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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 22:27
Roland Emmerich avait signé son retour, après 4 ans d’absence, avec 10 000. Un retour réussi d’un point de vue cinématographique mais moins d’un point de vue résultats d’exploitation. Avec 90 millions aux USA et 260 dans le monde, pour un budget de 125, 10 000 n’a pas démérité mais Le jour d’Après , Stargate ou Godzilla, sans compter le carton cosmique d’ID4, avait été plus haut.

C’est sans doute pour cela que la Warner nous a concocté un dvd très « économique », où la seule fantaisie est un fourreau extérieur cartonné.

L’image est particulièrement belle, mais les scènes de nuit sont un peu sombres, avec des bleus trop dominants. On n’avait pas cette sensation au cinéma. Mais dès que les gigantesques espaces naturels sont éclairés, l’image est sublime et fourmille de détails. Le son est typique d’une production de Roland Emmerich : costaud, bien réparti et laissant la musique respirer.

J’ai déjà parlé du film, en bien, et une nouvelle vision conforte mon idée. Certes, on peut être agacé par certains raccourcis scénaristiques, par une certaine ressemblance avec Apocalypto et une redite de Stargate vers la fin de l’histoire, mais Emmerich sait parfaitement raconter une histoire, d’une manière très fluide, tout en  laissant dans l’ombre et dans l’imagination du spectateur quelques éléments.

10 000 reste donc un très bon spectacle de fiction, ambitieux, dépaysant et rafraîchissant. S’il ne se hisse pas tout à fait à la hauteur de la filmographie du réalisateur, il ne lui fait en aucune manière honte pour autant.

Pour le DVD nous avons droit à la portion congrue. Deux petits makings of (fort bien faits, heureusement) , 10 minutes de scènes coupées et une fin alternative , assez proche de la fin classique. Ajoutons à cela la bande annonce de  Dark Knight et du jeu vidéo Speed Racer. C’est peu, surtout pour un film de cette envergure.

Le premier making of s’axe surtout aux effets visuels du film. Mais d’une manière trop superficielle. Certes, on y entr’aperçoit les maquettes grandioses des pyramides, on peut voir qu’Emmerich est resté fidèle à sa supervisatrice des SFX, on a quelques vues sur la création du bestiaire du film, on comprend que la plupart des scènes ont été filmées en vraie, dans de vrais décors naturels mais franchement pour un spectacle aussi complexe, on reste vraiment sur sa fin. Il y avait pourtant tant à dire sur 10 000, sur le travail fait sur les costumes, les maquillages, les décors en durs, la façon de diriger les acteurs et les figurants. Frustrant donc et il n’est pas sûr qu’une future édition collector répare celle-ci.

Le deuxième s’intéresse plus à l’histoire et à ses influences, avec l’intervention d’un historien dont le livre a inspiré Emmerich.Là aussi, c’est court mais cela donne envie d’en savoir beaucoup plus sur le sujet, voir si vraiment une civilisation inédite aurait marqué l’histoire avant l’Egypte ou Babylone.

Les scènes inédites n’apportent pas grand-chose au film, si ce n’est pour un passage se situant quand le héros se trouve face au tigre à dent de sabre dans la fosse. La fin alternative est plus intéressante car elle introduit Omar Sharif à l’écran et montre une vision des pyramides à moitié ensablées.

Un DVD quelque peu décevant donc, même si, il reste l’essentiel : le film !!
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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 09:25
Je conclue (provisoirement) ma série d'articles sur Roland Emmerich en revenant aux sources de cet artiste exceptionnel !!

Roland Emmerich : un fan invétéré de SF . Un créateur dont la seule ambition est de distraire. Un amoureux des miniatures. Un des rares réalisateurs à écrire lui même ses scripts. Un des rares réalisateurs à s'investir dans les effets visuels de ses films. Un des rares réalisateurs à produire les idées des autres. Un des rares réalisateurs à privilégier l'amitié (demander à Patrick Tatopoulos).. Bref un artiste total qui a compris que le cinéma , ce n'était ni le dogme ni les téléfilms gonflés en scope mais bel et bien des images qui doivent surprendre , étonner... Logique que cet homme soit en fait l'un des rares héritiers de Lucas et de Spielberg.

Roland Emmerich est né en Allemagne de l'ouest. Quand il entre à l'école de cinéma de Berlin , ses influences sont déjà Spielberg. A la fin de ses études, chaque étudiant doit réaliser un court métrage. Emmerich réalise carrément un long métrage intitulée Le principe de l'arche de Noé. Hilarité chez ses profs sauf que .... le film est selectionné pour le festival de Berlin et sera distribué sur toute la planète (sauf en France) . Un auteur est né. Suivront d'autres films : Joey et Ghost Chase, peu connus , mais dont l'influence de Spielberg est évidente.

Moon 44, c'est la première grande chance d'Emmerich . Avec trois francs six sous, l'allemand réussit à rendre crédible sa base spatiale. L'histoire n'est pas des plus géniales mais on sent déjà poindre une volonté évidente de faire du cinéma populaire de manière non démagogique (hé oui) . En mixant des éléments de Blade Runner et Alien(l'atmosphère sombre, les corporations avides de profit) ainsi que les premiers Cameron (le commando de dur à cuire est ici remplacé par des prisonniers) , Emmerich enfile des séquences qui étonne par leur réalisme : les maquettes sont impeccables, les décors astucieux et crédibles .C'est sur le plateau de Moon 44 qu'il rencontre un acteur inconnu Dean Devlin. Ce dernier demande à réécrire certains dialogues. Emmerich et lui se rendent compte qu'ils partagent les mêmes idées , les mêmes goûts et les mêmes influences. Le duo va alors se former et jusqu'à nouvel ordre, il continue à travailler main dans la main. Un examen attentif du générique (le film est dispo en dvd depuis peu) montre que tous les collaborateurs d'Emmerich étaient déjà là, de même que certains acteurs comme Leon Rippy. Enfin, Moon 44 contient en génèse quelques idées comme le duel de vaisseaux spatiaux dans un canyon (ID4) ou le méchant fixant un compte à rebours (Stargate).

Quand Moon 44 sort, Mario Kasar se rend compte qu'il tient là un réalisateur capable de faire des miracles avec des bouts de ficelle. Or , son Universal Soldier est justement un projet ambitieux mais au budget étriqué. Le mogul fait donc appel à Emmerich. Bien lui en prend : le réalisateur boucle le tournage avec seulement 20 millions de dollars. Le film sera un succès mondial , rapportant , rien qu'en salle, plus de 5 fois la mise. Quelques mois plus tard , le carton continuera en vidéo. Bon action-movie présentant un très bon Van Damme et surtout permettant à Dolph Lugren de retrouver un rôle à la mesure de sa stature (revoyez Rocky IV pour vous en convaincre), Universal Soldier permet à Emmerich de se faire reconnaître du tout-Hollywood. Les médiocres séquelles qui suivront prouveront combien le premier film était supérieur.


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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 06:48

 

Le pitch :10 000 ans avant notre ère,  un jeune chasseur se lance à la poursuite des hommes qui ont attaqué son village et enlevé sa fiancé…

 

Il y a du Apocalypto dans le dernier Roland Emmerich. Un soupçon de Stargate aussi. Et un zeste d’ID4 aussi. Tant qu’à citer quelqu’un autant citer soi même (pour les deux derniers films). Pour autant, comment appréhender 10 000 ?

Roland Emmerich a cela de merveilleux qu’il se renouvelle à chaque fois (SF, film d’invasion, film de monstre, film historique, film d’anticipation écologique…) et qu’il offre au public ce qu’il voulait voir. Dans ID4, le public voulait voir des Aliens détruire les plus grandes villes puis se faire botter le cul : il l’a eu. Dans Godzilla, le public voulait voir un monstre crédible et non un gus en costume, il l’a eu. Dans Stargate, le public voulait de la SF quelque peu miraculeuse, de l’aventure bon enfant, de l’exotisme et des effets visuels somptueux, il les a eu… Et l’on peut continuer l’énumération.

Dans 10 000, le public vient voir des bestioles préhistoriques. Pari gagné, les mammouths sont superbes, les oiseaux géants sont peut-être anachroniques mais ils sont terrifiants à souhaits. Seul le tigre à dent de sabre, imposant , sent un peu la 3D. Mais pour le reste.

Le public vient voir des hommes préhistoriques dans leur vie quotidienne. Il les a, même si on peut gausser sur leurs dents un peu trop blanches. Certains ont trouvé ridicule qu’ils parlent anglais. Peut-être mais seule une partie des acteurs parle notre langue. Emmerich se doute quand même que le public n’aura peut-être pas envie de se taper des sous-titres tout au long d’un film de divertissement. Mais il ne refuse tout de même pas de montrer plusieurs tribus s’exprimer dans leur dialecte, y compris les oppresseurs qui en deviennent encore plus étrangers.

Le public vient voir de l’action : là aussi , il n’est pas déçu. Chasse aux mammouths, révolte d’esclaves, lutte contre des oiseaux carnassiers dans des forêts de bambou… Pas de doute, le film d’aventure exotique réussit à Roland.

Le public aime les décors « bigger than life ». Pas de problèmes non plus : les paysages sont grandioses et à couper le souffle, la vue aérienne du chantier en imposera à plus d’un. Le mélange maquette/3 D (la marque de fabrique de Roland) est ici, une fois de plus , au top. D’un point de vue visuel, le film est une réussite totale. Les costumes montrent que Stargate n’était , finalement, qu’un brouillon. Quant à l’architecture du chantier, elle éclate à la face du spectateurs dans de superbes plans d’une maestria inouïe. Franchement, on a jamais vu les temps préhistoriques comme cela à l’écran. On sent que le cinéaste a aimé faire ce film, qu’il y a projeté tout son art, qu’il a poussé ses équipes dans leurs derniers retranchements !!

Il y a de l’Apocalypto dans 10 000 pour le thème général , une civilisation surpuissante qui razzie les villages moins évolués pour servir sa cause (sacrifice humain chez Gibson, construction de pyramide chez Emmerich) et pour la construction du film : une première partie dans le village à la découverte de sa vie quotidienne puis une deuxième plus centrée sur l’action et les courses poursuites. A la différence notable que Roland Emmerich utilise une violence plus soft.

Mais ce qui distingue 10 000 d’un vulgaire plagiat, c’est son histoire. Ici, le héros va entraîner le reste de l’humanité dans sa course et non pas lutter pour sa seule survie. De plus, Emmerich reste volontairement ambiguë sur les Dieux : extra-terrestres ? Atlante ? simples humains ? Qu’importe, ils sont ici pour représenter le mal et l’oppression.

Car 10 000 s’inscrit dans l’obsession de Roland Emmerich : la lutte pour la liberté. Depuis Universal Soldier et les états d’âme de Vandamme pour sortir de sa condition d’esclave, tous les films du cinéaste allemand tourne autour de ce thème (y compris Godzilla mais dans une mesure moindre). Qu’ils se battent contre les anglais, les aliens voire la nature, les héros d’Emmerich luttent pour la liberté, la leur , celle de leur famille, de leur peuple, de la terre entière… 10 000 n’échappe pas à la règle.

Alors oui, le film n’est pas exempt de défaut (le happy end est un peu léger, le rythme est parfois haché) mais jamais ennuyeux. Et le cinéaste met un tel amour dans son métrage qu’on lui pardonne toutes les petites fautes. Et en offrant au peuple noir la plus grande invention de l’humanité, l’agriculture, Emmerich prouve qu’il est un incorrigible humaniste et un anti-raciste véritable, pas un moralisateur de salon.

10 000 est une belle réussite, un film qui tient toutes ces promesses. Certes, Roland ne réitère pas l’exploit de ID4 (mais le peut-il ? le veut-il ?) mais il ne trompe pas sur la marchandise. Son pamphlet anti-oppression préhistorique ne mérite en aucune manière l’acharnement débile dont il est victime.

Car , contrairement à beaucoup, Emmerich respecte le public au point de lui offrir ce qu’il sait faire de mieux. Et comme l’animal est doué, on ressort comblé !! Danke, mein Freund.

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 07:15

Avec le succès d'Universal Soldier, le tandem peut se permettre de viser un peu plus haut. Mixant deux de leurs idées (côté Emmerich , de la SF mettant en scène des dieux égyptiens , côté Devlin, de l'aventure dans les sables ) , le duo écrit Stargate en un temps records.

Reste à trouver un budget. Kasar va alors tenir sa promesse et débloquer, via le Studio Canal + , les 50 millions de dollars nécessaire. Emmerich va alors engager sur ce film un jeune français (d'origine grec) Patrick Tatopoulos pour créer les créatures et les concepts . Chaque dollars est alors pensé afin que les dépenses ne grèvent pas le budget. Résultat : tout le fric est à l'écran. Seule concession faite par le duo : la présence de Kurt Russel afin d'étoffer commercialement une entre entreprise que tout le monde voue à l'échec. 

Personne ne veut voir dans ces images étonnantes et somptueuse (la vision de la cité de Râ se posant sur la Terre) une réussite annoncée et quasi inévitable.
 Sorti en 94 sur les écrans US, Stargate obtiendra 70 millions de dollars de recette . Succès honorable selon les canons d'Hollywood mais considérable si l'on pense que Stargate est un film d'un genre totalement dépassé à l'époque : la Science Fiction. 

En 92 , Alien3 avait du se contenter de 50 millions de dollars. Sur toute la planète , le film dépassera les 200 millions de dollars. En France près de 2,5 millions de personnes embarqueront dans la porte des étoiles . Le secret de cette réussite : la volonté d'humaniser un récit rigoureux, des effets visuels extraordinaires somptueux, une direction artistique cohérente, des acteurs convaincants et surtout une volonté manifeste, presque enfantine, de réaliser un vrai film de SF , pas une parodie ou une métaphore parasitée par des considérations sociales stériles.

Emmerich aime le genre et ose le montrer. Bien lui en prend car , mine de rien, Stargate permet au public de se rappeler combien la SF peut être puissante. Stargate est une véritable épopée , pillant certes son patrimoine , mais refusant de se lancer dans la surenchère. Emmerich refera d'ailleurs le montage car le studio avait eut une fâcheuse tendance à n'accumuler que les bagarres. Chose amusante, Stargate sera très bien reçu en 95 mais en 96 , après la sortie d'ID4 , le film sera traité de nullité sans nom. Retournement de veste, quand tu nous tiens.
 


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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 07:19
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Après le succès de Stargate, le duo Emmerich/Devlin va ensuite se lancer dans une aventure fantastique , la re-création à l'écran de La guerre des Mondes. Ré actualisant le thème en écrivant eux même le scénario , le duo se lance ensuite à la chasse au budget en proposant leur traitement à tous les grands studio. C'est la Fox qui réagira le plus vite mais en leur demandant de prouver qu'ils peuvent bien mettre à l'image les scènes délirantes qu'ils envisagent. Un plan test est réalisé , celui où le mur de la destruction ravage Manhattan, lequel plan s'avère si convainquant qu'il finira dans le film et sera mis en vedette dans la bande annonce. La Fox donne alors le feu vert et alloue 70 millions de dollars de budget. Quand on sait qu'il en a fallu 180 pour Waterworld , 85 pour Terminator 2 ou 120 pour True Lies, des films qui mettaient scène des projets extrêmement ambitieux, on se demande : mais comment font-ils ?

Simple . Emmerich déteste le gaspillage et sait se servir d'un petit budget. Il se passe de star, crée ses effets visuels en interne (Centropolis Interactive) et n'hésite pas à utiliser des vieux trucs bidons mais diablement crédibles à l'écran.

 Comment faire voler l'avion présidentiel devant un soleil levant ? Facile : accrocher une maquette commerciale devant une peinture de ciel , allumer une lampe au bon moment et hop ! le plan est dans la boîte pour trois fois rien. ID4 est tout à l'image de cette anecdote : un croisement entre la haute technologie et le système D. Aucun avion n'a volé dans le film et la production a même loué son unique F-16 à celle de Rock. Emmerich se sert également de la production frontale (imitant en cela James Cameron ) jugé moins coûteuse qu'un écran bleu.

 

Mais avant tout ID4 est une histoire. Une histoire mixant SF et humanisme. Bien loin des accusations ridicules de la presse, Emmerich met tout simplement en scène la 2eme guerre mondiale et milite pour une union mondiale utopique. Se focalisant sur plusieurs personnages (reprenant en cela la recette des films catastrophes) , ID4 prend son temps pour nous faire connaître les destinées de chacun. Bien sûr, le film n'oublie pas d'être spectaculaire et les scènes de destructions des grandes villes sont des scènes d'anthologies. La deuxième partie du film bascule dans une éloge à l'Amérique triomphante mais qu'importe : ID4 , contrairement à Mars Attacks !! ne se prend pas au sérieux et ne fait qu'inviter le spectateur à apprécier un film. Techniquement parfait , long, ambitieux mais pas pédant, doté d'un scénario riche et passionnant, ID4 est tout simplement l'un des meilleurs films de SF de tous les temps, un chef d'oeuvre absolu. Que la majorité des journalistes l'ait descendu n'a absolument aucune importance. Emmerich a tout simplement montré une armée arrogante, cachée derrière sa technologie et qu'une poignée d'hommes et de femmes réussira à détruire par la seule force de son astuce. Cette armée c'est au choix, l'armée nazie, l'armée rouge, l'armée de n'importe quelle dictature où l'individu ne prime pas , n'existe pas.

Alors que personne en France ne s'y attendait, ID4 explose le box office US, laissant loin derrière Mission Impossible que tout le monde voyait déjà comme le grand vainqueur de 96. En Europe , malgré un lynchage médiatique hors du commun, le film se taille la part du lion et des foules massives envahissent le cinéma. L'expérience d'une salle applaudissant à tout rompre ce fabuleux spectacle reste inoubliable pour moi, le sentiment d'avoir partagé avec plusieurs centaines de personnes, la vision d'un génie. Merci Roland

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 07:08
p9680.jpgAprès le triomphe d'ID4 , le duo Emmerich/Devlin ne pouvait évidement pas se lancer dans un remake de La dilettante et jette son dévolu sur un vieux projet , qui vient juste d'être abandonné par Jan de Bont : Godzilla. Le cinéaste hollandais avait laissé tomber car le studio Sony refusait de lui allouer 130 millions de dollars de recette nécessaire selon lui pour recréer le monstre nippon. Tout naturellement, Sony s'intéresse à cet allemand capable d'imprimer des images aussi fortes avec si peu d'argent. Emmerich accepte mais à condition de réécrire le scénario et de relooker le monstre. Sony USA donne son feu vert mais exige que la nouvelle version de Godzilla convainque les dirigeants de la Toho, la firme japonaise à l'origine du mythe. Tatopoulos est de nouveau sollicité et le duo va lui faire de nouveau entière confiance. Bien leur en prend car le Godzilla new look emballe littéralement les dirigeants de la Toho. La machine est lancée.

Le duo , fidèle à ses habitudes, s'enferme dans un hôtel et écrit le traitement en quelques semaines. Mais , à la différence d'ID4 et de Stargate, le scénario a un défaut : le duo s'est de nouveau focalisé sur l'aspect humain alors que le public ne désirait certainement qu'une chose : voir le monstre. Tout ceci ne porterait pas à conséquence si le duo avait approfondi les caractères des personnages. Certains manquent d'épaisseur (les seconds rôles surtout) et les héros ne parviennent pas toujours à passionner. C'est sans doute ce problème qui empêchera Godzilla de tutoyer les sommets d'ID4. Après coup, Devlin avouera avoir travaillé sous pression et , par conséquent, avoir négligé certains aspects qu'ils avaient totalement contrôlé sur ID4 et Stargate. En clair, le scénario n'a pas été assez travaillé faute de temps car Sony exige une date butoir : mai 98. La pré-bande annonce est mis en place dès l'été 97 et diffusée avant Men In Black. Elle annonce un film puissant , centré sur le monstre. Mais déjà , une certaine médisance s'est mis en route car trop de gens n'ont pas appréciée le succès mondial d'ID4. Il faut alors faire payer l'audace de cet allemand trop chanceux.

Le film sort à la date prévue mais le premier Week end n'est pas aussi bon que l'espérait Sony. Godzilla déçoit car en deuxième semaine, les entrées baissent de 50 % , ce qui est énorme et rappelle la chute de Batman&Robin un an avant. . Alors que Sony espérait 250 millions de dollars de box office , le film ne ramasse que 135 millions aux USA. Sur la planète entière , le total cumulé sera de 380 millions, soit la troisième recette de 98 après Armagueddon (590 millions) et Il faut sauver le soldat Ryan (415). Godzilla n'est donc pas du tout le bide décrit par certains journalistes relouds . Mais il est clair que la trop forte campagne de Marketing a rebuté le public. Autre facteur , la relative absence du monstre. Certes, l'idée des mini-godzillas permet de relancer le film (même s'il s'inspire fortement du Monde perdu) à la moitié du métrage mais il est clair que Emmerich aurait gagné à se focaliser plus sur le monstre. Des trois personnages principaux, Reno s'en sort le mieux. Par contre, l'héroïne manque d'épaisseur. Un comble quand on sait combien les personnages féminins de Stargate et ID4 étaient fouillés et éloignés des stéréotypes. Le personnage de Godzilla est lui bigrement intéressant : un animal traqué , réagissant comme un animal et non comme un être intelligent. Par contre , d'un point de vue technique, Godzilla est un sommet , une incroyable démonstration du savoir faire de l'équipe de Centropolis. Et le relookage de Tatopoulos s'avère être une réussite totale. Semi-déception mais contrebalancé par un sacré spectacle.
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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 09:01
p6669.jpgPour ceux qui s'intéresse à la carrière de Roland Emmerich et qui pense (à juste titre) que le bonhomme n'est pas la moitié d'un rigolo, la sortie de Patriot met un terme à beaucoup d'interrogations et surtout fin à une longue attente. Car il est clair que Godzilla avait placé les fans du réalisateur dans l'expectative. Certes, le film était très loin d'être la daube décriée ça et là mais il se situait , nettement hélas, un ton en dessous des fabuleux ID4 et Stargate. Emmerich a donc eu l'intelligence d'effectuer un virage à 180° afin d'effacer ce soit disant faux pas (quoique , je pense que pas mal de cinéastes aimeraient que leurs faux pas soient de la qualité de Godzilla).

The Patriot était donc l'occasion inespérée pour le cinéaste allemand de tenter à nouveau sa chance. Pour la première fois, Emmerich s'aventure dans les méandres du film historique avec tous les risques que cela comporte (voir les récents et navrants Vatel ou La veuve de St Pierre) , qui plus est, dans une période , la guerre d'indépendance, dont on sait qu'elle ne passionne pas vraiment les foules. Mais Emmerich s'est blindé avec deux atouts : un scénario béton (qu'il n'a pas écrit - une première pour lui) et Mel Gibson , royal.

Mel Gibson est l'âme du film et The patriot ne peut exister qu'à travers lui. Comme à son habitude, Emmerich manipule une foule de personnages (dont Tcheky Karyo dans le rôle d'un officier français , Jean Villeneuve) et s'offre des scènes de foules mémorables (mine de rien , c'est un des derniers réalisateurs , avec Cameron, à oser filmer la foule en mouvement) mais pour la première fois il travaille avec une star de premier plan . Logique qu'il soigne la présence de Mel Gibson à l'écran. Gibson alias Martin , un fermier pacifiste qui va , malgré lui, se trouver emporté dans la tourmente de la guerre. Une guerre atroce, comme toutes les guerres, absurde mais nécessaire (ou du moins justifiée) pour la naissance d'une nation. Il est clair que le recul de l'historien permet de dire qu'une paix négociée entre les colonies et l'Angleterre aurait été possible mais il est clair aussi que l'historien ne peut que porter un jugement. The Patriot montre donc les excès d'une sale guerre dont le but , l'indépendance, ne justifie nullement les atrocités commises. Liberté, que de crimes commis en ton nom.

Emmerich a totalement, et je pèse mes mots, réussi son pari. Il parvient à rendre intéressant un conflit complexe et bien éloigné de la technologie soit disant propre des années 90 (le fameux mythe de la guerre technologique). Dans Patriot, les batailles sont chaotiques, brutales, totalement anarchiques et pourtant, comme le voulaient les modes militaires du XVIIIeme siècle, emprunte d'une rigidité et d'une discipline toute ...... militaire. Il faut donc voir ces rangs s'avancer l'un vers l'autre, en musique , se faire feu , presque comme des gentlement pour s'élancer ensuite dans une ruée sanglante.

Roland Emmerich film la guerre et s'offre quelques plans saisissants. Il est clair que le film est bourré d'effets visuels mais ici ils ne priment pas (hormis un plan saisissant d'un boulet fonçant VERS le spectateur) . Mais Emmerich filme surtout des familles, des enfants qui veulent marcher dans les pas de leurs pères, des enfants qui attendent tout de leur père et surtout une petite fille qui veut tout simplement que son père reste avec elle. Pudique, le film (comme le furent ID4 et Stargate) s'attache à dépeindre des personnages humains et les regards, les silences sont autant de marques de respect d'un cinéaste envers ses personnages.

The Patriot a reçu un accueil mitigé de la critique française qui refuse toujours de reconnaître Roland Emmerich. Il lui a fallu 20 ans pour Spielberg. Combien de temps pour Roland ?

The Patriot est tout simplement un film beau, grand, et simple. Une histoire qui trouve son accomplissement dans son dernier plan : un homme qui a finit par retrouver sa maison, sa famille et sa femme , même si tous ces éléments ont changés par rapports au début du film. Patriot comprend les plus belles scènes de la filmographie de Emmerich : celle où la soeur de la femme défunte de Martin ose lui avouer ses sentiments en disant "je ne suis pas ma soeur" et celle ou Suzanne, la petite , se met enfin à parler à son père. Désolé , les scribouillards de la presse ciné , mais rien que ces deux scènes font de Patriot le plus beau film de cette année 2000. Danke Roland
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 07:18
p6262.jpgLe pitch : Suite à de catastrophiques dérèglements climatiques, les pays occidentaux se trouvent confrontés à une vaste et brutale ére glaciaire qui submerge toute l'Europe et l'Amérique du Nord. Dans cette ambiance de fin du monde, un scientifique va tenter de sauver son fils, prisonnier des glaces à New York

Le nouveau film de Roland Emmerich se présente tout simplement comme l'une des meilleures surprises de cette année. Renouant avec le film à personnages multiples qu'il avait un peu abandonné avec The Patriot, le réalisateur allemand le plus doué de sa généréation réussit là à la fois un spectacle total et une fresque intimiste qui renvoie aux meilleurs moments d'ID4, son chef d'oeuvre absolu. On avait un peu perdu Emmerich depuis quelques années. Patriot remontait à 2000 et avait marqué un changement de cap un peu abrupte mais le cinéaste était resté incompris de la critique. En 1998 , Godzilla, malgré des qualités incontestables, n'avait pas réussi à se hisser à la hauteur des ambitions du studio , et ce , malgré un succès mondial certain (plus de 380 millions de dollars rien qu'en salles et un carton en vidéo !). Pour son grand retour, après quelques productions (Arac Attack )  , Emmerich revient à ce qu'il sait faire de mieux : imbriquer des évènements extraordinaires dans des contextes de tous les jours et y enchasser des personnages humains. Le résultat est donc à la hauteur de nos espérances et son succès public (il a d'ores et déjà battu Troie et Van Hesling, films réputés pourtant plus attendus)

Les visiteurs de SOI le savent, je voue un véritable culte à Roland Emmerich et ce depuis la vision de Moon 44 il y a de cela près de 15 ans. Autant dire que j'attends ses nouveaux films avec un mélange d'excitation et de crainte. Le génial Teuton va-t-il encore m'enchanter ou risque-t-il de me décevoir pour la première fois ? Car  , avec Le jour d'Après, on pouvait craindre une redite : un nouveau film catastrophe, un raz de marée (déjà vu Deep Impact), un sauvetage, des tornades à la Twister. Bref, rien de bien nouveau. Sauf que , sur ce canevas un peu usé, Emmerich brode merveilleusement bien  , servi, comme à l'accoutumée , par des effets visuels absolument déments et d'une perfection rare. Rien à voir avec les scènes de Deep Impact. Quand aux tornades de Twister, elles sont ici enfoncées, preuve de l'avancée technologique impressionnante des effets spéciaux. Mais cette perfection technique ne serait rien sans le côté humain. Emmerich n'aime tant que raconter des histoires et ces personnages se doivent d'avoir un background. Les cyniques argumenteront que certains clichés ne font que renforcer la fadeur mais en faisant ressembler ses protagonistes à monsieur tout le monde, Emmerich vise plus que l'identification du spectateur, il nous donne en fait un reflet et n'entend pas faire un blockbusters classique bourré de testotérone.

En bouclant le film pour 125 millions de dollars (à comparer avec les 160 de Van Hesling, les 190 de Troie, les 100 d'Alamo ou même les 90 de The Stepford Wife), le cinéaste met une fois de plus son crédo en pratique : "Chaque dollars doit être à l'écran". Une maxime qu'il a hérité de ses maîtres Cameron et Spielberg. En choississant des acteurs peu onéreux , il se permet de garder son budget pour l'image. A ce point de vue , la réussite est totale . Les équipes des effets visuels ont passé près d'un an sur certains plans. Emmerich, lui même , a travaillé quasiment deux années sur le film. Désirant à tout prix offrir à son public des images inédites , le réalisateur a donc tout fait pour que le travail soit irréprochable. De plus, son approche classique de la mise en scène donne le temps au spectateur de bien admirer . Rien à voir avec certains spectacles à effets visuels montés à la hache. Les décors , grandioses, n'en sont que mieux utilisés et le sentiment d'assister parfois à une reportage donne une force inédite au film.

Alternant les scènes à grand spectacles et les petites aventures humaines, le film réussit à unir ses deux aspects dans le sauvetage qu'effectue Denis Quaid. En le faisant partir quasiment seul à New York pour sauver son fils, le récit prend alors le contrepoint d'ID4 et se refuse à une surenchère . Le plus spectaclaire du film se situe donc dans sa première partie et la deuxième heure, même si elle dispense quelques poussées d'adrénaline (l'attaque des loups, le front froid qui submerge Quaid...) permet surtout aux personnages de s'affirmer. En tissant quelques micro-aventures (le sauvetage de la jeune femme par exemple , ou l'attente de l'enfant dans l'hôpital) , le récit ne s'éparpille pas mais montre combien le destin ne tient finalement qu'à peu de chose.

Comme à son accoutumée, le destin de plusieurs personnes est le moteur de l'histoire. Certains aspects sont même laissés en suspens comme le sort des climatologues en Angleterre (dirigée par le trop rare Ian Holm), même si l'on se doute qu'il est forcément funeste. Mais en tissant des liens entre les différents personnages pour finalement n'en retenir que deux, Emmerich fait là aussi dans le refus de la démesure . On pourra lui argumenter un optimisme un peu forcé mais l'essence du film n'est pas là, finalement. Ce côté optimiste est d'ailleurs radicalement contre-dit par les dernières images. Le miracle a lieu pour quelques personnes mais la Terre devient alors un monde glacé et il est clair que l'avenir ne sera pas vraiment souriant. Pas de sauvetage in-extremis , le climat étant un titant que l'on ne peut pas affronter.

On a beaucoup glosé sur le côté "politique" du film. Comme d'habitude, et tout comme en 96 la presse avait fait des parallèles entre le président d'ID4 et le président Clinton, alors que celui de fiction était clairement républicain, nous n'avons pas échappé au martelage de Bush via Le jour d'Après. S'il est vrai que le film est très critique envers l'administration américaine en matière d'environnement, le retournement de la politique du vice président (qui évoque effectivement Bush) à la fin du film montre bien que le film n'est pas  si agressif que cela. Soit dit en passant, le congrès sous Clinton avait également refusé de ratifier le protocole de Kyoto et l'ex président avait émis le voeu de le faire avant de le faire juste avant la fin de son mandat, histoire de laisser la patate chaude à son successeur. Quand à la France et la quasi totalité des pays de la planète, ils ne l'on soit pas signés soit pas mis dans leur constitution. Dire que les USA sont les seuls responsables de la mauvaise santé de la planète est donc très exagéré.

Il n'empèche que Le jour d'Après se veut un contrepoint à ID4 comme si Emmerich, blessé par les attaques contre le "nationalisme" d'ID4 tentait de s'excuser. Ici, donc la présidence ne contrôle rien et le président meurt hors champs, les citoyens US se réfugient au Mexique et les scientifiques prennent le pouvoir. Le message écologique du film devient un véritable argument massue et la description de cet avenir fait froid dans le dos. Mais même ces concessions n'ont pas empéché les critiques imbéciles, surtout en France, et Emmerich se trouve au final dans la même situation que Michael Bay : descendu en flamme quand il met en scène son propre style et raillé quand il tente d'évoluer.

Mais malgré cela , comme dans tous ses films, Le jour d'Après se conclue par un appel à la solidarité et à la tolérance. Et le rejet de ce message par une partie de la presse montre à quel point ses idéaux démocratiques n'en sont pas vraiment. En noyant le vrai sujet du film (une obligatoire collaboration nord-Sud) , les détracteurs de Roland Emmerich ne font qu'affirmer haut et fort leur racisme anti-américain. Est ce vraiment la seule vision du monde à laquelle nous avons droit ?
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Published by David Martin - dans Roland Emmerich
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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

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