d’un spectacle destructeur et immédiat. Et même s’il n’est pas parfait, à aucun moment ce 6e épisode ne fait honte à la saga, bien au contraire. 

 

Bien sûr, ceux qui ont apprécié le second degré (quelque peu pénible) de Deadpool ne le retrouveront pas ici. Singer  a bien trop de respect pour ses personnages pour les transformer en comiques. De toutes façons, ce qui marche avec Deadpool, du fait du personnage, ne peut pas marcher avec les équipes X. La critique a pourtant reproché à Apocalypse de ne pas marcher sur les traces du hit surprise en matière super héros de 2016. Ce qui est ridicule. C’est au contraire tout à l’honneur de Singer d’être resté fidèles à ses idées. Sa mise en scène est toujours aussi élégante, son montage est toujours aussi lisible et le côté épique transparait de manière évidente dans le 3e acte.

 

Il fallait évidemment un acteur solide pour incarner Apocalypse. Oscar Isaac (qui a tiré le gros lot en incarnant Cameron Poe) est parfait, bien aidé par un excellent maquillage qui respecte bien le personnage et son fameux rictus. Le travail d'ailleurs sur l'aspect physique de chaque mutants est toujours aussi bon et on sent que l'équipe technique connait ses comics sur le bout des ongles !

 

Reste à savoir quel sera l’avenir des X-Men ! L’épilogue - désormais obligatoire - envisage évidemment une suite. Mais les studios étant ce qu’ils sont, ne regardant que les dollars encaissés, la Fox ne sera-t-elle pas tenté de faire l’impasse sur les X-Men et de se concentrer sur Deadpool, dont le 2e épisode pourtant introduire Cable et X-Force ?

 

Rappelons que le mauvais accueil critique du 3e épisode avait amené le reboot 5 ans plus tard. Rappelons aussi que les résultats mitigés de Amazing Spiderman 2 ont amené Sony à abandonner tous les films prévus (ASM 3, Sinister Six). Quand on sait qu’Apocalypse a coûté une fortune et que les résultats financiers n’ont pas été au rendez vous, on peut hélas craindre que le 7e épisode ne voit jamais le jour.

 

En l’attente, on peut donc savourer d’une traite les épisodes 4,5,6. Sans atteindre le sommet de Days of Future Past, Apocalypse reste, je le répète, un excellent film de super héros, un excellent film tout court.

Repost 0
21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 15:58
L'ascension (****)

Le pitch : pour prouver son amour, Samy, un jeune habitant d'une cité sensible décide d'aller escalader l'Everest. Problème : il n'a jamais fait d'alpinisme.

 

Evacuons tout de suite le point noir (si j'ose dire) du film. Comme pour Intouchables, les producteurs ont pensé qu'un acteur maghrébin passerait moins bien qu'un acteur noir. Du coup, c'est le très bon Ahmed Sylla qui a le rôle principal. Mais soyons honnête : en quoi modifier l'histoire originale (c'est un Franco-Algérien qui est à la base de cette histoire vraie, comme le montre la toute dernière image du film) était à ce point important ? Notre pays ne compte-il pas d'acteurs talentueux issus du Maghreb ? issus de la deuxième , la troisième génération d'immigrés ? Je pense sincèrement que, comme pour Intouchables, une belle occasion de mettre en avant un acteur franco-algérien autre que pour un rôle de dealer-voyou-faire valoir (rayez la mention inutile) a été loupée.

 

Fermons cette parenthèse.

 

L'intérêt de ce film, vendu comme une comédie par la bande annonce (fort réussie) se trouve ailleurs. Non pas que L'ascension ne comporte pas de passages drôles, bien au contraire. L'humour n'y est jamais vulgaire et nait toujours des situations, de leurs décalages (le matériel inadapté, les mensonges de Samy). Les dialogues ne sont pas en reste et, sans éviter certains clichés (les 3 jeunes qui cherchent où se trouve l'Everest), ils sont suffisamment  amusants pour que l'on rit régulièrement.

 

Non, le plus important dans L'ascension est le dépassement de soi. Conçu au départ comme une boutade (c'est du moins ce que croit Nadia, la dulcinée du héros, bien campée par Alice Belaidi, même si son rôle se borne à attendre d'avoir des nouvelles de Samy), l'aventure va vite se transformer en un chemin initiatique. Samy va comprendre que ce qu'il entreprend est plus compliqué que prévu, qu'il devra puiser dans ses réserves pour l'accomplir. Mais que surtout, il ne pourra le faire seul et qu'il devra faire confiance aux autres, que cela soit son guide Jeff (dans le classique mentor qui, petit à petit, va adopter le vilain petit canard) ou son sherpa à qui Samy lira un roman à l'eau de rose en échange de son aide.

 

Et c'est bien là que se trouve l'aspect le plus important du film : la découverte de l'autre, d'une autre culture, d'une autre façon de vivre, d'une nouvelle langue. Mais cela marche dans les deux sens : ainsi cette scène magnifique où le jeune sherpa demande à Samy "Je peux toucher ?" car il n'a jamais vu de personnes noires. Puis il ajoute "c'est beau". Les barrières entre les races, cultures, langues tombent et de petite comédie facile, L'ascension devient une superbe parabole sur l'amitié, la difficulté, la volonté d'aller au bout.

 

Superbement filmé dans des paysages népalais, mais aussi du massif du Mont Blanc (où ont été reconstitués les camps intermédiaires), le film se garde aussi d'être juste un catalogue de belles images. Et si les décors naturelles sont vraiment bien mis en valeur, il n'y a pas d'esbroufes de mise en scène. Le montage relativement calme aide également. En fait, Ludovic Bernard a su, pour son premier film, éviter tous les pièges que le sujet lui tendait. Avoir été l'assistant de Kassovitz ou Canet a du bon. Il aurait été si facile de faire "la banlieue à la neige" . Peut être plus vendeur aussi (après tout, malgré ses qualités, le film a du mal à passer le million pour le moment), mais en refusant de céder, le scénario permet de mettre autre chose que de la bouffonnerie à l'écran. On est bel et bien dans une aventure humaine, avec tous ses aspects.

 

Bien entendu, on sait dès le début que Samy va réussir. Mais ce qui est intéressant, c'est la façon dont il abat les obstacles les uns après les autres. En surmontant sa peur, en acceptant ses angoisses, en se servant de l'aide des autres. Et quand la récompense finale arrive, on ne peut que se réjouir.

 

Il existe des films qui vous rendent heureux quand vous les regardez. L'Ascension en fait partie. Tentez l'aventure, vous ne serez pas déçu.

Repost 0
14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:27
Steve Jobs (¨*****)

Le pitch : au travers le lancement du Macintosh, du Next et de l'Imac, 3 moments clés de la vie du co-créateur d'Apple.

 

Ceux qui suivent mon blog depuis longtemps savent l'attachement que j'ai pour Apple et tous les produits de la marque ! J'écris d'ailleurs cet article sur un de Macbook tout en surveillant mes messages sur mon iPhone.

 

Connaissant bien la vie de Steve Jobs (j'ai lu ses différentes  autobiographies plusieurs fois, donc celle, excellente de Daniel Ichbiah (Les 4 vies de S.Jobs)), j'attendais donc avec impatience ce que Danny Boyle allait en faire.

 

Surprise !! Plutôt que de le faire dans le biopic "classique", avec quelques flashbacks pour donner plus de corps, le réalisateur de Transpotting et Slum Dog Millonnaire a décidé de partir dans une direction totalement inverse en axant son film sur 3 moments qu'il considère clé chez le génie de l'informatique.

 

Et pour bien distinguer les 3 parties, il choisit de les traiter avec 3 cartes graphiques, si j'ose dire, différente ! Un gros grain de pellicule pour le lancement du Mac en 84, des couleurs plus chaudes en 88 pour le NEXT et un traitement "actuel pour le lancement de l'Imac. Mais un fil rouge : les rapports entre Steve et sa fille Lisa !

 

Franchement, cette approche est magnifique, car elle permet de dérouler les moments les plus importants de la vie de Jobs (la création de l'Apple 1 dans le garage, son adoption, la rencontre avec Sculey, sa mise à l'écart d'Apple...) tout en ne laissant pas dans l'ombre son caractère impossible, ses contradictions, sa dureté envers ceux qui lui étaient dévoués corps et âme. A ce niveau, Kate Winslet, qui interprète Joanna Hoffman, sa fidèle directrice du marketing, et qui retrouve sans aucun doute l'un de ses plus beaux rôles (son plus beau ?) depuis Rose de Titanic, en donne toutes les nuances ! Malmenée, humiliée parfois, elle ne cherche qu'à aider son boss ! Mais c'est justement sa force de caractère (elle est au minimum aussi tenace que lui) qui lui permet de tenir le coup et même d'être la seule à oser s'opposer frontalement à lui, que cela soit sur les sujets informatiques et sur sa fille, qu'il refuse de reconnaître !!

 

Car oui, Jobs était un type imbuvable, orgueilleux, persuadé d'avoir toujours raison et refusant de donner les remerciements à ceux à qui il était redevable (les duels verbaux avec Steve Wozniak sont merveilleux). Oui, mais pas tout le temps.

 

Car Jobs était aussi la personne qui pouvait donner son amitié sans aucune retenue, qui, malgré son déni, mettra sa famille "cachée" à l'abri du besoin, qui poussait ses équipes dans leurs derniers retranchements et exigeait l'impossible car il savait que c'était possible. Tout ceci transparaît également dans le film. 

 

On passe d'un Jobs colérique à un Jobs ayant gardé le dessin de sa fille pendant des années, d'un Jobs d'une mauvaise foi effroyable à un Jobs qui propose au président de Pepsi de changer le monde, un Jobs manipulateur à un Jobs qui rebondit encore et toujours, qui obtient toujours ce qu'il veut, même quand c'est futile (éteindre les panneaux Sortie de secours) !! Et pour cela, il fallait un acteur d'exception : Michael Fassenber est cet acteur ! Il retransmet à merveille le personnage privé que le monde ignorait s'il ne s'intéressait pas au co-fondateur d'Apple, avec ses failles, ses certitudes, ses erreurs, ses mensonges, ses vérités, sa confiance aveugle, ses exigences, ses doutes... Bref, Fassenber est Steve Jobs !

 

Le reste du casting est au diapason, outre Kate Winslet, déjà citée, Jeff Daniels retrouve aussi un rôle digne de lui et campe un Sculley tour à tour admiratif puis très critique vis à vis du fondateur d'Apple, Seth Rogers est parfait en alter-égo geek de Jobs et les 3 actrices qui se succèdent pour interpréter Lisa lui rendent totalement justice.

 

Alors, un film sans défaut ? une biopic parfaite ? J'ose penser que oui car le script ne juge jamais Jobs mais offre son personnage entier au public et car Boyle ne se met jamais en avant par rapport à son sujet !

 

En fait, il filme surtout des joutes verbales, entre Jobs et sa la mère de Lisa, Chrisann Brenann , entre Jobs et Sculley, entre Jobs et Wozniak, entre Jobs et Joanna... Mais chaque affrontement est filmé différemment et on ne sais jamais qui en sortira vainqueur ! Il est évident que raconter la vie de Jobs de A à Z n'intéresse pas Danny Boyle. Ce qui l'intéresse, ce sont les moments vraiment importants ! Bien sûr, il en manque des tas comme l'explosion de l'Apple II, le lancement de l'ipod (qui redéfinira la stratégie d'Apple de manière radicale), son mariage, sa maladie,  le rachat de Pixar... Tous ces pans sont absents du film, mais de toutes façons, pour raconter une telle vie, c'est une trilogie qu'il faudrait au minimum !

 

L'échec public du film (34 millions de recettes internationales pour un budget de 30) ne change rien ! Peut être que les gens voulaient qu'on leur raconter une histoire simple de pouvoir et de succès, pas qu'on leur raconte l'histoire d'un homme qui mettra 15 ans pour avouer à sa fille qu'il l'aime. Mais qu'importe !! Steve Jobs est un chef d'oeuvre, un film à l'image de son modèle : complexe, contradictoire et malgré tout attachant !

 

Que vous soyez un fan absolu d'Apple ou que vous détestiez la marque, vous ne regarderez plus les gens qui ont changé le monde de la même manière !!

Repost 0
1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 12:32
Assassin's Creed (***)

Le pitch : la lutte sans fin entre les Templiers et la secte des Assassins et qui se joue depuis des siècles pourrait bien s'achever à notre époque.

 

Disons le tout de suite, je suis allé voir le film parce qu'on me l'a proposé, ne connaissant absolument rien au jeu (je suis plutôt Nintendo que Playstation ou Xbox). Du coup, je n'attendais pas grand chose et au final, j'ai été plutôt surpris.

 

Bien entendu, je pense que le film parlera bien plus aux initiés qu'il ne m'a parlé. Mais c'est justement parce que je n'y connaissais rien que j'ai pu apprécier l'histoire, sans  me dire "c'est quoi ce truc qui n'est pas dans le jeu. Le scénario est relativement compréhensible, et même si l'originalité n'est pas son fort (l'affrontement classique entre deux sociétés secrètes), il reste vraiment bien fichu, alternant des scènes d'action bien troussées et des passages plus introspectifs.

 

Niveau personnage, on peut être un peu plus critique car ils manquent tout de même de personnalités. De l'assassin principal (bien interprété par Michael Fassenber) au duo de "méchants" Templiers (Jeremy Irons, Marion Cotillard), on reste à la surface et on comprend bien que le film est bel et bien tiré d'un jeu vidéo. Quelque peu taillés à la serpe, chaque protagoniste de cette histoire incarne du mieux qu'il peut son alter-égo de pixels, sans vraiment chercher à le transcender. Mais là n'est pas le but. 

 

Le but est bien entendu d'aligner des scènes de combats esthétiques. Et là, c'est une réussite ! La musique aidant, le parti pris du réalisateur Justin Kerzel est à la hauteur de ce que l'on peut attendre. Les combattants virevoltent, usent d'armes blanches ou de leurs corps avec grâce et se dessoudent les uns les autres avec  frénésie. Cerise sur le gâteau, les affrontements ne sont jamais gratuits et servent (ou plutôt font avancer) l'histoire. Après, si vous êtes hermétiques à ce type de scènes, inutile d'aller voir le film.

 

Les personnages qui m'ont emmené voir le film m'ont dit que cela respectait la trame et l'esthétique des deux premiers volets. Et il est vrai que cette idée de faire revivre, via la technologie des Templiers, les souvenirs guerriers de Callum Lynch donne à l'histoire un vrai film conducteur. D'autant que cette Espagne fantasmée du XVe siècle est elle aussi très travaillée, très esthétique, même si historiquement, on peut trouver à redire. Parce que, et je vais sans doute casser quelques rêves, mais les derniers Templiers ont disparu dans les années 1320. En 1492, quand commence l'histoire, cela fait belle lurette qu'ils avaient quitté la scène donc. Alors, en 2016...

 

J'ai été surpris de voir que l'histoire se déroulait à travers l'Europe , si ce n'est une première introduction aux USA. L'Espagne donc (1492 et 2016) puis l'Angleterre. Cette orientation géographique découle évidemment du jeu et elle explique peut être le démarrage très moyen aux USA. Mais au moins, le script est resté fidèle à la base du jeu.

 

Enfin, l'imagerie graphique est très bien respectée. Il est vrai que la frontière entre jeu vidéo et cinéma tendant à s'estomper, partageant les mêmes technologies, la tâche est plus facile que lors des premières adaptations ! Ceux qui ont vu SuperMario Bros en 1993 savent de quoi je veux parler. Pour Assassin's Creed, les silhouettes emblématiques des Assassins rendent vraiment très bien à l'écran et la toute dernière scène, avec Lynch et ses deux acolytes sur les toits de Londres, abolit définitivement cette frontière.

 

Au final, Assassin's Creed plait à la fois aux passionnés et aux néophytes, même si critiques assassines montrent bien qu'il n'est pas fait pour tout le monde. 

Mais aux vues du taux de remplissage de la salle (blindée !!), il est clair que cela plaît, le film ayant déjà dépassé le million de spectateurs en France. Maintenant, j'avoue être tenté de découvrir le jeu en vrai... C'est peut être ce que souhaitaient les producteurs. Après tout, le jeu vidéo rapporte désormais plus d'argent que le cinéma !

Repost 0

Présentation

  • : Salla Obscursium Invocat
  • Salla Obscursium Invocat
  • : BO US, BO France, BO Mondial, chroniques ciné, Chroniques DVD..... Toujours sans concessions et politiquement incorrect !!
  • Contact

  • Dave
  • Enseignant, fan de cinéma et de métal, chanteur dans différents groupe de métal, collectionneur de tout ce qui touche à Star Wars... what else ?
  • Enseignant, fan de cinéma et de métal, chanteur dans différents groupe de métal, collectionneur de tout ce qui touche à Star Wars... what else ?

La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

L'affiche du moment

Rogue One