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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 11:53
Il y a 20 ans, Le pacte des Loups sortait en France

C'est un OVNI, une promesse démentielle restée quasiment sans lendemain, un métrage qui mixait aventure à grand spectacle, effets visuels, film historique, séquences horrifiques, histoire d'amour contrarié ! Il y a 20 ans sortait donc en France Le pacte des Loups, vrai succès populaire (plus de 5 millions d'entrées) et critique (malgré quelques pisse-froids qui n'avaient pas apprécié le côté "fourre-tout") et dont le seul défaut fut de présenter une bête en CGI passablement raté.

 

Mais pour le reste , attention chef d'oeuvre ! Christophe Dans a totalement réussi son coup, à savoir faire revivre des pans entiers du cinéma français (Croyez le ou non, mais l'une de ses inspirations fut la série des Angélique) tout en le modernisant, s'appuyer sur les meilleures méthodes américaines en l'adaptant à un univers tricolore. Et surtout, n'avoir aucun complexe vis à vis de ce cinéma US qu'il adorait. Si on y ajoute la petite touche HK qui allait bien, alors oui, Le pacte des Loups mérite bien qu'on lui fête son anniversaire !

 

Doté d'un casting démentiel (Vincent Cassel, Samuel Le Bihan, Mark Dacascos, Monica Belluci, Emilie Dequenne, Jérémie Renier, Jean Yanne, Philippe Nahon, Jacques Perrin....) et d'une histoire formidable, inspirée de la fameuse bête du Gévaudan, Le pacte des Loups émerveille, émeut, effraye tour à tour. Rien n'est laissé au hasard que cela soit les scènes de dialogues où Grégoire de Frontsac se sert des idées des lumières pour brocarder l'obscurantisme de ses hôtes ou les scènes de baston , Gans rend une copie parfaite, rôdé par son travail sur l'un des segments de Necronomicon et son très beau Crying Freeman , adaptation d'un manga et également en se servant de tout ce qu'il a pu apprendre quand il dirigeait Starfix !

 

Car Dans n'est pas qu'un cinéaste doué, c'est , à l'instar d'un Tarantino, une encyclopédie vivant du cinéma. Rien ne lui échappe, que cela soit les films de la nouvelle vague, les séries B US, le cinéma asiatique, les blockbusters ! Il  a parfois un avis tranché voire tranchant (voir une légendaire interview dans SFX où il descend en flamme L'île aux pirates et la mise en scène de Renny Harlin) mais ses connaissances, sa technique, son envie de faire un vrai cinéma populaire lui en donnent le droit.

 

Il part donc sur ce projet très ambitieux, couteux, compliqué (film en costume, avec des animaux, de l'effet visuel en veux tu en voilà, une myriade de personnage) en sachant très bien ce qu'il veut au final. Le 2e making of , présent sur l'édition 3 DVD sortie en 2002, montre que, malgré les galères, il ne faiblit pas et mène sa barque à bon port, s'autorisant même une double fin et un "happy end" qui n'en est peut être pas un. Entendre également son commentaire audio sur ce même DVD est un régal tant c'est une leçon de cinéma.

 

Alors, bien sûr, on peut "critiquer" les influences nombreuses du film, en vrac, The Killer de John Woo, certains jeux vidéos comme Soul Calibur, la série déjà citée des Angélique, mais on oublie souvent que Le pacte des Loups n'était que son 2e long métrage.  Et qu'il avait vraiment à coeur de faire revivre un cinéma qui n'existait plus chez nous.

 

Hélas, ce sublime coup de maître sera quasiment sans lendemain. Ceux qui espérait une nouvelle vague française sévèrement burnée seront déçus, d'autant plus que Le pacte des Loups arrivait après une autre claque tricolore à savoir Les rivières pourpres. Christophe Gans n'a réalisé que deux films depuis 20 ans, Silent Hill, très bonne adaptation d'un jeu vidéo culte et La belle et la bête, superbe relecture live du classique enfantin. En fait, il a surtout collectionné les projets avortés : Némo, qui devait raconter la genèse du capitaine du Nautilus, Rahan , inspirée de la célèbre BD préhistorique, Bob Morane avec Vincent Cassel... A chaque fois, le film ne s'est pas fait, faute de budget, de producteurs sérieux, de prise de risque.

 

Le cinéma français de genre a bien sûr offert quelque belles perles depuis 2001 : L'odyssée, les deux Largo Winch, Assassin(s) ou L'ordre et la morale, Le chant du loup. Mais aucun n'a l'aura, la puissance du Pacte des loups !

 

Le revoir en 2021 montre qu'en plus, il n'a pas vieilli, il est toujours aussi prenant ! Gardons donc ce souvenir d'une époque où l'on a pensé que tout était possible.

 

Quant à Gans, je ne saurai que lui conseiller de persévérer ! Un jour, c'est fatal, il y aura bien des gens qui comprendront qu'on ne peut pas laisser un cinéaste aussi talentueux sur la touche !!

Il y a 20 ans, Le pacte des Loups sortait en France
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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 19:40
Insomnia (****)

Le pitch : alors qu'il enquête sur un crime en Alaska, Will Dormer, un inspecteur de police chevronné abat, par accident, son coéquipier. Mais le tir a un témoin : le criminel qu'il cherchait justement à arrêter.

Avant de s'emparer du Caped Crusader en 2005 avec Batman Begins, Christopher Nolan s'était fait un nom dans le thriller, tout d'abord avec Mémento puis avec Insomnia, remake US d'un film finlandais. Steven Soderbergh , producteur, avait eu du mal à imposer Nolan auprès de la Warner, qui espérait un réalisateur plus "aguerri" mais l'auteur de Ocean's Eleven tint bon. Bien lui en a pris car on peut penser que c'est bien Insomnia qui a totalement lancé la carrière de Nolan et le début de sa collaboration avec la Warner ! 

 

Pour cette nouvelle incursion dans le thriller , il s'offre un casting royal avec Al Pacino , Robin Williams (prodigieux dans un contre emploi implacable), Hillary Swank et Maura Terney (connue pour son merveilleux rôle d'infirmière dans la série Urgences), des décors naturels somptueux (l'Alaska en pleine période où le soleil ne se couche pas) et, évidemment, d'un scénario qui, même en abattant rapidement ses cartes , promène le spectateur d'un bout à l'autre de l'histoire. Les 46 millions de budget sont judicieusement employés et sont à l'écran, comme toujours chez lui !

 

En 2002, Nolan n'a encore pas les moyens dont il bénéficiera à partir de Batman, mais son cinéma est déjà fait pour le grand écran. Utilisant l'image pour raconter son histoire, même si elle n'est pas de lui, il s'attarde sur les visages, celui blafard et épuisé de Pacino , celui plus troublant et machiavélique de Williams, enfin celui de Hillary Swank qui, petit à petit, va passer de l'admiration envers Dormer, inspecteur qu'elle admire, à un sentiment bien plus trouble, surtout quand elle va comprendre la vérité. Et quand la machine s'accélère comme dans cette course poursuite qui va se terminer sur des troncs flottants, là aussi, la virtuosité de l'auteur d'Interstellar ou Tenet était déjà là.  Certes, ces moments sont rares - seul le duel final entre les deux hommes peut être qualifié de "spectaculaire" - mais c'est surtout l'affrontement psychologique entre deux personnages pas si éloigné que cela qui fait le sel de l'histoire. Et au milieu, tenace, la femme flic qui, comme lui a appris son mentor, fait des "petites" enquêtes, convaincue que quelque chose ne va pas.

 

En adaptant une histoire européenne, Nolan ne se contente pas de l'américaniser, même si le cadre de l'Alaska participe totalement à l'histoire, il en fait surtout un cauchemar halluciné où les apparences sont tellement trompeuses. La voie sans issue où s'enlise Al Pacino et où Robin Williams le maintient, anticipant toutes les erreurs à venir de l'inspecteur. Et même si la morale finira par l'emporter, il faudra attendre les dernières secondes pour que les différents protagonistes de cette terrible histoire règlent leur compte, non sans que l'on ait cru qu'ils allaient vraiment plonger dans le pire.

 

Thriller majuscule, ténébreux, dur sur ses personnages - Maura Terney a cette terrible phrase "L'Alaska on y vit parce qu'on y est né, ou parce qu'on y est venu pour fuir quelque chose" - Insomnia porte en lui tout le cinéma à venir de Nolan : les faux semblants, les errances entre le bien et le mal, les décors naturels, la duplicité de certains mais aussi la lumineuse innocence qui refuse de se laisser corrompre ! 

 

Revoir Insomnia presque 20 ans après sa sortie - je l'avais découvert en DVD en 2005 - permet donc de voir un cinéaste en gestation. Le dire semble une évidence, mais à l'époque, qui pensait vraiment qu'il révolutionnerait le cinéma de manière aussi importante ?

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 07:04
The doors (****)

Le pitch : la vie et la mort de Jim Morrison, charismatique leader des Doors, dont la passion pour l'autodestruction marquera la musique des années 60.

 

N'ayant pas revu le film depuis sa sortie il y a 30 ans, c'est avec un oeil presque neuf - les scènes clés étant restées dans ma mémoire - que j'ai pu appréhender l'un des films les plus "mystiques" d'Oliver Stone, loin de ses paraboles politiques ou militantes (quoique) et où la musique intemporelle des Doors permet des respirations bienvenues dans l'histoire d'une vie totalement gâchée, selon moi, par l'alcool et la drogue.

 

The Doors, c'est surtout l'histoire de Jim Morrison et le moins que l'on puisse dire est que le portrait n'est pas très flatteur. Victime de sautes d'humeur dévastatrice tant pour lui  que pour son entourage et son groupe, totalement sous l'emprise des drogues et ne reculant devant aucune provocation, y compris les plus puériles, Morrison a vécu en brûlant la chandelle par les deux bouts. Mais derrière cette vie , il est évident que se cachaient des fragilités énormes, une enfance compliquée - son père militaire obligeait la famille à déménager régulièrement - et malgré ses capacités intellectuelles hors normes (son quotient intellectuel fut évalué à 149 et ses années d'école et de collège furent marquées par des notes largement au dessus de la moyenne),  Jim était un enfant déroutant, qui n'hésitait pas à martyriser son petit frère ou à provoquer ses parents.

 

Tout ceci, le film ne le montre pas, passant directement de l'enfance - une scène où Jim assiste à un accident de la route - au moment où il présente un film très expérimental à l'UCLA puis où, avec Ray Manzarek, un autre étudiant en cinéma à l'UCLA, il fonde les Doors. En moins de 20 minutes, Oliver Stone a présenté son personnage : un jeune homme attiré par le mysticisme , les drogues et qui voit dans le rock une façon de manipuler les foules et d'imposer ses idées.

 

A partir de là, The Doors va osciller entre reconstitution de la vie du groupe (les répétitions, premiers concerts, l'enregistrement du premier album) ainsi que la folie qui va s'en dégager dans une Amérique où les idéaux hippies commencent à imprégner la société et la volonté du chanteur d'aller au bout de son nihilisme. Il accumule les conquêtes , au désespoir de sa petite amie "officielle" Pamela (brillamment interprétée par Meg Ryan), les provocations et semble se contrefiche de ce que son attitude auto-destructrice pourrait engendrer. 

 

Mais au delà du biopic classique, Oliver Stone va truffer son film de référence au chamanisme , symbolisé par la figure d'un indien qui apparait dans les moments où Morrison n'est clairement plus dans notre monde, qu'il soit défoncé sur scène lors des concerts ou dans sa vie quotidienne. Ne cherchant jamais à adoucir la figure du chanteur , bien au contraire  - quelqu'un qui ne connait pas la vie de Morrison pourrait même y voir un portrait à charge, Stone fait surtout revivre une époque, marqué par la contestation à la guerre du Viet-nam et par une philosophie libertaire (l'amour libre, les drogues, le rejet de l'autorité). Il filme le groupe en concert entouré par une haie de policiers chargés d'empêcher tout débordement. Morrison supportait d'ailleurs très mal cette "protection" et cherchera plusieurs fois à provoquer la colère de la foule contre eux.

 

Le point culminant du film est le concert de Miami où, totalement ivre, Morrison va provoquer la foule en l'insultant, puis voyant qu'elle en redemande, va aller plus loin et montrer son sexe au public, sous les yeux catastrophés de ses partenaires musiciens. L'incident va tourner à l'émeute et Morrison sera jugé pour outrage aux bonnes moeurs et ivresse sur la voie publique. A noter que le fait qu'il ait montré son sexe n'est pas clairement établi, Morrison lui même ne se rappelant plus l'avoir fait.

 

Ce concert est filmé comme une véritable bataille entre le chanteur et la foule, où le chaos va s'inviter et où la musique des Doors devient un élément central. Toutes les scènes de concert sont d'ailleurs formidablement bien restituées, bien loin des images statiques que l'on a traditionnellement des années 60. Stone utilise les techniques du clip vidéo pour dynamiser sa mise en scène et ces seules scènes justifient la vision du film.

 

A partir du concert de Miami, ne reste plus qu'à voir se finir la vie du chanteur, mort à Paris dans des circonstances troubles - que le film ne met pas en avant, se contentant de montrer Morrison mort dans sa baignoire d'un arrêt cardiaque. Les ultimes scènes sont filmées au Père Lachaise, célèbre cimetière parisien où le chanteur est inhumé, pas loin de la tombe d'Oscar Wilde.

 

On le sait, un biopic n'est réussi que si son interprète fait corps avec son personnage. Ici, Val Kilmer est parfait dans ce rôle de poète maudit et décadent. Et même si les autres membres du groupe reprochèrent à Oliver Stone le côté caricatural du chanteur (certaines scènes comme celle où il enferme Pamela dans un placard pour y mettre le feu sont pure invention , d'autres moment de la vie de Morrison où , par exemple, il calmait la foule lors d'un concert, sont absents du film) , on ne peut qu'admirer le travail de Kilmer dans un rôle difficile, et pas toujours aimable , même si, répétons-le, Stone a accentué les travers du chanteur, n'hésitant pas à modifier certains aspects de sa vie  - autre exemple, sa rencontre avec la journaliste Patricia Kennealy eut lieu en 1969 et non 1967, ce qui fait que ce n'était pas elle qui était présente avec lui dans les douches lors du concert de New Haven.

 

Ce qui fait la force de The Doors, 30 ans après sa sortie, c'est d'une part la musique, intemporelle et toujours aussi envoutante, et d'autre part, la violence de la vie de Morrison. Stone ne cherche pas à édulcorer , quitte à en rajouter dans l'excès. Ce faisant, il met quelque peu de côté le groupe. Le film n'est pas l'histoire des Doors, mais bien l'histoire de Morrison et son implication dans la musique rock des années 60, un écueil qu'avait su éviter Bohemian Rapsody pour prendre un exemple récent.

 

La mise en scène de Stone s'avère moins expérimentale que ce qu'il fera plus tard, notamment dans Tueurs nés, ce qui n'empêchent pas quelques coquetteries comme des passages en 8mm quand les musiciens se filment avec une petite caméra ou les visions de cet indien déjà citées. Mais elle est efficace, claire et restitue la folie d'une époque où tout le monde semble défoncé. Sans doute, Stone donne une vision fantasmée (la sienne ?) des années 60 américaine, mais elle est suffisamment puissante pour donner un sentiment de malaise et de fascination mêlé.

 

A noter enfin un travail exemplaire sur le son ! The Doors fut d'ailleurs l'un des premiers films à bénéficier d'un son numérique.

 

 

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 09:22
Les chariots de feu (*****)

Le pitch : à la veille des jeux olympiques de Paris de 1924, le parcours de deux athlètes anglais , chacun courant pour des raisons bien personnelles.  

 

Malgré son statut de (très) grand classique, je n'avais jamais vu Les chariots de feu dans son intégralité, juste des extraits et bien entendu la scène magnifiée par la musique de Vangélis. Ayant trouvé le DVD lors d'un vide grenier à un prix défiant toute concurrence , il était temps de réparer cet état de fait.

 

Le film n'est pas, comme on pourrait le croire, une histoire de rivalité totale entre deux coureurs , vu que les deux protagonistes du film ne participeront pas à la même épreuve lors des JO, mais un parcours croisé.

 

D'un côté, Harold Abrams , un jeune juif étudiant à Cambrigde et qui entend lutterr par ses qualités athlétiques contre les préjugés antisémites.

 

De l'autre, Eric Liddell, champion de rugby écossais et fervent catholique qui court pour la gloire de Dieu.

 

Les deux personnages visent donc le même but, ont la même ambition et iront au bout de leur destin, quitte à mettre en péril leur vie privée. Mais surtout, ils ne renieront pas leurs convictions : ainsi Liddell refuse de courir le 100 m à Paris car les éliminatoires ont lieu le dimanche. Or , pour lui, le dimanche est consacré à l'église, pas au sport. Il participera alors au 400m.

 

Quand à Abrams, il refuse de se séparer de son entraîneur italien, magistralement joué par Ian Holm (Alien, Brazil, Greystoke , Le 5e élément et j'en passe) au grand dam des doyens de Cambridge. Ceux-ci retourneront d'ailleurs leur veste après la victoire du jeune juif.

 

Pour son premier film, Hugh Hudson (qui réalisera Greystoke 3 ans plus tard puis en 2000 Je rêvais de l'Afrique) avait opté pour une réalisation audacieuse, usant de ralentis lors des courses, parfois avec plusieurs points de vue et utilisant la musique électronique de Vangélis pour sublimer les scènes les plus importantes. Il ne s'embarrasse que peu de scènes d'exposition et s'intéresse surtout à ce que pensent ses personnages., y compris les secondaires, les autres athlètes qui entourent les héros.  39 après sa sortie, cette mise en scène peut faire sourire, mais elle n'en reste pas moins très belle, collant parfaitement à son sujet et surtout elle amène le film dans une dimension rarement atteinte pour un film "sportif".

 

Mettant en place une époque totalement disparue (les fameuses "Années folles" qui ont suivi la 1ere guerre mondiale , où l'Europe tentait d'oublier dans l'insouciance l'atroce conflit qui l'avait défigurée) , la reconstitution est parfaite, le souci du détail indéniable, surtout à une époque où le numérique n'existait pas. Chaque décor, chaque costume, chaque lieu respire les années 20 et les scènes en extérieur, d'une luminosité parfaite, rajoute encore  à la beauté du film.

 Le film se pose également en un affrontement entre l'Europe et les USA. Les athlètes américains sont présentés comme les meilleurs et pourtant, ils seront battus dans deux des épreuves reines. A sa manière, le métrage montre ce baroud d'honneur entre une Europe qui ne s'avoue pas vaincue face à la montée en puissance de l'Amérique, une Angleterre quelque peu avide de revanche sur son ancienne colonie. Mais au final, ce triomphe sera de courte durée : 16 ans plus tard, la seconde guerre mondiale ravagera à nouveau l'Europe et l'Amérique en sortira vainqueur.

 

Bien entendu, Les chariots de feu propose un point de vue sur une histoire, et Hugh Hudson a pris quelques libertés . Ainsi Eric Liddell savait depuis plusieurs mois que les épreuves éliminatoires auraient lieu un dimanche et s'entraîna donc également pour le 400m. Dans le film, il l'apprend sur le bateau qui emmène l'équipe d'Angleterre en France.  Autre point, ce n'est pas un athlète américain qui lui donnera un billet le soutenant dans ses convictions religieuses le jour de la course, mais un masseur.

 

Mais tout ceci n'est que détail et de toutes façons aucun film historique ne représente la vérité : Les chariots de feu mérite sa réputation, son aura, ses récompenses (4 Oscars, dont meilleur film et musique, 1 Batfa, 2 Golden Globes) et son titre de très très grand film.

 

Si comme moi , vous ne l'aviez jamais vu, n'hésitez donc pas une seule seconde !!

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 19:22
Le superbe coffret Blu-ray des Bronzés font du ski !

Oui, je l'avais déjà en Laserdisc ! Mais justement, je ne l'avais qu'en Laserdisc !! Donc, quand j'ai vu sur le site d'une enseigne célèbre que le film le plus culte du Splendid allait bénéficier d'une édition spécial 40 ans en coffret, je n'ai pas hésité une seule seconde, ai dégainé ma carte bleue, me suis délesté de 39,99€ et j'ai patiemment attendu !

 

Déjà, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas offert un coffret. Je crois que le dernier c'était celui de The Artist (et encore, acheté en promo !!). L'objet est sympa, contient un jeu de photos, 4 badges, un sac au logo du film et bien entendu, Les bronzés font du ski en Blu-ray et en DVD. Sur le Blu-ray, 4 bonus déjà excellents : des souvenirs de tournage , des bandes annonces, une partie "karaoké" qui permet de réciter les meilleurs dialogues mais surtout une masterclass récente de Patrice Leconte de plus de 90 minutes où il se replonge dans les 3 films.  Et où on apprend que 42 minutes ont été coupées, mais non gardées car à l'époque, on ne pensait pas DVD et bonus !!!

 

Mais cela ne suffit pas : un 2e blu-ray contient un reportage de près de 100 minutes sur la trilogie des Bronzés, avec moults images d'archives et de tournages, mais surtout des images datant des tout début du Splendid ! Voir Thierry Lhermitte tout jeunot ou Gérard Jugnot avec (presque) des cheveux , c'est quand même génial !! 

 

Bref, un coffret indispensable pour tout amateur de la troupe du Splendid, des Bronzés font du ski et de comédies françaises géniales en général !! 

 

Désormais, tournons nous vers 2022 en espérant un coffret aussi réussi pour Le père Noël est une ordure ! Je veux les scènes coupées , un making of d'époque , la pièce de théâtre (qui est encore plus drôle que le film, sachez le !!) et une définition au rasoir pour pouvoir si le costume de Lhermite est bien raccord avec le tissu du canapé ! Et puis celui là aussi, je ne l'ai qu'en Laserdisc !!

 

(PS : la photo a été prise chez moi !!)

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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 07:11
Toy Story 2 (**** 1/2)

Le pitch : Woody a été volé par un collectionneur peu scrupuleux lors d'un vide grenier, Buzz va alors entreprendre une mission de sauvetage pour le récupérer avec les autres jouets d'Andy. Mais tout va se compliquer quand Woody va apprendre qu'il fut un jouet célèbre dans les années 50.

 

5 ans après le premier opus, la donne a changé pour Pixar. 1001 pattes a permis de confirmer que le succès de Toy Story n'était pas un hasard et Disney a donné bien de moyen pour cette suite, qui, au départ, n'était qu'un Direct to Video. Concurrencée par Dreamworks avec Le prince d'Egypte et FourmiZ, la firme de Burbanks décide donc de se lancer à fond dans ce nouveau médium et Toy Story 2 devra en être une étincelante affiche, avant les sorties déjà prévues de Monstres et Cie, Némo et Les Indestructibles qui vont forger la légende de Pixar.

 

Toy Story 2 aurait pu prendre la formule du 1er à savoir une bonne dose de buddy movie, mais Pixar n'est pas du genre à surfer sur des formules. Mine de rien, toutes les suites qu'elle a faites sont très différentes les unes des autres. Même Le monde de Dory, qui en apparence suit le même schéma que Némo, présente en fait une histoire qui n'a pas tant de chose à voir. Et que dire de la trilogie Cars, où chaque film se focalise sur un personnage différent. Bref, Toy Story 2 ne sera pas un remake du premier.

 

En inversant les rôles (Woody devient un jouet de collection, Buzz devient un jouet comme les autres) et en séparant les deux protagonistes au début du film, l'histoire prend donc un chemin détourné, permettant un parallèle entre les deux groupes de personnages. L'idée de donner une "famille" à Woody avec Jessie, le cheval Pile-Poil et le chercheur d'or permet d'étendre l'univers des jouets mais aussi de donner un sacré bol d'air à la franchise.  La réflexion sur les enfants qui grandissent et qui abandonnent leurs jouets sera à la base de Toy Story 3, preuve que Pixar voit plus loin que les autres studios. En axant un discours adulte dans un dessin animé à priori destiné aux enfants, Pixar gagne sur les deux tableaux, mais à la différence de Dreamworks avec Shrek, elle le fait sans aucun cynisme. 

 

S'ouvrir à de nouveaux décors, sortir les jouets dans la rue, introduire de nouveaux personnages et créer des humains moins stylisés que lors du premier film, les challenges ne manquaient pas. Et l'on peut voir que la loi stipulant que l'informatique double sa puissance tous les 18 mois se vérifie ! Toy Story 2 est un bon en avant énorme d'un point de vue technique, que cela soit au niveau de l'animation, de l'éclairage, des décors, des mouvements de caméra, des textures  et du photo-réalisme. La séquence d'ouverture , avec Buzz pris dans une mission vers une planète inconnue (et qui s'avère être en fait un jeu vidéo) donne d'entrée le ton. Cette séquelle sera celle du Toujours plus. Les outils sont plus performants, les techniciens plus nombreux et mieux rodés. Mais chez Pixar, justement, la technique est un outil, pas une fin en soi. Seul compte vraiment l'histoire , elle est le moteur du studio. Sans elle, un film n'a pas d'âme.

 

Cependant, le studio n'oublie pas les fondamentaux du premier film : il faut de l'action (il va y en avoir), des retournements de situation (le traitre qui se dévoile dans le dernier quart du film), de l'émotion (Jessie qui explique pourquoi elle n'aime plus les enfants, sa situation étant finalement un miroir de ce qu'a failli subir Woody dans le premier film) et de l'humour. En boostant les personnages secondaires comme Mr Patate ou le dinosaure, en rajoutant un 2e Buzz l'éclair (et son père) et en multipliant les gags, le film fait le job également de ce côté. Toy Story 2 est une vraie comédie d'action, avec des scènes d'anthologie à tous les niveaux. Les dialogues sont toujours aussi percutants et ciselés, d'autant plus que tout le casting vocal, Hanks et Allen en tête, est de retour.

 

Si on ajoute certaines scènes bien flippantes (le cauchemar de Woody), l'apparition d'un personnage issu des court-métrages Pixar, un générique de fin hilarant avec son faux bêtisier, Toy Story 2 surpasse l'original, rejoignant donc la courte liste des séquelles meilleures que le premier opus. Et quand on sait que cette perfection sera encore dépassée par le 3, il est évident que Pixar fait plus que le job : il tire toute l'animation vers le haut !

 

 

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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 08:43
Mission impossible (****)

Le pitch : accusé d'avoir décimé son équipe à Prague, Ethan Hunt, agent de la force Mission Impossible, doit voler une liste d'agent à la CIA afin de coincer la taupe qui l'a trahie.

Premier volet d'une franchise ultra-lucrative, Mission Impossible par Brian de Palma est un brillant exercice sur les faux semblants, les vérités tronquées et les mise en abime. Si Tom Cruise est logiquement à l'origine du film, le réalisateur de Pulsion ou des Incorruptibles retrouve ici son thème de prédilection : ce que l'on voit n'est pas forcément ce qui est vrai.

 

A sa sortie en 1996, le film fut décrié par une partie des fans pour son twist à mi-parcours, à savoir que le traitre n'était autre que M.Phelps , héros de la série télévisée. Mais il fallait bien cela pour passer le relais à Tom Cruise , trop jeune pour incarner le chef de la section Mission Impossible. Et quelle meilleure façon que de faire table rase du passé en faisant voler en éclat toutes les certitudes du public. A cet égard, la scène où Ethan retrouve son chef à Londres et comprend comment l'équipe a été décimée est un morceau d'anthologie !!

 

En fait, il faut voir le premier Mission Impossible comme un film d'espionnage comportant des scènes d'action. On sait d'ailleurs que la dernière scène, celle du TGV, fut retournée car la fin n'était pas assez spectaculaire. Ce qui est amusant c'est que Brian de Palma fit le contraire pour son film suivant, Snake Eyes, à savoir enlever une scène très spectaculaire située à la fin du film. Mais pour autant réussi que soit ces scènes, comme la fabuleuse intrusion dans la salle d'ordinateur de la CIA, elle ne sont que la cerise sur le gâteau d'une histoire moins complexe qu'il n'y parait (en tout cas, à sa deuxième vision) mais qui laisse toujours le spectateur dans le doute. 

 

Et l'usage des masques est justement un excellent moyen de perdre le spectateur. Dans certains cas, on sait que le personnage en joue un autre, dans d'autres, on ne le découvre qu'à la fin de la séquence.  Or, c'est une marque du cinéma de Brian de Palma : le faux-semblant. L'auteur qui citait si souvent Hitchcock à ses débuts emballe les scènes d'action avec professionnalisme, mais ce n'est pas ce qui l'intéresse. Son choix se porte sur la quête d'Ethan et sur la façon dont il va découvrir, peu à peu, la vérité, toujours à partir de détails (la bible), et comment sa vision du monde va changer. Et mine de rien, dès ce premier épisode, le postulat est posé : Mission Impossible n'est pas un film d'équipe, mais un film où un héros prend le pas sur les autres et se trouve opposé à son agence. Cela sera le cas dans tous les autres films, sauf le deuxième. 

 

Alors, évidemment, Tom Cruise prend forcément toute la lumière et ne laisse que peu de place au reste du casting. Emmanuelle Béart, par exemple, n'a  que peu de scènes la mettant en valeur, Jean Reno est un peu plus chanceux (même si on comprend très vite qu'il est le traitre - il n'y a qu'à voir son expression quand le quatuor quitte Langley) mais on comprend vite que le héros c'est Hunt ! C'est lui va débusquer le trafiquant, aller voler les informations, découvrir toute la vérité sur son chef et éliminer tous ses ennemis à lui seul. Seule Emmanuelle sera abattue par son mari. Il est intéressant de voir que si ce trait sera accentué dans le 2e épisode, progressivement il laissera un peu de place aux autres personnages.

 

Mission Impossible est donc une synthèse presque parfaite entre le film d'action et le thriller cérébral. Presque car quelques scories polluent le métrage. Des Deus Ex Machina (la découverte de Job 3.14 donc du trafiquant n'est pas crédible) , des raccourcis scénaristiques (comment Ethan peut-il avoir le masque de son chef, sachant qu'il a été désavoué et n'a donc pas accès à la technologie MI ?) et quelques effets visuels pas forcément maîtrisés, notamment dans la dernière partie avec le TGV.

 

Mais ces quelques défauts sont très largement compensés par le charisme de Tom Cruise, par une histoire passionnante et une mise en scène au cordeau. En prenant un véritable artiste (pour tous les épisodes d'ailleurs ) et non pas un yes man, l'acteur affiche d'entrée ses ambitions et réussit largement un pari très risqué. Après tout, il avait tout à perdre en cas d'échec. Brian de Palma aussi. D'ailleurs si MI accentua la carrière de l'acteur , il n'en fut pas de même pour le réalisateur. Cruise continua à enchainer les hits (Jerry Maguire sortit quelques semaines après et fut un triomphe US), De Palma ne connut jamais pareil succès : Snake Eyes et Mission to Mars dépassèrent péniblement les 50 millions et ses films des années 2000 se plantèrent tous.

 

22 ans après, le film a très bien vieilli qui plus est. Et on a peine à croire que l'acteur tient toujours aussi haut cette franchise, tout en se permettant des incursions plus risquées (et parfois moins rentables). Ce qui passa pour un caprice en 1996 se révèle être une des meilleures franchises de l'histoire du cinéma qui n'a jamais baissé en qualité. Combien peuvent en dire autant ?

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 07:29
L'enfer des Zombies (****)

Le pitch : l'arrivée d'un bateau abandonné  à New York va entraîner un reporter et la fille du propriétaire du navire dans un cauchemar sans non sur une petite île des Caraïbes où une étrange malédiction fait se relever les morts.

 

Les années 70 ont vu l'émergence d'un nouveau type de film d'épouvante, bien plus sanglant et misant sur une atmosphère poisseuse, à la limite du supportable voire très engagée politiquement.

Le point d'orgue fut évidement Dawn of the Dead, exploité chez nous sous le titre Zombie, de Georges Romero. Et ce coup de maître qui alliait une critique féroce de la société de consommation, une description quasi clinique de la fin du monde et des moments dignes des comédies les plus folles (la fameuse scène de la tarte à la crème dans le centre commercial) a forcément  lancé une horde d'imitateurs .

 

Lucio Fulci fut sans doute le plus zélé des réalisateurs qui se sont inspirés de Romero. Et son Enfer des zombies, exploités sous le titre de Zombie 2 Italie (alors qu'il est censé en être une prédelle) est un "merveilleux" exemple de ce qu'il pouvait faire quand on ne lui laissait aucune limite et aucune censure.

 

Tourné à New York et dans les Caraïbes en langue italienne avec un casting anglo-saxon dont la soeur de Mia Farrow, L'enfer des Zombies ne s'embarrasse pas d'une histoire complexe. Le prétexte pour envoyer nos héros sur l'île maudite est assez mince et l'explication de la résurrection des morts est à la fois alambiquée (le vaudou y est cité) et quasiment absente. Mais là n'est pas l'important.

 

En perte de vitesse dans sa carrière, Lucio Fulci avait besoin d'un succès pour  se relancer. Et comme souvent en Italie, quoi de mieux que de s'inspirer de ce qui marche à l'étranger. Si les années 80 ont vu des ersatz de Mad Max transpalpins déferler sur les écrans, en cette fin 70, ce sont les zombies qui ont la côte.

 

Mais comme Fulci n'est pas un pitre, mais un professionnel chevronné, ce qui se remarque à la nouvelle vision de ce film, invisible depuis des décennies, sauf pour ceux qui l'avaient découvert en VHS (c'est mon cas), c'est la façon dont il est filmé, cadré et éclairé. Rien à voir avec des bandes filmées à la va vite, mais au contraire, une impression de professionnalisme sans faille. Alors bien sûr, vous ne trouverez pas de caméras sur trapèze ou des scènes composites mélangeant CGI, fond vert et acteurs réels, mais un solide travail d'artisan, magnifié par des maquillages gores exceptionnels qui valu au film une nomination aux Saturn Awards. C'est du solide, c'est kraspec à souhait et l'amateur éclairé ne pourra que se réjouir de cette déferlante de violence dans sa dernière partie.

 

L'enfer des zombies reprend les codes du chef d'oeuvre de Roméro. Les morts vivants sont lents, marchent sans but apparent, leur point faible reste la tête et les humains leur nourriture favorite. Chaque infecté s'il n'est pas dévoré rejoint quelques heures plus tard la horde sanglante dont l'intelligence n'est pas l'apanage premier.

 

Mais à la différence de Roméro, qui voyait dans ses films une critique cinglante de l'Amérique (les zombies renvoient clairement à tous les exclus des USA en cette décennie : SDF, immigrés clandestins, minorités...), Fulci préfère un autre terrain : celui de l'horreur pure et dure. Cela commence par une agression brutale sur un bateau au large de New York, puis une scène délirante où un zombie dévore un requin avant de s'achever dans un cimetière où les morts émergent lentement du sable avant de lancer sur les deux couples coupables de s'être arrêté se reposer un instant. La musique synthétique (très datée, mais on s'en tape) se marie de manière intense avec le rythme lancinant de la scène, s'arrêtant au moment où l'un des morts arrache la gorge d'une des héroïnes, avec moult jets de sang !

 

Avant cela, nous avons eu droit à la scène la plus atroce du film avec cette femme lentement forcée à voir une écharde s'enfoncer dans son oeil ! Lucio Fulci ne cache rien et ces scènes franchement gerbantes vaudront au film de féroces coups de ciseaux de la censure dans plusieurs pays.

 

Cependant, le réalisateur italien ne peut pas éviter quelques scènes purement gratuites ! Ainsi, l'une des deux héroïnes a-t-elle vraiment besoin de faire de la plongée seins nus ? Et la femme qui va se prendre une écharde dans l'oeil a eu le temps de prendre une douche qui ne laisse rien cacher de son anatomie. Mais bon, on est dans les seventies...

 

Ce bémol mis à part, L'enfer des zombies reste conforme à mon souvenir : un film d'horreur bien déviant, flippant, sans concession et tellement ancré dans son époque que l'on comprend immédiatement pourquoi il est devenu culte ! La scène finale qui voit les morts marcher sur le pont de Brooklyn fait donc le lien avec le Zombie de Romero !

 

Cerise sur le gâteau, la copie Blu-ray est superbe, le livre qui l'accompagne fascinant et le digipack franchement beau ! On espère que les autres films du Maestro, à savoir Frayeurs et L'au-delà, tout aussi géniaux bénéficieront du même traitement !

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 16:53
50 ans pour un chef d'oeuvre !

Il est de bon ton de dire que 2001, L'odyséee de l'espace est un chef d'oeuvre. Comme souvent, la réalité est un peu autre car à sa sortie, il y a 50 ans, les critiques ne furent pas tous dithyrambiques. Et de nos jours, il y a  encore pas mal de gens pour estimer que le film est très surestimé.

 

J'ai vu 2001 en salle lors d'une de ses ressorties en 81 ou 82. La première vision m'avait déçue car je m'attendais à un space opéra style Star Wars. Mais à l'époque , on pouvait rester dans la salle (c'était au Rio de Nancy) et je me faisais souvent deux visions du même film.

 

Et c'est en revoyant 2001 dans la foulée que je l'ai vraiment apprécié car je pouvais m'attarder sur les détails.

 

Alors, oui, la fin restait quelque peu obscure, mais d'un point de vue cinématographique, quel choc !!

 

J'ai ensuite lu le roman (tiré du scénario que Arthur C.Clarke avait écrit pour Kubrick à partir de sa nouvelle La sentinelle), discuté avec des amis qui avaient mieux perçu le fait que le Monolithe faisait progresser l'humanité et , en 1984, je me suis précipité dans les salles pour aller voir 2010.

 

Enfin, j'ai acheté le DVD du film il y a une bonne quinzaine d'année (après avoir laissé échapper le Lasedisc) et je me le projette régulièrement.

 

La ressortie en version restaurée de ce chef d'oeuvre est une excellent chose. Dommage que l'avant première  soit réservée  au public snobinard de Cannes qui se fout de la SF comme de sa première invitation. Mais bon, vu qu'on leur dit que c'est un chef d'oeuvre....

 

Pour les chanceux qui auront la chance de voir une salle le programmer près de chez eux, n'hésitez pas !! 

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 18:27
Mon voisin Totoro

Le pitch : deux soeurs et leur père s'installe  dans une vieille maison en bordure de forêt. Leur mère est hospitalisée depuis un long moment. Rapidement, la plus jeune des soeurs va rencontrer d'étranges créatures dans la forêt.

 

Le monde de l'animation ne serait pas le même sans le génie d'Hayao Miyazaki. Malgré des préjugés tenaces sur les animés japonais dans notre pays (trop violent ! mal dessiné ! grossier ! animé à la serpe !!), les films d'animation venant du Soleil levant se révèlent souvent être, au pire, de très beaux ouvrages !

 

Mais Miyazaki est encore au dessus de cette fantastique mêlée ! Et Mon voisin Totoro, qui fêtera ses 30 ans l'année prochaine, est sans aucun doute l'un de ses plus beaux fleurons ! Un jalon dans une filmographie qui, excusez du peu, contient Porco Rosso, Le château dans le ciel, Nausicaa, Princesse Mononoke ou Le voyage de Chihiro !! Et même ses oeuvres "mineures" comme Kiki la petite sorcière ou Ponyo sont au-dessus de pas mal d'animations occidentales !

 

Totoro est cependant un film particulier. Tout d'abord, le personnage principal a donné le logo du studio Ghibli. Ensuite, la coloration naïve (en apparence) de l'histoire fait qu'il s'adresse à absolument tout le monde, du bambin de 3 ans à l'adulte qui a su garder une âme enfantine. Mais derrière ce monde coloré et fantasmagorique (Totoro et ses émules, le chat-bus, les arbres géants) se cache une très belle réflexion écologique. Ainsi, la scène où les deux soeurs aidées de Totoro vont pousser des graines à une vitesse stupéfiante est une très belle métaphore de ce que la nature offre si on la respecte et si on l'aime. On est  bien loin du prêchi-précha à la truelle de certains, sur l'obligation de garder un réel contact avec la nature.

 

C'est parce que Mei et Satsuki vont découvrir la vie à la campagne qu'elles vont ouvrir leur coeur à Totoro. Rêvent-elles ? Est-ce la réalité ? Le film brouille quelque peu les pistes, même si la première hypothèse est sans doute la bonne.

 

Et au delà de ce message écolo, le deuxième sous-titre de Totoro est bien évidemment la famille. Les deux soeurs sont séparées de leur mère et malgré la présence d'un père aimant, elles en souffrent. La maladie qui touche leur mère peut être vu comme un obstacle supplémentaire au développement de leur vie. Il leur manque clairement quelque chose, et c'est cette absence qui va faire que Mei se réfugie dans un monde onirique puis qu'elle va y entraîner sa soeur. Et même leur père comme on peut l'entrevoir dans quelques petites scènes fugaces.

 

Chez Miyazaki, le fantastique apparaît au détour d'une rue, d'un bosquet, d'une baie. Rien n'est expliqué formellement (ce qui gêne certains spectateurs adeptes du rationnel) et tout est laissé à l'imagination de celui qui voit le film. Ainsi, on ne saura rien des origines de Totoro et c'est tant mieux. Libéré de toutes explications superflues, le cinéma du maître nippon en devient intemporel !!

 

Techniquement, le film a beau avoir 29 ans, il reste très abouti. Les merveilleux décors à l'aquarelle voisinent avec des personnages animés à la perfection ! Un travail énorme sur les ombres donnent tout le relief nécessaire. Enfin, les mimiques de Mei et sa soeur révèlent là aussi des trésors de détails, drôles et tendres. Totoro est un film sur les merveilles de l'enfance, malgré ses difficultés.

 

Le Blu-ray, récemment édité propose une copie fabuleuse et un bonus qui ne l'est pas moins : le storyboard animé du film. Pour le son, préférez bien sûr la version japonaise, très pure, même si le doublage français est très fidèle.

 

J'envie celui qui découvrira Totoro pour la première fois car il plongera immanquablement dans des souvenirs qu'il avait sans doute refoulés. Quand à l'enfant qui le verra aussi pour la première fois, nul doute que le bon gros Totoro le marquera à jamais !

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Présentation

  • : Salla Obscursium Invocat
  • : BO US, BO France, BO Mondial, chroniques ciné, Chroniques DVD..... Toujours sans concessions et politiquement incorrect !!
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  • Dave
  • Enseignant, fan de cinéma et de métal, chanteur dans différents groupe de métal, collectionneur de tout ce qui touche à Star Wars... what else ?
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La côte

***** Chef d'oeuvre !!

**** Très bon, allez y vite !!

*** 1/2 * Entre le bon et très bon, quoi...

*** Un bon film

** Moyen, attendez la vidéo

* Comment ai-je pu aller voir ça ??

L'affiche du moment