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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 18:27
Demain tout commence (*****)

Le pitch : Samuel, Un jeune fêtard se retrouve avec une petite fille de 6 mois du jour au lendemain. Par un concours de circonstances , il va atterrir à Londres avec . Sa vie va changer du tout au tout et ne tournera désormais plus qu’autour de la petite Gloria.

 

Il y a de ces films qui, sans jamais chercher à vous manipuler, vous donne une certaine pêche , les feel good movies. Demain tout commence en est un et sa réussite n’a d’égale que son ambition à vouloir faire passer un message extrêmement fort, porté par des acteurs au top.

 

Si on peut « critiquer » une vision quelque peu trop optimiste d’une famille monoparentale (tout le monde ne peut pas exercer le métier de Samuel - cascadeur - et vivre sans se soucier de problèmes d’argent), c’est vraiment le seul défaut que l’on peut trouver au film. Car la progression de l’histoire , toute en finesse et en douceur et la mise en place de l’univers très codifié du père et de sa fille constitue une première partie extraordinaire.

 

Pourtant, on sent assez rapidement que quelque chose ne va pas. Trop de bonheur, trop de magie, trop de « tout va bien dans le meilleur des mondes ». Samuel (merveilleux Omar Sy) vit pour sa fille et a construit sa vie autour d’elle. Sans spoiler, on comprendra sur le tard le pourquoi de cette attitude. Mais en attendant, par petites touches, on pénètre dans  leur monde, ce qui donne un bon comptant de scènes cocasses et tendres, l’une des meilleurs étant la rencontre avec la directrice de l’école, achetée à coup d’épisodes inédits de la série télévisée où Samuel travaille.

 

Et puis, évidemment, la machine va se gripper. Le retour de la maman  va mettre le papa face aux mensonges qu’il a servis  à Gloria, dans le but de la protéger, en lui faisant croire que la mère est un agent secret. Certains critiques ont estimé que c’était une idée niaise. Au contraire, c’est un argument de scénario très beau, très poétique et il fallait de toutes façons un argument choc pour provoquer un clash entre Gloria et son père. La découverte de la vérité sera cet argument.

 

A partir de là, le film prend une tonalité plus sombre, moins joyeuse comme si la réalité rattrapait ce monde rêvé. Mais ce changement n’est pas brutal, il va se faire là aussi par petite touche, tout en finesse. Au fur et à mesure qu’avance l’histoire, Samuel doit se confronter à la vraie vie, celle où des parents peuvent se disputer la garde d’un enfant et où un enfant se voit confronter à un choix impossible. Clémence Poesy incarne à merveille cette maman fragile, qui s’est égarée durant des années, qui a fait un choix terrible (abandonner sa fille) et qui veut à tout prix rattraper le temps perdu.

 

Et alors que dans une comédie chien/chat classique, le film se serait terminé par la réconciliation entre papa et maman, avec promesse d’un avenir radieux, Demain tout commence se permet une conclusion tout autre, que je ne dévoilerai pas, mais qui incarne une autre version de l’optimisme.

 

Réalisé de manière énergique par Hugo Chélin, bénéficiant de superbes décors londoniens et superbement éclairé, le film étonne également par sa qualité technique, qu’on n’attend pas forcément pour une comédie. On sent que le niveau d’exigence s’est étendu  à tous les aspects du film et que rien n’a été bâclé.

 

Certaines personnes cyniques ont pu critiquer le film en n’y voyant qu’un mélo artificiel. Personnellement, j’y ai vu un très grand film, une superbe histoire dont la réflexion va bien au delà de l’écran et de la salle obscure qui l’accueille. 

 

Osons le dire, Tout commence demain est un petit chef d’oeuvre de narration, de tendresse, d’optimisme et une vraie leçon de vie. Trouvez moi fleur bleue si vous le voulez, mais je n’oterais aucune ligne de ce que je viens d’écrire !

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 09:15
Fast and Furious 8 (****)

Le pitch : en vacances à Cuba avec Letty, Dominic Toretto reçoit la visite d'une mystérieuse jeune femme qui va le pousser à trahir ses amis.

 

8e épisode d'une franchise entamée il y a 16 ans et dont la popularité ne faiblit pas, bien au contraire ! Si ce nouvel épisode ne possède pas le côté émouvant du 7e et où l'absence forcée de Paul Walker se fait cruellement ressentir (même si plusieurs lignes de dialogues prouvent que dans le monde du film, Bryan est toujours vivant), on peut dire que la réussite est une nouvelle fois au rendez vous.

 

La difficulté d'une franchise qui dure est de gérer la multiplication des personnages, d'autant plus que, depuis le numéro 5, FF s'est clairement orienté vers une série où une équipe agit, et non un seul héros. Et comme chaque épisode ajoute un voire plusieurs protagonistes, il convient de faire le "ménage" régulièrement. Cet opus ne déroge pas à la règle : Jason Statham et Kurt Russel reprennent donc du service tandis qu'un personnage "historique" va disparaître. Et nul doute que la méchante, interprétée par Charlize Theron reviendra dans le numéro 9.

 

Quid de l'histoire ? Si on ne s'arrête pas à  certaines invraisemblances (Dwayne Johnson en prison alors qu'il faisait son travail par exemple) qui, de toutes façons ne sont pas le propos, elle tient relativement bien la route, même si le script abat trop rapidement la carte du pourquoi de la trahison de Dom. En s'articulant autour de deux grosses séances d'action (sans oublier le prologue à Cuba où se déroule la traditionnelle course urbaine) , le script se déroule de manière certes linéaires mais efficace. En fait, le fil rouge de la trahison constitue surtout un prétexte pour montrer la redoutable technique de Dom, mais aussi sa façon à manipuler, lui aussi, son entourage.

 

Deux énormes séances d'action donc ! La première a lieu à New York et met en scène des centaines de véhicules dans une configuration inédite. Une idée brillante et jamais vue au cinéma, techniquement parfaite (difficile de faire la part des choses entre vraies cascades et véhicules 3D) où Charlize Theron prend le contrôle de toute voiture pouvant se connecter à un réseau. 

 

La deuxième a lieu dans la mer de Barrents, en Russie (même si les images ont été tournées en Islande) et met en scène une configuration totalement différente avec sous-marin, moto-neige, véhicules aussi divers qu'un tank, un Hummer ou une Lamborghini. Là aussi, le travail technique est ahurissant et plonge le spectateur directement au coeur de l'action.

 

Le réalisateur F.Gary Gray s'en sort avec les honneurs car même s'il a déjà dirigé des films d'actions (braquage à l'italienne notamment), il n'avait jamais travaillé sur une production aussi énorme (250 millions de budget). Malgré quelques plans très "frimes", mais collant tout à fait à l'aspect bigger than life de la saga, sa mise en scène se met au service de l'histoire et de la franchise. Après tout, les bases ayant été posées il y a des années, il serait présomptueux de vouloir tout changer.

 

Mais ce qui fait le succès de la franchise, ce n'est pas seulement les scènes d'action, mais aussi les personnages. Et la galerie est toujours aussi attachante, les interactions entre eux toujours aussi bonnes. L'humour étant bien présent, cette partie est tout aussi réussie que dans les autres films. Et puis, le charisme de chaque protagoniste, que cela soit Vin Diesel, Michelle Rodriguez ou The rock, reste intact. FF n'est pas qu'une franchise où l'on casse des voitures, c'est vraiment une famille et l'on comprend que les acteurs aient dévasté par la mort de Paul Walker !

 

Au final, sans révolutionner le genre ou la franchise, FF8 l'enrichit à nouveau et permet donc d'attendre un nouvel épisode prévu en 2019 ! Si vous avez envie de passer deux bonnes heures de détente, n'hésitez pas  : foncez !!

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 10:46
Raid Dingue (****)

 

Le pitch : Une jeune policière cherche à intégrer  la célèbre unité d’élite. Petit souci : elle est gaffeuse et maladroite. Avantage : son père est le ministre de l’intérieur.

 

Après le très réussi Supercondriaque, Dany Boon change quelque peu de registre. S’il est toujours question de comédie, Raid Dingue va également mettre en avant une mise en scène plus ample, quelques scènes d’action très réussies et une réflexion très pertinente sur la place des femmes dans notre société.

 

Et, à la différence des 4 précédents films de l’acteur (Si, si !! Les Ch’tis ne fut pas son premier film mais le moins connu La maison du bonheur), Dany Boon joue un vrai second rôle. La vedette est bel et bien Alice Pol dont le seul visage fait rire.

 

Parce que, comme toute comédie qui se respecte, Raid Dingue est un film rigolo. Certes, quelques gags ou dialogues sont un peu faciles (le dîner avec les deux méchants travestis en femme) et le script aurait pu aller plus loin avec certaines situations. Mais très franchement, on se bidonne du début à la fin, que cela soit aux gaffes de la policière (mention spéciale à sa protection très « rapprochée » du président) ou aux tentatives désespérées et très machistes de Boon pour évincer Pol de son unité.

 

L’histoire se déroule tranquillement et il est clair qu’elle n’entend pas révolutionner la comédie de situation. Mais, sous cette apparente simplicité se cache une histoire à tiroir : il y a bien entendu le cheminement d’Alice, l’intrigue policière (plutôt bien ficelée même si pas toujours crédible), le chemin inverse de Boon, la romance contrariée (là, on est dans la classique comédie chien/chat avec retournement de situation puis réconciliation) et les dommages collatéraux faits aux personnages secondaires. Parmi ceux là, Michel Blanc est excellent en ministre de l’intérieur notamment quand le script brocarde gentiment certains aspects pas très reluisants.

 

Cependant, la force du film est de ne pas se prendre pour ce qu’il n’est pas. On est clairement dans le registre de la comédie et si l’histoire tourne autour des difficultés pour une femme de s’insérer dans un monde très masculin, à aucun moment, on ne se retrouve avec un métrage vindicatif ou ultra-militant. En fait, si le film soulève bien quelques questions (tout comme Rien à déclarer parlait du racisme ordinaire ou Supercondriaque de notre dépendance aux médicaments), Raid Dingue est surtout un prétexte à faire passer un bon moment.

 

La réussite tient justement à cela : les gags, je le répète, sont drôles, les dialogues bien écrits et la mécanique de la comédie parfaitement rodée. Certains pourront s’agacer que le personnage de Dany Boon change de ton à mi-parcours, mais quand on sait que l’acteur-réalisateur déteste le cynisme et préfère toujours montrer ce qu’il y  a de meilleur chez les gens, cela n’est en aucun cas une surprise. C’est même le contraire qui aurait été étonnant.

 

Vrai succès populaire (quasiment 4,5 millions d’entrées au moment où j’écris ces lignes), Raid Dingue confirme la proximité dont jouit Boon avec son public. Et franchement, on ne lui demande pas de se lancer dans un western néo-réaliste ou un drame gore. Il sait faire ce type de film, y excelle, le public en redemande. Pourquoi devrait-il changer ? Après tout, notre société a besoin de se détendre et quand des artistes sont capables de le faire, il n’y a aucun intérêt à les pousser à faire autre chose. 

 

En attendant, avec Alice Pol, il a trouvé son pendant féminin. Et si on avait enfin un duo à la hauteur du Depardieu/Richard des années 80 ? C’est bien le seul mal qu’on lui souhaite !

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 06:39
X-Men Apocalypse (****)

X-Men Apocalypse : 5000 ans avant notre ère, le premier mutant de l’histoire, En’Sabha Nur, se prépare à transférer son corps âgé dans celui d’un jeune homme. Mais ses opposants parviennent à empêcher cela et l’enterre sous sa pyramide.

1983  : Alors que l’existence des mutants est reconnue et que ceux-ci cherchent à s’intégrer dans la société, Apocalypse revient à la vie.

 

3e volet du reboot initié par X-Men First Class, 4e film « X » réalisé par Bryan Singer, X-Men Apocalypse n’a pas connu le succès escompté en Amérique du Nord, surtout après le triomphe de Days of future past. Pourtant, il ne démérite absolument pas vis à vis de ses aînés, continuant la saga de manière spectaculaire, introduisant de nouveaux personnages (ou en ré-inventant des anciens) et cherchant toujours à rendre le meilleur hommage au plus culte des Comics.

 

Alors que chez Marvel Comics, les séries tournant autour des Avengers cartonnent, celles tournant autour des X-Men ont connu un net fléchissement depuis une dizaine d’années . Le dernier grand crossover House of M date de 2006. Depuis, tous les autres crossover de Marvel font surtout intervenir les Avengers et Iron Man, même si les X-Men n’en sont pas absents. De plus, les droits des personnages X sont à la Fox, ce qui explique pourquoi Marvel délaisse quelque peu les adaptations cinématographiques. Pourtant, la Fox gère plutôt bien ce patrimoine comme on a pu le voir avec le récent Deadpool ou les 3 films tournant autour de Wolverine. Mais force est de reconnaître que les « trahisons » envers le Comics sont plus importantes avec les X-Men qu’avec les autres personnages restés dans le giron du MCU. Je vais y revenir.

 

Apocalypse a la qualité de ses défauts. Son côté très spectaculaire (et forcément couteux) entraîne une surenchère de scènes de destructions massives, mais on ne sent pas une implication émotionnelle énorme. Et c’est là que le bât blesse quelque peu. Engagée dans une course avec Marvel Studio et Disney, la Fox répond à chaque film par toujours plus de combats, de destructions, de personnages. Or, si les deux premiers films du reboot prenaient leur temps pour présenter les personnages et les situations, Apocalypse va très vite. Trop vite. Pourtant les scènes d’exposition étaient là, comme le montre tous les passages coupés sur le Blu-ray. Mais, comme le dit Bryan Singer, il fallait aller plus vite pour aborder le 2e et le 3e acte. D’où un sentiment frustrant d’assister à un résumé en accéléré tant que la thématique (Apocalypse voulant diriger un monde purgé des faibles) n’est pas en place.

 

Dans les moments où Singer a pris le temps, comme par exemple la nouvelle vie de Magnéto et les raisons qui le feront replonger dans la violence, on assiste à un métrage de la qualité de Days of Future past. Mais clairement, la réintroduction d’Angel ou de Tornade est trop rapide. Et si dans le Comics, Angel a effectivement été un des cavaliers, cela n’a jamais été le cas pour Tornade ou Psylocke. Et encore moins pour Magnéto qui, dans le fabuleux crossover L’âge d’Apocalypse prenait justement le relais de Xavier pour combattre En’sabah Nur !! Il est d’ailleurs dommage que le studio n’ait pas voulu exploiter cette direction - Le fils de Xavier remontait le temps pour tuer Magnéto, mais il tuait son père. Celui-ci ne formait donc jamais les X-Men et Apocalypse s’emparait de l’Amérique du Nord. Une partie des mutants (Cyclope, Havok, Le Fauve) se rangeait derrière lui, d’autres dirigés par Magnéto s’opposait frontalement . En fait , le scénario tente plutôt adroitement de relier tous les fils mis en place depuis 2000, tout en rajeunissant le casting (Cyclope, Phénix, Tornade). Ainsi la scène surprenante où apparait Logan est le parfait prologue du film de 2000. Mention très bien au retour de Moira Mc Taggert qui manquait quelque peu eu 2e film.

 

Mais au-delà de ses réflexions, et de ses trahisons, il faut bien avouer qu’on est face à un sacré bon film de super héros. La mise en place d’Apocalypse, son combat avec Xavier sur le plan psychique, la montée en puissance de Jean Grey (excellente Sophie Turner, la souffre douleur de la série Games of Throne) sont menés de main de maître par Singer. L’intégration de Mystique au sein de cette nouvelle équipe X peut aussi surprendre, mais là aussi, elle est logique vis à vis des épisodes 4 et 5 de la saga. 

 

Singer n’a pas sacrifié toute la psychologie de ses personnages au profit d’un spectacle destructeur et immédiat. Et même s’il n’est pas parfait, à aucun moment ce 6e épisode ne fait honte à la saga, bien au contraire. 

 

Bien sûr, ceux qui ont apprécié le second degré (quelque peu pénible) de Deadpool ne le retrouveront pas ici. Singer  a bien trop de respect pour ses personnages pour les transformer en comiques. De toutes façons, ce qui marche avec Deadpool, du fait du personnage, ne peut pas marcher avec les équipes X. La critique a pourtant reproché à Apocalypse de ne pas marcher sur les traces du hit surprise en matière super héros de 2016. Ce qui est ridicule. C’est au contraire tout à l’honneur de Singer d’être resté fidèles à ses idées. Sa mise en scène est toujours aussi élégante, son montage est toujours aussi lisible et le côté épique transparait de manière évidente dans le 3e acte.

 

Il fallait évidemment un acteur solide pour incarner Apocalypse. Oscar Isaac (qui a tiré le gros lot en incarnant Cameron Poe) est parfait, bien aidé par un excellent maquillage qui respecte bien le personnage et son fameux rictus. Le travail d'ailleurs sur l'aspect physique de chaque mutants est toujours aussi bon et on sent que l'équipe technique connait ses comics sur le bout des ongles !

 

Reste à savoir quel sera l’avenir des X-Men ! L’épilogue - désormais obligatoire - envisage évidemment une suite. Mais les studios étant ce qu’ils sont, ne regardant que les dollars encaissés, la Fox ne sera-t-elle pas tenté de faire l’impasse sur les X-Men et de se concentrer sur Deadpool, dont le 2e épisode pourtant introduire Cable et X-Force ?

 

Rappelons que le mauvais accueil critique du 3e épisode avait amené le reboot 5 ans plus tard. Rappelons aussi que les résultats mitigés de Amazing Spiderman 2 ont amené Sony à abandonner tous les films prévus (ASM 3, Sinister Six). Quand on sait qu’Apocalypse a coûté une fortune et que les résultats financiers n’ont pas été au rendez vous, on peut hélas craindre que le 7e épisode ne voit jamais le jour.

 

En l’attente, on peut donc savourer d’une traite les épisodes 4,5,6. Sans atteindre le sommet de Days of Future Past, Apocalypse reste, je le répète, un excellent film de super héros, un excellent film tout court.

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 15:58
L'ascension (****)

Le pitch : pour prouver son amour, Samy, un jeune habitant d'une cité sensible décide d'aller escalader l'Everest. Problème : il n'a jamais fait d'alpinisme.

 

Evacuons tout de suite le point noir (si j'ose dire) du film. Comme pour Intouchables, les producteurs ont pensé qu'un acteur maghrébin passerait moins bien qu'un acteur noir. Du coup, c'est le très bon Ahmed Sylla qui a le rôle principal. Mais soyons honnête : en quoi modifier l'histoire originale (c'est un Franco-Algérien qui est à la base de cette histoire vraie, comme le montre la toute dernière image du film) était à ce point important ? Notre pays ne compte-il pas d'acteurs talentueux issus du Maghreb ? issus de la deuxième , la troisième génération d'immigrés ? Je pense sincèrement que, comme pour Intouchables, une belle occasion de mettre en avant un acteur franco-algérien autre que pour un rôle de dealer-voyou-faire valoir (rayez la mention inutile) a été loupée.

 

Fermons cette parenthèse.

 

L'intérêt de ce film, vendu comme une comédie par la bande annonce (fort réussie) se trouve ailleurs. Non pas que L'ascension ne comporte pas de passages drôles, bien au contraire. L'humour n'y est jamais vulgaire et nait toujours des situations, de leurs décalages (le matériel inadapté, les mensonges de Samy). Les dialogues ne sont pas en reste et, sans éviter certains clichés (les 3 jeunes qui cherchent où se trouve l'Everest), ils sont suffisamment  amusants pour que l'on rit régulièrement.

 

Non, le plus important dans L'ascension est le dépassement de soi. Conçu au départ comme une boutade (c'est du moins ce que croit Nadia, la dulcinée du héros, bien campée par Alice Belaidi, même si son rôle se borne à attendre d'avoir des nouvelles de Samy), l'aventure va vite se transformer en un chemin initiatique. Samy va comprendre que ce qu'il entreprend est plus compliqué que prévu, qu'il devra puiser dans ses réserves pour l'accomplir. Mais que surtout, il ne pourra le faire seul et qu'il devra faire confiance aux autres, que cela soit son guide Jeff (dans le classique mentor qui, petit à petit, va adopter le vilain petit canard) ou son sherpa à qui Samy lira un roman à l'eau de rose en échange de son aide.

 

Et c'est bien là que se trouve l'aspect le plus important du film : la découverte de l'autre, d'une autre culture, d'une autre façon de vivre, d'une nouvelle langue. Mais cela marche dans les deux sens : ainsi cette scène magnifique où le jeune sherpa demande à Samy "Je peux toucher ?" car il n'a jamais vu de personnes noires. Puis il ajoute "c'est beau". Les barrières entre les races, cultures, langues tombent et de petite comédie facile, L'ascension devient une superbe parabole sur l'amitié, la difficulté, la volonté d'aller au bout.

 

Superbement filmé dans des paysages népalais, mais aussi du massif du Mont Blanc (où ont été reconstitués les camps intermédiaires), le film se garde aussi d'être juste un catalogue de belles images. Et si les décors naturelles sont vraiment bien mis en valeur, il n'y a pas d'esbroufes de mise en scène. Le montage relativement calme aide également. En fait, Ludovic Bernard a su, pour son premier film, éviter tous les pièges que le sujet lui tendait. Avoir été l'assistant de Kassovitz ou Canet a du bon. Il aurait été si facile de faire "la banlieue à la neige" . Peut être plus vendeur aussi (après tout, malgré ses qualités, le film a du mal à passer le million pour le moment), mais en refusant de céder, le scénario permet de mettre autre chose que de la bouffonnerie à l'écran. On est bel et bien dans une aventure humaine, avec tous ses aspects.

 

Bien entendu, on sait dès le début que Samy va réussir. Mais ce qui est intéressant, c'est la façon dont il abat les obstacles les uns après les autres. En surmontant sa peur, en acceptant ses angoisses, en se servant de l'aide des autres. Et quand la récompense finale arrive, on ne peut que se réjouir.

 

Il existe des films qui vous rendent heureux quand vous les regardez. L'Ascension en fait partie. Tentez l'aventure, vous ne serez pas déçu.

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:27
Steve Jobs (¨*****)

Le pitch : au travers le lancement du Macintosh, du Next et de l'Imac, 3 moments clés de la vie du co-créateur d'Apple.

 

Ceux qui suivent mon blog depuis longtemps savent l'attachement que j'ai pour Apple et tous les produits de la marque ! J'écris d'ailleurs cet article sur un de Macbook tout en surveillant mes messages sur mon iPhone.

 

Connaissant bien la vie de Steve Jobs (j'ai lu ses différentes  autobiographies plusieurs fois, donc celle, excellente de Daniel Ichbiah (Les 4 vies de S.Jobs)), j'attendais donc avec impatience ce que Danny Boyle allait en faire.

 

Surprise !! Plutôt que de le faire dans le biopic "classique", avec quelques flashbacks pour donner plus de corps, le réalisateur de Transpotting et Slum Dog Millonnaire a décidé de partir dans une direction totalement inverse en axant son film sur 3 moments qu'il considère clé chez le génie de l'informatique.

 

Et pour bien distinguer les 3 parties, il choisit de les traiter avec 3 cartes graphiques, si j'ose dire, différente ! Un gros grain de pellicule pour le lancement du Mac en 84, des couleurs plus chaudes en 88 pour le NEXT et un traitement "actuel pour le lancement de l'Imac. Mais un fil rouge : les rapports entre Steve et sa fille Lisa !

 

Franchement, cette approche est magnifique, car elle permet de dérouler les moments les plus importants de la vie de Jobs (la création de l'Apple 1 dans le garage, son adoption, la rencontre avec Sculey, sa mise à l'écart d'Apple...) tout en ne laissant pas dans l'ombre son caractère impossible, ses contradictions, sa dureté envers ceux qui lui étaient dévoués corps et âme. A ce niveau, Kate Winslet, qui interprète Joanna Hoffman, sa fidèle directrice du marketing, et qui retrouve sans aucun doute l'un de ses plus beaux rôles (son plus beau ?) depuis Rose de Titanic, en donne toutes les nuances ! Malmenée, humiliée parfois, elle ne cherche qu'à aider son boss ! Mais c'est justement sa force de caractère (elle est au minimum aussi tenace que lui) qui lui permet de tenir le coup et même d'être la seule à oser s'opposer frontalement à lui, que cela soit sur les sujets informatiques et sur sa fille, qu'il refuse de reconnaître !!

 

Car oui, Jobs était un type imbuvable, orgueilleux, persuadé d'avoir toujours raison et refusant de donner les remerciements à ceux à qui il était redevable (les duels verbaux avec Steve Wozniak sont merveilleux). Oui, mais pas tout le temps.

 

Car Jobs était aussi la personne qui pouvait donner son amitié sans aucune retenue, qui, malgré son déni, mettra sa famille "cachée" à l'abri du besoin, qui poussait ses équipes dans leurs derniers retranchements et exigeait l'impossible car il savait que c'était possible. Tout ceci transparaît également dans le film. 

 

On passe d'un Jobs colérique à un Jobs ayant gardé le dessin de sa fille pendant des années, d'un Jobs d'une mauvaise foi effroyable à un Jobs qui propose au président de Pepsi de changer le monde, un Jobs manipulateur à un Jobs qui rebondit encore et toujours, qui obtient toujours ce qu'il veut, même quand c'est futile (éteindre les panneaux Sortie de secours) !! Et pour cela, il fallait un acteur d'exception : Michael Fassenber est cet acteur ! Il retransmet à merveille le personnage privé que le monde ignorait s'il ne s'intéressait pas au co-fondateur d'Apple, avec ses failles, ses certitudes, ses erreurs, ses mensonges, ses vérités, sa confiance aveugle, ses exigences, ses doutes... Bref, Fassenber est Steve Jobs !

 

Le reste du casting est au diapason, outre Kate Winslet, déjà citée, Jeff Daniels retrouve aussi un rôle digne de lui et campe un Sculley tour à tour admiratif puis très critique vis à vis du fondateur d'Apple, Seth Rogers est parfait en alter-égo geek de Jobs et les 3 actrices qui se succèdent pour interpréter Lisa lui rendent totalement justice.

 

Alors, un film sans défaut ? une biopic parfaite ? J'ose penser que oui car le script ne juge jamais Jobs mais offre son personnage entier au public et car Boyle ne se met jamais en avant par rapport à son sujet !

 

En fait, il filme surtout des joutes verbales, entre Jobs et sa la mère de Lisa, Chrisann Brenann , entre Jobs et Sculley, entre Jobs et Wozniak, entre Jobs et Joanna... Mais chaque affrontement est filmé différemment et on ne sais jamais qui en sortira vainqueur ! Il est évident que raconter la vie de Jobs de A à Z n'intéresse pas Danny Boyle. Ce qui l'intéresse, ce sont les moments vraiment importants ! Bien sûr, il en manque des tas comme l'explosion de l'Apple II, le lancement de l'ipod (qui redéfinira la stratégie d'Apple de manière radicale), son mariage, sa maladie,  le rachat de Pixar... Tous ces pans sont absents du film, mais de toutes façons, pour raconter une telle vie, c'est une trilogie qu'il faudrait au minimum !

 

L'échec public du film (34 millions de recettes internationales pour un budget de 30) ne change rien ! Peut être que les gens voulaient qu'on leur raconter une histoire simple de pouvoir et de succès, pas qu'on leur raconte l'histoire d'un homme qui mettra 15 ans pour avouer à sa fille qu'il l'aime. Mais qu'importe !! Steve Jobs est un chef d'oeuvre, un film à l'image de son modèle : complexe, contradictoire et malgré tout attachant !

 

Que vous soyez un fan absolu d'Apple ou que vous détestiez la marque, vous ne regarderez plus les gens qui ont changé le monde de la même manière !!

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 12:32
Assassin's Creed (***)

Le pitch : la lutte sans fin entre les Templiers et la secte des Assassins et qui se joue depuis des siècles pourrait bien s'achever à notre époque.

 

Disons le tout de suite, je suis allé voir le film parce qu'on me l'a proposé, ne connaissant absolument rien au jeu (je suis plutôt Nintendo que Playstation ou Xbox). Du coup, je n'attendais pas grand chose et au final, j'ai été plutôt surpris.

 

Bien entendu, je pense que le film parlera bien plus aux initiés qu'il ne m'a parlé. Mais c'est justement parce que je n'y connaissais rien que j'ai pu apprécier l'histoire, sans  me dire "c'est quoi ce truc qui n'est pas dans le jeu. Le scénario est relativement compréhensible, et même si l'originalité n'est pas son fort (l'affrontement classique entre deux sociétés secrètes), il reste vraiment bien fichu, alternant des scènes d'action bien troussées et des passages plus introspectifs.

 

Niveau personnage, on peut être un peu plus critique car ils manquent tout de même de personnalités. De l'assassin principal (bien interprété par Michael Fassenber) au duo de "méchants" Templiers (Jeremy Irons, Marion Cotillard), on reste à la surface et on comprend bien que le film est bel et bien tiré d'un jeu vidéo. Quelque peu taillés à la serpe, chaque protagoniste de cette histoire incarne du mieux qu'il peut son alter-égo de pixels, sans vraiment chercher à le transcender. Mais là n'est pas le but. 

 

Le but est bien entendu d'aligner des scènes de combats esthétiques. Et là, c'est une réussite ! La musique aidant, le parti pris du réalisateur Justin Kerzel est à la hauteur de ce que l'on peut attendre. Les combattants virevoltent, usent d'armes blanches ou de leurs corps avec grâce et se dessoudent les uns les autres avec  frénésie. Cerise sur le gâteau, les affrontements ne sont jamais gratuits et servent (ou plutôt font avancer) l'histoire. Après, si vous êtes hermétiques à ce type de scènes, inutile d'aller voir le film.

 

Les personnages qui m'ont emmené voir le film m'ont dit que cela respectait la trame et l'esthétique des deux premiers volets. Et il est vrai que cette idée de faire revivre, via la technologie des Templiers, les souvenirs guerriers de Callum Lynch donne à l'histoire un vrai film conducteur. D'autant que cette Espagne fantasmée du XVe siècle est elle aussi très travaillée, très esthétique, même si historiquement, on peut trouver à redire. Parce que, et je vais sans doute casser quelques rêves, mais les derniers Templiers ont disparu dans les années 1320. En 1492, quand commence l'histoire, cela fait belle lurette qu'ils avaient quitté la scène donc. Alors, en 2016...

 

J'ai été surpris de voir que l'histoire se déroulait à travers l'Europe , si ce n'est une première introduction aux USA. L'Espagne donc (1492 et 2016) puis l'Angleterre. Cette orientation géographique découle évidemment du jeu et elle explique peut être le démarrage très moyen aux USA. Mais au moins, le script est resté fidèle à la base du jeu.

 

Enfin, l'imagerie graphique est très bien respectée. Il est vrai que la frontière entre jeu vidéo et cinéma tendant à s'estomper, partageant les mêmes technologies, la tâche est plus facile que lors des premières adaptations ! Ceux qui ont vu SuperMario Bros en 1993 savent de quoi je veux parler. Pour Assassin's Creed, les silhouettes emblématiques des Assassins rendent vraiment très bien à l'écran et la toute dernière scène, avec Lynch et ses deux acolytes sur les toits de Londres, abolit définitivement cette frontière.

 

Au final, Assassin's Creed plait à la fois aux passionnés et aux néophytes, même si critiques assassines montrent bien qu'il n'est pas fait pour tout le monde. 

Mais aux vues du taux de remplissage de la salle (blindée !!), il est clair que cela plaît, le film ayant déjà dépassé le million de spectateurs en France. Maintenant, j'avoue être tenté de découvrir le jeu en vrai... C'est peut être ce que souhaitaient les producteurs. Après tout, le jeu vidéo rapporte désormais plus d'argent que le cinéma !

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 16:27
Rogue One (**** 1/2*)

Le pitch : alors que l'Empire a étendu sa main de fer sur la galaxie, un petit groupe de rebelles cherche à récupérer les plans de son arme absolue.

(Attention : cette chronique contient quelques spoliers)

Décidément, Disney sait y faire avec les franchises. Après avoir revitalisé le Marvel Cinematic Universe, la relance de la franchise Star Wars est une vraie réussite. Si Le réveil de la force comportait quelques défauts (le principal étant son copier/coller trop évident de l'épisode IV), rien à dire - ou presque - sur Rogue One, premier segment d'un série promise sans aucun doute à un grand avenir, les A Star Wars Story !!

 

Evacuons donc tout de suite le principal souci du film : si on excepte l'absence scandaleuse de déroulant au début, Rogue One met un peu trop de temps à démarrer et certaines pistes sont trop vite abandonnées ou dévoilées. De ce fait, quelques personnages, dont celui de Forrest Whitaker manque de relief. Ou alors, certains actes apparaissent comme purement gratuits : pourquoi diable Diego Luna abat-il l'informateur qui lance l'histoire , par exemple ? 

 

Du coup, pendant une bonne heure, malgré la joie de revoir des endroits cultes (Yavin IV) ou des personnages secondaires comme Mom Motha, la vraie leader de la rébellion (ce qui m'avait choqué la première fois que j'avais vu Le retour du Jedi ! Pour moi, la chef , c'était Leïa , point barre !), on a un peu peur que la montagne accouche d'une souris. Heureusement, le script n'hésite pas à s'engager sur des voies inédites. Ainsi, le quadrillage de Jetha par l'armée impériale évoque furieusement ces bandes d'archives sur l'occupation de l'Europe par les nazis. La première utilisation de L'étoile de la mort évoque clairement la destruction de Palmyre par Daesh, car là aussi, il faut éradiquer une oeuvre historique, les Sith désirant effacer tout  souvenir de l'ordre Jedi....

 

Et puis, on refusant d'introduire des personnages manichéens, Rogue One permet à tout un nouvel environnement de se bâtir petit à petit sous nos yeux !

 

La force (!!) de cette longue introduction est en fait sa faiblesse : le film s'adresse aux fans (à la différence du Réveil de la force qui se devait de convaincre y compris les néophytes) et il est évident que tout le monde ne peut pas s'y retrouver. Mais c'est justement parce que le film a pris son temps que son dernier acte à savoir la fameuse opération sur Scarif, évoquée dans le déroulant d'un nouvel espoir (la victoire rebelle, le vol des plans) en devient incroyablement impressionnante !

 

Tout comme dans La menace fantôme où un seul plan permettait au film de basculer d'une honnête introduction à un métrage indispensable (le moment où Qui Gon Jin coupe la chique de JAr JAr dans la maison d'Anakin), l'exécution du père de Jyn lance Rogue One sur une voie qu'il ne quittera plus jamais jusqu'à cet incroyable double plan final : Vador, sabre à la main regardant le vaisseau de Leïa s'enfuir et la princesse récupérant les plans de l'étoile de la mort !

 

On comprend alors qu'il fallait poser tous les jalons, tous les enjeux, que l'on s'attache aux personnages et qu'on voit bien que Rogue One est plus qu'un épisode 3.5, mais bien un prologue à Un nouvel espoir.

 

Dès lors, tout s'enchaîne : les visions dantesques des Quadripodes, le massacre du commando rebelles, le sacrifice des différents personnages, la victoire de la flotte rebelle au-dessus de la planète (le plan incroyable du Star Destroyer tombant sur le bouclier d'énergie, qui rappelle celui où le vaisseau de Vador percutait l'Etoile de la mort dans Le retour du Jedi), la lutte pour récupérer les plans, l'arrivée du seigneur Sith... Un dernier acte totalement réussi, sans aucun temps morts, sans aucun plan superflu ou clownesque !!

 

On a parlé des reshoots durant cet été et les bandes annonces montrent bien que le destin de certains personnages était différent. Mais c'est justement cette tonalité sombre qui fait la puissance du film. Renouant avec les moments les plus noirs de La revanche des Sith, quand la chute d'Anakin devient inéluctable, Rogue One ne s'embarrasse pas de plaire aux plus grands nombres. Gareth Edwards a totalement réussi son incursion dans l'univers Star Wars et a su utiliser aux mieux Felicity Jones. Sa seule concession "Fan" sera l'apparition de C3PO et R2D2 au détour d'un plan très bref et la mention d'Obi Wan au détour d'un dialogue !

 

Alors, évidemment, les détracteurs de la saga ne manqueront pas de déceler des incohérences (notamment le temps de construction de l'arme, pourtant bien avancée à la fin de La revanche des Sith) ou que les quelques plans de Peter Crushing font un peu trop 3D, mais qu'importe ! Rogue One est une vraie pierre à l'édifice Star Wars et non une tentative de piquer encore un peu de blé dans les poches des fans !

 

A l'heure où nos regards se tournent vers l'épisode VIII, faire un film Star Wars sans Jedi, sans Luke ou l'Empereur était sacrément gonflé ! La réussite n'en est que plus éclatante  et si chaque A Star Wars Story est de cet acabit, alors on pourra vraiment patienter entre chaque épisode de la nouvelle trilogie !

 

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 09:56
Boulevard de  la Mort (***)

Le pitch : un homme se prétendant cascadeur attire des jeunes filles pour les tuer dans des accidents spectaculaires. Mais il va tomber sur plus retors que lui.

 

Dit comme cela, le 6e film de Quentin Tarantino a l'air d'une bêtise sans nom. Pourtant, sous ses atours de film potache et bardé de clichés, Boulevard de la mort (Death Proof en VO) permet aux admirateurs du cinéaste de se régaler de tous les aspects de sa mise en scène : dialogues aux petits oignons, scènes totalement WTF, plans gores souvent gratuits et un amour authentique pour les séries B de tous poils !!

 

A l'inverse, les détracteurs de Tarantino (et ils sont aussi nombreux) ne pourront que critiquer des tunnels de dialogue parfois trop longs, des scènes parfois sorties de nulle part, une certaine propension à glorifier la médiocrité (les personnages sont loin d'avoir des attitudes de prix Nobel) et des cassures de rythme parfois surprenante.

 

Par contre, ils ne pourront rien dire sur les faux raccords, accidents de pellicules, bande-son défaillante ou saute d'images !! Initié dans le projet Grindhouse avec Robert Rodriguez, qui réalisait dans le même temps Planète de la terreur, les deux films (qui ont quand même coûté 67 millions de dollars), Death Proof était une tentative de faire revivre ces fameux double-programmes bis qui fleurissaient dans les drive in américains. 

 

Et comme ces films étaient tout, sauf des chef d'oeuvres ni des métrages techniquement parfaits, les deux cinéastes se sont fait plaisir en accentuant tous les défauts des double-programmes. On n'aime ou on n'aime pas ! Certaines critiques ont même estimé que les deux lascars profitaient de ce gimmick pour cacher leur propre médiocrité, ce qui est quelque peu ridicule car la parodie (on peut voir les deux films ainsi) n'est pas si simple à faire.

 

Death Proof ne se distingue donc pas par son script (qui tient sur 3 lignes) et qui se contente de meubler une histoire simplette par des scènes de bars où l'on picole et raconte des blagues idiotes. Le film est de plus clairement divisé en deux partie, la première où Kurt Russel (excellent) attire ses proies dans son piège, sans que l'on ne parvienne à savoir où est le loup et qui se conclut par un accident très spectaculaire, délicieusement gore (pour ne rien louper, l'action nous est montré sous plusieurs angles afin que chaque personne tuée bénéficie de "sa" scène) et qui montre qu'à ce moment, Tarantino met de côté l'aspect amateur pour privilégier le choc ! C'est gratuit, très frime, mais ça récompense de l'attente.

 

Puis dans une deuxième partie, c'est Russel lui même qui va être pris à son propre piège, poursuivie par trois jeunes femmes encore plus dingues que lui ! Le film se termine par une mémorable raclée de la part des membres du sexe faible enfer le macho de service !! Russel achève Death Proof dans une posture que peu d'acteurs accepteraient : humilié, battu, grimaçant. Sa mort dans Les 8 salopards était hautement plus classe, ce qui vous donne tout de suite une idée de cette scène finale.

 

Comme souvent , Tarantino truffe son film de références à des films quelque peu oubliés. Ici, les 3 filles veulent faire un tour dans une voiture similaire à celle du héros de Point Limite Zéro, excellent métrage où un conducteur doit faire un trajet jusqu'à Los Angeles en un temps record. Durant son voyage (trip ?), il sera aidé par un DJ noir et aveugle, rencontrera une fille qui fait de la moto complètement nue, se frottera à toutes les polices des états qu'il traverse avant de finir dans la tôle broyée. Dit, comme cela, cela a l'air encore plus stupide que Death Proof, mais croyez-moi, Point Limite Zéro est vachement bien, un  parfait exemple de la contre-culture hollywoodienne des 70's !

 

On sent qu'il s'est fait plaisir, le bougre. Il filme ses actrices dans des tenues très courtes, aligne des dialogues bien corsés, d'autant plus fun quand ils sont déclamés par des cruches en mini-jupe, se donne un rôle de barman sympa et n'hésite pas à faire de ploucs des personnages de haute volée ! En fait, tout ce que les films américaines comptent comme clichés, Tarantino en use et en abuse ! 

 

Bien entendu, tout n'est pas parfait et on sent que ce qui aurait pu faire un excellent sketch d'un film à plusieurs mains tire sur la corde. Les scènes de bar permettent d'aller faire chauffer son thé ou de passer quelques niveaux à Candy Crush. Mais l'accident et la poursuite finale rattrapent à elles seules un film conçu pour le plaisir des fans.

 

Sorte de récréation entre les 2 Kill Bill et Unglorious Basterds, Death Proof remplit tout à fait son rôle : faire passer un moment quelque peu honteux  à son spectateur tout en le laissant écouter des dialogues toujours aussi bien écrit. Le plus drôle, à mon sens, est que le film fut sélectionné à Cannes en 2007, comme s'il était du calibre de Pulp Fiction ou Jackie Brown !!

 

Evidemment, Boulevard de la mort est à voir en VO ! 

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 10:27
L'Odyssée (*****)

Le pitch : 1979. Philippe Cousteau se tue aux commandes de son hydravion. 30 ans plus tôt, avec son frère et ses parents, il découvre sa nouvelle maison au bord de la Méditerranée. Personne ne le sait encore, mais ce sera le début d'une aventure extraordinaire.

 

Ouvrir le film avec le drame le plus épouvantable qui toucha Cousteau était sans doute la meilleure façon de rendre hommage à cette famille qui a marqué de son empreinte le XXe siècle. Car Jérome Salle a refusé de faire une hagiographie ou un saccage en règle de Captain Planet, mais au contraire a pris le risque (énorme) de le montrer dans toutes ses facettes et ne pas oublier qu'autour de lui gravitaient deux fils et une épouse.

 

Le cinéma français manque singulièrement d'ambition depuis des années. Or, 2016 offre au public deux puissants biopics. Si Chocolat a su trouver une audience assez importante pour un personnage méconnu, il est franchement dommage que L'odyssée ait été une déception lors de son démarrage alors que son sujet est sans aucun doute l'un des Français les plus connus dans le monde. Comme si on avait voulu punir le commandant des ses errances et que, réflexe bien tricolore, tout le bien qu'il ait pu faire soit noyé dans ses erreurs.

 

D'un point de vue cinématographique, Jerome Salle a réussi une alchimie parfaite entre acteurs habités par leur rôle (Lambert Wilson, prodigieux ! Audrey Tautou parfaite ! Pierre Niney, magistral) , photographie somptueuse, dialogues ciselés et scénario totalement à la hauteur de la stature de son sujet. 

Techniquement, le film est plus qu'abouti et jamais il ne sombre dans l'approximation. Les scènes en Antarctique comptent sans nul doute parmi les plus belles, mais tout ce qui fait le sel d'une vie "bigger than life" est là, que cela soit dans la reconstitution de la Calypso, des hangars de Marseille ou de la tentation américaine, Jerome Salle ne rate aucun de ses rendez vous avec Cousteau et met sur le même pied d'égalité les petits moments intimes (les disputes avec Simone et Philippe, mais aussi et surtout, les moments de complicité entre toute la famille) avec les grandes envolées lyriques du commandant devant les médias.

 

On a critiqué la performance d'Audrey. Mais comment interpréter une femme qui a tout donné pour son mari et qui a été trompée, délaissée, qui aura passé sa vie sur un bateau et qui a vu son fils mourir ? Les rares confidences que nous avons sur Simone (relire Capitaine de la Calypso d'Albert Falco ou Mon père le commandant de JM Cousteau) montrent que la "Bergère" détestait les caméras (elle doit apparaitre dans 2 ou 3 scènes sur la centaine de film qu'ont tournés les Cousteau) et avait son franc parler. Seule femme parmi une bande d'homme, elle était l'âme de la Calypso. Et pour cela, elle avait forcément un caractère fort. Et comme le réalisateur a décidé de mettre sur le même pied d'égalité tous les membres de la famille durant cette période (un film se déroulant entre 80 et 97 aurait été fort différent), il est logique de montrer une Simone déterminée, râleuse et qui, malgré toutes les trahisons de son mari, lui restera fidèle jusqu'au bout.

 

L'aspect le plus intéressant est bien évidement l'affrontement entre Cousteau et son fils préféré. Cet aspect de l'histoire, peu connu, est au coeur du film. Ce thème universel, où se même jalousie, admiration et désir de montrer à l'autre qu'on  existe, permet les scènes les plus fortes du film, que les disputes soient brutales (la scène avec les otaries) ou feutrées (la discussion dans le bar). Et quand, enfin, père et fils se retrouvent en Antarctique et que JYC comprend l'idéal de son fils ("Je voulais conquérir l'océan alors qu'il fallait le protéger"), L'odyssée atteint un sommet que peu de film atteignent !

 

Ce qui est extraordinaire dans le travail de Jérome Salle est qu'il ne cherche pas à cacher les défauts de chacun (Philippe aussi en prend pour son grade, notamment dans la scène où, au mépris de toute prudence, il veut absolument filmer les requins) , mais qu'il ne cherche pas non plus à les amplifier. Il aime cette famille et leur pardonne leurs errances. Il réussit incroyablement bien à les cerner, avec une tendresse et une volonté de montrer qu'ils étaient des gens comme vous et moi, juste avec ce petit soupçon de rêve supplémentaire.

 

5 étoiles pour ce qui est sans aucun doute le meilleur film français de cette année et l'un des meilleurs films tout court, c'est amplement mérité. Car en refusant les compromis (l'article de Première montre bien à quel point la gestion du projet fut complexe car il était hors de question de faire un travail au rabais), Jérome Salle s'est donné les moyens d'aller au delà du biopic. Le choix de la période 49-79 et plus particulièrement celle où les fils tentent de s'affranchir de la tutelle de leur père, pour finalement revenir l'épauler, comme si les liens du sang étaient plus forts que tout, est brillant. Bien sûr, l'admirateur de JYC que je suis aurait aimé un film plus long, un regard sur les années 80, sur les expéditions géantes en Amazonie, sur la ratification du traité de l'Antarctique, mais puisque l'Odyssée raconte en fait les rapports entre un homme et son fils, et qu'il s'agit autant du biopic de Philippe que celui du commandant, la logique l'emporte.

 

En attendant, on ne peut que remercier Jérome Salle d'avoir offert au public un film aussi magistral. Que celui ci le boude quelque peu est bien dommage, mais au final, on sait dès les premières images que L'Odyssée restera dans les mémoires bien plus longtemps que d'autres films ayant eu plus de succès que lui !

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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

L'affiche du moment

Rogue One